Les raisons d’un échec

Publié le par blog-pl-seguillon

          

     

    On a beaucoup disserté, durant les dernières vingt-quatre heures sur les raisons de l’échec de Ségolène Royal.

     Je soulignerai d’abord que la candidate socialiste a incontestablement mené une bataille difficile avec courage, endurance,  détermination et qu’elle a témoigné dans cette épreuve d’une grande capacité d’adaptation jouant en permanence sur son intuition et son instinct.

     Mais son échec est à la fois la cause et l’expression de l’irrésolution du parti socialiste.          Je veux dire par là l’absence de réponse aux trois questions qui taraudent le P.S. depuis de nombreuses années et qu’il se refuse à trancher : une absence de leadership incontestable, une ambiguïté doctrinale qui n’a toujours  pas été levée et une irrésolution persistance dans la stratégie d’alliance. Non seulement ces questions n’ont pas été résolues mais c’est leur irrésolution même qui a produit Ségolène Royal et lui a permis de devenir candidate au lieu et place de certains éléphants qui paraissaient mieux à même de mener cette bataille.

     Faute d’une ligne idéologique claire, Ségolène Royal a en permanence navigué entre social démocratie, démocratie social populisme voire gauchisme palliant finalement cette absence de structure doctrinale par une pensée magique. Devant l’impossible il expliquait en télévangéliste : je le pourrai.

     Faute que son leadership soit reconnu, Ségolène Royal a mené une campagne artisanale avec un état major de fortune dont elle n’écoutait même pas les conseils.

     Faute de stratégie d’alliance, elle a bricolé entre les deux tour une main tendue vers le centre qui n’a point convaincu à gauche et qui n’a séduit au centre que ceux qui s’étaient écarté de la gauche au premier tour.

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Mirino 10/05/2007 08:56

Naturellement Sarkozy et Royal sont les produits de notre époque, mais il me semble que l’un soit bien plus honnête et bien plus positif que l’autre.Mai 68 fut certes un événement libérateur, mais comme avec toutes ce genre de mini révolutions, on a toujours une tendance d’aller trop loin pour consolider les droits que l’on veut acquérir passionnément.Nous étions aussi bien naïfs. Nous ne voulions plus reconnaître que le mal existe toujours. Tout le monde était donc beau et gentil. Cette époque permissive a aussi engendré un long règne d’une politique assez hypocrite ainsi qu’une génération assez déboussolée. Le mode de piercings et de ‘gothique’ me semble autopunitif en somme. On se met plutôt en question et non en valeur.Le venu donc de celui qui veut relever et libérer la France de l’abysse de la médiocrité quasi vide de valeurs imposée par une manière de pensée pseudo généreuse mais en réalité le contraire, représente un énorme espoir et un grand soulagement pour la majorité des français. De se morfondre toujours dans les ténèbres des doutes ne serait pas moins que d’exprimer encore de la mauvais fois.Que l’on lui donne au moins l’opportunité de réaliser ses engagements d'abord avant de passer jugement.

Alceste 09/05/2007 17:43

Cher Jean-Marie Wolff. Votre propos me laisse un peu perplexe, car j’aurais tendance à penser personnellement qu’en matière d’hégémonie culturelle notre époque est plutôt celle du flou le plus inquiétant. Si nous nous en tenons aux références de gauche et de droite, et pour ne rester que dans le seul domaine politique, nous venons de constater pendant la campagne à quel point de nombreux thèmes privilégiés de l‘une et l’autre pouvaient s’entrecroiser, au grand désarroi d’un certain nombre d’électeurs. Je pense qu’il faudrait lier cette confusion à d’autres éléments, d’une part ce qu’on pourrait appeler la perte des repères (ce qui « fait autorité »), ceux que fixaient autrefois en particulier la religion, la famille, l’école …, d’autre part le fait que les grandes utopies qui ont marqué l’histoire de la civilisation occidentale sont derrière nous. Sur ce sable mouvant il y a place pour tous les affolements. Un des plus significatifs est l’embarras où nous plonge, nous et nos dirigeants, la pression des « pays émergeants », qui se pressent à leur tour aux portes de l’abondance. Les réponses données jusqu’ici apparaissent peu sûres, c’est le moins qu’on puisse dire. De mon point de vue, « pensée de gauche » et « pensée de droite » en sont réduites à la même extrémité : l’empirisme. Je n’ai jamais pensé personnellement que F.Mitterrand fût un « guide », ce que le mot hégémonie que vous employez laisserait supposer. Je ne pense pas non plus que ce soit le cas de N.Sarkozy. Il serait plus juste, je crois, de les considérer l’un et l’autre comme les produits de leur époque. Peut-être serait-on plus lucide en voyant Mai 68 comme un point d’arrivée plutôt que comme un point de départ, il faudrait développer. Ce qui est sûr, c’est que pour ma part j’ai conscience, au fond, d’avoir eu de la chance dans ma jeunesse, celle de connaître l’exaltation libératrice après les angoisses de la guerre d’Algérie. Peut-être les circonstances ont-elles permis plus facilement qu’aujourd’hui d’avoir cette « vision généreuse » dont vous parlez. Evidemment, les choses ont changé. Notre histoire elle-même est devenue médiocre. Même l’aventure européenne, pourtant de première portée, reste du domaine du virtuel et au pire l’objet de méfiance voire de rejet. La question, donc, qui me préoccupe est celle-ci : quelle est cette époque qui a conduit à l’élection de N.Sarkozy ? Comme vous le voyez, je l’espère, je ne donne pas dans le terrorisme intellectuel !

catherine 09/05/2007 08:16

Pour une fois, PLS, je suis en profond désaccord avec vous. Je pense que Royal a pris d'assaut le PS pour être la candidate sans légitimité ni de parti (n'étant pas le secrétaire) ni de compétences (Rocard disait qu'elle n'était pas prête). Elle était la candidate d'une nouvelle vague people mais en moins brillant que Sarko. Le mouvement anti-sarko était suffisamment fort pour qu'un candidat plus présidentiable soit élu à gauche ou au centre. Elle avait dit vouloir assumer une éventuelle défaite et on se retrouve dans une situation où elle rend le PS responsable. S'il l'est , c'est d'avoir fait cette mascarade de primaire sur fond de sondage. Pour ma part, je me refuserais à voter socialiste tant que le parti présentera ce type de personnes. Ségolène Royal doit comprendre pourquoi tant de socialistes de coeur se sont tournés vers Bayrou.

evelyne44 08/05/2007 22:10

Je partage la totalité de votre analyse. Je voudrais seulement ajouter le fait que cette défaite me semble aussi s'expliquer par le déni de réalité qui caractérise l'attitude du PS.

Déni de réalité sur le problème de la sécurité même si le thème a été moins présent qu'en 2002. Le problème existe. Je suis persuadée qu'il y a des réponses autres que la simple répression, mais il faut les mettre en avant et ce sans misérabilisme ni indulgence. Les camps d'encadrements miltaires n'ont pas convaincu : ni les gens de gauche qui ont trouvé la mesure caricaturale, ni encore moins ceux de droite qui l'ont trouvée insuffisante.

Déni de réalité surtout sur l'économie : il faut ouvertement se poser le problème de savoir comment produire plus de richesse pour se demander ensuite comment faire en sorte que cette production accrue tourne à l'avantage du plus grand nombre. Mais une politique punitive du profit ou des riches qui gagnent plus de 4000 euros ne passe plus aujourd'hui.

Maheureusement, le PS semble à nouveau s'enfermer dans ses vieux démons du gauchisme infantile (pour parodier Lénine !) et d'une discipline de parti qui renvoie au calendes grecques la nécessaire rénovation. Et pourtant, ils savent bien comment finit un parti que ne se rénove pas, leur allié historique communiste en est un bel exemple et ils ont prospéré sur son érosion. Il devraient se méfier. Bayrou est clairement  en embusacade pour leur faire subir le même sort que celui qu'il ont réservé au PCF. Mais la politique rend aveugle !!

palloporo 08/05/2007 19:17

En générale l'OPA économique a deux objectifs précis. Soit elle vise à monopoliser la branche économique concernée, pour en avoir le controle absolu du marché; soit elle vise uniquement le démantèlement d'un concurrent par le morcellement de son entreprise par secteur d'activité. Cette même formule peut aussi bien être appliquée à un Parti politique si on le considère en tant qu'entreprise. Ainsi, l'OPA de Mme Royal sur le PS visait-elle le controle de l'entreprise PS y compris les Députés du groupe à l'Assemblée, ou visait-elle aussi la récupération des sous-traitants? En tous cas cette OPA mal gérée, c'est avérée catastrophique pour l'entreprise. Donc, lorsque l'entreprise est en déclin, la solution première est celle de remplacer le PDG, avec l'espoir que le nouveau PDG, avec de nouvelles méthodes, puisse en relancer l'essor. Mais la questio que l'on peut se poser est celle de savoir si l'actuelle administration accepte "d'engager" un nouveau PDG, et venant de l'exterieur. Il ne suffit plus de choisir "entre nous".