Identité nationale: la surenchère !

Publié le par blog-pl-seguillon

     Alors qu’est célébré à Berlin l’anniversaire de la naissance de l’Europe, la surenchère à laquelle se livrent Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal autour du thème de l’identité nationale a un mauvais fumet de nationalisme.

     Certes, l’identité nationale est un concept riche et positif. Notre identité nationale est à la fois un patrimoine commun et un projet partagé. Elle n’est pas une donnée de nature mais bien le produit d’une culture, un ensemble de valeurs, un rapport au monde. Le fait d’être  français, de se reconnaître pour tel et d’en être fier  ne relève pas d’un décret, échappe à toute définition  établie et officielle et n’est pas réductible au fait d’entonner  un chant patriotique ou de brandir un drapeau.

     Certes, l’Etat nation demeure aujourd’hui essentiel. Comme le souligne très justement l’essayiste Pierre Manent (La raison des Nations – Gallimard), « il fut à l’Europe moderne ce que la cité grecque fut à l’antique ». Il est et demeure la forme politique qui garantit l’exercice de la démocratie et, se faisant, l’union intime de ces trois idéaux que sont l’égalité, la fraternité et la liberté. La construction européenne ne saurait abolir l’Etat nation quand bien même ce dernier lui délègue certaines de ses prérogatives comme un certain nombre de pays européens l’ont fait en renonçant à battre monnaie au profit d’une monnaie commune, l’euro. De là, la définition originale donnée de l’Union européenne « fédération d’Etats nations » afin de conjuguer l’idéal de paix européen avec la réalité nationale.

     Le nationalisme, en revanche, est un terme ambigu parce qu’il laisse entendre que l’on veut défendre l’identité nationale contre une agression extérieure.

     Voilà pourquoi le mariage proposé par Nicolas Sarkozy entre identité nationale et immigration au sein d’un même ministère  n’a rien d’innocent. Il suggère que l’identité nationale doit être aujourd’hui défendue contre un ennemi, l’étranger envahisseur, l’immigré.

     Voilà pourquoi, quand bien même cela pourrait paraître plus anecdotique, le souhait formulé par Ségolène Royal de voir chaque foyer se doter du drapeau tricolore  et le déployer à sa fenêtre lors des fêtes nationales  peut être interprété  aisément interprété comme une façon de flatter un sentiment nationaliste et anti-européen. Ne disons rien de la remarque faite par la candidate socialiste sur les sportifs français incapable d’entonner l’hymne national. Elle  rappelle certains propos tenus jadis par   Jean-Marie Le Pen sur les footballeurs.

      Cette surenchère dans la célébration de l’identité nationale pourrait d’ailleurs signifier que les idées du président du Front national, stigmatisation de l’immigré et dénonciation de la dilution de la nation dans l’ensemble européen, ont fait leur chemin dans les esprits au point que deux candidats  à l’élection présidentielle, l’un gaulliste l’autre socialiste, n’hésitent plus pour draguer l’électeur, à jouer cette corde périlleuse !

       L'une et l'autre sont en revanche demeurés d'une grande discrétion sur l'anniversaire de la naissance de l'Union européenne. Pobablement parce que l'Europe ne fait pas recette électorale!

       Du moins, je ressens ainsi les choses. Peut-être serez-vous en désaccord avec cette réaction. Votre opinion m’intéresse évidemment.

  

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Marc cassan 09/04/2007 11:31

Que les deux principaux acteurs de cette élection se préocupent de ce sujet, est la preuve d'une réelle prise en compte d'un malaise grandissant dans notre société... d'ordinaire une chappe de plomb journalistique empêche tout débat et toute reflexion politiquement incorrecte... il est donc urgent de retirer le petit bouchon placé sur le couvercle de la cocotte minute, l'europe en fait les frais, mais quel prétendant veut se tirer une balle dans le pied en s'exposant sur ce sujet... Aucun, ils sont tout... mais pas suicidaire.

Pour ce qui est du drapeau, de la Marseillaise ou tout autre "insignes" de la nation, que les candidats se les attribuent cela me semble positif, je n'arrive pas à m'imaginer le contraire exepté pour certains pseudos groupuscules gauchisant positionnés aux frontieres du boboland.

Kévin Robin 08/04/2007 22:28

Une chose ne m'a pas échappé : avant de lancer cette idée d'identité nationale, M. Sarkozy projetait d'user l'expression "identité républicaine". Bien sûr, il s'agit là encore d'une tentative, bien avouée, du Président de l'UMP de ratisser toujours plus de l'électorat chez le FN (ce que je ne trouve pas forcément malsain, d'ailleurs). Mais ce changement de qualificatif a priori anodin entraîne des conséquences qui ne sont pas négligeables. Attention, je ne suis pas réactionnaire vis-à-vis du mot "national", loin de là. Mais le problème, c'est que "l'identité nationale" n'existe pas, quelle qu'elle soit, car elle se réfère aux Français. L'identité républicaine, elle, existe, puisqu'elle se réfère à la France, elle n’a qu’une vocation de modèle : ainsi, son usage aurait été bien plus judicieux puisque justement, M. Sarkozy n'intègre que des valeurs républicaines dans son "identité nationale" ; il voudrait clamer comme propres à la France des notions qui ont une vocation universelle et qui sont partagées par bien d'autres pays. Bref. Pour revenir à cette "identité nationale"... Comment vouloir imposer aux immigrés des valeurs que notre propre population n'arrive pas toujours à assimiler ? Il n'y a qu'à voir le nombre de détenus français ! Oui, car chaque Français, le moindre individu français devrait pouvoir se reconnaître dans une identité "nationale", quelles qu'en soient les valeurs et quelle que soit la situation de ces individus. Or, c'est donc impossible. De plus, où serait l'intérêt de fonder un Ministère de l'Identité Nationale, quand les valeurs prônées par M. Sarkozy sont déjà presque toutes inscrites dans la Constitution ? Bien plus qu'une identité nationale, c'est une identité républicaine, constitutionnelle que nous propose le candidat de l'UMP. Et voilà comment changer un petit mot, comment parler de "nation" bouleverse la campagne alors que ce n'est même pas le sujet. Tout le monde aura compris que c'était bien dans l'intérêt de M. Sarkozy...

 



Par ailleurs, parler d'identité de la nation, c'est aussi la figer dans le temps, ce qui est très dangereux car la notion de nation est en perpétuelle évolution, avec le temps comme avec l'immigration. Alors pour des valeurs constitutionnelles comme la laïcité, il n'y a certes pas de danger, celles-ci doivent traverser le temps sans changer. Mais pour des questions comme le patrimoine ou la langue, le danger est très fort. Je ne nie pas mon patrimoine ou ma langue, je les revendique même. Mais qui dit qu'à l'avenir, ces valeurs n'évolueront pas ? Ce serait justement très inquiétant qu'elles ne changent pas, car cela signifierait que la France est morte. Or, c'est ce que pourrait opérer cette fondation d'une identité nationale. Oui, "une" identité nationale, et pas "l'"identité nationale. Car j'espère que celle d'aujourd'hui n'est pas exactement la même qu'il y a 2 ou 3 siècles en arrière...

 



Pour finir, si l’amour pour la France devait être aussi fort que le souhaite M. Sarkozy, comment se fait-il que tant de contribuables à l’ISF quittent le pays ? Personnellement, j’aimerais bien payer l’ISF. Mais apparemment, l’argent serait capable de remettre en cause l’amour de la patrie… Je suis loin d’être communiste, mais il y a des fois où je me dis que là-dessus, certains aristocrates français vivant à l’étranger pour des raisons autres que le travail devraient se voir retirer leur nationalité au profit de certains immigrés qui, eux, ont réellement, authentiquement l’amour de la patrie, ou tout simplement une notion plus prononcée du respect et de la solidarité.

 

vadina 01/04/2007 21:03

Cher PLS,                     Il est malhonnête de vouloir faire croire que les émeutiers de la gare du Nord sont des citoyens ordinaires révoltés par les méthodes soi-disant musclées de la police. Il paraît évident pour chacun que ces jeunes des cités n'attendent qu'un prétexte pour en découdre avec l'autorité (quelle que soit son uniforme.) Tenter d'en faire des gens ordinaires n'est pas très sain.

palloporo 29/03/2007 18:57

Samira. Madame ou monsiur? peut importe! le problème est le même. Généralement je ne réponds jamais aux commentaires des intervenants sur ce site, sauf si un de ceux-ci m'invite à le faire en répondant à mon commentaire, car j'estime que chacun doit profiter de cette liberté d'expression qui nous est donnée sur ce site, et s'exprimer selon ses idées et ses convictions, politiques religieuses ou autres. Alors, comme toute règle a son exception, je vais essayer de résumer vos cinq commentaires (4.30.38.40.49), et en particulier le n;30 dans lequel, plus que dans les autres, vous mettez en évidence, par votre récit pamphletique, la haine obsessionnelle que vous portez en la personne de M. Sarkozy. Vous vous dites antiraciste, peut être, mais votre forme expressive pourtant elle l'est; elle avoisine même la névrose, donc très dangereuse surtout pour votre santé. Vous êtes responsable de vos propos et de votre décision d'être pour ou contre quelqu'un, mais laissez aux autres la liberté de leur décision et de leur choix. Vous dites: "Français réveillez_vous avant qu'il ne soit trop tard....etc. "Cessez en effet d'être aveuglés....etc". Et pire vous dites: "Sanctionnez le blanc venu d'Hongrie"...! Tout ça c'est très grave! Il faut vous RESSAISIR! En ce qui me concerne je ne suis pas aveuglé par qui que ce soit. Seul les fanatiques le sont. Moi, je ne suis fanatique de personne, et dans mes commentaires j'essaie seulement d'être dans l'objectivité. Vous vous référez souvent à l'Histoire de France, mais êtes-vous sur de bien la connaître. Il faudrais aussi que vous vous approfondissiez dans l'Histoire des Civilisations. Ne croyez surtout pas que cet écrit soit une volonté de moraliser qui que ce soit, c'est tout simplement l'expression de ma pensée, pour le reste à chacun ses résponsabilités. Je ne sais quelle sera votre réaction à ce commentaire, mais elle n'aura pour moi aucune importance. Les aller-retour n'est pas mon fort, encore moins de m'étendre sur les polemiques.

republicain 29/03/2007 16:45

La primaire se joue à droite L’adversaire de Ségolène Royal pour le second tour sera celui attirera les 15 à 20%des Français ,électeurs de droite modérée et du centre , toujours indécis. Depuis trente ans une primaire se joue au centre droit ; Pompidou l’emporta sur Poher, Giscard sur Chaban, Chirac sur Barre puis sur Balladur Tout devrait basculer dans les prochains jours et le gagnant sera celui qui se … recentrera Nicolas Sarkozy a durci son discours pour réduire le potentiel électoral de Jean Marie Le Pen, il a éliminé le risque potentiel de ce dernier au risque de s’éloigner du centre droit François Bayrou, candidat du centre peut sembler mieux positionné mais il a multiplié les appels sur sa gauche pour rameuter les « sociaux démocrates » allergiques à Ségolène Royal .En évoquant la possibilité d’un premier ministre socialiste et surtout en s’alignant sur Ségolène Royal sur la question des banlieues, il devient inaudible car trop à gauche Mais qui donc sera le candidat du centre droit ? FRANCOIS BAYROU ET L ETERNELLE TENTATION DE LA TROISIEME FORCE François Bayrou ne rève t il pas en une alliance entre son UDF et les européens du PS ? Débarrassés des UMP et des Fabusiens, il présiderait avec Dominique Strauss Kahn pour premier ministre La résistance de Madame Royal, la remontée de la gauche montrent les limites de cette stratégie . Le candidat UDF retombe dans les travers de la « troisième force » des années 60 ; Il s’agissait alors de marier le centre Lecanuettiste à la gauche non communiste . Cette stratégie échoua car à l’exception de Gaston Defferre et de Mendes France , personne à gauche n’en voulait vraiment . L’explosion de la bulle Poher fut à la mesure de la déception. Personne à gauche n’a intérêt à suivre François Bayrou. Un échec de Ségolène Royal permettra à Dominique Strauss Kahn de tenter sa chance DSK en bête politique espère cet échec Si Sarkozy est battu par Royal il n’ a pas d’avenir ; Si Sarkozy ou Bayrou battent Royal il sera le chef de l’opposition Si Bayrou bat Sarkozy au deuxième tour il deviendra le premier ministre tout puissant d’ un président fantoche . Un homme de droite élu contre ses amis et ses électeurs par la gauche, la pire des configurations pour François Bayrou, celle de Judas François Bayrou l’ignore peut être mais tout le monde le sait … il est DE droite Son projet de « social-économie » a un net parfum de programme de droite classique: candidat « pro-entreprise », il est hostile à une augmentation « brutale » du SMIC et veut baisser les charges des entreprises. Quelles différences avec Nicolas Sarkozy En matière de pouvoir d'achat, il propose de « libérer les heures supplémentaires » : elles rapporteraient aux salariés 35 % de plus qu'une heure normale, contre 10 ou 25 % actuellement, à coût inchangé pour les entreprises. Il n'est donc pas loin du « travailler plus pour gagner plus » de Nicolas Sarkozy Pas vraiment de tonalité de gauche quand Il veut en effet consacrer la moitié des recettes de l'Etat pendant trois ans, soit 7 milliards d'euros par an, à la réduction des déficits. En matière de fiscalité, : ni baisse ni augmentation des impôts.». , il propose « un CDI universel à droits progressifs ». qui rappelle furieusement le « contrat de travail unique » de Nicolas Sarkozy. François Bayrou fait une ouverture vis-à-vis des homosexuels en défendant « l'union civile » avec les droits « équivalents » à ceux du mariage ou en proposant « l'adoption simple » pour les deux parents homosexuels. Mais il assure aussi que « le mariage, pour moi, c'est un homme et une femme ». Au total ,le programme de François Bayrou et celui de Nicolas Sarkozy sont bien proches Sont ils de droite ? ils correspondent à ce que met en place la grande coalition allemande IL N Y A PLUS PERSONNE AU CENTRE DROIT La primaire se jouera sur le choix du meilleur candidat pour appliquer ce programme L un et l’autre se sont mis dans une étrange posture « l’homme qui sait parlerà l’oreille des chevaux » a progressé car il incarne une république modérée Un enfant du peuple , un fils de paysan du Béarn, un prof, un humaniste…Il sait éviter les représentations simplistes , il ne stigmatise pas et la France modérée apprécie Il comprend les enseignants, tend la main à ceux qui souffrent , échappe aux incantations droitières Il devient le troisième homme, il peut gagner , il va gagner… Nicolas Sarkozy commence mal Il a contre lui les people ;;; à l’exception de Doc Genico Les racailles, le Karcher, tout remonte à la surface et il devient le responsable de tous les maux, sans doute même du réchauffement climatique Une institutrice en garde à vue, un papy sans papier en difficultés ;… Il parle de discrimination positive et se met à dos une partie de son électorat… La France modérée s’interroge, les sondages le montrent… et si Sarkozy n’était pas le bon candidat pour battre Royal Un fais divers , un incident gare du Nord… Peut être un tournant dans la campagne François Bayrou vise juste et … se tire une balle dans le pied Il ne trouve plus les mots qu’attend la France modérée, celle qui ne comprenait pas l ‘affaire de la maternelle mais celle aussi qui ne veut plus de discours complaisant pour un voyou multirécidiviste Pourquoi a t il participé à la curée anti Sarko ? Peut être croit il que pour gagner il doit passer pour le candidat anti-système ? Il y en a d’autres sur ce registre, Bové Le Pen… La France modérée lui demande simplement d’être lui même… En attendant, elle redécouvre Nicolas Sarkozy