Les malheurs du "Petit chose" béarnais

Publié le par blog-pl-seguillon

   

    François Bayrou traverse une mauvaise passe. A trois semaines de l'arrivée, il lui sera très difficile, sinon impossible, de refaire son retard.

 

 

 

  1. François Bayrou  est victime de son éphémère succès.

 

 

 

    Sa percée dans les sondages, il y a trois semaines, lui a d’abord valu d’attirer les foudres des deux favoris de la course présidentielle,   Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Conscients du danger que sa qualification pour un second tour leur faisait courir, l’un et l’autre l’ont pris pour cible de leur feux croisés. Désormais convaincus d’avoir définitivement écarté ce risque, tous deux l’ignorent superbement. Tous deux  ont restauré le clivage droite gauche que François Bayrou prétendait dépasser. Tous deux  ont  repris leur duel  au sommet comme s’ils jouaient déjà le deuxième tour de la présidentielle.

    François Bayrou peine donc aujourd’hui à se remettre dans ce jeu fermé et dénonce des sondages qu’il estime orientés.  

 

 

 

 

François Bayrou est paradoxalement victime de son effort de crédibilisation.

 

 

 

 

 

     François Bayrou a construit sa popularité sur son image de candidat rebelle. A partir du moment où il a voulu démontrer la crédibilité de son éventuelle présidence, il a quitté le registre combatif pour le style explicatif. D’une part, sa spécificité s’est estompée. D’autre part, il n’est pas parvenu à dessiner ce que serait son gouvernement. Quand bien même certains seraient à, droite ou à gauche, disposés à le rejoindre,  nul ne saurait se déclarer avant le premier tour.

     François Bayrou s’efforce de retrouver son image de candidat anti système avec la propositions de supprimer l’ENA. Ce qui est une manière de s’en prendre à la technocratie après avoir pris bille en tête les politiques, les puissances financières et les médias coupables à ses yeux d’avoir pour seul souci la préservation de leurs privilèges et de leurs prébendes.

 

 

 

 

 

François Bayrou est victime de la dureté de la campagne

 

 

 

 

      Mener une campagne avec les gros bataillons du PS ou de L’UMP est une épreuve. A plus forte raison, faire campagne avec l’appareil artisanal de l’UDF est redoutable.  L’entourage de François Bayrou reconnaît avoir durement encaissé le recul dans les sondages.

      François Bayrou avoue que la campagne est plus dure qu’il ne l’imaginait.

 

 

 

 

 

François Bayrou est enfin victime de l’organisation même de la campagne 

 

 

 

      Maintenant que les 12 candidats bénéficient d’une égalité de temps de parole et d’une équité de temps d’antenne, François Bayrou , noyé dans la masse des prétendants, n’a plus autant d’espace pour faire entendre sa voix.

 

 

 

       Il sera donc très dur pour François Bayrou de reprendre éventuellement place dans le peloton de tête. Mais ce n’est pas totalement impossible.

       Le match reste ouvert même s’il paraît déjà joué au regard des intentions de vote comptabilisées par les enquêtes d’opinion.  L’électorat est en effet difficile à saisir par les instituts de sondages. Les indécis sont encore nombreux. Il n’est pas aisé de mesurer ce qu’il en ira ou non de la persistance du réflexe partisan ou de l’impact du cœfficient féminin.

        Il n’est pas totalement exclu que les électeurs, par souci de bousculer une compétition dont l’issue paraît trop tôt scellée, décident de remettre dans la course celui qui fait un peu figure de « Petit chose » béarnais de la compétition

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Marc cassan 09/04/2007 11:10

Chevenement, bayrou même combat... peut-être, le premier me semblait plus crédible, il y a dans l'attitude de monsieur Bayrou un je ne sais quoi de suffisance qui m'horripile fortement... Quand je le vois se produire à la télé, il revient en moi le souvenir de ces bordelais et palois qui venaient en dominateurs faire du ski dans ma bigorre natale... c'est marrant cette vision date de plus de 35 ans... Comme quoi, le temps n'efface pas tout.

FrédéricLN 08/04/2007 18:46

@ P-L Séguillon,



J'ai du mal à saisir ce qui dans le billet peut étayer l'assertion "A trois semaines de l'arrivée, il lui sera très difficile, sinon impossible, de refaire son retard." ...



Admettons que F. Bayrou soit entre 3 et 5 points "derrière" S. Royal ...



Il y a 15 jours au Québec, l'ADQ a obtenu 6 points de plus le jour de vote que ce que donnaient les derniers sondages l'avant-veille du scrutin !



3 ou 5 points seraient "très difficiles" à reprendre en 2 semaines ?!

Thérèse 06/04/2007 09:57

De l'évocation du roman émouvant du "Petit Chose", de votre article analysant ( toujours finement ) les difficultés de M. .Bayrou , il se dégage un attendrissement  nostalgique qui semble sonner le glas des chances de ce candidat...

Au moment  où les sondages sont décriés, pourquoi cette sorte de pronostic  ,pourquoi aussi ne pas s'attendre à des surprises auxquelles nous ont préparé celles de 2002  ?

Merci pour la qualité de vos articles .

Mirino 05/04/2007 20:12

 

Je suis d’accord avec Mr. Palloporo. D’ailleurs c’est historiquement le même phénomène dans la plupart des pays démocratiques depuis l’établissement de la démocratie. S’il y a une différence aujourd’hui, c’est à cause du fait que depuis presque trente ans la politique menée en France était plutôt de gauche mais ni franchement de gauche et dans aucun cas de droite.

Bledur 05/04/2007 19:47

Francois Bayrou est le seul à avoir parmi ses soutiens UDF Mr Lassalle qui est le seul homme politique contemporain à s'etre mis en greve de la faim pour sauver des emplois dans sa région.

J'espère sincèrement que les Français vont enfin changer la donne car ce système nous ruine depuis 26 ans.

Etant de conviction RPR/UMP d'origine, ayant 34 ans, cadre dans une entreprise, la division n'a jamais arrangé les choses.

VOTEZ Francois Bayrou afin de voir ce que cela peut enfin changer car nous ne risquons vraiment pas d'empirer la situation laissée par ces messieurs et mesdames PS/UMP.