Le coup de pouce de Michel Rocard à François Bayrou

Publié le par blog-pl-seguillon

 

 

 

   L’appel de Michel Rocard à une alliance entre Ségolène Royal et François Bayrou avant le premier tour des présidentielles afin de faire pièce à Nicolas Sarkozy a heurté les socialistes. Ils ont officiellement dénoncé cette proposition et l’ont catégoriquement rejetée comme étant l’expression d’une « combinaison d’appareils surannée ».

   On comprend que l’état major de Ségolène Royal ait mal accueilli une telle proposition qui, à l’évidence, fait le jeu de François Bayrou en validant la stratégie de ce dernier qui est de rassembler tous les talents et toutes les bonnes volontés pour gouverner la France autrement.

   Mais en lançant un tel appel Michel Rocard fait preuve de constance et de cohérence.

   L’ancien Premier ministre est fidèle à lui-même. En entrant à Matignon, il y a près de vingt, le premier chantier auquel il s'attela  fut celui de l' ouverture . François Mitterrand l'avait  promise pendant la campagne présidentielle. Michel Rocard voulut la réaliser. Son premier gouvernement fit ainsi  la place à deux ministres issus de l'UDF et à des représentants de la société civile. Michel Rocard souhaitait alors accroître cette ébauche d’ouverture en maintenant l’Assemblée issue des législatives de 1986. Avec l’aide à l’époque de Jacques Chaban-Delmas, il chercha à convaincre François Mitterrand de ne pas dissoudre la chambre.  En vain ! Celui-ci refusa tout net et la dissolution de l'Assemblée nationale coupa court au processus d’ouverture. Une majorité socialiste relative  sortit des urnes et  la moitié des membres du deuxième gouvernement Rocard ne furent pas des socialistes. Mais la recomposition du paysage politique espérée par Michel Rocard et qui aurait dégagé, au fil des débats parlementaires, des convergences avec les centristes, ne s’est pas  produite. Certes, les centristes quitteront le giron de l'UDF pour fonder leur propre groupe, l'UDC. Mais, lorsque Michel Rocard, en mai 1991, quittera l'hôtel Matignon, les centristes, plus ou moins contraints et forcés, seront pratiquement rentrés dans les rangs de l'opposition.

    L’ancien Premier ministre témoigne également d’une grande cohérence. Bien avant ses camarades socialistes, Michel Rocard, champion de ce qu’on a appelé jadis la deuxième gauche, a jugé obsolète une idéologie de gauche qui ne prenait pas en compte les réalités du marché  et estimé dépassée une gauche de gouvernement fondée sur une alliance des socialistes avec un parti communiste désormais moribond. Il en a très logiquement conclu à la nécessité d’une révision idéologique au profit d’une économie sociale et d’un réajustement stratégique au bénéfice d’une alliance entre la social démocratie et la démocratie sociale.

    Michel Rocard exprime ainsi  tout haut ce que bon nombre de socialistes pensent tout bas. Pierre Moscovici , proche de Dominique Strauss-Kahn, tout en estimant que le propos de l’ancien Premier ministre était prématuré et « n’avait pas grand sens »   dans « un combat de premier tour », s’est d’ailleurs empressé d’ajouter  « rien n’est écrit, rien n’est exclu ».

    Toute la question est en effet de savoir autour de quel pôle se ferait cette recomposition politique. On voit bien que, pour les amis de Dominique Strauss-Kahn, c’est autour d’un PS ralliant le centre que pourrait s’opérer cette nouvelle construction politique dont on sait que Ségolène Royal ne veut en aucune manière. Il est clair également que, pour François Bayrou , c’est autour de la démocratie sociale qu’il entend incarner que devrait se façonner le nouvel édifice politique si d’aventure le candidat de l’UDF était qualifié pour le deuxième tour et avait quelque chance de battre Nicolas Sarkozy. François Bayrou a d’ailleurs déjà donné un nom à ce que pourrait être cette nouvelle force face à une droite conservatrice et radicalisée : « le parti des Démocrates ».

    En donnant crédit à cette stratégie, Michel Rocard fournit  un sérieux coup de main à François Bayrou en validant a priori une gouvernance transpartisanne.

 

 

 

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Mekil 16/04/2007 10:49

C'est fou de lire vos commentaires a tous...vous ne voulez donc rien changer, vous ne voyez rien...c'est le seul a pouvoir mobiliser toutes les forces vives de tous bords, de toutes competences pour faire avancer notre pays!!

Arretez de croire aux deux programmes illusoires et couteux des deux grand partis, soyez pragmatique!!

Dans une europe comme on l'a maintenant les reves que vous fournissent les deux autres soi-disant "tenors" sont irrealisables!!

Entre l'une nulle en questions internationales, et l'autre qui nous promet une societe a la Minority Report...reflechissez et reagaissez...la vraie revolution c'est François Bayrou!!

Et a ceux qui aprlent de vieux qui reviendraient, je prefere un Rocard, Kouchner, competents courageux, qu'un Dray ou Fillon d'un niveau intellectuel plus que douteux...

PS : pour les pro Sarkozy achetez Marianne et revenez nous voir après...vous verrez ce qu'en pensent objectivement les medias etrangers...attention sueurs froides!!

 

cindi21 16/04/2007 07:53

Que Rocard à son âge reste en retraite, on n'a pas de leçon à recevoir de lui, il a un goût de revenez-i ;Bayrou ne mérite pas qu'on l'aide c'est un traitre pendant la guerre, les traitres on les punissaient .Ils sont tous les deux traitres à leurs partis. Alors un français doit savoir pour qui il doit voter, c'est à lui de se décider et sans être manipulé.

SANMARCO 15/04/2007 22:36

CA FAIT UN MOMENT QUE BAYROU CHERCHE UN DELORS JEUNE  IL A FINI PAR TROUVER  CE SERA ROCARD  ON NOUS PREND VRAIMENT POUR DES CHARLOTS  APRES CA UN TYPE COMME BAYROU PRETENT ETRE PRESIDENT   LE PEN A DE BEAUX JOURS DEVANT LUI

jeanpierre.becker 15/04/2007 12:52

Très bonne analyse Mr Séguillon, le PC moribond indique un glissement de l'électorat vers la droite, ce qui implique pour les socialistes intelligents de trouver un accord sur leur droite pour arriver à obtenir une majorité gouvernementale. Bayrou et le PS sont donc obligés de s'entendre s'ils veulent peser politiquement. On tient compte de la réalité, c'est tout. Michel Rocard l'a très bien compris, suivi par Bernard Krouchner.Il reste évidement les divers apparatchiks qui furibonds voient leur fin venir. Le changement profite à certains et irrite d'autres.

Francine 15/04/2007 10:37

Etes-vous sur M. Seguillon que ce soit un coup de pouce pour F. Bayrou ? Personnellement je suis de centre droit et M. Sarkozy me fait un peu peur. Je m'appretais a voter pour F. Bayrou au premier tour, mais s'il est d'accord pour une alliance avec le PS, je serai obligee de voter Sarkozy au premier tour... Je ne suis pas la seule dans ce cas.