FRANCOIS BAYROU AU GRAND JURY

Publié le par blog-pl-seguillon

     François Bayrou sera, dimanche soir ( 18h.30) l’invité du « Grand Jury » RTL-LCI-Le Figaro au terme d’une semaine qui l’a hissé juste derrière Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy dans les enquêtes d’opinion. Le dernier sondage CSA l’a placé à 24% des intentions de vote contre 25 % à Ségolène Royal et 26% à Nicolas Sarkozy. Et un sondage publié par le " Journal du Dimanche", demain matin, devrait mettre François Bayrou à égalité avec Ségolène Royal! 

     Bien évidemment il faut attendre de voir si, au cours des prochains jours, d’autres sondages confirment celui de l’institut CSA. Mais, durable ou éphémère, la percée du candidat centriste a affolé les compteurs tant au parti socialiste qu’à l’UMP.

     L’inquiétude est d’autant plus grande dans les deux camps qu’il ne leur est pas très aisé de trouver la riposte adéquate à l’envolée de François Bayrou .

     Le candidat centriste est incontestablement un candidat dangereux qui peut coûter à Ségolène Royal ou à Nicolas Sarkozy leur qualification au deuxième tour.

     Mais c’est aussi un candidat indispensable puisque l’une et l’autre, si un duel doit les opposer au second tour, auront besoin des voix qui se seront portées au premier tour sur le candidat centriste.

     Comme l’a dit fort justement Ségolène Royal, il faut la jouer « subtile ». Autrement dit, pour la candidate socialiste comme pour le candidat de l’UMP, manier à la fois le bâton et la pommade.

     Pour Ségolène Royal, c’est donc Dominique Strauss Kahn qui est monté au créneau. D’un côté, il a expliqué qu’il ne collaborerait jamais avec François Bayrou et n’accepterait jamais d’être son Premier ministre – ce que d’ailleurs ne lui avait jamais proposé François Bayrou . Mais d’autre part, il a appelé le candidat centriste à rejoindre le camp socialiste au second tour pour faire barrage à Nicolas Sarkozy.

     Ce dernier a, quant à lui, exhibé à ses côtés la centriste Simone Veil qui a dit haut et fort tout le mal qu’elle pensait de l’entreprise de François Bayrou , personnage  que, par ailleurs, elle exècre. Mais, dans le même temps, le ministre de l’Intérieur, interrogé sur France 2, a expliqué qu’il connaissait bien François Bayrou , qu’il avait travaillé dans le même gouvernement que lui et qu’il l’appréciait et le respectait.

     Dans le même esprit, l’état major de Nicolas Sarkozy a annoncé le soutien déclaré du ministre de l’Emploi et de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo , réputé pour incarner  l’aile sociale et centriste de l’UMP. Malheureusement pour Nicolas Sarkozy , cette annonce a été jugée tout à fait prématurée par l’intéressé. Jean-Louis Borloo entend, en effet, monnayer son soutien et sait que ce soutien vaudra d’autant plus cher que le danger Bayrou apparaîtra plus grand !

     Ce qui est frappant dans cet épisode de la campagne présidentielle est que les trois hommes, François Bayrou , Dominique Strauss-Kahn et Jean-Louis Borloo se retrouvent aujourd’hui à peu de choses près sur un même positionnement réformiste, social. libéral et européen.

      François Bayrou , candidat à la présidence de la République, rêve au fond, s’il est élu, non pas seulement de créer une coalition éphémère à partir de personnalité de droite et de gauche mais, au delà – il l’a formulé dans un entretien accordé au quotidien « Le monde », de constituer  un grand parti démocrate progressiste, libéral et social. Celui-ci  casserait le PS et en récupérerait une partie et  reprendrait à l’UMP une partie de ses éléments les moins conservateurs. On peut même se demander si François Bayrou ne rêve pas à terme de refonder l’équilibre politique français, à la manière anglo saxonne, autour de deux grandes formations, un parti démocrate sur lequel il appuierait sa présidence et un parti conservateur qui constituerait son opposition.

      Dominique Strauss-Kahn ne cultive pas une ambition très différente. Quasiment convaincu que la gauche ne pourra emporter la présidentielle en 2007, il cultive secrètement l’ambition de rebondir sur cet échec pour construire un parti social démocrate réformiste  qui ferait du centre son allié afin de préparer l’élection de 2012 ( Ce que dénonce à mots à peine couvert Laurent Fabius dans un entretien accordé ce matin au journal Le Parisien )

      Quant à Jean-Louis Borloo , il a trop évidemment pour ambition de recentrer un candidat de l’UMP trop droitier à ses yeux et de prendre appui sur la situation actuelle pour négocier l’obtention de Matignon si Nicolas Sarkozy est élu,  à moins, à moins…mais sur le même positionnement cela serait une autre histoire !

P.S. Comme chaque week end, avant le Grand Jury, vos questions seront les bienvenues. ( Ségolène Royal a inscrit le Grand Jury du 18 mars dans son agenda ).

    

 

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Benjamin Le Picador 14/03/2007 10:56

Monsieur séguillon,

je me permets de venir contredire votre analyse sur la proximité de pisitionnement entre DSK et Bayrou. la preuve avec cet article fondé sur des citations des 2 hommes:

S'il était Président ? Une Bayrousina

 



 Un conseil des Ministres en mai 2007 dirigé par François Bayrou, Président de la République, en compagnie de DSK,« jeune Jacques Delors » , pour qui il a « de l’estime » et qu’il aurait nommé Premier Ministre, ne serait qu’une succession de désaccords :

 



F. Bayrou souhaite créer « 2 emplois nouveaux sans charge » quand DSK entend plafonner, réduire le nombre, moduler les « niches sociales » ( exonération de cotisations).

 



F. Bayrou considère que la contribution citoyenne n’est pas une proposition pragmatique quand DSK la propose.

 



F. Bayrou « propose d’exonérer complètement les successions en ligne directe jusqu’à 200 000 euros » quand DSK « recommande de s’opposer à l’allégement des droits de successions »

 



F. Bayrou s’inquiète d’une « augmentation de l’Impôt sur les sociétés » dans le projet socialiste quand DSK veut «mettre en place une modulation du taux de l’IS, selon une logique de bonus-malus. Le coefficient pourra durablement prendre en compte la part des bénéfices réinvestis, le pourcentage d’emploi en CDI » (Rapport DSK sur la fiscalité)

 



F. Bayrou affirme « qu’il faudra aller plus loin, en matière de retraite, parce que le déséquilibre entre le nombre de retraités et le nombre des actifs ne laissera pas le choix à la majorité future » tandis que DSK entend « abroger la Loi Fillon, (…) c’est-à-dire la remettre en chantier, pour mieux prendre en compte les métiers pénibles »

 



Pour F. Bayrou, « l’adhésion de la Turquie c’est un pas vers la dispersion de l’Europe » quand cela « apparaît toujours souhaitable à terme » aux yeux de DSK ».

 



F. Bayrou est persuadé que « la discrimination positive n’est pas la solution » quand DSK pense qu’il « faut une discrimination positive territoriale, donner plus à ceux qui ont moins »

 



Par ailleurs, F. Bayrou estime que « la responsabilité des hommes d’Etat est de maîtriser l’immigration : quantitativement dans son rythme. (…) alors que pour DSK, face à l’allongement de « la durée de vie ! (…) c’est l’immigration qui constitue la solution principale ».

 



Le Conseil des Ministres se finirait de cette façon:

 



Finalement, leur principal accord pourrait être le mariage et l’adoption des enfants par les couples homosexuels !

 



Concrètement, une telle situation rendrait donc la France ingouvernable, ce serait la bayrousina !

 



Heureusement, rassurons nous, DSK rejette l'appel du pied de François Bayrou... pour le moment.

Pour d'autres analyses, visitez www.labayrousina.fr, 1er site critique sur Bayrou.

Benjamin Le Picador

 

palloporo 12/03/2007 20:20

La problématique de cette campagne Présidentielle ce sont ces enquêtes d'opinion à répétition des divers instituts de sondages. Ces enquêtes entretiennent la confusion et déroutent cette opinion déjà trop manipulée par des discours démagogiques à l'argumentation fallacieuse de certains Politiques. La percée de M. Bayrou dans les sondages n'a rien d'inquiétante pour les deux principaux candidats des Partis les plus représentatifs. Ce n'est que mon avis. Je pense aussi que M. Bayrou n'est pas un candidat indispensable au 2e tour, ni pour l'Une ni pour l'Autre des "deux finalistes". L'électeur qui a voté pour M. Bayrou au 1e tour, pour des raisons qui sont les siennes, sera assez intelligent de se responsabiliser dans son choix du 2e tour sans suivre les consignes de qui que ce soit. Il n'y a que les moutons qui suivent aveuglement le berger, qui d'après son "état d'ébriété du moment, peut aussi bien les conduire dans le ravin. Quant à M. Borloo, sa réputation d'incarner l'aile sociale et centriste de l'UMP, ne l'autorise pas au chantage pour un soutien qui au fond, politiquement correct, devrait aller à M. Sarkozy sans a priori. Les Radicaux Valoisiens n'existent en représentativité élective que par le "bon vouloir" de l'UMP, comme les Radicaux de gauche (et même les communistes) n'existent que par le "bon vouloir" du PS. C'est une réalité difficilment contestable si l'on se réfère aux circonscriptions électorales éligibles concédées par ces Partis, par la non présence de leurs candidats face aux candidats de ces miniPartis. Il est intéressant de constater dans votre analyse, que ceux-là même qui accusent l'UMP et M. Sarkozy de vouloir diviser la France en deux avec la Gauche et la Droite, réfléchissent au "comment faire" pour la diviser (voir partager) entre une Sociale Démocratie et une Démocratie Sociale. Je pense que parler de Démocrates Sociaux et de Républicains Libéraux comme souvent l'on entent dire, est d'une absurdité évidente, car les Démocrates sont aussi Républicains que les dits Républicains. L'épilogue de cette réflexion se situant selon M. DSK, à l'échéance 2012, il faut en déduire que les responsable du PS sont presque convaincus que les jeux sont fait pour 2007. Si ce constat viendrait à s'avérer, nous aurions cinq années de campagne électorale, et de quelque péripétie manoeuvrière des Institutions du même ordre que les 150 000 amendements contre le CPE. Tout cela nous promettrait un bel avenir politico-social. Quant au "passage" de M. Bayrou au Grand Jury: rien de nouveau.

Mirino 12/03/2007 16:13

ChristinaFrançois Bayrou change sa chanson selon le temps. Il a toujours été comme ça. A partir d’un certain âge on ne change pas et encore moins Bayrou. Vous n’avez qu’à lui écouter en directe. Il se contredit de manière assez amusante, et manifestement sans le savoir.Mais je ne suis pas contre l’idée d’accorder les gens à la retraite, ceux qui ont la capacité et la volonté de travailler en temps partiel, le droit de le faire.Depuis les dernières trente, quarante ans le concept d’âge a considérablement changé. On n’est pas forcément âgé à soixante cinq ni parfois même soixante dix ans.Il est faux de croire qu’il n’y a pas de travaille, et d’autant faux de croire que l’on n’emploi jamais les gens de cette âge.Depuis assez longtemps on pratique cette idée avec succès en Angleterre. Souvent d’ailleurs les hommes et les femmes expérimentés sont recherchés  justement grâce à leur âge et leur parcours, car ils ont aussi la capacité et la maturité d’aider à l’intégration des jeunes et à arrondir les coins dans certaines entreprises particuliers.Si vous voudrez croire que je m’ennuierais sans vous (je regarde derrière pour être certain que votre question m’a été adressée) je vous laisse la liberté, mais c’est vrai que je m’amuse à alourdir le travaille de Mr. Séguillon qui nous accorde d’ailleurs assez de liberté. J’estime aussi que je suis bien entouré sur ce forum et je n’ai aucun désir d’aller chercher ailleurs. Sans doute après les élections nous allons tous s’éclipser nostalgiquement.

christila 12/03/2007 09:16

Mirino

J'ai bien lu la proposition "Minima sociaux" de François Bayrou : il propose l'activité universelle et je le cite"bien des jeunes retraités pourront trouver là à temps partiel un accomplissement". Il n'y a rien d'autre sur le sujet. Cela veut bien dire :"vous touchez un minimum vieillesse de 600 euros, et si vous ne parvenez pas à vivre, complétez par un temps partiel" donc sa formule est "travaillez plus" et c'est bien la même formule que celle de Nicolas Sarkozy. Le problème c'est qu'il n'y a pas de travail et surtout que personne ne veut embaucher un ancien de cet âge. Non je ne suis pas agrégée, vous non plus, et votre lecture n'est pas la mienne. Vous n'avez pas forcément raison (ni moi non plus). On peut toujours interpréter un texte de plusieurs façons. Dites moi plutôt ce que propose François Bayrou à cet homme de 75 ans si je n'ai pas compris. Alors peut-être je dirai que je n'ai pas raison. Je ne suis ni agressive ni rancunière. C'est mon droit dêtre sur ce site, il ne vous est pas réservé. Et croyez vous que je vous ai attendu pour aller sur d'autres sites  moins sectaires ? Vous vous ennuieriez sans moi.

Christila 11/03/2007 21:21

François Bayrou s'est vanté ce soir d'avoir été un grand ministre de l'éducation nationale. Je n'ai pas le même souvenir de son action. Je me rappelle avoir fait grève et arpenté les rues le 24 janvier 1994 pour défendre l'école laïque. Un million de français s'était mobilisé ce jour là. Je regrette que pas un des journalistes présents n'ait cru bon de rappeler cet incident.