Les sept leçons d'une présidentielle 1. LA RECONCILIATION DES FRANCAIS AVEC LA POLITIQUE

Publié le par blog-pl-seguillon

    Avec le recul des jours et à la veille d’une élection législative qui semble devoir prolonger l’élection présidentielle et  en confirmer  le verdict, je propose à votre sagacité quelques leçons qu’il est possible de tirer de cette année électorale et qui peuvent éclairer l’avenir.

 

 

 

1.     

1.   La réconciliation des Français avec la politique.

2.      La droitisation de la société française

3.      La tension entre le local et le global

4.      La bataille des idées a eu lieu à droite

5.      Une campagne présidentielle ne s’improvise

6.      Le centre n’existe qu’allié,  le parti « central » n’existe qu’avec la proportionnelle  

7.      Nicolas Sarkozy a une exigence de résultats, La gauche une exigence de réflexion.

 

 

 

  1. La réconciliation des Français avec la politique

     

 

 

      Les électeurs ont fait mentir les politologues qui, depuis plusieurs années, se fondant sur l’abstention toujours plus forte  des électeurs à chaque consultation nationale, concluaient à une désaffection des citoyens pour la politique. Bien au contraire, les François ont manifesté un grand intérêt pour la campagne présidentielle. Les émissions politiques n’avaient jamais obtenu pareilles scores d’audience quelle qu’en soit la formule , que les candidats soient directement interrogés par le public ou qu’ils soient questionnés par des journalistes. La presse nationale a retrouvé de passagères couleurs. Les meeting ont fait le plein de militants. Le débat politique s ’est installé au cœur des familles. Enfin et surtout, la participation au vote a été massive. 84% des électeurs inscrits se sont rendus par deux fois aux urnes.

      En fait, les Français n’avaient pas déserté la politique. Ils se défiaient en revanche de tous ceux qui avaient dirigé le pays durant deux décennies – droite et gauche confondues, et qui s’étaient montrés incapables de tenir leurs belles promesses. Qui ne se souvient de Lionel Jospin jurant ses grands dieux que l’usine de Villevorde ne serait jamais fermée ou encore de Jacques Chirac s’engageant il y douze ans à combler une fracture sociale insupportable !

      Les électeurs ont été cette fois intéressés par trois candidats qui leur semblaient représenter un renouveau parce que tous trois, chacun à leur manière, proposaient une manière de rupture. Nicolas Sarkozy la théorisait en se différenciant de l’ère Chirac ; Ségolène Royal l’incarnait par sa personnalité de femme et par son style politique autre ; François Bayrou l’appelait par son refus du bipartisme et sa célébration du parti central.

     Mais si les électeurs se sont mobilisés massivement c’est surtout parce qu’ils ont eu le sentiment que l’enjeu de cette élection était grand. Cette élection a coïncidé à gauche avec l’achèvement cycle, celui d’Epinay et de l’Union de la gauche et,  à droite, avec la fin de la longue prédominance chiraquienne. Cette élection a également été marquée par un changement de génération. Enfin, elle a été caractérisée par une très forte aspiration des Français à  la réforme mais aussi à la protection, une partie de l’électorat attendant  qu’on lui donne des armes pour affronter la mondialisation, une autre qu’on le préserve de ses effets néfastes.

      Il faut s’attendre que les élections législatives ne suscitent pas le même engouement. La gauche paraît à ce point avoir intégré sa défaite qu’elle ne s’est guère mobilisée alors que la droite, jusqu’au président de la République lui-même, a continué à s’investir dans cette campagne. Sans doute, beaucoup d’électeurs impressionnés par des enquêtes d’opinion qui accordent une très large majorité à l’UMP ne se déplaceront pas les 10 et 17 juin prochain estimant, à tort ou à raison, que les jeux sont faits. Ce moindre intérêt résulte cependant pour l’essentiel de l’inversion du calendrier électorale voulue jadis par Lionel Jospin et acceptée par Jacques Chirac. L’élection législative apparaît comme le troisième tour d’une élection présidentielle que les Français ont déjà arbitré un mois plus tôt !

      A la réconciliation des Français avec la politique, durant cette année électorale ( exception faite peut-être de la consultation législative ), ajoutons le formidable progrès de la parité. La présence dans la campagne d’une candidate femme susceptible d’être élue et de devenir chef de l’ Etat a probablement largement contribué à imposer la parité de fait et non plus de droit dans notre société. Ségolène Royal n’aurait pas été candidate que le vainqueur de la présidentielle n’aurait probablement pas mis autant de soin à composer un gouvernement où les femmes sont en nombre égale aux hommes et y occupent des postes aussi importants. N’eût été cette candidature féminine, Nicolas Sarkozy n’aurait pas sans doute pas non plus défendu avec autant de vigueur un projet de loi instaurant une parité réelle de salaire pour les femmes à poste égal aux hommes.

 

 

 

 

 

 

Publié dans blogpls

Commenter cet article

ll 06/06/2007 15:06

Je n'étais pas fâchée avec LA  politique mais je suis loin d'être réconciliée avec les hommes politiques... et les femmes :)

davidsestrunj 06/06/2007 14:50

N'est-il pas prématuré de parler de réconciliation... avec les politiques?



 



En effet, et vous le relevez à juste titre, "les français n'avaient pas déserté la politique". Seule leur défiance à l'endroit du personnel politique avait commandé leur comportement électoral, guidé pour l'essentiel par un défaut d'adhésion et à leurs programmes et à leur personnalité.



 



Force est de constater qu'en accordant leur confiance, ainsi qu'en témoignent et le taux de participation et le taux de vote, à M. Sarkozy, les français ont entendu lui accorder un crédit, certes anticipé, mais d'abord intuitus personae.

 





 



L'espoir, oserais-je dire l'espérance, suscité par la personnalité de M. Sarkozy, ainsi que par son état manifeste de préparation à la fonction, perçus comme seuls habiles à agir, et au delà à réaliser des promesses, est tel qu'il ne saurait être déçu.



 



Car, dans une telle hypothèse, c'est non pas la relation des français avec le personnel politique qui s'en trouverait une nouvelle fois affectée, mais bien le rapport des français avec 

La Politique

qui s'avèrerait durablement, voire irréversiblement, entamé.

 

jpb 06/06/2007 14:42

Et bien cher ami Seguillon, vous posez quelques points cruciaux à notre sagacité.1. Les Français n’ont jamais été fachés avec la politique, mais avec les politiques.2. Les communistes sont à la rue.3. il faut une vision écologique qui nous permette de vivre agréablement localement.4. La bataille des idées a eu lieu sur mon blog: http://avenirlorraine.canalblog.com/5. Ségolène sais go, c’est go l’eau.6.Il y aura un centre droit et un centre gauche. C’est un scoop.7. Je sais. :-)