FEU MAI 68

Publié le par blog-pl-seguillon

 

 

 

 

 

 

Dimanche, lors de son meeting à Bercy, Nicolas Sarkozy a accusé « les héritiers de mai 68 », dont fait partie pour lui la gauche, d'avoir détruit les valeurs et la hiérarchie. « Ils avaient imposé l’idée que tout se valait, qu’il n’y avait donc désormais aucune différence entre le bien et le mal, aucune différence entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid », a souligné le candidat UMP.

 

« Ils avaient cherché à faire croire que l’élève valait le maître, qu’il ne fallait pas mettre de notes pour ne pas traumatiser les mauvais élèves, et que surtout il ne fallait pas de classement. Que la victime comptait moins que le délinquant », a-t-il encore ajouté, appelant les électeurs à trancher le 6 mai : « Dans cette élection, il s’agit de savoir si l’héritage de mai 68 doit être perpétué ou s’il doit être liquidé une bonne fois pour toutes ».

 

 

 

 

    La gauche a aussitôt réagi. Jack Lang a dénoncé  une « imposture » et un « discours de tromperie». Le député européen socialiste et ancien trotskiste Henri Weber a accusé le candidat de l’UMP  de faire de mai 68 un « bouc émissaire » avec comme objectif de «revenir à l’ordre moral répressi »f. Quant à Ségolène Royal, elle a répliqué, dans un entretien accordé  au Monde: « Nicolas Sarkozy s’en prend à Mai 68 en oubliant que les ouvriers, qu’il découvre, ont obtenu les accords de Grenelle ». Ce soir, lors du grand meeting-concert du stade Charlety à Paris, devant 60000 personnes, la candidate socialiste a même revendiqué l'héritage de mai 68, reprochant à son adversaire de se croire en juin 68 et de se prendre pour De Gaulle.

    

     Il est exact que s’est greffé sur le mouvement de mai 68 une revendication ouvrière qui, confrontée à un pouvoir affaibli, a trouvé satisfaction.

 

 

 

 

     On peut toutefois se demander si, au-delà de la polémique, il n’existe pas de fait un consensus entre les deux candidats pour enterrer l’esprit de 68 contrairement à ce que laisse entendre Nicolas Sarkozy aussi bien que Ségolène Royal pour s'opposer.

     Les deux candidats  ne font d’ailleurs en cela que suivre un fort courant dans l’opinion mais aussi une tendance affirmée chez de nombreux intellectuels De Régis Debray à Marcel Gauchet en passant par  Pierre Taguieff , Max Gallo Michel Houellebecq,  Alain Soral ou Alain Finkielkraut. Pour ce dernier « Mai 68 a tout désacralisé sauf mai 68 ».Dénonçant l’esprit de repentance, le philosophe explique encore que : «  68 nous a légué la haine des ancêtres, l’esprit de la table rase. Un des lieux communs de l’heure, estime-t-il, est qu’à l'exception de ce qui préfigure le bel aujourd'hui démocratique, notre histoire nationale est un long cortège de crimes ».

 

 

 

     Le discours tenu par Ségolène Royal depuis le début de sa campagne est en effet aux antipodes de la philosophie soixante-huitarde. A commencer par la référence autour de laquelle la candidate socialiste  a organisé sa campagne, cet « ordre juste » emprunté à Benoît XVI. Dans son encyclique «  Deus Caritas », publié en 2005, ce dernier, citant Augustin explique en effet que « l’ordre juste de la société et de l’Etat est le devoir essentiel des politiques. Un Etat qui ne serait pas dirigé selon la justice se réduirait, écrit encore Benoît XVI, à une grande bande de vauriens ». Cet « ordre juste » a d’ailleurs provoqué bien des grincements de dents au sein de la vieille garde socialiste. En témoigne ce qu’écrivait en novembre 2006  Jean-Luc Mélenchon  sur son propre blog : «Quand Ségolène Royal dit à maintes reprises qu’il faut « rétablir un ordre juste », n’est-il pas légitime de s’interroger sur la nature de l’ordre auquel elle renvoie ? » Et le sénateur du PS d’opposer « l’ordre émancipateur » défendu par les socialistes à « l’ordre juste préétabli », qu’il conviendrait, selon Ségolène Royal, de restaurer (*)

 

        Toutes les déclarations et le positionnement de Ségolène Royal, durant cette campagne, sont en fait une remise en cause des grands axiomes de mai 68.

       On a ainsi  entendu la candidate socialiste surenchérir sur l’identité nationale et  remplacer l'Internationale par la Marseillaise ou encore  déclarer qu'elle voudrait un drapeau français dans toutes les maisons.  Mai 68 se voulait internationaliste et ridiculisait volontiers le patriotisme!

       Comme Nicolas Sarkozy , Ségolène Royal entend valoriser le travail. La gauche créa le ministère du temps libre !  

        La candidate socialiste  remet la famille « au centre de la société ». Mai 68 en dénonçait la rigidité et le moralisme  bourgeois !

        Elle prône le rétablissement de l’autorité. Mais 68 fit de la permissivité l’un de ses mots d’ordre.  « Il est interdit d’interdire »,  scandaient  les manifestants du boulevard Saint Michel.

        Ségolène Royal promet  d’encadrer les délinquants par des militaires. Quand les murs de 68 avaient la parole on pouvait y lire : « On achète ton bonheur, vole-le ! »  

 

 

 

        Objectivement, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, chacun à leur manière, reflètent un courant dominant aujourd’hui tant dans l’opinion que chez les intellectuels. Trente ans après mai 68,  la société réapprend, y compris juridiquement,  le sens même et les limites de la liberté. Avec un risque, égal ici et là, qui serait de réduire l’ordre juste à juste l’ordre et  la renaissance de la morale à la restauration de l’ordre moral

       

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(*) Cruel, Jean Luc Mélenchon renvoie dans son blog   à un discours tenu au congrès de la SFIO de 1933 par le député-maire socialiste de Bordeaux, Adrien Marquet, qui ralliera quelques années plus tard la collaboration  et qui déclarait alors à la tribune devant un Léon Blum « épouvanté » : « Ah ! Si la grande force que représente le socialisme était capable d’apparaître, dans le désordre actuel, comme un îlot d’ordre et un pôle d’autorité, quelle influence serait la sienne, quelles possibilités d’actions véritables s’offriraient alors à lui ! La dominante, dans l’opinion publique, c’est la sensation du désordre et de l’incohérence… Ordre et autorité sont, je crois, les bases nouvelles de l’action que nous devons entreprendre pour attirer à nous les masses populaires sans lesquelles rien de grand ne pourra être tenté…»

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eric 11/06/2007 15:08

Un grand mouvement initié par un simple internaute, à travers la plate forme myspace à pris corps depuis le 6 mai 2007.



L'idée simpliste d'organiser un concert géant pour célébrer les 40 ans de MAI 68 en 2008 prends alors toute sa dimension quand l'on voit le succès de ce blog.



Le mouvement est une vrai lame de fond, plus de 200 nouveaux sympathisants ou "friends" par jour , plus de 60 nouveaux groupes de musiques chaque jour prêts à s'engager en mai 2008 pour faire un concert géant au couleur de mai 68.



Je vous propose d'aller voir du coté de myspace à l'adresse suivante pour prendre toute la mesure de ce phénomène.



http://www.myspace.com/revivalmai68



Au début cantonné à l’aspect musical, des troupes de théâtres, des designers, des plasticiens se proposent aussi d’organiser des événements pour commémorer MAI 68 ... La liquidation s’annonce bien plus difficile que prévu ...



Le logo de cet événement se retrouve maintenant sur une centaine de page myspace, d'où la forte affluence des internautes. L’effet boule de neige au meilleur de sa puissance

sophie 02/05/2007 14:16

Ségolène Royal a exercé des « pressions très fortes » sur la presse régionale pour son débat avec Bayrou



mardi 1er mai 2007



C’est ce qu’affirme Michel Comboul, le président du Syndicat de la Presse Quotidienne et Régionale (SPQR) dans un édito publié dans plusieurs grands quotidiens français dont Nice Matin et Ouest France dans leurs éditions du samedi 28 avril dernier.





"Oui, le syndicat a été délibérément l’instrument d’une campagne orchestrée. Non, Mme Royal, il n’y a pas eu de pression de Nicolas Sarkozy. En revanche, il y en a eu de très fortes de votre côté, exercées directement par votre équipe, et aussi par vous-même à travers vos déclarations", déclare le président du SPQR.

« L’intervention de Mme Royal a jeté un trouble »

Cette précision intervient alors que la candidate socialiste, en quête de soutien mais aussi de bouc-émissaires pour souder son camp autour d’elle, avait affirmé en fin de semaine dernière que Nicolas Sarkozy, grâce à ses « liens avec les puissances médiatico - financières du pays » avait fait pression sur le SPQR pour que son débat avec François Bayrou n’ait jamais lieu. « Même si ça favorisait Ségolène Royal, nous étions plutôt prêts à le faire. L’intervention de Mme Royal, en mettant en cause notre honnêteté professionnelle, a jeté un trouble dans l’esprit des éditeurs », a précisé Michel Comboul !

« Complot médiatico-financier » : à gauche toute !

Durant toute la campagne, la thèse du complot entre le candidat Sarkozy et les puissances médiatiques fut une constante tant dans le discours de Royal que de Bayrou qui s’en est pris successivement à TF1, et au Monde. Il est toutefois important de préciser que la vice-présidence du SPQR, que certains disent « très puissant » et acquis « à la droite », est détenue par Jean-Michel Baylet, également président du Parti Radical de Gauche (PRG), qui soutient la candidate socialiste, et dont les prises de position sont parfois plus à gauche que le PS...

evelyne44 02/05/2007 10:45

Avec la subtilité d'analyse et le grand sens des nuances qui le caractérisent, N. Sarkozy s'est voulu la "liquidateur" de Mai 68. S. Royal n'a pas tardé à se mettre au diapason.

Une fois encore, on ne peut que déplorer ce débat politique qui frise la caricature. Deux éléments me semblent importants si l'on veut aborder Mai 68

1°/ La libération sexuelle qui l'a suivi. Et je pense que personne n'a envie de renoncer à liberté de conduire sa vie sexuelle conme il l'entend. Demander à vos parents, grands parents, ce qu'il en était de vie sexuelle avant 68 et peut-être que liquider 68 ne semblera plus une si bonne idée.

2°/ La crise de l'autorité : elle est indéniable aujourd'hui. Mais est-ce vraiment Mai 68 qui est responsable de la crise de l'autorité ? Pour ma part, j'ai quelques doutes. La crise de l'autorité dans l'école vient du fait que désormais l'école ne fournit plus un dipôme qui permette de s'intégrer dans la vie active. L'enseignement du maître est dévalorisé d'abord par son inutilité dans la société. L'autorité parentale ? Lorsque les parents sont en proie à la précarité, quel modèle peuvent-ils fournir ? L'autorité politique ? les mahonnêtés des élus bien peu approfondies durant cette campagne et leurs malversations ne peuvent être passées sous silence.

Il ne faut pas faire porter à Mai 68 une crise de l'autorité qui a bien d'autres causes, et surtout la panne des mécanismes  d'intégration républicaine et sociale, sauf à ne pas vouloir regarder en face ces causes et à vouloir restaurer une autorité qui confinerait à  un autoritarisme arbitraire.

christine 02/05/2007 08:49

Le meeting de RAVE PARTY de Mme. Ségolène montre ses seules vraies capacités, monter des shows. On peut  redouter en effet que certains français se laissent  abuser par l'effet "spectacle" que donne la candidate, qui n'a rien à voir avec la necessité absolue de se doter d'un Président responsable, compétent, et les côtés plutôt hystériques de la candidate Royale qui se laisse aller à évoque "la Paix civile" qu'elle prône comme une menace. J'aimerai lui dire que lorsque l'on présente à ses électeurs la nécessité de "tous se donner la main", on n'évoque pas la menace. Nous ne sommes pas en République soviétique, et les "pressions" qu'annonce cette dame n'a rien à voir avec l'image d'un bon Président. Avoir fait venir les voitures balais du syndicat CGT pour grossir les rangs des fans de Grand corpsMalade, laisse sceptique la véracité des statistiques du Maire de Paris, dont le nez est aussi long que celui de Pinocchio...

 

christine 02/05/2007 08:49

Le meeting de RAVE PARTY de Mme. Ségolène montre ses seules vraies capacités, monter des shows. On peut  redouter en effet que certains français se laissent  abuser par l'effet "spectacle" que donne la candidate, qui n'a rien à voir avec la necessité absolue de se doter d'un Président responsable, compétent, et les côtés plutôt hystériques de la candidate Royale qui se laisse aller à évoque "la Paix civile" qu'elle prône comme une menace. J'aimerai lui dire que lorsque l'on présente à ses électeurs la nécessité de "tous se donner la main", on n'évoque pas la menace. Nous ne sommes pas en République soviétique, et les "pressions" qu'annonce cette dame n'a rien à voir avec l'image d'un bon Président. Avoir fait venir les voitures balais du syndicat CGT pour grossir les rangs des fans de Grand corpsMalade, laisse sceptique la véracité des statistiques du Maire de Paris, dont le nez est aussi long que celui de Pinocchio...