DEBAT BAYROU-ROYAL : BEAUCOUP DE BRUIT POUR PEU DE CHOSES

Publié le par blog-pl-seguillon

 

 

 

 

 

 

    L’organisation et la préparation du débat entre François Bayrou et Ségolène Royal auront davantage créé l’événement et agité le microcosme politico médiatique que la tenue elle-même de la rencontre. Cela aura en effet été beaucoup de bruit pour peu de choses !

    Ce débat exercera sans doute une faible influence  sur l’électorat dans la mesure où, diffusé sur un support confidentiel, en fin de matinée, au beau milieu d’un très long week end ensoleillé, il n’aura été vu au mieux que par 1% du corps électoral. Il n’aura donc d’impact que  par capillarité.

     Il bougera fort peu les lignes s’il est vrai que l’on n’y a rien appris que l’on ne savait déjà. L’échange n’a fait que confirmer qu’il existait des convergences entre François Bayrou et Ségolène Royal sur le sujet des institutions et sur les questions sociétales et qu’en revanche la candidate socialiste et le président de l’UDF étaient en profond désaccord sur le terrain économique et social. François Bayrou est libéral, la candidate socialiste  demeure largement étatiste. Il est apparu que, même sur l’Europe, de grandes différences existaient entre eux que François Bayrou a soulignées en rappelant que lui n’instruisait pas le procès de la BCE ni ne réclamait un salaire minimum européen qu’il considérait comme une aberration économique dans l’état actuel des choses.

     Ce débat, enfin, n’a pas créé l’événement puisque, comme il fallait s’y attendre, il ne s’est pas conclu par une alliance ou par un quelconque ralliement mais seulement par un constat des accords et des désaccords

     De l’échange, il restera donc une image, celle de la poignée de main entre Ségolène Royal et François Bayrou ainsi que les commentaires des observateurs.

     C’est probablement François Bayrou qui  tire le principal bénéfice de cet épisode. La préparation tumultueuse et la tenue de ce débat  lui a permis de continuer à exister et à faire monter les enchères en demeurant à équidistance des duellistes du second tour et en compensant, par cette rencontre avec Ségolène Royal, le basculement de la majorité de ses élus vers Nicolas Sarkozy. On notera d’ailleurs qu’il s’est montré beaucoup moins critique à l’encontre du candidat de l’UMP qu’il ne l’avait été en fin de semaine de manière à l’évidence peu crédible parce qu’ excessive.

     Il n’est pas certain, en revanche, que Ségolène Royal tire grand avantage de cette rencontre. Elle s’est beaucoup déportée vers sa droite  afin de racoler l’électeur centriste. Mais elle a usé pour se faire de formules qui risquent de faire grincer les dents des socialistes et de l’extrême gauche du genre « l’affrontement bloc à bloc ça ne marche plus », cela même qu’elle préconisait encore à la veille du premier tour. Les suffrages  que la candidate socialiste aura gagné sur sa droite, elle risque fort de les avoir perdu sur sa gauche.

 

 

 

                                                                    °°°

     De cette aventure, ceux qui auront charge de préparer le grand débat du 2 mai devront retenir une chose : qu’il est peut-être possible d’organiser un débat dans des formes moins convenues qu’à l’habitude.

 

 

 

     De cette expérience, Ségolène Royal doit tirer la leçon qu’il lui faut davantage étayer son discours économique et social qui est son talon d’Achille.

 

 

 

     Du visionnage de ce débat, s’il en prend le temps, Nicolas Sarkozy doit retenir que son adversaire du 2 mai n’est pas dépourvue de pugnacité et que lorsqu’elle s’empare de la parole, il n’est pas aisé de la lui reprendre !  

 

 

 

      

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Erick62790 02/05/2007 00:24

Bonjour,

 





 



Après avoir piqué les voix du Front National, Monsieur Sarkozy lui prend sa stratégie de communication en se disant victime "d’une  campagne de diabolisation", je trouve hallucinant que les journalistes ne lui mettent dans le nez, y aurait-il un traitement de la campagne à deux vitesses, une première ou l’on polémique sur tout ce que dit Madame Royal, une deuxième ou l’on ne dit rien sur les dérapages et mensonges volontaires ou par omissions de Monsieur Sarkozy ?

 



Je croyais cet homme plus solide que cela psychologiquement son comportement actuel prouve le contraire contrairement à Madame Royal qui elle, malgré des attaques bien plus violentes sur ses capacités à gouverner, sur son incompétence, sur son physique, en l' insultant  de gauchiste et limite de Stalinienne,  a toujours gardé son calme et n' a  pas mis la pression sur les médias, elle l’a d’ailleurs rappelé lors de son meeting de Lyon.

 





 



Pauvre Victime....

 





 



Concernant le débat Bayrou / Royal, je trouve suspect que celui-ci ne puisse avoir lieu... Je crois aux méthodes d’intimidation car cela embête l’UMP  et son candidat Nicolas Sarkozy à les pouvoirs de faire pratiquement ce qu’il  veut grâce à son réseau, il ne faut pas oublier que tous les postes principaux, dont celui de Président du CSA sont à droite.

 



L' ouverture  et la transparence pour éclairer les 7 millions d' électeurs  de François Bayrou  est nécessaire et démocratique, après tout les tractations d' entre  deux ont toujours eu lieu (sauf en 2002) et je trouve méprisante l' attitude  des ministres UMPistes sortants de laisser croire le contraire surtout que ceux-ci font pression, en douce, sur les élus centristes pour que ceux-ci les rejoignent, je trouve que les médias, dont vous faites parties, ne mettent pas assez l' accent  sur ce fait alors qu' en général, vous laissez plus de place à la critique de ce rendez-vous devant tous les Français entre Madame Royal et Monsieur Bayrou que je trouve bien plus sain pour la démocratie.

 





 



Pour conclure je trouve surprenant que l’on  ne s’offusque  pas du report des voix des électeurs de Jean Marie Lepen  et de Philippe de Villiers sur Monsieur Sarkozy  ce qui n’est  pas un hasard vu la posture et le discours de ce dernier.

 





 



Cordialement

JLN 01/05/2007 18:24

BFM + RMC = 5% d'audience en temps normal...Alors un samedi matin a 11H...je ne vous dis pas...!

Le seul gagnant de ce debat est le petit PDG de cette petite tele qui se voudrait aussi grosse que le boeuf TF1. occuper l'espace media, il reve que de cela avec une tete qui passe de moins en moins a travers les portes...Mais Nicolas SARKOZY a de la memoire et il ne manquera pas, s'il est elu, de lui faire payer son affront et son culot...Attention aux lendemains qui vont dechanter...

Mirino 01/05/2007 11:54

A Paupol.N’empêche que c’est la logique bien plus qu’une théorie (35h) qui a montré en pratique qu’elle ne marche pas et en plus elle provoque beaucoup de mal dont on paiera toujours le prix.Quand j’étais étudiant et je voulais travailler pour gagner de quoi payer mes études, je faisais alors les heures supplémentaires. A cette époque ces heures étaient payées 150%. Je gagnai donc par heure 50% de plus que j’aurais gagné aux heures normales de travail quotidiennes. Ceux qui travaillaient la nuit (dans un coopératif boulanger par exemple) pourraient gagner encore plus. Manifestement à cette époque de telles initiatives étaient encouragées et compensées.Il n’y a aucune raison donc de croire qu'une telle proposition soit impraticable aujourd’hui.

bluenote 30/04/2007 20:34

Vous devriez inverser l'ordre des commentaires (placer le plus récent en tête de liste) ce serait plus stimulant pour vos lecteurs. Pas du tout d'accord avec vous sur les retombées du débat. SR, avec audace, FB avec courage ont démontré concrètement une capacité à dépasser les clivages partisans. C'est la qualité la plus importante pour présider ou gouverner une France bloquée. NS est incapable d'accéder à cette manière moderne de construire l'espace politique.  Il a fait le choix de l'autoritarisme, ce qui rassure ses électeurs, mais les conduit à une impasse. Est ce que l'autoritarisme cela marche dans une entreprise en 2007? Moi je fais le pari de l'intelligence des électeurs et je crédite le débat SR / FB d'un excellent écho. Enfin, je ne sais si c'est une découverte pour vous (ce serait de l'aveuglement après quelques mois de campagne...) mais le constat que vous faîtes d'une SR rude au débat et combattante est évident pour beaucoup. Vous auriez du participer à l'un des milliers de débat que nous avons organisés dans toute la France

 

paupol 30/04/2007 17:14

A Mirino, (post 27)

Je ne sais pas si vous avez compris le sens de mon commentaire 22.  Ce que je conteste dans la conjecture de l'UMP et de son candidat, ce sont  les non dits que cachent un tel slogan. En aucun cas, je n'ai affirmé qu'il fallait travailler moins. Moi je suis un électeur et je veux comprendre les propositions des candidats. Je ne me contente pas des avis des experts en notation des programmes économiques.  Ce que fera ou non une nouvelle majorité aura un impact sur ma vie de tous les jours.

Quand on dit CEUX QUI VEULENT TRAVAILLER PLUS GAGNERONS PLUS, le CEUX est mis pour qui?

Si c'est mis pour les salariés, je dit que c'est un mensonge et que ça ne marchera pas au moins pour les raisons citées dans mon commentaire 22. A ce que je saches, un salarié ne décide pas unilatéralement de son temps de travail.

Si c'est mis pour une entreprise et si son carnet de commande le permet, un tel slogan peut avoir du sens.  Encore faudrait-il que les règles du jeu soient bien clarifiées. En outre, ce n'est pas parceque l'ETAT ou le PRESIDENT de la république demandera aux entreprises de faire un effort sur les salaires (cf  profession de foi du premier tour de N. Sarkozy) qu'elles le feront. A moins de disposer de fonds illimités, ce qui serait une bonne nouvelle.

Je ne suis certes pas économiste, mais je sais une chose, c'est que l'économie n'est pas une sciences exacte. Quand on produit de bons gâteaux et que l'on arrive pas à en vendre suffisament pour être bénéficiaire, je ne vois pas comment on va s'enrichir! On peux toujours, imaginer un monde théorique pour que ça marche. Désoler, je ne vis pas encore dans ce monde!