ROYAL CALAMITY

Publié le par blog-pl-seguillon

      

     

     Dans la déroute, les langues se délient. Vaincus aux présidentielles, défaits au premier tour de la législatives, bon nombre de socialistes ne s’embarrassent plus de précautions  pour dire tout le mal qu’ils pensent de Ségolène Royal. Ils lui reprochent au premier chef son déni de réalité. Bien que sévèrement battue le 6 mai, en effet, la présidente de la région Poitou-Charentes paraît non seulement incapable de reconnaître sa défaite  mais , bien plus, considère que les dix-sept  millions de voix qu’elle a obtenues la consacrent reine et maîtresse du PS.

      L’intervention télévisée solennelle et souveraine de Ségolène Royal, dimanche soir, quelques minutes à peine après que le Premier Secrétaire s’était exprimé, a stupéfait les socialistes. A quelle titre intervenait-elle au lieu et place de François Hollande pour faire la morale aux abstentionnistes ? Plus grave encore, sa main tendue à François Bayrou hier, répétant de la sorte le geste vain d’entre les deux tours de la présidentielles, a mis en fureurs les dirigeants du PS. Alors même que François Hollande venait d’expliquer qu’il n’était pas question de bricoler un accord avec le président du Modem, Ségolène Royal n’a rien trouvé rien de mieux que d’annoncer son intention de  prendre langue avec François Bayrou sur le portable duquel elle venait de laisser un message à cet effet !

      Si l’on s’en tient aux porpos des uns ou des autres, la coupe semble pleine au PS.

      Manuel Valls,  le  député-maire socialiste d’Evry pique une colère, dimanche soir, sur le plateau de France 3 et déclare en « avoir assez que la vie politique et notamment celle de son parti tourne autour de la vie d’un couple ».Hier, dans le Grand journal de L.C.I.,   Jean Luc Mélenchon n’y va pas par quatre chemins : Il interpelle Ségolène Royal et lui jette « il y en assez , il faut tourner cette page » et de dénoncer son « incroyable transgression » des règles du parti et « ses initiatives  intempestives et contre productives ». Ce  sont là des propos publics formulés à l’antenne.

     Mais que dire de ce qu’entendent les journalistes en coulisses ? Ces mots par exemple d’un  socialiste, goguenard et grinçant, louant faussement l’exceptionnelle témérité de Ségolène Royal et citant dans la foulée ce mot d’Audiard, cruel  : « Les c… ça ose tout c’est même à cela qu’on les reconnaît ! » Ou encore ce bon camarade expliquant que «  Ségolène Royal est désormais aux socialiste ce que le morceau de sparadrap est aux doigts de  capitaine Hadock dans « l’Affaire Tournesol » : on secoue, on s’énerve, on voudrait bien  s’en débarrasser, mais rien n’y fait, il est toujours là, plus que jamais là ».

      En termes imagés, voilà très exactement formulé l’insoluble problème du PS. La vacuité idéologique des socialistes,  leur  pauvreté stratégique et leur  absence de leadership incontesté ont produit il y a un an , avec l’aide des médias,  l’icône Royal.  Plus ou moins convaincus, les socialistes  ont cru ou feint de croire qu’elle  serait l’atout grâce auquel  ils pourraient occulter leur faiblesse et remporter la victoire. Aujourd ’hui, la Star Royal , devenue royal Calamity, hypothèque leur capacité de réflexion doctrinale et stratégique. Elle n’a de cesse de  s’emparer du parti comme elle s’est emparée de l’investiture des militants pour la présidentielle. D ’atout virtuel, la présidente de la région Poitou-Charentes est devenue handicap réel.

      Mais les socialistes auront grand mal à surmonter cet obstacle dans les prochains mois. Parce qu’ils sont divisés. Parce que la détermination de Ségolène Royal est immense : celle-ci est dénuée de tout  complexe ; jamais le doute ne semble l’effleurer. Parce que la présidente de la région Poitou-Charentes bénéficie désormais d’un statut de pop star chez les militants. Parce qu’enfin le couple Hollande Royal joue un jeu indéchiffrable qui leur permet de demeurer au centre de la partie… et du parti .

      Les socialistes ont ainsi enfanté un phénomène d’opinion qu’ils ont cru excellent artifice . A l’usage, il  s’est révélé dangereux artefact. La gauche et quelques uns de ses intellectuels paient aujourd’hui leur coupable complaisance. Certains ont feint de s’enticher de la présidente de la Région Poitou-Charentes , par intérêt, par tactique, par peur aussi d’apparaître politiquement incorrect ou à contre mode.

     Ils sont pourtant  de plus en plus nombreux à penser que le parti socialiste ne se refondra que s’il parvient d’abord à lever l’hypothèque royale.

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MH 14/06/2007 08:21

Pour répondre au commentaire 24, je ne vois pas pourquoi nous aurions honte de dire ce que nous pensons de Madame Royal.



La gauche ne s'est pas sentie gênée, me semble-t-il pour dire tout le mal (et je suis polie) qu'elle pensait sur Nicolas Sarkozy mais cela n'a pas l'air eu l'air de beaucoup l'embêter.



Alors, maintenant ça suffit. Ca suffit d'entendre toujours dire que la gauche c'est le progrès (ah oui, lequel), la démocratie, les droits de l'homme, etc... en sous-entendant que les autres sont des citoyens de deuxième zone.



Nous aussi, "les gens de droite" avons le droit de nous exprimer et nous sommes aussi démocrates que la gauche et certainement plus tolérants dans beaucoup de domaines. La majorité silencieuse prend la parole n'en déplaise à certains.



Quant au "magma glaireux" et autres joyeusetés dont vous faites état dans votre commentaire, les propos actuels des socialistes s'appliquent tout à fait à ce que vous dites.



Attendez donc de voir ce que va faire le Président de la République avant de critiquer !

jpp 13/06/2007 19:33

En fait, c'est le retour de la "femme fatale" qui cumule les improvisations, les manoeuvres inconsidérées, le culot, les gaffes... Mais cette fois François Hollande ne se laisse pas faire ni les autres responsables du parti qui avaient engagé une contre-attaque astucieuse sur la TVA sociale. Au lieu de limiter "la casse", les socialistes ont le sentiment qu'ils vont boire la tasse. Ils pensaient que Ségolène serait un oasis dans le désert, elle se révèle un iceberg dans l'Atlantique.

Voir l'article sur mon blog pour plus de précisions (www.picy.fr).

revolte 13/06/2007 19:12

je trouve scandaleux ,imbécile,au degré zéro de la pensée,tout ce magma glaireux  sur Segolene royal.Honte à ceux qui peuvent ecrire cela.Messieurs les journalistes'vous feriez mieux de chercher à decrypter la politique de Mr sarkosy .Je vous salue bien bas.

azerty 13/06/2007 17:46

Je pense que le problème du PS n'est pas simplement une question de dirigeants mais d'adaptation à l'époque. Les distinctions entre les politiques ne sont plus idéologiques, mais à faire, comme le dit Blair, entre "ce qui marche et ce qui ne marche pas". Le communisme n'a marché nulle part et est donc en voie d'extinction, le socialisme qui tente d'atténuer ou d'effacer les effets de la compétition entre acteurs économiques ainsi que la récompense de l'effort individuel ne marche pas non plus. Sauf évolution vers le centrisme, le socialisme à la française suivra donc la même route que le PC.

Vive le libéralisme, la concurrence la moins impure et imparfaite possible, la responsabilité individuelle et l'ouverture sur le monde, tous ces facteurs créeront un équilibre entre les intérêts de tous qui permettra la croissance et la participation de tous à la croissance - notamment les pays cibles des délocalisations qui lorsqu'ils se rapprocheront du niveau des pays occidentaux connaîtront une hausse des salaires et donc on ne délocalisera plus... Ces remarques peuvent sembler empreintes d'idéologie, en fait non - c'est ce qui peut marcher...

michelazur 13/06/2007 15:49

Ségolène Royal est-elle au courant que l'élection présidentielle a eu lieu?Par ailleurs, que penser du niveau de discernement des gens qui continuent à plébisciter une illuminée?Ne ferait-elle pas mieux de fonder une secte ???