LES PIQUES DE JEAN-PIERRE RAFFARIN

Publié le par blog-pl-seguillon

 

    La critique de la TVA sociale à laquelle s’est livré ce matin Jean-Pierre Raffarin découle d’une analyse objective . Elle est aussi inspirée par un calcul politique.

    L’ancien Premier ministre fait un constat commun à beaucoup d’économistes : un transfert des charges que supportent les entreprises sur une TVA sociale - c’est-à-dire une augmentation du taux de TVA,  ne sera pas neutre pour les consommateurs. Ce transfert s’accompagnera de manière presque automatique d’une hausse des prix dans la mesure où les entreprises ne répercuteront pas entièrement la baisse des charges dont elles bénéficieront sur le prix de vente de leurs produits.

   C’est très exactement d’ailleurs l’analyse que faisait en 2004 Nicolas Sarkozy et qu’il avait présenté devant la commission des Finances lorsqu’il était ministre de l’Economie.

   De ce constat partagé par nombre d’élus de l’UMP, Jean-Pierre Raffarin déduit très logiquement que Nicolas Sarkozy n’aura pas la majorité nécessaire à l’Assemblée nationale pour ratifier une TVA sociale.

   Mais les piques de Jean-Pierre Raffarin sur ce sujet sont également inspirées par un calcul politique.

   L’ancien Premier ministre guigne un rôle majeur à l’UMP et entend convaincre les militants de cette formation comme ses élus qu’avec lui les uns et les autres ne seront pas réduits au rôle de godillots.

   Il semble avoir d’ailleurs obtenu quasiment gain de cause. Nicolas Sarkozy lui a donné son accord pour que l’UMP soit dirigée à la manière du Conseil d’Etat par un vice président de droit qui serait Jean-Pierre Raffarin tandis que Nicolas Sarkozy resterait de fait président de cette formation. Patrick Devedjian en demeurerait le secrétaire général. Jean-Pierre Raffarin serait entouré de 6 membres élus ce qui redonnerait un petit air démocratique à la direction de l’UMP monopolisée aujourd’hui par un secrétaire général désigné !

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dirou 29/06/2007 11:14

Monsieur Raffarin est un des pantins de Sarkosy et ce dernier a voulu lui faire plaisir mais c'est Lui qui dirige, Lui le grand Sarko !! il dirige tout et tout le monde.. tous les hommes de son gouvernement ne sont là que pour faire tapisserie car c'est LE PRESIDENT qui COMMANDE !! alors si, Raffarin a l'impression que le Président lui fait honneur mais alors, qu'est ce qu'il est naïf !!!

Quel milieu quand même que celui de la politique.. c'est immonde!

Colombey 26/06/2007 21:47

Incroyable!Cet homme s'est présenté en 2002 comme l'humble serviteur de la France d' en bas , prêt à se sacrifier pour Chirac , déclarant n'avoir pas l'ambition de faire carrière, pour  attester  de sa sincérité et ... PATATRAS,....il nous présente maintenant  le visage et les maneuvres d' un  politicien intriguant ?Il est vrai  qu'on aurait dû se méfier de son double language  quand le premier acte de ce défenseur de la France d' en basa été ....de procéder à l' augmentation de son traitement et celui de son gouvernement et ....d' accroître le nombre des Sénateurs dont un récent livre a dévoilé la propension à palper de confortables émoluments tout en étant absents  la plupart du temps, ou s' adonnant à la sieste  pour le petit nombre de présents.Avec sa récente déclaration contre la TVA anti déloc , on se demande s'il ne joue pas au poisson pilote d'un Chirac rancunier, soucieux de saboter les chances de redressement de la France par  un Sarkozy qu'il déteste.

evelyne44 26/06/2007 21:31

la TVA sociale est à mon avis inévitable dans la mesure où nos partenaires européens l'ont déjà introduite. Mais je voudrais faire deux remarques :

1°/ On pourrait penser une TVA modulable qui exclut par exemple les produits de première nécessité car certains n'ont que quelques euros par jours (on voit à la fin des marchés des vieilles mamies venir ramasser les légumes abandonnés, ces personnes ne peuvent pas subir une augmentation des produits de base, ce serait barbare). Que l'on augmetne la TVA sur les téléviseurs, téléphones portables etc.. tant mieux, ça incitera peut être les gens à lire des livres !

 

2°/ A mon avis, il ne faut pas s'attendre à des miracles.Je suis d'accord avec le post qui dit que ça sera plus efficace que les cadeaux fiscaux (qui eux sont vraiment des cadeaux en pure perte pour l'économie, ça fait plaisir à ceux qui en bénéfient, mais si la relance de l'économie par le bas avec la gauche a raté, il n'y a pas de grandes chances que la relance par le haut que fait Sarkozy réussisse) ) Je pense que la TVA sociale aura un impact assez limité car c'est le type de mesure qui marche bien si on est dans les premiers à la prendre,ce qui permet de prendre de l'avance sur les autres. Nous, nous sommes obligés de le faire, mais comme on le fait en queue de peloton, il ne faut pas attendre des miracles non plus.

 

3°/ La seule chose qui peut nous remettre à niveau selon moi c'est un travail sur la rentabilité du travail (plus que sur sa quantité, il ne faut pas travailler plus mais travailler de façon plus rentable surtout dans les administrations et dans les PME qui sont souvent très mal organisées et à qui on devrait offrir la possibilté d'audit de productivité pour rationaliser le travail). C'est aussi l'innovation technologique qui peut être source d'importants profits et qu'il faut stimuler plutôt que laisser fuir les chercheurs à l'étranger.

palloporo 24/06/2007 16:03

Je suis globalement d'accord avec le commentaire n°1, pertinent et objectif; globalement d'accord aussi avec le commentaire n°4. J'ajouterais à cela, qu'une minorité de français, emmenés par une minorité de syndacalistes à l'ésprit ultra conservateur sur les "acquis" et les "régimes spéciaux", demandent toujours plus sans jamais consentir d'efforts. Dans un commentaire sur un autre post de M. JLS j'ai dit: "Je ne suis qu'un petit retraité, et je suis prêt à économiser UN euro par semaine au profit de la Sécurité Sociale, si cela peut contribuer à "boucher le trou"! peut-on être plus clair? Pour revenir à votre analyse, M. JLS, vous dites: "...qu'avec lui, les uns et les autres ne seront pas réduits au rôle de godillons". M. Raffarin en tant que Premier Ministre, a été sûrement ravi d'avoir eu à faire à des "godillots". Mais je crois plutôt que M. Raffarin n'est pas tout à fait guéri du virus Chiraco-Villepiniste. N'avait-il pas mis quattre préalables au soutien de M. Sarkozy?

Républicain 23/06/2007 16:00

Vengeance ?

      

Jean-Pierre Raffarin procède aujourd’hui à une attaque en règle de la TVA sociale, ou TVA anti-délocalisation.



 



Est-ce parce qu’il voit s’éloigner la possibilité d’une sous-présidence de l’UMP qu’il s’exprime ainsi sur l’une des bonnes idées de Nicolas Sarkozy ? Est-ce une vengeance ou la simple formulation de ses idées libérales ? Nous lui accorderons le bénéfice du doute, les deux hypothèses étant de toute façon irrecevables…



 



Je me suis exprimé sur le sujet il y  quelques jours (http://lheraultrepublicain.midiblogs.com/archive/2007/06/13/jeux-de-mots.html).



 



La TVA anti-délocalisation est une réforme intéressante, mais qui n’est effectivement pas sans danger pour le pouvoir d’achat compte tenu du volume actuel de nos importations (heureusement que les ventes d’Airbus limitent les dégâts). Et puis il y a aussi le précédent du passage à l’euro qui, sous prétexte d’arrondis, a provoqué une formidable augmentation des prix qui demeure profondément ancrée dans les esprits.



 



C’est une réforme qui aurait du être réalisée, comme le préconisait Philippe Séguin à l’époque, au début des années 90.



 



Cependant, on le constate encore avec l’affaire Jalatte (pour ne prendre qu’un exemple), nous ne sommes pas encore au terme du processus de délocalisation. Ce seul cas particulier, et sa conséquence tragique (le suicide du fondateur de la société), suffit à justifier l’expérimentation de la réforme.



 



Pourquoi alors attendre 2009 ? Il y a urgence !!!



 



Si nous pouvons encore sauver des emplois, c’est maintenant, et cette réforme, correctement encadrée, sera certainement plus efficace pour la collectivité, si elle fonctionne, que l’exonération fiscale des intérêts d’emprunts.



 



Espérons que le sujet sera évoqué dès la séance de questions au gouvernement du 26 juin… et sans esprit polémique, ce qui est moins sûr…