L'ATTENTE D'UN ELECTORAT POPULAIRE

Publié le par blog-pl-seguillon

 

     En dépit de l'état de grâce dont bénéficie le chef de l'Etat et du climat d'euphorie dans lequel baignent dirigeants et élus de l'UMP, certains dans la majorité s'inquiètent de la capacité de Nicolas Sarkozy à satisfaire à la fois les deux électorats dont les suffrages ont fait sa triomphale élection.

 

    Les premières mesures annoncées profitent pour l'essentiel, en effet, à l'électorat aisé de la droite. C'est le cas bien sûr du bouclier fiscal ramené à 50% qui neutralise sans le dire l'ISF pour les plus grosses fortunes. C'est encore le cas de la suppression des  droits de succession qui intéresse au premier chef les gros héritages, 90% des successions étant déjà aujourd'hui exempts de droits à payer. C'est le cas enfin de la déduction des emprunts sur l'acquisition de la résidence principale qui intéresse surtout les classes moyennes et qui non seulement ne résoudra pas le problème des mal logés mais risque de faire flamber l'immobilier et par voie de conséquence les loyers. Quant à la défiscalisation et à l'exonération de charges des heures supplémentaires  (et complémentaires pour le travail partiel), elles satisferont les entreprises et leurs salariés mais elles pèseront sur tous ceux qui n'ont pas l'opportunité de travailler plus de trente-cinq heures et sur les chômeurs. Cette mesure ne créera pas d'emplois, du moins pas dans l'immédiat même si, à terme, on peut estimer que la richesse ainsi créée encouragera la croissance, donc l'emploi. En toute hypothèse l'effet bénéfique de cette mesure en matière d'emploi sera différé.

    Mais Nicolas Sarkozy doit également son élection présidentielle au couches populaires qui ont adhéré à son message et ont donné foi à ses promesses. Que leur propose-t-il aujourd'hui ? Ceux-là ne voit venir pour l'heure que le service minimum qui fait polémique et la probable instauration d'une franchise sur les soins médicaux. C'est dire l'importance politique qu'aura l'attitude du gouvernement lorsque ce dernier devra choisir en juillet prochain entre s'en tenir à l'augmentation automatique du SMIC ou lui donner un coup de pouce significatif.

 

 

 

 

 

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Mirino 08/06/2007 09:24



A Davidsestrunj Je suis tout à fait d’accord avec vous. Il se peut aussi que je sois naïf sur les bords, j’avoue, mais c’est le secret de la jeunesse éternelle n’est ce pas. Malgré cela et malgré tout, lorsqu’on croit, lorsqu’on a confiance, on va forcément plus loin. La déprime ne nous mène nulle part, et la France a souffert de la déprime depuis bien trop longtemps. La gauche y compris Bayrou critique le gouvernement en mettant en question des chiffres. On est libre de le faire, mais évidemment la politique de Sarkozy n’est critiquable que dans la mesure qu’elle ne marchera pas. Ceux qui critiquent à l’heure actuelle seront ravis de pouvoir dire plus tard, ‘je vous l’avais bien dit’, mais on n’est pas encore là. Il se peut même que Sarkozy réalisera tous ses engagements de façon spectaculaire. Ce sera un accomplissement extraordinaire qui hausserait la France dans tous les égards. D’y croire est déjà aspirer cet air frais, s’inspirer. Car malgré tout ce qui pourrait se passer à l’avenir, positif ou négatif, la France a surtout besoin actuellement d'espérer, en se levant la tête et en retrouvant le meilleur d'elle-même de nouveau.

davidsestrunj 07/06/2007 20:06

A Mirino,

D'emblée, merci de votre réponse. Permettez-moi juste de manifester ma déception de vous voir opposer à des arguments circonstanciés des poncifs animés, semble-t-il, par une adhésion très intuitus personae à M. Sarkozy et partant, empreinte d'un sentimentalisme que, par ailleurs, je respecte.

La politique, en effet, ne saurait se résoudre à un cynisme qui verrait seulement dans l'idéal une illusion naïve portée par d'authentiques benêts. Or, le sentimentalisme participe de l'idéal, moteur de la foi en l'avenir.

En outre, ne voyez pas en moi un Cassandre péremptoire, mais un citoyen qui, très humblement, se questionne. Citoyen qui, au surplus, et à votre image, continue de voir en M. Sarkozy le seul personnage politique aujourd'hui habile à imprimer un mouvement. Mouvement, et c'est là aussi le gage de la confiance qui lui a été témoignée, dont la direction est enfin connue à l'avance.

Pour autant, l'Esprit critique, au sens philosophique du terme, ne doit pas abdiquer devant la confiance, que suscite l'idéal. Il en constitue même son alimentation première.

 

Mirino 07/06/2007 15:55

A DavidsestrunjRéponse tardive, avec mes excuses. Depuis vingt ans beaucoup de talent et de créativité français ont opté pour créer leurs petites entreprises en Angleterre où c’en était bien plus faisable qu’en France. Sarkozy ne veut plus être partie d’un système qui surtaxe les petits entrepris. Il ne veut pas empêcher les uns et les autres de travailler plus et donc gagner plus. Il veut revaloriser le travail et il était temps. Il veut créer un climat où on veut rester chez soi en France et même acheter sa maison. C’est enfin de l’air frais que l’on respire. Comment peut on imaginer que ce qu’il offre, ce qu’il projet à faire et ce qu’il s’engage à faire va mettre le pays au genou ? Qui pourrait faire mieux? Qui pourrait s'engager d'autant? Personne.J’ai de mal à comprendre pourquoi il y a toujours ceux qui prévoirent le misère au lieu de voir le côté positif. Pourquoi épargnait-on pour les mauvais jours si on a la nette impression qu’il n’y aura plus de mauvais jours? Au contraire, si on peut gagner davantage, si on est moins taxé, si on paie moins d’intérêt, alors on peut dépenser plus, enfin ! Et l’économie tourne. Adam Smith applaudit dans sa tombe. Donc vers la fin de mois, au lieu d’additionner les derniers sous pour pouvoir acheter une dernière baguette, on peut aller au resto, et là, sans le taux de TVA ridicule (espérons), on peut choisir le meilleur plat, enfin !

 

catherine 06/06/2007 09:08

je suis toujours un peu gênée par les chiffres annoncés sur le coût réel de telle ou telle mesure. Concernant les heures sup, je ne vois pas vraiment, si le nombre d'heures sup augmente réellement, ce que cela coutera in fine au budget. Le manque à gagner est vu souvent comme une perte ... mais si c'est un manque à gagner qui n'aurait pas existé sans la mesure, est-ce à considérer comme tel ? Il y a des mesures pour renflouer les caisses et puis celles qui ont d'autres objectifs.

Danièle 06/06/2007 09:05

A lire tous ces messages et l'article de M. Seguillon, je constate que François Bayrou avait le programme économique le PLUS équilibré - comme l'avait déclaré l'ancien Président du Fonds Monétaire International.Ce qui lui avait valu une toute petite ligne dans la presse détenue par les tenants de N. Sarkozy. Si cette déclaration avait été faite au profit de N. Sarkozy, nous aurions eu droit à une page entière.Si je me suis engagée pour F. Bayrou, c'est parce que j'ai trouvé son programme de social-économie totalement équilibré ET financé: http://www.bayrou.fr/propositions/social-economie.htmlet aussi parce que pendant tout les mois de janvier et février 2007, TOUS mes messages en sa faveur ont été effacés sur les médias suivants:  Le Figaro, l'Express, Le Point, TF1, Europe1 (qui a été le pire) - alors que ceux qui prétendaient que F. Bayrou n'avait pas de programme, qu'il était une imposture et j'en passe, restaient en ligne.Le pseudo-institut de sondage CSA - qui a été le seul institut critiqué par la commission de contrôle pour avoir fait passer artificiellement  F. Bayrou à 24% n'avait pour objectif que de provoquer les dépêches de presse commençant pas "Bayrou, en baisse dans les sondages, déclare..." ou bien "Malgré sa baisse dans les sondages, Bayrou..." La pire des manipulations a eu lieu le vendredi soir avant la cloture de la campagne. Ce "pseudo-institut" a eu l'audace de publier après 23h la dépêche suivante: "Le Pen passe devant Bayrou". Certains médias l'ont effacé, d'autres l'ont encore en ligne: http://www.lerapporteur.fr/post/Le-Pen-devant-Bayrouhttp://www.jeanmarcmorandini.com/news.php?id=4854Tout un groupe d'amis qui voulaient voter Bayrou ne l'ont pas fait  A CAUSE de ce sondage. Ils m'ont appelée affolés le samedi avant l'élection.Voilà comment les médias ont contribué à faire élire N. Sarkozy, bien que son programme économique et ses contradictions tout au long de la campagne aient été dénoncées, mais non relayées auprès de l'opinion.Je vous remercie d'avoir le courage de dire les choses vraies, ces propositions - et d'autres - ne seront pas en faveur de la grande masse de la population, mais en faveur d'une cible bien particulière et la fourchette entre ceux qui possèdent et dirigent le pays et ceux qui paient et ne possèdent plus ou perdent leur propriété ira en s'agrandissant.Bayrou a clairement mis en garde contre cette évolution dans son livre "Au nom du Tiers-Etat".A méditer...En tout cas, en trois semaines, 77.000 nouveaux pré-adhérents l'ont rejoint et en moins d'une semaine 37.000 adhésions, cotisations payées, ont été enregistrées.... c'est un profond mouvement qui se met en marche, encore ignoré des médias attirés comme les papillons de nuit par la lumière du nouveau pouvoir en place...Nous en reparlerons dans quelques années, c'est Bayrou qui a senti la France profonde, ce sont les jeunes qui lui font confiance, car ils sont senti que ce vieux système va s'écrouler...