N.SARKOZY: COUP DIPLOMATIQUE,COUP POLITIQUE

Publié le par blog-pl-seguillon

    

    

     Le dénouement de l’affaire libyenne illustre une nouvelle fois le caractère toujours très politique et médiatique de l’action de Nicolas Sarkozy sur tous les terrains y compris dans le champ diplomatique. A la fois récupérateur et déclencheur, le président français a démontré en l’occurrence son efficacité et son habileté  en faisant d’un succès diplomatique un beau coup politique.

     L’intervention française dans ce dossier a été incontestablement déterminante. Elle a été le déclic qui a permis de hâter l’extradition et la libération des otages bulgares. Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée, a joué un rôle essentiel dans la négociation. Cécilia Sarkozy , l’épouse du chef de l’Etat, a apporté la note humanitaire en rencontrant les otages mais également les familles des enfants contaminés. Sa présence symbolique a Tripoli a signifié à l’adresse de Mouammar Kadhafi l’implication permanente, direct et personnelle de Nicolas Sarkozy dans ce dossier tout en  permettant au président français de mettre pour conditions de sa propre visite à Tripoli la libération des infirmières bulgares et du médecin d’origine palestinienne.

     Efficace, Nicolas Sarkozy n’en a pas moins été habile. Il a en effet récupéré à son profit et à celui de la France un processus européen qui, certes, peinait à aboutir mais qui était en bonne voie puisqu’il avait déjà permis, après trois ans d’efforts, d’obtenir  que la condamnation à mort des otages bulgares fût commuée en prison à perpétuité. Il est vrai que, de son côté, l’Union européenne a récupéré à son profit le coup de pouce de la France pour permettre l’extradition des otages. L’astuce du chef de l’Etat français a donc été de jouer de cette récupération  réciproque.

     De cette efficacité et de cette habileté politiques, Nicolas Sarkozy tire d’incontestables dividendes politiques.

     L’opinion publique se préoccupera peu des conditions de cette libération et des compensations accordées au régime libyen. Elle retiendra de cette affaire une image flatteuse pour le pays : celle d’un avion aux couleurs françaises transportant vers la liberté des otages retenus injustement dans les geôles libyennes depuis plus de huit ans. La popularité du chef de l’Etat ne peut qu’en tirer bénéfice.

     Même si elles s’agacent quelque peu de la manière dont Paris s ’est approprié cette libération , les capitales européennes ne peuvent que se féliciter d’un retour actif de la France dans le concert de l’Union.

     La part active que la France a prise à cette libération lève l’un des obstacles à la mise en œuvre d’une idée chère à Nicolas Sarkozy  : la création d’une « Union méditerranéenne ». Blanchie, la Libye peut désormais prétendre être l’un des maillons de cette union si celle-ci prend corps.

     Le voyage officiel que Nicolas Sarkozy va effectuer ce mercredi à Tripoli  devrait lui permettre, après cette libération, de favoriser l’implantation d’entreprises françaises en Libye, de développer avec ce pays une coopération dans le domaine militaire mais sans doute aussi dans le domaine du nucléaire civile. Nicolas Sarkozy pourrait aussi obtenir du colonel Kadhafi qu’il collabore à  la lutte contre l’immigration subsaharienne et ne fasse pas obstacle à la présence de militaires européens au Tchad pour encadrer les réfugiés en provenance du Darfour.

     Cette opération ne va pas néanmoins sans poser un certain nombre de questions.

     Si l’Elysée non seulement conçoit et conduit mais encore met en œuvre l’action diplomatique – Nicolas Sarkozy a dénoué ce dossier avec son conseiller diplomatique Jean David Lévitte, avec Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée,  et avec son épouse Cécilia, la fonction  du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner , se réduit-elle  pas désormais à de la seule figuration ?

     Le rôle de Cécilia Sarkozy est-il circonstancielle ou la première dame de France est-elle appelée désormais à jouer un rôle quasi officiel d’ambassadrice itinérante et de missi dominici du chef de l’Etat. La verra-t-on demain à Bogota porteuse d’un message de son mari au président colombien  Alvaro Uribe  afin qu’il négocie la libération d’Ingrid Betancourt toujours détenue par les Farq.

     Nicolas Sarkozy évoque volontiers un nécessaire renforcement des pouvoirs du parlement. A-t-il tenu le président de la Commission des Affaires étrangères au courant des tenant et des aboutissants de cette libération ? A posteriori, les parlementaires auront-il la possibilité de connaître et de contrôler les conditions exactes et le prix réel de cette  libération ?

Nicolas Sarkozy professe une culture du résultat. Le résultat est là. Chacun doit s’en féliciter. Mais il est bon que soit su, dans une démocratie, la manière exacte dont a été obtenu ce résultat. Le chef de l’Etat est resté muet pour le moment sur le sujet.

     Nicolas Sarkozy fait preuve d’une énergie et d’un activisme peu communs . Il paie de sa personne Il mouille sa chemise. Il s’expose. Il prend des risques. Il accumule les succès. Il laisse l’opposition sans voix. Il bluffe les médias. Il a les faveurs de l’opinion. Chacun est tenté de dire : «  bravo l’artiste ! » Mais qu’en sera-t-il quand l’état de grâce ne sera plus au rendez-vous ou quand la baraka lui fera défaut ? La versatilité des médias et, de manière concomitante, celle de l’opinion  étant ce qu’elles sont, ceux-là même qui louent sans réserve les exploits du président ne seront-ils pas les premiers à le renier et à le piétiner ?      

        

 

 

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palloporo 27/08/2007 22:17

@ N. 10 -  En France les règles déontologiques permettent à un "un agent de l'Etat" de se servir "legalement" dans les caisses sans état d'âme! M. Mitterrand, Président de le République (chiffonnière) de l'époque n'a bien profité et en a fait profiter. Accepter un cadeau ce n'est pas vendre son âme, me semble-t-il, n'est-ce pas?

PUYBARET 24/08/2007 13:45

bonjour

l opinion publique se moque du prix acorde à la lybie je ne suis pas si sur comme la plupart des francais qui payent des impots j aimerais savoir la verite sur ces negociations menee par la femme du president de la republique je croyais qu il y avait un ministre des affaires etrangeres

ps je suis heureux que ces infirmieres soit liberees mais j attends la publication de ces negociations qui à mon avis resteront secretes longtemp

 

francois bonaca 19/08/2007 19:07

Bonsoir,

En France  les règles déontologiques empêchent un agent de l'Etat d'accepter le moindre cadea.

M Sarkozy président de la république (bananière ?) vient d'accepter un cadeau de 40 000 euros. Qu'en pensez-vous?

 

palloporo 17/08/2007 14:28

Réponse au commentaire n.8.- Il est encore plus scandaleux de présenter des argumentations à l'invectivité partisane et sectaire. Faut-il rappeler ici que l'on s'adresse à M. Le Président de la République Française? La honte pour la France ce sont ces intervenants qui, comme vous, ne connaissent d'autres langages que la vulgarité.

Julien 14/08/2007 17:49

Il est scandaleux d'applaudir Sarkozy dans la libération des infirmières bulgares car il en a profité pour vendre des armes et du nuclèaire à Khadafi qui un dictateur, qui est le double de Saddam Hussein, de Ben Laden. Sarkozy est une honte pour la France.