Claude GUEANT: LE CARDINAL

Publié le par blog-pl-seguillon

Claude Guéant a gagné hier soir ses galons de possible successeur de François Fillon le jour où celui-ci quitterait Matignon. Au cours du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, le secrétaire général de l’ Elysée a démontré, par sa capacité à aborder tous les dossiers, la maîtrise et la clarté de son expression et son incontestable sens politique qu’il avait l’étoffe d’un possible chef de gouvernement.

 

 

Mais Claude Guéant est aussi apparu hier soir non pas seulement comme la brillante doublure de Nicolas Sarkozy mais aussi comme, à ses côtés, le vrai patron de ce gouvernement dont une bonne moitié était à ses côtés dans les studios de RTL où se retrouvait également plusieurs conseillers de l’Elysée. En entendant le secrétaire général évoquer tous les sujets de l’actualité politique et économique, il ne faisait guère de doute que rien ne se fait dans ce gouvernement sans son aval. De la politique industrielle à la TVA sociale en passant le projet d’un impôt minimum, c’est lui visiblement  qui décide d’un feu rouge, orange ou vert.

 

 

En regardant Claude Guéant hier soir, costume sombre, cravate pourpre, on se disait qu’il serait peut-être un jour Premier ministre mais qu’il était déjà, auprès du prince, beaucoup plus que ce secrétaire général ordinaire qu’il prétend être modestement, mais qu’il était bien plutôt ce cardinal tout puissant, courtois, dépositaire de tous les secrets et, de ce fait, parfois inquiétant, capable de porter l’armure et l’épée !

 

En écoutant Claude Guéant, hier soir, on ne pouvait s’empêcher de s’interroger sur les sentiments qui habitent aujourd’hui de François Fillon  : serait-ce déjà l’amertume derrière l’acquiescement ? On ne pouvait pas non plus éviter cette question sans doute aujourd’hui encore prématurée : qui du calife et de son vizir sera à la longue  sous l’emprise de l’autre ?

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palloporo 09/09/2007 16:17

Retour quasi anodin du Grand Jury, dans une émission de remise en route et où l'invité n'apportait d'autres argumentations que celles que l'on connaissait déjà. Je pense que sa prestation n'appelle pas beaucoup de commentaires. Néanmoins votre analyse (faite que de louanges) mérite réflexion et commentaire. Dés par son titre l'on peut comprendre la place prépondérante occupée par votre invité. Mais il faut croire que votre stylo va plus vite que votre pensée, car lorsque vous dites: "....est apparu hier soir non pas seulement comme la brillante doublure de Nicolas Sarkozy mais aussi comme, à ses côtés, le vrai patron de ce gouvernement....", on peut se demander si votre discours, repris par des antisarkozystes doctrinaux, ne deviendrait il pas révélateur de polemiques pour savoir qui est le vrai Président, celui que l'on voit ou celui qui se cache sous sa doublure; d'autant plus que vous affirmez "que rien ne se fait dans ce gouvernement sans son aval". La conclusion de votre analyse sur le calife et le vizir pose plus le problème sur le conflit des personnes que de confrontations d'idées. On peut aussi retenir la question "en cache", à savoir: à quoi sert-il le Premier Ministre dans le nouveau système de l'Executif consequent au mandat quinquennal Présidentiel. Selon moi, le poste de Premier Ministre est d'une évidence aveuglante si l'on se donne la peine de faire une petite comparaison avec une quelconque entreprise. L'organigramme de celle-ci correspond exactement à ce qui pourrait être celui du pouvoir exécutif de l'Etat. Dans une entreprise il y a le PDG (Le Président de la République) qui supervise et oriente le fonctionnement, le Directeur générale (le Premier Ministre) qui coordonne et distribue les tâches aux Contremaîtres (Les Ministres) des differents secteurs de production, et enfin chaque contremaître a x chef d'équipe (Secrétaires d'Etat et autres Directeurs de cabinets) qui distribuent le travail aux employés selon leur specialisation et compétences. Quant à stabiliser l'équilibre budjetaire rien de plus simple: il suffit de vouloir! Je gagne 1000 euros par mois, j'en dépense 950 et non pas 1100. Elémentaire, non? Et oui, M. Seguillon, tout le problème se résume en une toute petite phrase: Vouloir c'est Pouvoir!

ll 05/09/2007 04:12

ravie de vous lire, on vous attendait

Intéressante analyse, mais à quoi sert Fillon aujourd'hui?

Diatala 04/09/2007 13:02

Je ne pense pas que ce conseiller très proche de Nicolas Sarkozy souhaite être sur le devant de la scène. Une éminence grise à des pouvoirs qui ne sont pas les mêmes que ceux détenus par un représentant officiel voire ici, ceux d'un premier ministre. Ces gens connaissent et ont choisi leur place dans l'ombre et en général souhaitent y rester. Et N.S y perdrait au change !