Coup de tonnerre dans la campagne

Publié le par blog-pl-seguillon

    

    François Bayrou à 23% des intentions de vote, à égalité avec Ségolène Royal, tous deux derrière un Nicolas Sarkozy qui demeure en tête avec 28%  dans un sondage IFOP - le Journal du Dimanche est tombé comme le tonnerre  sur le landerneau politique. Si ce mouvement se confirme, en effet, il pourrait bien bouleverser le paysage de cette campagne présidentielle.

     Voilà des mois qu’est tenu pour quasiment acquis un duel Sarkozy Royal au deuxième tour. Or, la nouveauté désormais c’est que la qualification de François Bayrou au deuxième tour n’est plus une hypothèse d’école. Elle devient parfaitement plausible. Dès lors que la présence du candidat centriste au deuxième tour, au détriment de Ségolène Royal, devient possible, voire peut-être probable, l’hypothèse d’un François Bayrou battant Nicolas Sarkozy devient à son tour crédible. Ce qui ne peut qu’encourager ceux qui, à gauche, doutent de Ségolène Royal et ceux qu’inquiète, à droite, le candidat de l’UMP à choisir d’emblée François Bayrou pour faire pièce à Nicolas Sarkozy. Autrement dit, ceci pourrait bien amplifier et fortifier un vote Bayrou utile au premier tour. Le ralliement aujourd’hui même au candidat centriste de l’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage pourrait bien  en annoncer d’autres.

      Encore une fois, il convient d’être très prudent dans l’analyse.  Nous sommes encore à six semaines du premier round. Mais, incontestablement, cette percée de François Bayrou qui le met aujourd’hui au même niveau que Ségolène Royal constitue un tournant capital dans cette campagne.

     Pour le candidat centriste c’est néanmoins maintenant que les difficultés commencent. L’absence de crédibilité de sa présence au second tour l’avait en quelque sorte jusqu’à ces dernières semaines protégé. Il a pu mener sa campagne à son rythme et monter progressivement en puissance. Il est clair que désormais ses deux compétiteurs de droite et de gauche vont tenter de le discréditer quitte à chercher à nouveau à le séduire si d’aventure il parvenait à le renvoyer au plancher des sondages !  

     La difficulté pour le candidat centriste est double.

     Pour ce qui est de l’image, Il lui faut conserver le profil modeste qui a fait son succès et éviter les faux pas de ceux qui se croient déjà élus.

     Pour ce qui est de la substance, il va devoir démontrer de manière plus précise et plus convaincante  comment il gouvernerait s’il était choisi par les électeurs et sur quelles forces il s’appuierait  pour mener à bien son projet.

     Comme je l’ai déjà écrit ici précédemment,  les ratées de la campagne de Ségolène Royal et l’essoufflement de Nicolas Sarkozy ne sont sans doute pas étrangers à la percée de François Bayrou  .

    Mais, plus fondamentalement deux clés expliquent ce phénomène et permettent de comprendre, me semble-t-il, les évolutions parfois déroutante de cette campagne depuis des mois.

    La première, c’est le réflexe de dissidence des électeurs. Ils veulent dynamiter les deux familles qui ont alternativement été aux affaires depuis plusieurs décennies  et n’ont pas répondu à leurs attentes. Ségolène Royal a échappé à ce rejet quand elle a fait campagne hors le PS l’an passé. Elle est aujourd’hui rattrapée par le parti socialiste. Nicolas Sarkozy , qui a pris lui aussi  la mesure de cette dissidence  a prôné la rupture. Mais il ne peut échapper à la continuité. Le fait est que François Bayrou apparaît aujourd’hui comme le candidat antisystème.

   La deuxième clé, c’est une droitisation générale du corps électoral. A gauche on ne croit plus au grand soir. Le réformisme social et libéral de François Bayrou séduit. A droite, Nicolas Sarkozy est en permanence obligé de retourner sur les terres du Front national pour assurer son quota de voix au premier tour. Sa proposition de ministère de l’immigration  et de l'identité nationale en est le dernier exemple en date.

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Mirino 12/03/2007 10:46

Un tout petit mot à propos du commentaire de Mari-Anne (N° 24). A mon humble avis, c’est justement une responsabilité de plus et pas la moins importante des journalistes de chercher la faille des candidat(e)s et de tester leurs qualités y compris leur caractère. C’est d’ailleurs le seul recours disponible aux français pour pouvoir en faire un jugement plus ciblé. Il s’agit après tout de l’avenir de la France, et non pas une partie de thé.

Nous savons tous que Mr. Séguillon est parmi ceux les plus modérés.

Jean-Charles 12/03/2007 08:34

Bonjour tout le monde,

Que de commentaires ! Chacun y va de son analyse et cela fait partie de la démocratie. Pour tout dire, j'écoute avec attention l'ensemble des candidats depuis un bon mois. Je passe sur les promesses et les charités électorales de chacun... Par contre pour ce qui concerne notre ami Bayrou, hiers au soir sur TF1, aprés le Grand Jury sur LCI, cet homme politique n'a fait qu'esquiver les questions de "Claire Chazal" (qui n'est certe pas une référence en journalisme je le concède). Il a préciser en substance qu'il n'avait pas de programme mais qu'il présentait un "PROJET". Si à 40 jours du premier tour de scrutin notre éventuel futur président n'en est encore qu'aux projets...  Qu'allons nous devenir avec de tels démagogues (et je suis poli) ?

Monsieur Séguillon, lors des débats dans l'émission "Le grand Jury", il est affligeant que vous ne releviez pas cela ? Une fois de plus on reste sur notre faim.

Pour conclure, il appert que les candidats qui proposent quelque chose de concret (bien ou mal) sont immédiatement laminés par les médias et leurs pairs (politiques) et ceux qui n'ont rien à dire ou qui brassent du vent montent dans les sondages !!!! Les français sont-ils des C... ou les sondages ne valent-ils rien ? A SUIVRE ! 

bertrand 12/03/2007 01:39

Rassurez vous pour Bayrou, a l'heure de choisir un gouvernement, je pense que le probleme ne sera pas le vide mais plutot le trop plein...



quant à ceux qui craignent pour les institutions, c'est assez drole de constater qu'ils ont voté a 82 % en 2002 pour celui qui a le plus contribuer a les casser. D'ailleurs il ne sera pas moins facile pour le président de gouverner avec une coalition droite gauche qu'avec la cohabitation que les francais aiment tant

Mari-Anne TOULOUSE-NOUJAIM 11/03/2007 22:36

 A l'Attention de Monsieur Pierre-Luc SEGUILLON

Cher Monsieur,

Mon propos n'est pas ici de faire des pronostics ou de porter une appréciation publique sur tel ou tel Candidat, mais de me permettre d'attirer votre attention sur le caractère particulièrement choquant, pour tout Téléspectateur simplement normalement bien élevé, du déroulement de l'interview de François BAYROU à l'Emission "LE GRAND JURY" ce 11 MARS 2007, en votre présence, avec Monsieur Nicolas BEYTOUT et Monsieur Jean-Michel APHATIE.

Vous connaissant depuis de longues années comme un Journaliste subtil et distingué, tel que vous l'avez d'ailleurs également été à cette occasion, je pense donc que vous pourrez aisément vous en convaincre en re-visualisant l'Emission. 

Il me semble que lorsque l'on invite quelqu'un, et ce encore plus s'agissant d'un Journaliste, la moindre des politesses est de :

- ne pas prétendre être soi-même la vedette de l'Emission, mais au contraire laisser à l'intéressé la liberté de s'exprimer sans tenter de déformer sa pensée ou de le cataloguer,

- ne pas tenter par tous moyens de "ridiculiser" ou rabaisser son invité, que ce soit en se comportant avec une prétention "grand-bourgeoise", ou en ricanant avec une auto-satisfaction vulgaire et qui n'est pas de mise.

Il appartient à un Journaliste d'être direct et incisif, mais en demeurant courtois et respectueux de son invité, puisqu'il lui doit l'hospitalité due à cette qualité, et ceci n'implique pas de telles attitudes qui me semblent aussi inélégantes que non professionnelles.

La prétention n'est jamais de mise, pas plus de la part d'un Journaliste, et je dirais même encore moins car il a une obligation morale suplémentaire de correction.

Je précise enfin que ces remarques s'appliquent sans aucun parti pris de ma part à tout Journaliste et pour tout Candidat.

En espérant que celles-ci puissent servir la qualité de votre Emission,

Recevez l'expression de ma Considération la Meilleure.

 

 

Mirino 11/03/2007 20:49

« Pour faire des reformes il faut en parler (….)Moi je préfère moins de mots et davantage d’action »

Bayrou (TF1, 20h.30, 11/3/07)