Premier tour: Le Favori, l'Arbitre et la prétendante

Publié le par blog-pl-seguillon

Voici quelques réflexions que je souhaite partager avec vous alors que, les heures passant, nous avons maintenant un peu de recul pour tenter d’interpréter les résultats de ce premier tour des élections présidentielles. Je vous soumets ces réflexions dont j’espère qu’elles susciteront vos commentaires, votre accord ou vos désaccords.

 

  

  La participation ( 84,60%)

 

    Elle est exceptionnelle. Il faut remonter à la première élection présidentielle de la Cinquième République (1965) pour retrouver une aussi faible abstention. En 2002, la participation avait été de 71%.

    C’est évidemment une bonne nouvelle pour le fonctionnement de notre démocratie.

    J’y vois plusieurs explications.

    Les Français ont perçu l’importance historique d’une élection qui marque un changement d’époque et de générations. Quel qu’il soit, le futur président sera un ou une quinquagénaire. Les électeurs ont également saisi l’importance de cette élection pour le devenir de notre pays. L’intérêt qu’ils ont porté à cette campagne  et l’empressement que la jeune génération a mis à s’inscrire sur les listes électorales annonçaient  en quelque sorte cette participation massive.

     Par ailleurs, la nécessité pour la gauche d’effacer le traumatisme de la présidentielle de 2002 qui avait vu l’élimination de Lionel Jospin a contribué à une forte mobilisation de la gauche. J ’ajoute que la présence pour la première fois d’une femme susceptible d’être élue a certainement contribué à l’intérêt de cette campagne.

     Enfin, il est incontestable que la manière dont Nicolas Sarkozy a mené cette campagne en créant en permanence l’événement par la manière dont il a nourri le débat et que l’émergence de François Bayrou dans la cour des grands ont largement contribué à la mobilisation des électeurs.  

   

     Le recentrage de vie politique française

 

    C’est peut-être le premier enseignement de ce dimanche d’élection. Il semble que s’achève le cycle des extrêmes.

     Avec 3 824 299 voix, soit 10% des suffrages exprimés, Jean-Marie Le Pen a perdu un million de bulletins par rapport à 2002. Une partie de ses électeurs s’est reportée sur Nicolas Sarkozy qui, lui-même, a vu une frange de son électorat venir grossir le score de François Bayrou .

 

      De même, l’extrême gauche – à l’exception du candidat Olivier Besancenot qui gagne un peu plus de 200 000 voix par rapport à 2002, a-t-elle été désertée au profit de Ségolène Royal qui, elle-même, a vu une partie  de l’électorat socialiste se reporter sur François Bayrou .

      La manière dont Nicolas Sarkozy a  repris à son compte certaines préoccupations de l’électorat populaire du Front national et le vote utile à gauche pour éviter que ne se reproduise le cataclysme du 21 avril 2002 ont largement contribué à ce recentrage.

 

    La demi victoire… ou le demi échec de François Bayrou

 

     François Bayrou n’est pas parvenu à se qualifier pour le second tour. Il n’en a pas moins réussi à reconstituer un centre en multipliant par trois le score qu’il avait fait en 2002 (18,55%) et en faisant mieux que Jean Lecanuet en 1965 ( 15,57%) ou Raymond Barre en 1988 ( 16,54%).

 

     Se faisant, il a démontré premièrement que l’idée de réduire la droite à un seul parti, l’UMP, était vouée à l’échec, deuxièmement qu’une partie de l’électorat de gauche ne se reconnaissait plus dans un P.S. qui se refuse toujours à effectuer son aggiornamento idéologique, troisièmement que nombre de citoyens aspirent à une coalition des bonnes volontés et des compétences pour résoudre certains grands problèmes de notre société.

     Il est évidemment aujourd’hui fort courtisé par les états majors de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal qui, l’un comme l’autre, ont besoin de ses voix.

     Il est évident toutefois que le candidat centriste, éliminé depuis dimanche soir, ne saurait donner de consigne de vote en faveur de l’un ou l’autre des deux candidats demeurant en lice sans se renier,  sans condamner à mort son projet de rénovation politique et sans compromettre à jamais sa propre ambition.

     Il faut donc s’attendre qu’il annonce la création d’un grand parti démocrate social pour accueillir ceux qui l’ont soutenu dans cette élection et tente de jouer sa carte lors des troisième et quatrième tour de cette élection, autrement dit lors des élections législatives qui, au mois de juin, donneront un nouveau parlement au nouveau président.

     On imagine sans peine sa stratégie idéale qui est de se retrouver en situation d’arbitre à l’Assemblée nationale distribuant bons et mauvais points au futur gouvernement selon les sujets abordés et les décisions prises par ce dernier. Pari difficile s’il est vrai qu’une partie des députés sortants seront tentés  de refuser cette stratégie périlleuse pour ne pas risquer de perdre un siège acquis en 2002 en s’alliant à l’UMP.

 

      La campagne magistrale de Nicolas Sarkozy

 

      Nicolas Sarkozy a touché dimanche les dividendes d’une campagne conduite de main de maître depuis des mois sinon depuis des années. Son score est le double de celui réalisé en 2002 par Jacques Chirac au premier tour. Il a engrangé 11 323 704 voix soit 31,11% des suffrages exprimés.

      Le candidat de l’UMP a réussi à incarner une rupture aux yeux des électeurs avec une politique passé dont il été pourtant partie prenante puisque ministre à trois reprises dans les gouvernements du quinquennat qui s’achève.

      Il est surtout parvenu à construire à son bénéfice un parti dont l’ancrage populaire est incontestable. Il l’a fait en cultivant une droite sans complexe, qui s’assume pour telle et en disputant patiemment au Front national  des valeurs chères à l’électorat de ce dernier : ordre sécurité, autorité, mérite, travail, identité nationale. 

      Son problème, pour ce second tour, est maintenant de changer de pied et de jouer, comme il a commencé à le faire dès dimanche soir, le registre du rassemblement. Toute la question est de savoir si les efforts qu’il a faits pour réintégrer dans le giron de la droite parlementaire l’électorat du Front national au risque parfois de tutoyer la ligne jaune ne vont pas obérer sa tentative de séduction vis-à-vis de l’électorat de François Bayrou .

     Objectivement, le score réalisé dimanche par Nicolas Sarkozy, lors de ce premier tour, en fait politiquement et arithmétiquement le favori de l’élection présidentielle.

 

     La satisfaction mitigée des socialistes

 

   A l’annonce des résultats, dimanche soir, les socialistes ont été soulagés et  heureux. Non seulement le spectre de la non qualification pour le second tour était écarté  mais la candidate socialiste a récolté deux fois plus de suffrages que   Lionel Jospin cinq ans plus tôt ( 9 402 841 voix contre 4 804 713 pour l’ancien Premier ministre )

     Ségolène Royal bénéficie incontestablement du vote utile. Une bonne partie des électeurs  de l’extrême gauche ou de la gauche non socialiste qui s’étaient dispersés en 2002 se sont en effet portés dès le premier tour sur la candidate socialiste afin d’éviter une réédition du fiasco du 21 avril qui avait vu la gauche éliminée dès le premier tour de la présidentielle.

      La détermination sans faille de la candidate socialiste a joué également en sa faveur même si les changements de pieds successifs de sa campagne ont pu dérouter parfois ses propres supporters.

      Sa féminité demeure sans doute un atout vis-à-vis d’une partie de l’opinion.

      Ses adversaires ne doivent pas sous estimer sa pugnacité dans le débat qui l’opposera le 3 mai prochain à Nicolas Sarkozy.

      Ségolène Royal cherchera évidemment, comme Nicolas Sarkozy à récupérer une partie de l’électorat qui s’est porté sur François Bayrou . Mais elle éprouvera la même difficulté que le candidat de l'UMP à séduire dans le même mouvement ce qui reste de voix extrêmes et ce qui pourrait lui revenir de voix du centre.

      Tous les observateurs savent enfin qu’un deuxième tour de présidentielle constitue une nouvelle élection et que l’arithmétique ne présume pas nécessairement du résultat.

      Il n’en demeure pas moins que les décomptes de voix ne jouent pas en faveur de la candidate socialiste et que la dynamique, de par l’avance qu’a acquise Nicolas Sarkozy dès le premier tour est du côté de ce dernier.

      Au risque d’une "raffarinade", disons que telle que se présentent les choses, du moins au début de cette seconde phase, la victoire de Nicolas Sarkozy est probable tandis que celle de Ségolène Royal n’est que du domaine du possible !

      Les socialistes l’ont fort bien compris. Hier soir, leur satisfaction restait mitigée.

 

  

 

   

 

           

 

 

Publié dans blogpls

Commenter cet article

Alami mehdi 29/04/2007 19:53

Cette étude vise à analyser les nouvelles régulations de la société qui apparaissent dans un contexte de redéfinition des rôles respectifs du droit et de la démocratie. Sont notamment envisagées dans cette perspective les mutations affectant les problèmes des droits de l'homme, de la question des minorités, et de la crise de l'Etat-providence. Il s'agit de développer une réflexion critique et interdisciplinaire permettant d'affronter la complexité des transformations contemporaines du lien social et politique.Ce travail peut s'analyser comme celui d'un ''Observatoire des nouvelles régulations juridiques'' qui, tout à la fois, prend la mesure des nombreux changements affectant la rationalité juridique contemporaine et propose une clé de lecture globale de ceux-ci. Se dégagent dès lors deux axes majeurs de recherches : d'une part, l'identification et l'analyse des manifestations de l'émergence de nouveaux modes de production du droit, et , d'autre part, la mise en place d'un modèle théorique d'ensemble susceptible d'éclairer ces transformations.

La société civile et ses droits Etude du concept de ''société civile'' dans la philosophie moderne ( Hobbes, Locke, Hegel, Marx, Arendt, Habermas, etc.) dans le prolongement des recherches menées sur les transformations de la démocratie représentative et du droit contemporain. - Statut politique et juridique de la société civile dans l'ordre constitutionnel. - Développement d'une société civile européenne et transnationale. - Modalités d'expression et d'action de la société civile. - Modalités de contrôle et de répression de l'opinion publique par les autorités. - Désobéissance civile.

Les modéles juridiques d'interprétation. Etude, comparaison et application des modèles d'interprétation dans la méthodologie juridique et la pratique judiciaire. - Histoire interdisciplinaire des modèles d'interprétation de l'Antiquité à nos jours : modèles rhétorique, talmudique, patristique, scolastique, géométrique (17ème - 18ème s.) philologique (19ème s.) sociologique, économique et pragmatique. - Epistémologie juridique : concepts opératoires fondamentaux (sources, ordre et système, intérêt, etc.). - Etude critique de la jurisprudence contemporaine : motivation et argumentation des décisions ; application et interprétation des régles de droit.

Quels droits collectifs? Alors que la philosophie moderne du droit est entièrement organisée autour de l'individu, sujet de droit, nous devons prendre acte de la pression croissante de différents types d'entités collectives dans la sphère juridique : quartier, association, minorité, culture, génération, genre, peuple, humanité... Comment les appréhender? Peut-il s'agir de sujets collectifs de droits? Doit-on inventer de nouveaux types de références collectives pour le discours juridique?

Souveraineté, conflits et corruption. Sur base de l'incapacité de la philosophie politique ( par opposition à Machiavel) de prendre en compte essentiellement le conflit et la corruption, il s'agira de revisiter l'histoire du concept de souveraineté, pour ensuite tenter de rétablir la relation de la puissance constituante avec le pouvoir constitué qui l'asservit.

Le jugement judiciaire. Problématisation philosophique du jugement judiciaire ayant pour fil conducteur le jugement réfléchissant kantien. Deux axes de recherche sont privilégiés. (a) Quel est l'apport épistémologique d'un rapprochement entre jugement judiciaire et jugement réfléchissant pour la compréhension de la pratique du droit? (b) Quel intérêt politique d'une telle analogie, notamment à l'égard de la séparation des pouvoirs?

Tout ce qui précéde est enfrein par la délégation provençiale hay mohammadi et casa-anfa à casablanca Maroc par l'ignorance de la loi par certains barbares subversifs se cachant le voile de l'administration et s'adonnent aux crimes les plus horribles contre l'humanité et sont subversifs contre la république Française et contre la monarchie marocaine et crééent des conflits diplomatiques entre les deux pays.

Stéphane 29/04/2007 19:42

Il est grave que le débat aujourd'hui tourne autour de sujet tel que celui de Samira... Le message est Clair votons ségolène elle est compatissante...Pour moi une élection doit élire celui ou celle qui va justement arreter une hémoragie et non pas celui ou celle qui va faire passer la pillule. L'enjeu est de rendre nos entreprises concurrentielles et de mettre un terme à la fuite des capitaux pour permettre à tous de vivre dans une société d'avenir. Le Français ne pense en général qu'à lui sans se soucier d'une évolution collective. Le pays est en déclin et il va vers le dépôt de bilan. Choisir son vote sur des critère tel que celui est catastrophique. Le débat tourne autour des chiffres et des évolutions de ceux-ci ou que le fait de Ségolène soit une femme ; est ce vraiment comme ça que notre pays va se relever se sa descente aux abimes?

guillemin 26/04/2007 18:34

si certains trouvent la fracture politique:droite gauche necessaire!le rare candidat qui est enfin proposé la reconnaissance du vote:BLANC!c'est mr bayrou .Quand à ceux qui se felicite de "l'excellent! score de mr sarkosy qui n'a le'air de s'occuper de l'ecologie(la planète est tout de meme bien MALADE) si cela continue sur le modèle atlantiste qu'en restera t'il dans:5ans?quelle terre lèguera -t'on à nos enfants?français certes mais TERRIEN avant tout si le sort de notre SEULE PLANETE alors allez y vivvez en paix et après nous le DELUGE!! cordialement

palloporo 25/04/2007 17:02

Le recentrage de la vie politique française était d'une évidence certaine tant les candidats des extrêmes nous paraissaient avoir d'énormes difficultés de "décollage" dans les sondages. Ces exstrêmes auront terminés ainsi leur existence politique dans ce scrutin. On peut surseoire à commenter la campagne de M. Sarkozy et à la satisfaction mitigée du PS, en attendant le débat entre les deux finalistes. Néanmoins, on peut espérer que M. Sarkozy garde son cap, sans pactiser aucun compromis électoral avec qui que ce soit. Reste la demi victoire, ou le demi échec de M. Bayrou. Parler du verre à moitié plein ou du verre à moitié vide, relève de la "haute philosophie". Mais chacun peut toujours avancer son idée selon sa propre philosophie. On peut ainsi penser que la percée de M. Bayrou dans l'électorat ne soit qu'une percée éphémère due surtout à un vote contestataire de ces mêmes électeurs qu'en 2002 s'étaient portés, dans leur majorité, sur la candidature de M. Le Pen, et que cette fois, par crainte de revoir le scénario de 2002 se sont portés sur la candidature de M. Bayrou. C'est pourquoi je pense que cet élan centriste soit éphémêre. En outre M. Bayrou est mal placé pour donner des consignes de vote à ses électeurs de la Présidentielle, en faveur de l'une ou de l'autre candidat, car ce faisant il serait accrédité automatiquement à ce camp. Donc très difficile par la suite d'envisager la fondation d'un nouveau parti politique. Imaginons que la strategie de M. Bayrou est celle de se retrouver en arbitre à l'Assemblée, en distribuant de bons ou de mauvais points au gouvernement, là encore c'est rêver les yeux ouverts. Pour qu'il puisse avoir une telle force "d'équilibriste" il lui faut un grand nombre de députés. Or, si M. Bayrou confirme ses dires et présente un candidat par circonscription électorale aux prochaines législatives, il n'est pas sur qu'il aura un groupe à l'Assemblée Nationale. Ainsi ce nouveau parti se trouverait dans la même situation que le parti libéral anglais, celle d'exister pour être. La bipolarisation politique n'est pas seulement souhaitable, mais elle est nécessaire de manière à avoir idéologies philosophiques politico-économiques pour éviter toute cacophonie de compromis politico-politicard en cas d'alternance politique et gouvernementale.

Vani 25/04/2007 01:30

Je vous rejoinds tout à fait Alain, dans vos propos énoncés plus haut.

Il faut que les gens cessent de se voiler la face. Il nous faut d'un leader comme Sarkozy pour la France. On ne peut pas se permettre d'accueillir toute la misère du monde. Il faut être censé et ne pas tomber dans un extrême laxisme que propose Ségolène. Il faut se réveiller et ouvrir la porte de notre conscience et reprendre les choses en main. Ségolène n'est pas encore prête à être présidente. Il n'y a aucune cohérence dans son programme. Il faut savoir parler vrai et mettre les vraies questions au coeur du débat, il faut que nous autres français voyons la vérité en face: La France à un cancer que seul Sarkozy pourra aider à guérir avec l'aide du peuple sinon Ségolène l'entraînerais à un stade ou ce cancer sera incurable!