Les sept leçons d'une présidentielle: 7. NICOLAS SARKOZY A UNE OBLIGATION DE RESULTATS, LA GAUCHE UNE OBLIGATION DE REFLEXION

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7.      7. Nicolas Sarkozy a une obligation de résultat. Les socialistes ont une obligation de réflexion.

 

 

     Une nouvelle page s'ouvre.

     Elle est, pour Nicolas Sarkozy , celle de l'action et pour la gauche celle de la réflexion. Le résultat des élection législatives ne devrait pas changer fondamentalement l'équation du 6 mai. L'inversion du calendrier fait de ces législatives le troisième tour de la présidentielle. Elles ne feront logiquement que confirmer de manière plus ou moins spectaculaire le choix que les Français ont fait il y a un mois. Que la gauche obtienne 100 ou 150 élus ne changera pas le fait majoritaire sinon que la voix de l'opposition sera plus ou moins forte dans l'hémicycle.

     Nicolas Sarkozy , qui se conduit en président manager et qui a répété à l'envie qu'il disait ce qu'il ferait et ferait ce qu'il avait dit, a désormais une obligation de résultat.

     Pour lui,  la difficulté est double. Elle tient au choix du rythme adéquat et à la nécessité de satisfaire deux électorats.

     Si le chef de l'Etat accorde trop de temps à la négociation avant d'arbitrer, il risque l'enlisement.

     S'il bouscule trop brutalement les partenaires sociaux, il risque le conflit et le blocage social.

     Il lui faut donner à une population  qui vit déjà à l'heure internationale les réformes dont elle a besoin pour affronter la mondialisation avec les armes de ses concurrents. Mais il doit aussi répondre aux attentes des couches populaires qui se sont les exclues de cette mondialisation. Or, ces aspirations sont souvent contradictoires.

      Pour la gauche, sonnée par ce troisième échec à une élection présidentielle, l?urgence est à la refondation. L' espérance qu'elle a jadis portée est morte depuis deux décennies et ne peut être ressuscité telle qu'elle. Ce que le PS  n'a pas fait en 1983 après que François Mitterrand ait  ouvert la « parenthèse » jamais refermée de la rigueur, ce que Lionel Jospin   a hésité à faire après le  désastre électoral de 1993, ce que son successeur a été incapable de faire après le cataclysme de 2002, la gauche a l'ardente obligation de s'y atteler dès  aujourd'hui ».

      Déjà, dans un article publié par le quotidien «  Le Monde  » en 1993 et intitulé « La pensée socialiste en ruine », Edgar Morin invitait la gauche à s'interroger. Peut-elle générer une nouvelle espérance, demandait-il ? Et de poursuivre, « Nous devons répondre aux trois questions que posait Kant il y a deux siècles : «  Que puis-je savoir ? Que dois-je faire ? Que m'est-il permis d'espérer ? » Les socialistes du XIXème siècle avaient bien compris la solidarité des trois questions. Il ne répondirent à la troisième qu'après avoir interrogé les savoirs de leur temps, non seulement sur l'économie et la société mais aussi sur l'homme et le monde et l'entreprise la plus complète  et synthétique fut opérée par Karl Marx avec l'aide de Friedrich Engels. Sur ces bases cognitives , Marx a élaboré une pensée qui a donné sens, certitude, espérance au messages socialistes et communistes. Aujourd'hui, le problème n'est plus de savoir si la « doctrine » marxiste est morte ou non. Il est de reconnaître que les  fondements cognitifs de la pensée socialiste sont inadéquats pour comprendre le monde, l'homme, la société ».

       La gauche  doit donc résoudre trois problèmes.

       Un problème de doctrine. Réinventer à son tour  une gauche décomplexée ne saurait se faire par un retour à une gauche archaïque non plus que par une conversion à une social démocratie dépassée. La gauche se doit d'analyser les évolutions de notre société et d'inventer une réponse originale aux défis de la globalisation.

        Un problème d'alliance. L'évanescence de l'extrême gauche et l'agonie du PCF exige des socialistes qu'ils conceptualisent  de nouvelles possibilités d'alliance sans attendre le feu des élections et des désistements bricolés.

        Un problème de leadership. C'est probablement d'une nouvelle génération que surgira celui ou celle qui pourra porter et incarner une alternance crédible à partir de cette refondation.

        

         La droite, au pouvoir, a obligation de réaliser des réformes durables. C'est l'engagement pris par Nicolas Sarkozy. Elle peut espérer avoir le temps pour le faire.

        La gauche, dans l'opposition, a obligation de réinventer une gauche durable. C'est l'impératif catégorique de sa survie. Elle peut craindre d'avoir tout le temps pour se faire.

        L'une et l'autre doivent cependant prendre garde. La vie politique, avec ses imprévus, ses impromptus et ses retournements de situation inattendus, ne donne pas toujours le temps au temps. C'est du moins une vieille leçon de l'histoire.

    

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patbeautifulday 13/06/2007 18:19

Bonjour Monsieur Séguillon,Vos commentaires et vos analyses sont intéressantes, mais permettez-moi, , de vous faire remarquer quelques petites fautes d'orthographe qui peuvent heurter certains (dont moi !!) dans un texte qu'on attendrait de haut niveau (ce sont des petits détails qui écornent une image) : "telle qu'elle" s'écrit  "telle quelle" "pour se faire" s'écrit plutôt  "pour ce faire" (ce dont on  a parlé précédemment)enfin, "qui a répété à l'envie", s'écrirait plutôt "qui a répété à l'envi".Cordialement

Erik 13/06/2007 11:30

COUT DES HEURES SUPPLEMENTAIRES



Decembre 2006 : le communiqué de chiffrage du projet UMP donné un cout de 4,6 milliards pour la totalité des 5 années du mandat de la mesure d’exoneration des heures supplementaires .



Juin 2007 : Francois Fillon, Premier ministre , co-auteur du communiqué de décembre annonce que la mesure coutera en année pleine 6 milliards ( donc 6 milliards par an ).

OBLIGATION DE RESULTAT . CE QUI SUIT VOUS INSPIRE QUOI ?

APPAREMMENT RIEN ET SURTOUT PAS DE PAPIER , D'EDITORIAL OU D'INTERVIEWS.

palloporo 12/06/2007 20:25

M. Séguillon. Le 9 de ce mois j'ai posté un commentaire sur le chapitre sept de votre prestation inhérente l'élection présidentielle développée dans sept chapitres d'analyse. Une de ces trois raisons fait que mon commentaire n'a pas été publié. 1°)- Est-ce que celui-ci était trop flatteur pour être pris au sérieux? 2°)- Contenait-il des propos injurieux envers quelqu'un? 3°)- Me suis-je trompé dans l'envoi?, dans ce cas mes excuses. Alors je renvois ce que je croyais envoyé.

Les sept leçons de la présidentielle ou les "sept petites merveilles Séguilloniennes". Analyse pertinente, sensée et complète. On ne peut qu'y ajouter une "touche" personnelle de nuance de vision. Ainsi je dirais que la société française n'a jamais été vraiment de gauche malgré ses "grands coup de gueule" et virages à gauches de l'âpres dernière Grande Guerre. Une sorte de revanche sur les faiseurs de guerre de la droite extrèmiste dont les chefs en furent des ex socialo-démocrates. Au chapitre six je dirais qu'il serait erroné d'instaurer, même une dose, la proportionnelle à partir de listes d'apparatchik, où les bénéficiaire en seraient les chefs et leur clan. Quant au Parti Central, il faut que ses dirigeants oublient le système quatrième République, et qu'ils comprennent enfin qu'il ne peut y avoir à l'avenir que deux pôles: Le Centre Droit et le Centre Gauche. Que l'on le veuille ou non, il y aura la droite avec ses identités nuancées, et la gauche avec ses idéologues uto-archaïques. A ces derniers, qui reprochent à M. Sarkozy d'avoir bénéficié du vote de la majorité des électeurs de la "France des Anciens" (plus de 65 ans), je répondrais qu'une majorité est l'expression résultante du vote de la majorité des électeurs, jeunes ou vieux, et que ce ne sont pas les plus de 65 ans qui manquent de jugeote. Au chapitre sept où M. Sarkozy a une obligation de résultat là où les Socialistes ont une obligation de réflexion, je dirais: les Socialistes ont réflechi pendant cinq ans en "tirant" les leçons de la déroute de 2002, ils ont à peine fait mieux en 2007, en se qualifiant pour le deuxième tour. Il faudrait qu'ils réflechissent d'avantage durant les prochaines cinq années, poue essayer de faire mieux en 2012, ce qui me paraît bien difficile à faire si l'on se report aux dernières déclarations de Mme Royal et de M. DSK. Fait le 12.06.07.

Delcourt 12/06/2007 15:55

Le 11 Juin

Le Parti Socialiste n’a pas tiré les leçons de 2002 et n’a pas réagi après le NON au référendum sur le traité européen de 2005.

Après la défaite magistrale de Lionel Jospin aux élections présidentielles de 2002, les « Eléphants » n’ont pas compris que leurs adhérents souhaitaient majoritairement un courant social démocrate à l’image de celui de Tony Blair en Grande Bretagne ou de Zapatero en Espagne. Ils sont restés statiques, bien ancrés dans leurs idées d’un socialisme archaïque.Après le référendum de 2005, le comité central du parti a accepté tacitement le compromis entre les partisans du OUI et ceux du NON.Là encore, François Hollande est resté statique au lieu de prendre des sanctions à l’encontre des membres du comité qui avaient fait sécession en s’opposant à la ligne officielle majoritaire du Parti ( le OUI ). Il a accepté d’avaler la couleuvre ! ….Aujourd’hui, cette partie de la gauche menée par Fabius et Emmanuelli, aurait pu « ratisser » plus largement et constituer une réserve de voix appréciable. Parallèlement, le PS pouvait se rapprocher du centre gauche pour se mettre en phase avec son électorat.Le coût de cet Immobilisme total est maintenant connu…..

Tant mieux pour le nouveau Président de la République qui sera en mesure de mettre en oeuvre tout le programme pour lequel il a été très bien élu.

Un partie des socialistes qui ne se sont pas déplacés pour voter dimanche dernier l’ont peut être fait sciemment pour laisser le Président Sarkozy et son Premier Ministre mettre en oeuvre leurs réformes dans le cadre de leur politique d’ouverture.

Sur TF1 nous avons suivi les débats de dimanche soir auxquels participaient des ténors du PS chargés de remobiliser leurs troupes et de les inciter à aller voter dimanche prochain.Le Maire de Paris a longuement expliqué en quoi consiste le rôle d’un député… Merci pour ceux qui ne le savaient pas !…Ségolène Royal qui poursuit ses « incantations » répète sans cesse : « j’ai besoin de vous », mais n’explique toujours pas les grandes lignes du projet socialiste dont pourraient se prévaloir les candidats qu’elle soutient…. ( sécurité, immigration, emploi etc… )Elisabeth Guigou en est encore au stade de « sortez les sortants ». C’est un peu tard ! …Laurent Fabius qui fut le « plus jeune premier ministre donné à la France » et qui disposait pourtant, à l’époque, d’une très large majorité socialiste à l’assemblée dénonce l’hégémonie de la majorité présidentielle.Quant au Secrétaire du PS, François Hollande, il avait l’air réjoui. Il est quasiment certain de retrouver son siège de député à Tulle. Accepterait-il la Présidence de la Commission des Finances à l’Assemblée que Sarkozy se prépare à proposer à la gauche dans le cadre de sa politique d’ouverture ? Ce serait lui offrir un beau cadeau en remerciement de ce qu’il n’a pas fait au parti socialiste et qui, aujourd’hui, sert bien les intérêts de la droite…

Se poser le … entre deux chaises a été la stratégie de François Beyrou.Le problème est qu’entre ces deux chaises là il n’y a pas beaucoup de place. Le nombre d’élus du Modem ne devrait pas dépasser 2 députés.L’initiative, une nouvelle fois personnelle, de Ségolène Royal d’appeler le Président du Modem pour tenter de trouver un accord dans le but de favoriser les candidats socialistes de certaines circonscriptions se solde par une fin de non recevoir. François Beyrou est désormais pourtant de gauche !…

http://yvandelcourt.unblog.fr

 

Eric 12/06/2007 10:19

OBLIGATION DE RESULTAT . CE QUI SUIT VOUS INSPIRE QUOI ?

Decembre 2006 : le communiqué de chiffrage du projet UMP donné un cout de 4,6 milliards pour la totalité des 5 années du mandat de la mesure d’exoneration des heures supplementaires .

Juin 2007 : Francois Fillon, Premier ministre , co-auteur du communiqué de décembre annonce que la mesure coutera en année pleine 6 milliards ( donc 6 milliards par an ).

On repense a la dette ? on s’interroge sur la colonne recettes et economies ou 14 milliards sont labellisées " revision de programme" en plus des 4 milliards de franchise medicale sur un programme soit disant equilibre de 32 milliards ?



L’institut de l’entreprise donnait effectivement 4,6 milliards avec les seules heures supplementaires actuellement deja faites et ce par année.



le communqiué de décembre repris par le co-auteur lui-meme http://www.blog-fillon.com/article-4794250-6.html



le chiffrage du projet legisatives actuel

http://www.blog-fillon.com/article-4794250-6.html



l’evaluation de l’institut de l’entreprise ( rubrique emploi)

http://www.debat2007.fr/index.php ?id=lespropositionsde0#1144



Les 11 milliards en année pleine

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-823448,50-920006,0.html



le detail des 11 milliards ( dont 6 pour les heures supp, 3 pour l’accession et 1.7 pour les droits de succession)

http://www.leparisien.fr/home/imprimer/article.htm ?articleid=276098888

CAR LA PLAISANTERIE EST VALABLE AUSSI sur le cout qui devient annuel sur les interets d’emprunts et les droits de succession