Grand oral européen : Sarkozy convoqué au rattrapage

Publié le par blog-pl-seguillon

  

 

La  présence de Nicolas Sarkozy à l'Euro groupe avait  deux objets contradictoires :

- appeler ses partenaires de l'Union européenne à renforcer la gouvernance économique communautaire;

- expliquer aux mêmes pourquoi il allait de fait  contribuer à affaiblir cette gouvernance économique en s'affranchissant de la discipline budgétaire commune.

 La participation du président de la République dans une instance qui n'est fréquentée habituellement que par les ministres de l'Economie des pays membres se voulait symbolique de l'importance que la France entend accorder à une meilleure coordination des politiques économiques des pays membres et à  une gestion politique de l'euro. La proposition  qu'a faite Nicolas Sarkozy de convoquer, dès la rentrée, un sommet économique qui réunirait l'ensemble de ses homologues européens allait dans ce sens.

 Mais, dans le même temps, le chef de l'Etat a du expliquer à ses partenaires européens pourquoi la France ne tenait  pas ses engagements. Paris avait promis d'être à l'équilibre budgétaire en 2012.  La France n'y sera au mieux qu'en 2012 et laisse à nouveau filer son déficit et croître sa dette publique. Le gouvernement français avait approuvé en 2005 la réforme du pacte de stabilité qui stipulait que les pays européens baisserait de 0,5% chaque année leur déficit. La France ne réduira pas d'un pouce le sien l'an prochain. 

 La philosophie budgétaire de l'euro groupe exclut qu'un pays déficitaire prenne des mesures de relance par la demande en période d'expansion. C'est très exactement ce qu'a décidé de faire Nicolas Sarkozy.

  Dès lors,  la demande de renforcement du gouvernement économique de l'Euro groupe  - en soi justifiée et fondée -  est apparue en l'occurrence comme un artifice politique destiné à occulter la faiblesse de la position française. Et, en dépit de son énergie légendaire, Nicolas Sarkozy n'est pas vraiment parvenu à convaincre ses partenaires. Il n'a pas réussi  à vaincre leur méfiance plusieurs fois exprimée déjà à l'encontre d'une politique économique française qu'ils jugent laxiste et néfaste pour l'ensemble de la zone euro.

  Pas de moral sans vertu. Nos partenaires ont accueilli   avec politesse les leçons de Nicolas Sarkozy sur le renforcement de la gouvernance économique européenne. Ils ont entendu les explications du président français avec urbanité et ont dit croire à ses bonnes résolutions. Le président de l'Euro groupe a dispensé quelques bonnes paroles d'aimable compréhnion. Mais il eut fallu pour emporter l' adhésion des ministres européens que la France fît preuve de davantage de vertu budgétaire. Pas dupes,  les ministres de l'Economie et des Finances de l'Euro groupe, à commencer par le président de cette instance, Jean Claude Juncker , ont  demandé à Nicolas Sarkozy d'"actualiser" en septembre prochain son programme économique, c'est-à-dire  de revoir sa copie et de prouver concrètement que les réformes engagées sont bien des réformes structurelles et qu'elles permettront de boucher le déficit budgétaire créé aujourd'hui par la multiplication des dépenses annoncées.  Ce qui n'est évidement pas le cas pour l'heure puisque la France est devenue depuis juin le plus dépensier des pays membres de l'Union.

 Nicolas Sarkozy découvre ainsi qu'il  est plus aisé d'imposer ces dérapages budgétaires aux élus de l'UMP voire à ceux du Nouveau Centre que de convaincre ses partenaires européens de  l'opportunité du laxisme budgétaire français.

 Nicolas Sarkozy est arrivé à Bruxelles en professeur donneur de leçon.  Il en est reparti en élève convié au rattrapage.

 

 

 

 

 

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Tonton 13/07/2007 11:09

Bonjour,Ce post est très intéressant... Pourquoi cette version n'a-t-elle pas prévalue dans l'ensemble des médias???Cordialement,http://mitterrand.2007.over-blog.com

Gasper 13/07/2007 00:21

Bravo pour cette note qui tranche avec les gros titres saluant le coup de force de Sarkozy au lendemain du conseil.

 

 

 

ll 10/07/2007 14:58

Bonjour

 

aucun commentaire sur le soutien du président à DSK?