Une campagne présidentielle à courte vue

Publié le par blog-pl-seguillon

  

    

 

    En écoutant le discours des candidats, en suivant les commentaires des « polito-sondologues », on aura eu parfois le sentiment, durant cette campagne présidentielle, que la France et les Français vivaient dans une sorte bulle, étrangère et inattentive à son environnement international. Tout se passe en effet comme si des décisions pouvaient être prises en politique intérieure et notamment dans le domaine social et économique sans prendre garde au contexte extérieur. Les principaux candidats usent volontiers d’un « je veux », expression d’un volontarisme ignorant les contraintes internationales et  européennes. Tous paraissent ignorer que, dans leur grande majorité, lois votées par notre Parlement français ne sont qu’une mise en conformité de notre législation avec des directives décidées à Bruxelles.

     Les candidats se perdent dans l’inventaire d’une multiplicité de mesures promises à court terme afin de capter  les voix de diverses catégories sociales quitte à céder à une surenchère démagogique.  Mais ils peinent à dessiner une vision et des objectifs à long terme.

     Chacun sait qu’un rétablissement de l’équilibre de nos finances publiques est la condition sine qua non d’une croissance saine, durable et riche en création d’emplois. Tous les candidats ont souligné que la dette colossale  que doit supporter l’Etat obère, avec le coût faramineux des intérêts, la capacité d’action de l’Exécutif. Quel candidat à proposé un plan précis, chiffré et échelonné dans un temps déterminé, du remboursement de cette dette ? Aucun !

      Nul n’ignore que notre pays sera progressivement marginalisé dans le concert des nations s’il ne redevient un acteur éminent de la construction européenne. Quel candidat a dessiné un objectif européen pour la France, a proposé une méthode pour l’atteindre et fixé un calendrier pour y parvenir ? Aucun !

      Nous voyons tous que l’Europe doit définir sa place et son rôle dans un monde dominé par l’hyper puissance américaine mais où émergent à grands pas des puissances comme la Chine, l’Inde ou le Brésil et où le terrorisme devient l’arme tentaculaire de la revanche des opprimés, instrumentalisée par des courants religieux. Quel candidat s’est efforcé de dessiner ce que pourrait et devrait être le devenir  de notre Europe dans ce nouveau contexte ? Aucun

      Et l’on pourrait de la sorte allonger cette liste de questions essentielles demeurées sans réponse.

      Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire « Le Pellerin », avant son accident de santé, Raymond Barre , qui dresse avec Michel Rocard ce triste constat, cite cette formule du général de Gaulle : «  Un programme à quoi ça sert ? Ce qui compte ce sont les objectifs ! » Le propos est d’une grande actualité quand on veut bien analyser de manière lucide et sans concession la tonalité dominante de cette campagne présidentielle. 

 

 

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Fuck bush 19/04/2007 05:27

Et la Cecilia qui s'est prise une avoine et a disparu de la scene, PPDA n'en cause meme pas



TV facho

autret 18/04/2007 22:49

Monsieur.

Il est grand temps que cette campagne s'achève.

Comme d'habitude, il ne faut se faire d'illusions;  après les élections, les problèmes de la maison France et des Français ne seront pas résolus.

Certains grands sujets sont absents du débat : les finances publiques - le déficit extérieur - le trou de la sécu - l'Europe - les délocalisations. 

Bref, c'est à chacun de se débrouiller  pour s'en sortir. 

 

Les promesses électorales s'envolent...

Il ne faut compter que sur soi.

R. Henri 18/04/2007 17:14

Pour alimenter la réflexion et approfondir en même temps qu'élargir le débat d'une campagne présidentielle effectivement bien trop à courte vue, l'ouvrage suivant, découvert "en libre accès" sur l'internet, pourrait sûrement y contribuer : " France - U.E. - Monde : le grave constat ! "  -  "La situation et les responsabilités - S'efforcer d'y remédier" sur le site : < http://www.geocities.com/boulvau/ > Un texte proposant des éléments factuels objectifs et des graphiques particulièrement explicites et édifiants reprenant des données tirées de l'INSEE et de l'OCDE - depuis 1970 / 1973 ou 1980 jusqu'à 2005 / 2006 (toutes converties en "Euros constants 2006") - sur des éléments essentiels caractérisant l'évolution de la situation de la France, afin de les mettre en perspective, accompagnés de commentaires et d'appréciations plus personnels de l'auteur. Un texte présentant aussi tout un large éventail de suggestions et de propositions de politiques à mettre d'urgence en oeuvre pour s'efforcer de remédier aux lourds problèmes croissants qui affectent de plus en plus la France et les Français, l'U.E. et nombre de régions du monde. R. HenriA découvrir et à faire connaître ! R. Henri

Patrick 16/04/2007 17:59

Alain 16/04/2007 17:01

Est-ce que la campagne électorale qui jusqu'à présent à été bien lamentable regagnerait de l'intérêt alors qu'elle touche à sa fin.

Derrière les propos de Rocard, Kouchner et Allègre, on peut supposer deux choses :



- la première, qui serait une basse manoeuvre électorale, consisterait à faire élire celui qui a le plus de chances de triompher de Sarkozy au second tour, c'est-à-dire Bayrou.

Car j'imagine que nos trois protagonistes, surtout le dernier, ont compris que dame Ségo ne faisait pas le poids. Mais cette manoeuvre donnerait-elle à un Bayrou élu une réelle autorité puisque élu pour éviter l'élection de l'autre. A la différence de convictions, ce serait simplement une opposition à un personnage et peut-être ses idées (et là je n'en suis pas sûr). C'est assez faible pour diriger un pays.



- La seconde plus intéressante consisterait à révolutionner le système politique français en se dirigeant purement et simplement vers le bipartisme, bien connu dans beaucoup de grandes démocraties.

Cette idée peut sembler intéressante, mais se heurtera à de vives résistances de la part de l'aile gauche du parti socialiste qui arrive difficilement à se débarrasser de ses origines marxistes. Et puis ça en mettrait quelques uns au chômage, qui ne sont pas encore assez vieux pour ne plus avoir d'ambitions personnelles.

Et pourtant, il semble bien que ce soit là le sens de l'histoire.

Mais attention, et je le dis d'autant plus facilement que mon coeur penche à droite, et le dis donc à l'intention du "peuple de gauche", le bipartisme constitue souvent une alternative entre un gouvernement de droite modérée et un gouvernement de droite plus dure.



Enfin quoiqu'il arrive, quel que soit le résultat de cette élection, il semble bien que celle-ci sonne le glas d'un parti socialiste qui n'a pas su se réformer, dont le premier secrétaire en est encore à dire qu'il n'aime pas les riches, et dont l'homogénéité idéologique a déjà explosé.