Président manager

Publié le par blog-pl-seguillon

    

Depuis son élection, Nicolas Sarkozy se conduit davantage en président manager qu'en monarque républicain distant. Il y a là, incontestablement ,une rupture dans le style mais aussi dans la lecture qui est faite des institutions de la cinquième République. Cédant à son tempérament, le nouveau chef de l'Etat est sur tous les fronts. Il constitue lui-même le gouvernement sans prendre garde de sauver les apparences. François Fillon n'a guère eu qu'à acquiescer. Ce dernier joue un rôle de directeur général. C'est lui qui réunit les troupes pour les lancer dans la bataille des législatives. Mais c'est Nicolas Sarkozy qui reçoit à l'Elysée l'encadrement de l'UMP pour donner le là de la campagne et la feuille de mission du directeur général avec obligation de résultat. C'est Nicolas Sarkozy encore qui reçoit un a un les représentants syndicaux pour lancer les grandes négociations de l'été. La fiction d'un Premier ministre qui définirait et conduirait la politique de la Nation n'est plus de circonstance. Tel un chef d'entreprise dynamique, le nouveau président tire, pousse, nomme, corrige, sermonne. François Fillon exécute.

 

    Voilà qui change d'un Jacques Chirac président lointain et compassé.

 

    Mais voilà aussi qui n'est pas sans danger.

 

    Bien sûr, tout va bien aujourd'hui pour le Premier ministre et pour le président qui bénéficieront d'un état de grâce inaltérable jusqu'aux élections législatives et jusqu'au nomment où les premières réformes entreront en vigueur.

 

    Mais ensuite que se passera-t-il quand surgiront les inévitables difficultés et que, par exemple, les mécontents iront en cortège faire le siège de l'Elysée comme jadis ils faisaient celui du ministère du travail ou celui de Matignon?

 

   Le président sera alors en première ligne. Son Premier ministre qui n'aura été qu'une sorte de directeur général, voire un secrétaire général ne pourra jouer les fusibles.

 

    A beaucoup s'exposer, le président manager a la vertu de créer le mouvement et d'entraîner son monde. A trop s'exposer, il risque néanmoins de se vite fragiliser.

 

 

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Mekil 30/05/2007 21:34

Ce qui me derange le plus, c'est son manque de culture et surtout de talent oratoire.

A le voir a Bruxelles repondre aux journalistes, on prefererait encore plus entendre Mr Bush, qui lui au moins parfois ose certaines phrases...allons dire...quelque peu construites.

Bref, quand Gueant n'a rien ecrit et qu'il faut repondre au tac au tac, a part le fameux "c'est extraordinaire" en reponse aux journalistes "perturbateurs" ou pire "gauchistes", il n'est pas tres bon pour un homme au passe politique de 30 ans!!

 

Mr Chirac etait autrement plus habile et savait lui au moins ,malgre son age, parler correctement l'allemand et l'anglais. Il en est tout autre de Mr Sarkozy..et cela me derange pour un President de la Republique française, pas vous???

Kate 29/05/2007 12:30

Et vu son allure et son rythme soutenu, bientôt, c'est au pas de course que "ceux qui se lèvent déjà tôt" iront travailler le matin.

Micromégas 28/05/2007 18:19

Ce n'est effectivement pas sans dangers. Mais demande-t-on à un élu de demeurer dans le confort douillet et soporifiquement neutre des palais royaux de la République ?

Je ne pense pas que la jeunesse s'embarrasse de ce genre de principes hérités du passé. Certes, De Gaulle dans son bel habit de président, avec un côté XIXème siècle, comme Pompidou, avait de la gueule. Mais si j'aimais le personnage et sa verve, de même que le personnage historique qui évita à la France un déshonneur complet, je dois reconnaître que l'apport giscardien, dans le look, était un mieux. Sauf, qu'il y avait du monarque dans celui qui prétendait descendre de la cuisse de Louis XV.

Mitterrand qui avait fustigé et tant écrit sur le coup d'état permanent de la constitution de 1958, s'en était fort bien accommodé et était revenu à l'image figée de la bibliothèque présidentielle et du président père bienveillant des Français. Chirac, curieusement admirateur du rescapé de l'Observatoire, adopta le même côté paternaliste, et éteignit l'espoir de la jeunesse et de la réduction de la fracture sociale dans le ronron éliséen.

J'aime bien Chirac. C'était un combattant, un avaleur de meeting, un serreur de mains et un tribun. Mais, il faut admettre qu'il avait plus l'air de préférer la conquête que le pouvoir lui-même, dont on avait le sentiment parfois qu'il ne savait trop que faire, sauf lorsque la grâce le touchait et lui fixait une ligne de conduite, comme pour l'Irak.

Mais, là encore, il ne pouvait se départir de son amour du combat, sans douté hérité de sa passion des sumos. S'il fallait s'opposer à la guerre en Irak, il y avait peut-être un moyen d'éviter de sombrer dans un anti-américanisme, dont certains anciens, qui furent bien contents de voir débarquer les Américains en 1943 (Corse), puis en 1944 (Provence et Normandie), furent assez gênés aux entournures, car ils eurent le sentiment d'agir en ingrats.

Toujours est-il que ca restera sans doute le fait marquant des deux mandats. D'autant qu'on pourra reprocher une passivité au lendemain de la défaite du référendum du traité européen, et une incapacité à concevoir un plan B que les opposants au traité avaient supposé exister. Ou peut-être l'avaient-ils feint. Mais, point de plan B. Sielnce et ronron éliséen.

Aussi, on ne peut être que ravi de voir un président prendre des risques, car la politique consiste à agir, quitte à échouer, plutôt que de demeurer éternellement circonspect, et d'échouer par l'inaction. On pardonne plus facilement à ceux qui font, et espérons que le peuple, aujourd'hui favorable, n'oubliera pas, dès demain, l'adage : "il n'y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent pas".

Mirino 27/05/2007 15:00

27 MaiQu’est ce qu’il est gonflé François Hollande, sans aucun respecte pour la démocratie !Si les français ont élu Sarkozy c’est justement pour sa politique que ce nul prétende avoir le droit de saboter. Non seulement Mr. Hollande est nuisible pour le PS. Il est nuisible pour la France toute entière. Il est temps qu’ils s’en aille, et sans attendre davantage.

Mirino 27/05/2007 10:17

Il se peut que Ségolène Royal vienne de faire, encore une erreur. En anticipant de manière virulente que Nicolas Sarkozy ne réalisera pas ses engagements, elle a fait un pari uniquement sur la façon dont elle aimerait envisager les choses. En effet il n’y a aucune raison encore à croire que Mr. Sarkozy ne sera pas capable de réaliser ses engagements, in contrario, et à partir du moment où il y réussit, C’est Mme. Royal qui sera encore la grande perdante, en outre afficheuse de mauvaise foi et de caractère vindicatif.Quant aux négotiations permettant éventuellement la Turquie à être inclue à l’Europe, Sarkozy n’a pas reculé. Au contraire, il a reconfirmé qu’il n’avait pas changé d’avis, mais il considère qu’il y a d’autres choses à traiter de plus urgents actuellement.De toute façon l’inclusion de la Turquie ne pourra jamais être réalisée sans l’aval de la France. C’est d’ailleurs une question qui regarde aussi les français ainsi que tous les européens.