PS:UNE PAGE SE TOURNE

Publié le par blog-pl-seguillon

     

 

    

 

 

 

     Le bureau national du parti socialiste qui s’est tenu mardi soir fera date. Une page vient en effet de se tourner au PS, la page de la présidentielle 2007. Celui qui a décidé de clore cet épisode peu glorieux de l’histoire des socialistes français n’est autre que Pierre Mauroy. L’ancien Premier ministre s’exprime peu et rarement dans cette instance nationale. Mais ses propos ont d’autant plus de poids, lorsqu’il décide de s’adresser à ses camarades, qu’à 79 ans, l’homme  qui a dirigé le premier gouvernement de gauche de la Vème République fait figure de gardien du temple. L’impact du discours qu’il a tenu hier soir à la suite des déclaration intempestives de Ségolène Royal  et qu’ont approuvés unanimement  tous ceux qui participaient à cette réunion, sont particulièrement significatifs quand on sait que l’ancien Premier ministre de François Mitterrand a été l’un des plus  fervents soutiens de la candidate socialiste.    

      Or, qu’a martelé solennellement  hier soir Pierre Mauroy  ?

      Premièrement, que la campagne présidentielle était bel et bien finie et que dès lors la seule légitimité au PS appartenait à ses instances, le bureau national et le Premier secrétaire et non pas ou non plus à Ségolène Royal.

      Deuxièmement que l’élection présidentielle, quels que soient les mérites de Ségolène Royal avait été bel et bien perdue, qu’il ne servait à rien de chercher à occulter cette cuisante défaite et qu’il ne fallait pas répéter entre les deux tours de la législatives l’erreur commise au lendemain du premier tour de la présidentiel : courir après le centre quand il faut d’abord s’efforcer de rassembler la gauche.

      Troisièmement que le coup de force permanent de Ségolène Royal contre les instances du PS n’était  plus tolérable et que l’annonce de sa volonté de conquête du parti à l’heure où ses camarades ramaient dans leurs circonscriptions respectives pour tenter de sauver quelques sièges était particulièrement incongrue.

       A la sortie de ce  bureau national, auquel n’assistait aucun membre de la garde rapprochée de Ségolène Royal, les participants comme si un tabou venait d’être levé, expliquaient qu’ils en avaient par dessus la tête de cette « star académie ségoliste » et de ce combat singulier et permanent entre Ségolène Royal et François Hollande.

       Une page est tournée mais un paradoxe demeure.

       Une majorité refuse un putsch Royal au lendemain des législatives. Mais les mêmes ne veulent aucunement remettre en selle François Hollande. Or, le maintien à son poste du Premier secrétaire est la meilleure manière d’empêcher que le PS ne soit victime d’un coup d’Etat ou ne sombre dans une stérile guerre des chefs. Mais maintenir le statut quo c’est donner le sentiment à l’opinion que les socialistes ne sont pas capables de se remettre en cause au lendemain d’une défaite et d’en tirer les conséquences. D’où l’idée de plus en plus répandue dans les rangs socialistes d’un compromis possible autour d’une équipe collégiale où François Hollande continuerait, un an encore, à gérer le parti tandis qu’à ses côtés, quelques ténors mais aussi des représentants de la génération montant auraient pour tâche de travailler sérieusement à la rénovation du parti, de sa doctrine et de sa stratégie.

        Ségolène Royal expliquait ce matin qu’il ne s’agissait dans toute cette affaire que d’une tempête dans un verre d’eau. Il semble plutôt que, de son fait, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.   

      

      

 

 

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Mekil 14/06/2007 10:04

Je n'arrive pas a comprendre pourquoi ils n'ont pas attendu 1 mois et demi apres les elections presidentielles pour se mettre en guerre des chefs...au moins la gauche aurait pu en tirer parti..mais il est vrai que la pression mediatique est forte, et qu'il est difficile de contenir certains editorials de journalistes politiques qui se rapprochent plus de romans d'operrettes (ne soyez pas du tout concerne PLS)!!

Mais il faut faire avec, c'est comme cela, donc normalmeent un parti decide qui envoyer a chaque emission pour parler d'une election prochaine...Mme Royal devrait etre sanctionnee par son parti, a cause de ses va et vient mediatiques!!

Il faut savoir que les militants du PS etaient loins d'etre tous favorables a SR pour les presidentielles..ils accepteraient donc mieux une certaine sanction de la part du parti...

 

 

 

lucie 14/06/2007 08:58

oui, j'aime bien votre analyse et votre " coup de chapeau" au bon sens de Pierre Mauroy. parce que c'est ce qu'il a exprimé : un solide bon sens et un "rappel du cadre".. bravo, mais c'est dommage que ce genre de réaction n'ait pas été plus rapide.

car l'état du P.S est le résultat d'une somme d'erreurs assez conséquentes en terme d'animation de groupe.

1-appeler synthèse une juxtaposition n'est pas fédérateur, mais entraîne une illusion

2-la transgression de Fabius en particulier, membre du bureau national, pour le non, contre l'avis du parti aurait dû être sanctionnée. ne pas le faire -même pour des raisons politiques- signifiait une autorisation des transgressions.

3-toute la campagne  de S.Royal a été basée sur les transgressions.... et le culot. pas de réactions, cela signifiait une autorisation pour d'autres transgressions

4-les imbroglios matrimoniaux vont dans le même sens : on ne sait plus où on en est..

j'espère que la réaction du bureau va aller au-delà de cette remise en place et que les quarantenaires vont proposer une solution de crise, à savoir éviction du secrétaire qui n'a pas été " très équitable" avec les autres candidats P.S. c'est le moins que l'on puisse dire, et mise en place d'une direction collégiale provisoire pour la période intermédiaire.

puisqu'il n'y a pas de leader évident, une vraie période intermédiaire permettrait enfin à des quarantenaires doués d'émerger. et il y en a !

j'avoue même que je trouve que les éléphants ont raté leurs tentatives. ce n'est pas grave, qu'ils se retirent et restent en coulisse pour "servir" le parti, c'est tout. mais ça, c'est difficile! 

geronimo 14/06/2007 00:35

c'est plus chapi chapo au PS, c'est hibernati hibernato.

C'est  plus la clim mais le congel.

Sarko va récupérer Boutih, Vals, et les quelques jeunes pas trop cons du PS.

jpb 13/06/2007 23:52

Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse. Peu importe où d’ailleurs. :-)