Ségolène Royal: le bâton ou la pommade

Publié le par blog-pl-seguillon

  

  

   La percée du candidat centriste met au jour et aiguise une contradiction consubstantielle du PS. Elle pose à Ségolène Royal un redoutable problème tactique.

 

 

   La qualification de François Bayrou comme grand candidat a en effet révélé et accru l’opposition qui existe de vieille date au parti socialiste entre une conception réformiste de la gauche et une conception radicale. La première est incarnée par Dominique Strauss-Kahn soupçonné par certains de ses camarades de miser sur un échec de Ségolène Royal pour récupérer le P.S. et reconstruire la gauche autour d’une alliance avec le centre. La seconde a trouvé son héros en Laurent Fabius , depuis le référendum sur la constitution européenne. Un Laurent Fabius qui a sans doute perçu avoir définitivement perdu la partie présidentielle et ne semble plus avoir pour ambition que de laisser le souvenir d’un farouche défenseur de l’orthodoxie de gauche.

 

 

    Ces deux conceptions se sont affrontées au grand jour  avec d’autant plus de violence au sein de l’état major du PS que Ségolène Royal doit résoudre un difficile problème tactique: faut-il choisir le bâton ou la pommade pour traiter le cas Bayrou ?

 

    Suivre Dominique Strauss Kahn qui a appelé François Bayrou à rejoindre la gauche au deuxième tour pour constituer une coalition anti sarkozy et donc ménager le candidat centriste, c’est risquer de compromettre le succès de la candidate socialiste au 1ier tour. C'est en effet  crédibiliser François Bayrou et justifier et le conforter  au premier tour au risque de priver Ségolène Royal d’une qualification pour le second round

 

 

     Suivre Laurent Fabius , autrement dit ancrer résolument le PS à gauche  et prôner un combat frontal avec François Bayrou tout autant qu’avec Nicolas Sarkozy , c’est risquer de compromettre un succès de Ségolène Royal au deuxième tour en la privant d'un report sur sa personne des voix qui se seraient portées au premier tour sur le candidat centriste.  Si Ségolène Royal possède, semble-t-il, pour le 22 avril d'un capital d’intentions de vote sensiblement équivalent à celui dont bénéficiait François Mitterrand en 1981, elle manque cruellement de réserves de voix  au second tour du fait de l’évanescence du reste de la gauche.

 

 

     Comme a son habitude, François Hollande, tout a ses jeux de pouvoirs fort subtils,  a a opté pour un ancrage à gauche sans pour autant exclure la nécessité de ménager François Bayrou! Ce qui a pour effet de mettre  Ségolène Royal en porte à faux dans cette campagne.   

 

 

 

 

 

 

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Mirino 18/03/2007 15:42

Votre argument semble assez valable Christila, mais j’ai déjà avancé une opinion au sujet de la différence des deux critiques ailleurs sur ce forum. J’ajouterais simplement que nous avons déjà constaté que Nicolas Sarkozy est au contraire, très compétant, donc nous sommes parfaitement conscients que les critiques de Besson à son égard étaient mal fondées et ne s’agissaient que d’arguments purement partisans.Si d’ailleurs Besson pensait sincèrement que Sarkozy représenterait aussi une telle menace à la nation il l’aurait sûrement affirmé dans le même exposé.

christila 18/03/2007 02:05

Je reprends votre raisonnement Mirino : ce que dit Besson de Ségolène correspond à ce que vous pensez, donc c'est vrai.

Alors comme ce que dit Besson de N.Sarkozy correspond à ce que je pense  de lui, alors c'est vrai : il est médiocre, peu efficace, il a un égo démesuré... En fait Eric Besson le traite d'incompétent.

Mirino 17/03/2007 11:09

La gifle d’Eric Besson fut dure. Néanmoins ce qu’il a dit correspond exactement avec ce que nous avons constaté et exprimé depuis le début. Comme il était évidemment bien mieux placé que nous, ces paroles sont d’autant plus crédibles et endommageant pour Ségolène Royal.Elles ne peuvent pas être uniquement des paroles lâchées impulsivement par rancœur ou vengeance, car lorsque un homme intelligent se sent obligé à renoncer à son parti, à cause de une évolution dont les valeurs à ses yeux, ne correspondent plus avec celles essentielles de son parti, sa déclaration est aussi un engagement de conséquences lourdes ainsi qu’une prise de position nette.

Simon Veil, par contre, a apporté son soutien officiel à Sarkozy. Bien entendu elle a le droit de son opinion, mais lorsque on soutien un candidat, on ne critique pas son programme en public, on vérifie d’abord de ses intentions avec lui, en lui donnant alors, si elle estime nécessaire, le bénéfice de son opinion en privé. Naturellement on ne peut pas faire les deux- soutenir un candidat publiquement, et critiquer un programme du même candidat publiquement.  Ainsi elle risque de perdre une mesure de sa crédibilité.

christila 17/03/2007 02:50

Tous les yeux sont fixés sur Ségolène Royal et le parti socialiste, et donc médias et  internautes commentent, en général avec mépris. Et si vous regardiez ailleurs ?                                                                     

 



 Par exemple du côté de Nicolas Sarkozy et de l'UMP. Tandis qu'Eric Besson démissionne à gauche, Nadine Morano est répudiée à droite dans la plus grande discrétion. Azoug Begag au gouvernement aux côtés de N. Sarkozy critique vivement le ministre de l'intérieur et  rejoint F. Bayrou  qu'il place bien à droite puisqu'il ne voterait surtout pas pour la gauche. Jean Louis Borloo fait son chantage à N. Sarkozy et promet de ne pas se ralier à lui s'il n'adopte pas son projet.

 



Même son dernier soutien Simone Veil vient de le désavouer à propos de son ministère de l'immigration et de l'identité nationale. Belle invention irréfléchie ! Comme les 4 % de baisse des prélèvements obligatoires ! 

 



 Et son " travaillez  plus"   :    

 



-          monsieur le patron donnez-moi des heures supplémentaires pour compléter mon temps partiel .

 



-          désolé lorsque l'on vend des pizzas c'est de 11h à 13h et de 19h à 21h : donc un CDI je veux bien, mais pas d'heures supplémentaires.

 



Et si on s'attardait sur F.Bayrou et l'UDF, le parti qui rassemble tous les hommes de bonne volonté, ceux qui ont une dent contre Ségolène : Besson, Allègre avec les OGM sous le bras, en plein champ bien sûr tant pis pour l'agriculture biologique, les maladies du foie, des reins... Surtout il faudra bien vous tenir car ils parlent peu mais ils écrivent beaucoup. Et voilà Borloo, ah non pas lui ! ( vous connaissez tous l'histoire racontée par Hervé Morin sur Itélé ?). Et Gilles de Robien dont N.Sarkozy n'a absolument pas besoin et qui reviendrait bien au bercail. Et Azouk Begag bien sûr avec son miroir magique.  Le club des déçus  ! 

 



Et pour en finir avec Eric Besson qui visiblement aime critiquer les autres il n'a épargné ni S. Royal ni N. Sarkozy. Je rappelle que dans sa lettre du 21/02/07 il le décrivait comme un médiocre ministre de L'Economie et des finances, un ministre de l'intérieur survolté mais peu efficace. Il parlait de son égo largement plus dilué que la moyenne, et l'avait traité à une autre date d'américain disposant d'un passport français.

 



Moralité de ce récit : regarde la poutre dans ton œil avant de regarder la paille dans celle de ton voisin.

 



 

Alceste 16/03/2007 23:42

Dialogue par dépêches d’agence – 16 mars :

DSK : - Le réalisme d'une candidate de gauche qui sait que la gauche a su gérer l'économie et qu'elle saura la gérer à nouveau quand la victoire sera là ».F.Hollande :- On n'est pas là pour faire du bricolage, on n'est pas là pour faire de la confusion, on n'est pas là pour faire de la combinaison.

Le moins qu’on puisse dire est que DSK, réaliste lui-même, sait se vendre et se placer. Sans doute a-t-il oublié quelque chose à Bercy.Quant à F.Hollande, il est manifestement dans sa phase subtile. Voilà maintenant qu’il parle tout seul. Et en plus il est lucide. Il est vrai que c’est un expert. Le PS d’aujourd’hui, si limpide, c’est son œuvre.Jusqu’où iront-ils dans l’injure à l’intelligence ?

- Je veux faire de la politique autrement !- Vous m’en direz tant … !