Les sept leçons d'une présidentielle: 6. LE CENTRE N'EXISTE QU'ALLIE, LE PARTI "CENTRAL" N'EXISTE QU'AVEC LA PROPORTIONNELLE

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6. Le centre n'existe qu'allié. Le parti central ne peut exister qu'avec la proportionnelle.

        François Bayrou a fait une belle campagne électorale. Il a réuni sur son nom près de 7 millions d'électeurs. Il a rassemblé ceux qui, à gauche, doutaient de la capacité de Ségolène Royal à diriger le pays et ceux, à droite, qu'inquiétait le personnage de Nicolas Sarkozy. Mais il a également séduit bon nombre d'électeurs qui estimaient que la bipolarisation ne commandait pas le bipartisme, que le combat des idées n'était pas synonyme de guerre civile et que la gravité de la situation de notre pays justifiait la réunion de toutes compétences qu'elles soient de droite ou de gauche.

        Le pari de François Bayrou reposait toutefois sur une ambiguïté entre parti du centre et parti central. Le centre ne peut  exister dans les institutions de la Vème République qu'allié à la droite ou allié à la gauche. Telle est la loi du scrutin majoritaire à deux tours pour les législatives. . L'UDF n'avait un groupe de trente député que parce que ses élus avaient bénéficié en 2002 des voix de la droite et n'avaient pas eu contre eux un candidat de l'UMP.

        Le parti central qu'imaginait en revanche François Bayrou , parfaitement équidistant de la droite comme de la gauche et autour duquel il imaginait une recomposition du paysage politique français, n'avait de chance de voir le jour que s'il gagnait la présidentielle.. La dynamique eut été dés lors favorable au parti central lors de l'élection législative.

        Battu à la présidentielle, François Bayrou bien qu'ayant réuni 7 millions d?électeurs, ne peut qu'être broyé par le système électoral des législatives. Seule une forte dose de proportionnelle lui permettrait d'avoir un groupe et d'exister au parlement. Le mousquetaire béarnais a rêvé d'un grand parti central qui agrégerait des socialistes réformateurs et des libéraux sociaux et bouleverserait le paysage politique. Il a perdu ses députés et risque d'avoir peu ou pas d'élus dans la prochaine Assemblée nationale.  Le parti de Jean-Marie  Pen était le parti antisystème hors du système. Le Modem de  François Bayrou risque fort de devenir  le parti antisystème dans le système.

 

 

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Vivarais 07/06/2007 17:51

Le Centre et Bayrou

François Bayrou,prétextant de son score à la présidentielle,continue son travail de sape des institutions et du Président de la République;contestant par avance le résultat de la majorité et le mode de scrutin.Le véritable score en voix dont le Modem pourra se prévaloir,sera celui qu'il obtiendra aux législatives;non celui de la présidentielle.François Bayrou ne peut pas ignorer que les électeurs du centre droit,édifiés,par sa haine anti-Sarko du deuxième tour,ont définitivement rejoint la droite républicaine.

La proportionnelle permet la représentation de l'ensemble des partis,mais souvent au détriment de l'obtention d'une majorité.Hors le Président de la République élu au suffrage universel,sur un programme,a besoin d'une majorité stable pour le réaliser.

Faut-il dresser face à l'exécutif qui a la légitimité du suffrage universel,un contre pouvoir au parlement,structurel et vindicatif,sur le mode "Bayrou et Montebourg "? Ce serait l'enjeu du choix de la proportionnelle.Au moindre,ce mode de scrutin exigerait une forte correction,par une prime donnée au parti arrivé en tête.

Quel est le mode de scrutin le plus démocratique? La proportionnelle est un mode de scrutin national ou départemental,scrutin de liste;le député n'est pas choisi directement par l'électeur.Contrairement au scrutin majoritaire où l'électeur élit son député parmi les candidats qui se présentent en personne dans la circonscription.

Mirino 07/06/2007 16:30

En fait Sarkozy a fait ce que Bayrou voulait faire. Un rassemblement, mais bien plus grand que jamais Bayrou en rêvait. Bayrou, trop confiant pendant les présidentielles, a pari sur la faiblesse de la gauche. Lui aussi a improvisé, presque autant que Mme. Royal. Il n’était pas préparé. Même son idée de faire un nouveau parti démocrate est venue au plein milieu des présidentielles. Idéalement un tel parti aurait du être bien établi avant. Quant à la bipolarité politique, l’alternance est un mal nécessaire, mais il faut que cette alternance soit d’autant valable que faisable. Il n’y en a pas en ce moment. On critique bien plus que l’on propose. Historiquement les partis centristes ont eu rarement un succès, car ils représentent toujours le compromis. A la longue on n’arrive nulle part sur la voie du compromis. Il me parait logique que le parti d’alternatif soit un parti démocrate de tendances vers la gauche. Soit le Modem ou bien une reformation complète du PS. A voir, mais peut-être après encore quelques orages.

jpb 06/06/2007 23:56

Il est sympa Bayrou, léger mais sympa. Mais il ne sera jamais président, on ne va pas contre son destin.

evelyne44 06/06/2007 20:44

Les élections législatives ne sont pas les seules élections en France ! Même si le MoDem n'a que très peu de députés, il peut exister politiquement aux municipales, cantonales, européennes et aussi en tant que mouvement civique. Certes, faire du MoDem un futur parti majoritaire semble difficile, mais en faire un allié incontournable et plus seulement une force d'appoint négligeable, c'est déjà plus jouable et François Bayrou aurait bien tort de rétrocéder maintenant qu'il a enfin un parti avec des militants qui le suivent et des ralliements de personnalités du monde culturel et des verts.

davidsestrunj 06/06/2007 16:54