Les sept leçons d'une présidentielle: 5. L'IMPROVISATION EST MAUVAISE CONSEILLERE

Publié le par blog-pl-seguillon

       5. L'improvisation est mauvaise conseillère

 

 

        Une campagne présidentielle ne s'improvise pas. Nicolas Sarkozy l'a démontré. Ségolène Royal en a apporté la preuve a contrario.

        Nicolas Sarkozy a conçu, calculé, maîtrisé sa campagne de très longue date. Depuis cinq ans,  il a mené patiemment la bataille des idées avec  pour objectif de réhabiliter  une droite décomplexée et, se faisant, de récupérer les électeurs du Front national. Paradoxalement, il a réussi de la sorte à incarner une rupture avec des gouvernants  démonétisés malgré sa participation à trois gouvernements du quinquennat. Il a ensuite mené la bataille de la candidature pour finalement s'imposer sans conteste et sans concurrents au début de l'année 2007 à un parti rassemblé autour de sa personne et prêt à marcher à l'unisson. Il ne restait plus ensuite qu'à mener campagne « projet contre projet ». Durant tout ce temps c'est le candidat de l'UMP qui a eu l'initiative des thèmes qui faisaient l'actualité électorale, de l'immigration à l'identité nationale, de l'économie au social.

        A l'inverse, pour des raisons qui tiennent à son caractère mais aussi à la manière dont elle avait été désignée, Ségolène Royal a fonctionné à l'instinct et n'a cessé d'improviser sa campagne au point de donner le tournis à ses militants autant qu'aux journalistes qui la suivaient. Tour à tour, elle s'est affranchie du parti socialiste, de ses ténors et de son programme, puis s'en est rapproché, appelant à son secours les « éléphants » et s'inspirant de quelques unes des 100 propositions socialistes pour, de nouveau, se proclamer au-delà et au-dessus du PS.

        D'elle, on a finalement retenu une formule empruntée à Saint Augustin, via l'encyclique de Benoît XVI,  inlassablement répétée mais jamais explicitée :  «  l'ordre juste ». D'elle, on ne s'est souvenu que  de quelques mesures qui ont fait un temps illusion à droite mais qui ont déstabilisé la gauche : la remise en cause des trente-cinq heures, la suppression de la carte scolaire ou l'encadrement militaire des délinquants?

        A partir du mois de janvier,  jamais Ségolène Royal n'est parvenue à prendre l'initiative. Sa campagne s'est déroulée en réaction aux prises de position de Nicolas Sarkozy jusqu'à la caricature lorsque la candidate socialiste  a invité les Français à posséder un drapeau tricolore et à sommé ses troupes de chanter la Marseillaise plutôt que l'Internationale parce que le candidat de l'UMP avait  privilégié le thème de l'identité nationale ! Le traditionnel débat d'entre les deux tours a confirmé cette étrange vacuité d'une candidate socialiste qui aimait à parler comme les télévangélistes dans les meetings mais qui, face à son adversaire, lors du duel final entre les deux tours, sautillait d'un sujet à l'autre sans être capable de développer un raisonnement économique et social cohérent.

 

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dirou 12/06/2007 10:07

M. Séguillon, vous croyez vous capable d'analyser toutes les idées et les pensées de madame Royal ? Je vous sens, depuis le début de la campagne, contre elle et je pense que vous cherchez tous ses défauts. Par contre, vous ne cessez de de dire à qui veut l'entendre, que M Sarkosy est un super mec !! Je ne comprends pas votre attitude qui n'est pas celle d'un journaliste neutre et on sent bien votre sympatie pour ce Nicolas Sarkosy qui, pour d'autres personnes que vous, représente le danger, la menace, les manifestations dans la rue. Et, je vous en conjure, cessez aussi de prendre les français dans leur ensemble lorsque vous parlez. Rappelez vous que la moitié des français ou presque n'est pas allée voter et ne croyez pas que vous avez la réponse à la question  : pourquoi ! car vous êtes loin de la réalité des choses ! Lorsque vous parlez des français, vous parlez de 53% et encore (même les Sarkosystes ne se sont pas précipités, je le sais, moi qui suis sur le terrain et pourtant nullement politique) ! Alors, ne dites pas "les français ont fait ceci les français ont fait cela" c'est très énervant pour ceux qui n'ont pas voté pour Sarko et ne le feront jamais, ceux là alors, ne sont ils pas français ?? 47% des gens ne sont pas d'accord avec la politique de Sarkosy et ça va se voir dans les mois qui viennent s'ils ne sont pas assez représentés à l'assemblée nationale.  Ne vous mettez pas dans la tête des "français" comme vous dites, vous ne savez pas ce qu'ils pensent réellement. Le peuple a montré,, plusieurs fois qu'il pouvait changer radicalement de position (ex : les cohabitations, les gens dans la rue contre le CPE etc..). J'ai entendu des gens qui ont voté pour Sarkosy me dire qu'ils allaient être beaucoup plus attentifs et sévères vis à vis de lui car ils vont pouvoir le critiquer parce qu'ils ont voté pour lui et pour ses idées !!!

Je ne vous condamne pas. Je pense que vous êtes un excellent journaliste, mais vous vous permettez bien trop souvent de parler au nom du peuple français; sans savoir vraiment ce qu'ils pensent !!!

alexandre forjaz de sampayo 08/06/2007 13:04

Il devait  être  interdit a un ministre de l'intérieur de poser sa candidature a une quelconque élection, présidentiel  ou outre ...

 

Mirino 07/06/2007 14:09

guezelle 07/06/2007 09:36

Rien à dire ! parfait !

jpb 06/06/2007 23:52

Ah je vous sens cruel avec la cruchitude...