FILLON: LA FIN D'UNE FICTION

Publié le par blog-pl-seguillon

 

 

Le discours de politique générale que François Fillon a prononcé devant les députés était un discours honnête, sérieux, sans fioriture ni concession. Il était conforme à la personnalité du Premier ministre, personnage rigoureux qui se veut artisan fidèle et exigeant de la politique définie par le chef de l’Etat.

 

C’est un discours qui, toutefois, n’était à quelques détails près que l’exact décalque de celui prononcé le 20 juin par Nicolas Sarkozy devant les élus et les cadres de l’UMP. Il était en cela conforme à la répartition des rôles voulue par le président de la République, assumée et théorisée par son Premier ministre : un Nicolas Sarkozy patron, présent sur tous les terrains et un François Fillon chef de chantier réduit au rôle d’exécutant et de coordinateur.

 

Ce n’est pas un discours qui fera date dans l’histoire parlementaire. Il ne pouvait en être autrement dès lors que le Premier ministre ne pouvait guère faire autrement que de répéter ce qu’avait déjà dessiné dans le menu le président de la République quelques jours plus tôt. L’exercice était quasi impossible pour un Premier ministre qui ne pouvait par définition surprendre puisque tout avait déjà été dit, mais qui ne pouvait pas non plus innover sans risquer d’empiéter sur des décisions que seul le chef de l’Etat est désormais à même de prendre. Ainsi, le chef du gouvernement s’est-il montré d’un grand flou sur les sujets où il aurait pu faire preuve d’originalité. Il a ainsi renvoyé la réforme des institutions au travail d’une commission de réflexion ; il  s’est contenté du service minimum sur un sujet dont on annonçait pourtant qu’il serait au coeur de son intervention : la grande bataille de l’intelligence. Il s’est enfin  abstenu de toute précision sur la manière dont seront financées les réformes annoncées.

 

Du même coup, ce discours est apparu quelque peu inutile.

 

Du moins, a-t-il le mérite, dissipant la  fiction d’un Premier ministre déterminant et conduisant la politique de la Nation ( article 20 de la Constitution ) de poser un problème institutionnel important. Le quinquennat et le tempérament de Nicolas Sarkozy contribuent incontestablement à accélérer  la présidentialisation du régime. Dés lors qu’il apparaît désormais clairement que c’est le chef de l’Etat qui détermine et conduit la politique de la Nation, il serait logique qu’il vînt lui-même devant le parlement délivrer ce discours de politique générale. Nicolas Sarkozy dit vouloir modifier nos institutions pour faire en sorte que le président puisse venir s’exprimer devant la représentation nationale. Encore faudrait-il sans doute aller plus loin dans la réforme des institutions de la République et trouver un moyen pour que l’Exécutif, en la personne du président de la République, soit de droit responsable devant le parlement. Ce qu’il n’est aucunement en l’état actuel des choses. Et ce qui, avec l’effacement  du Premier ministre,  induit une évanescence du parlement lui-même !

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Bottanelli 12/07/2007 14:55

Bonjour,

A propos de l'ouverture politique prtiquée par Nicolas Sarkozy.

C'est assez drôle de voir à quel point votre perception de la "déstabilisation de l'électorat de droite" vous semble quelque chose d'acquis et de général. Alors peut-être dans le microcosme parisien, mais je peux vous dire que personnellement et dans mon entourage direct, ce n'est pas quelque chose de déstabilisant ou qui pourrait le devenir si l'état de grâce se termine brutalement ou si les résultats économiques ne sont pas ceux escomptés. C'est plutôt le contraire, beuacoup de personnes disent que c'est quelque chose de positif, qu'il est toujours bon de tenter "autre chose", etc.... ^

Mais moi, je dis bien que c'est personnel et dans mon entourage, je n'en fais pas une généralité. J'espère que vous comprendrez mon sentiment qui est que même pour un analyste politique aussi éminent que vous, il me paraît difficile de faire des vérités de ces affirmations.

Toujours sur l'ouverture, tactique, statégie politique, etc, etc.... Et un peu de sincérité, de sentiment réel qu'on ne détient pas la solution à tout uniquement dans son camp et qu'un peu de diversité peut aider ou faire faire la part des choses, c'est inenvisageable ça, c'est pas du tout possible? Laissez moi ma naïveté et permettez moi de penser que les hommes politiques ne sont pas aussi machiavéliques que vous le dites ou que vous semblez essayer de le faire croire. La stratégie n'est jamais absente, bien sûr, mais la sincérité non plus. En tout cas, c'est ma vérité à moi.

M.C. GRAN 06/07/2007 14:41

Jean-Jacques et MJR voient les choses sainement; en effet, si les divers acteurs politiqueq prenaient leur rôle au sérieux, si le peuple s'engageait sérieusement dans le débat comme certains d'entre nous le font grâce aux blogs mis à notre disposition, les résultats seraient excellents; les choses étant ce qu'elles sont, notre devoir, à droite comme à gauche, en haut comme en bas, est de reconstruire notre pays en retrouvant notre sens des responsabilités. Les Allemands, bien plus disciplinés que nous sont arrivés à des résultats que bon nombre d'entre nous leur envient.Sur les forums d'internautes, on lit beaucoup trop de textes "coup de gueule", mal écrits et pleins de fautes. C'est dommage, car nous voilà dotés d'un outil de communication qui vaut mieux que cela.Que ceux et celles qui ont de bonnes idées constructives le fassent  savoir: c'est la première fois qu'on nous permet vraiment de nous exprimer, alors soyons dignes de ce magnifique privilège!MCG

Jean Jacques 05/07/2007 15:54

Monsieur Séguillon, je suis très surpris par vos commentaires sur le discours de Monsieur Fillon à l'assemblée.La qualité de votre professionalisme que j'apprécie depuis de nombreuses années serait-elle en train de s'émousser.Comment n'avez -vous pas compris que le changement est vraiment là et que la France est enfin conduite comme il se doit,comme une immence  entreprise.

Les actionnaires de la République ( le Peuple) ont donné mandat à un PDG ( le Président de la République) qui a nommé un directeur général ( le Premier Ministre) ce dernier forme ensuite son équipe pour appliquer le projet  pour lequel le PDG a été nommé (ou élu), ce n'est pas plus compliqué que cela.

Pourquoi voulez-vous qu'il y est 2 têtes à l'éxécutif de la Nation alors que l'on a vu les dégâts que cela apporte dans une grande entreprise comme EADS.

Il était donc normal que Monsieur Fillon rappelle le programme,et seulement le programme pour lequel le Président de la République a reçu mandat du Peuple, devant ceux qui vont fournir les outils pour l'appliquer.

Monsieur Séguillon, la gestion de la France a vraiment  changé

J.J.

 

 

MJR 71 05/07/2007 15:45

Le Général De GAULLE, G. POMPIDOU, V. GISCARD d'ESTAING, F. MITTERAND et même J. CHIRAC en dehors des cohabitation pour les 2 derniers conduisaient bien la Politique de la Nation. On a bien entendu dire J. CHIRAC "je décide, il exécute" et non pas " le 1er Ministre décide, il exécute "  en parlant de son Ministre de l'Intérieur. Aujourd'hui, certains semblent surpris alors que ça va faire bientôt 50 ans que ça dure. N. SARKOZY est un peu moins cachotier que les autres, il dit et fait les choses ouvertement et le résultat est que les journalistes comme l'opposition s'emparent d'un faux problème au lieu de nous faire réfléchir sur les réformes proposées. F. HOLLANDE pense sans doute qu'un agriculteur qui hérite de la ferme de ses parents est un riche, qu'une femme qui a participé aux besoins de la famille doit acquitter des frais de succession, qu'une personne doive donner + de la moitié du fruit de son travail à collectivité, est-ce bien raisonnable ? Quand un service minimum, lorsqu'il y a monopole, le service doit être rendu, ou bien mettons les services public en concurrence, lorsqu'il y a vote pour décider ou non la reprise, pourquoi le faire à main levée plutôt qu'avec un bulletin secret plus démocratique ? Et si le fait de prévenir à l'avance qu'on va faire grève expose à des pressions, ne pas le faire n'empêche en rien d'éventuelles représailles mais ne permet pas d'organiser le bien être des usagers. J. CHIRAC et L. JOSPIN ont mis en place le quinquénat qui conduit à la Présidentialisation sans adapter les textes, laisons N. SARKOSY  rénover la 5ème République pour que chacun ai sa place, Président, Exécutif, Sénat, Assemblée .......Pensez  vous qu'il faille encore plusieurs dizaines d'années pour ces réforme ?Alors que ce soit le Président ou le 1er Ministre qui les mènent à bien après les 4 scrutins qui leurs en ont donné mandat n'est sans doute pas le plus important.

Ben 05/07/2007 14:51

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