N.SARKOOZY: PREMIERE EPREUVE INTERNATIONALE

Publié le par blog-pl-seguillon

 

 

 

     Le président de la République s’est beaucoup investi, depuis son élection, sur le terrain européen en se proposant de relever un triple défi : surmonter la crise institutionnelle dans laquelle s’enlise l’Europe et dont la France est en partie responsable, muscler la gouvernance économique de l’Union afin que celle-ci pratique une politique monétaire plus défensive et une politique budgétaire plus offensive, convaincre nos partenaires européens qu’associer la Turquie à l’Europe plutôt que de l’y intégrer préviendrait une dilution de la Communauté européenne. Il privilégie pour l’heure le premier objectif et diffère les deux autres. Il espère en effet amener ses partenaires européens à adopter lors du prochain conseil des 21 et 22 juin, le principe d’un traité institutionnel simplifié et à confier à une conférence intergouvernementale le soin d’en définir la substance dans les mois à venir. Il a quelque chance de réussir dans la mesure où les 27 sont lassés d’une crise institutionnelle qui pollue tous les autres sujets et ont été rassurés par l’engagement pris par le président français de ne pas soumettre à référendum cette nouvelle mouture.

    Mais c’est avec le prochain sommet du G8 programmé les du 6 au 8 juin à Heilingendamm en Allemagne que Nicolas Sarkozy va connaître sa première épreuve internationale. Le climat de cette réunion risque  en effet d’être particulièrement tendu. Il lui faudra alors définir la position française sur plusieurs  sujets épineux : le réchauffement climatique, le statut du Kosovo, le nucléaire iranien et le bouclier antimissile américain.

    Les Européens sont en désaccords avec les Américains sur la question environnementale. Les Etats-Unis, membres du G8, ont signé le protocole de Kyoto mais l'Administration Bush refuse toujours de le ratifier.  Washington s'oppose aussi à la volonté de la présidence allemande du G8 d'obtenir des pays les plus riches de la planète un engagement à réduire de 20% leur consommation d'énergie d'ici 2020 et d'accroître dans les mêmes proportions l'efficacité énergétique dans le transport et la production d'électricité. Nicolas Sarkozy plaidera-t-il pour une épreuve de force avec Georges Bush ou pour un compromis sans effets sur le réchauffement climatique ?

 

    Les Russes sont fermement opposés au plan du médiateur de l’ONU, Martti Ahtissari, qui prévoit d’accorder au Kosovo une «  indépendance surveillée ». Ils y voient un encouragement indirectement donné aux velléités séparatistes des républiques caucasiennes. Nicolas Sarkozy suivra-t-il son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner , ancien administrateur de l’ONU  au Kosovo et ferme partisan d’accorder ce statut final à l’ancienne province serbe? Cherchera-t-il, en revanche à ménager Vladimir Poutine ?

 

     Le Kremlin voit dans l’installation par les Américains d’un bouclier antimissile, officiellement destiné à protéger les Etats-Unis  d’hypothétiques missiles lancés par des terroristes, une manière de neutraliser la dissuasion russe. Quel parti prendra le nouveau président sur ce sujet brûlant ?

 

 

     La communauté internationale entend empêcher l’accès de l’Iran à l’arme nucléaire. Les Etats-Unis peuvent être tentés par la manière forte quand la Russie ne cesse de prôner avec les Européens la négociation et la poursuite  de la pression diplomatique. Bernard Kouchner, à peine nommé a réclamé de nouvelles sanctions contre Téhéran. Comment se situera Nicolas Sarkozy dans ce débat?

 

 

     Quelle tonalité donnera-t-il à ses rapports avec Georges Bush et à ses relations avec  Vladimir Poutine?

 

 

     A l’occasion de ce G8 pourrait se préciser une approche internationale qui est restée floue durant toute la campagne présidentielle.

 

 

 

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Mekil 01/06/2007 10:21

Je pense qu'il va decouvrir enfin qu'il ne peut pas tout precipiter surtout a l'international...et prendre un petit cours d'humilite!!

Par ailleurs, j'espere qu'il fera des discours plus construits et moins populiste de comptoirs de bars afin que la stature de l'executif français n'en prenne pas un coup devant tant de medias!!

Les presidents ont interet a muscler leurs epaules..il va en donner des petites tapes a son habitude!!

PS : aux journalistes qui expliquaient le tutoiement de Zapatero a Sarkozy en espagne..prenez des cours de langues et vous comprendrez pourquoi le "usted" du vouvoiement espagnol est aussi peu utilise que le "sir" anglais...bref il faut toujours rechercher les infos soi-meme au risque de se faire ballader....

Thomas RAYMONDAUD 31/05/2007 19:11

Je suis tout à fait d'accord avec vous. Espérons simplement qu'il ira dans le bon sens, qu'il ne se mettra en porte à faux avec Bernard KOUCHNER, et qu'il saura dire non et niet quand cela est nécessaire et à qui il faut.

Mirino 31/05/2007 17:38

Le Chef de l’Etat a raison d’aller doucement en laissant la question de la non intégration de la Turquie au dernière. Son mini traité, déjà aimé par Blair, ne devraient pas déplaire non plus aux autres partenaires européens et ce serait raisonnable à croire qu’à force de réussir à convaincre, ses arguments gagneront  encore de poids.

Pour toutes les autres questions à traiter au sommet du G8, il faut que l’Europe soit plus forte et plus unie pour faire le poids nécessaire. Pour le réchauffement climatique, Sarkozy, que Bush semble respecter sincèrement, pourrait avoir plus de l’influence avec Blair ainsi que Merkel à persuader les EU de s’engager davantage. Le temps l’exige, car il n’y en a plus.Les questions de bouclier antimissile et le statut de Kosovo sont des sujets qui me semblent discutables et délicats, car évidemment Vladimir Poutine n’aime pas les faits accomplis. Peut-être Sarkozy pourrait exercer son talent considérable comme négociateur en participant aux discussions éventuelles à ces sujets. Mr. Kouchner est très bien mais parfois trop pressé pour être assez diplomatique à l’égard de ce genre de sujet plutôt sensible.Pour l’Iran, ne faudra il continuer à l’isoler avec les sanctions?  Eventuellement les iraniens eux mêmes, déjà fatigués de leur gouvernement, devraient pouvoir faire le ménage chez eux. Mais si l’Iran continue à s’ingérer en gênant le procès déjà assez difficile vers la stabilité et la paix en Iraq, et si ce pays essaie d’exercer encore ses ambitions en Liban ou contre Israël, on ne peut pas continuer à le laisser faire impunément.

L’Europe devrait afficher et défendre ses valeurs européennes. Elle devrait avoir une force de sécurité performante et unie. Une armée ainsi qu’une force de polices efficaces et fières de l’être. Fières d’être européen et bien plus efficaces des forces des NU qui paraissent, à côté des forces d’OTAN, assez nulles. Peut-être souvent à cause d'un conflit d'intérêts, de politiques nationales. En Europe il ne devrait pas avoir un conflit d’intérêt entre les partners, d’au moins pas assez pour saboter l’intérêt général de la communauté européenne. On dirait qu'Airbus a été une première leçon dans cet égard. C’était dans l’intérêt des participants de tirer ensemble, au lieu de tirer chacun de leur côté au grand détrimant de l'entreprise.

ll 31/05/2007 15:24

Le baptême du feu en quelque sorte

Ce qu'il peut essayer de faire passer en force en France , est plus compliqué à l'international et je ne suis pas sûr qu'il s'en sorte bien .