LAGARDE: UNE MALADROITE FRANCHISE

Publié le par blog-pl-seguillon

     Christine Lagarde a commis au mieux une maladresse, au pire une faute politique en parlant à plusieurs reprises hier soir de " rigueur" dans une émission dominicale.  Le terme de rigueur est synonyme en effet dans l’opinion de cure d’austérité, de serrage de ceinture, de coupe claire ou de dégraissage. Aussitôt lâché le mot, en dépit des correctifs apporté dans l’heure par le secrétaire général de l’Elysée puis ce matin par François Fillon , a produit son effet malheureux pour le gouvernement. Il a peut-être plu à la frange la plus libérale de la majorité. Mais opposition et organisations syndicales s’en sont saisi aussitôt pour dénoncer une politique malthusienne et proclamer que la ministre de l’Economie n’avait fait que faire avoeu de la politique gouvernementale de restriction.

    La bévue de Christine Lagarde a deux explications.

    La ministre de l’économie n’est pas une politique. Comme beaucoup de  ceux qui ne viennent pas du sérail, son sens de la tactique et de la pédagogie politique n’est pas à la hauteur de ses compétences techniques. Déjà, en 2005, à peine nommée ministre du commerce extérieure elle s’était fait rappeler à l’ordre par Dominique de Villepin après avoir

Déclaré de manière abrupte qu’il était grand temps de réformer un code du travail qu'elle trouvait « compliqué, lourd » et qui  constituait à ses yeux  "un frein à l'embauche »

    Mais il est une autre explication. Ministre de l’Economie, Christine Lagarde a mission de  surveiller d’un œil  les dépenses et de l’autre les recettes. Les premières grossissent pour 2008 : accroissement de la charge de la dette, pensions des fonctionnaires retraités, financement du paquet fiscal, augmentation des crédits de la Recherche et de la Justice. Au vue d’une croissance molle, les recettes risquent de ne pas être à la hauteur et les déficits ont toute chance de se creuser. Il faut impérativement faire des économies. Ne pas remplacer un fonctionnaire sur trois partant à la retraite au lieu des deux annoncés ne suffira pas à combler les trous budgétaires.

    Christine Lagarde a eu,  en l’occurrence, le tort d’une maladroite  franchise.

 

 

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Foxie 07/09/2007 16:10

Quelle aubaine pour les journalistes, si friands de "petites phrases" et à l'affût de tout mot prêtant à polémique.Votre affirmation que "son sens de la tactique et de la pédagogie politique n’est pas à la hauteur de ses compétences techniques", outre qu'elle la prend certainement pour plus bête qu'elle n'est, sous-entend que pour vous la politique s'appuie nécessairement sur le politiquement correct, qu'appeler un chat un chat "cela ne se fait pas", en somme que la dissimulation de la réalité est un principe directeur de la politique. Eh bien, moi je salue Mme Lagarde, qui ne jette pas de voile pudique sur la dérive, à terme dramatique si on ne réagit pas fermement, de notre pays.Vous auriez dû saluer son franc-parler, au lieu de la critiquer avec votre plume facile, confortable, condescendante en l'occurence, et révélatrice d'un journalisme très conventionnel.

Xavier 07/09/2007 11:31

C'est bien, Monsieur Seguillon, de sauter à pieds joints (vous et vos collègues) sur une "faute" tactique, un écart de language d'un ministre... mais tout ce que vous allez réussir à faire, c'est durcir un peu plus la langue de bois officielle que vous êtes les premiers à dénoncer lorsque vous interviewez des "politiques".Christine Lagarde a répondu "oui" à une question. Reflechissez deux minutes, et demandez vous combien d'autres personnalités répondent encore par "oui" ou par "non" à une question posée en public. Si vous en trouvez, donnez-moi les noms, ça m'intéresse...J'ai un peu le sentiment que vous faîtes comme ces gens qui, au printemps,  roulent toutes vitres fermées et climatisation à fond sur des routes de campagne... vous perdez tout le sel de la vie, vous anesthésiez vos sens.Ce sont des encouragements que vous devriez prodiguer à des personnes comme Madame Lagarde, car ce sont elles qui donnent encore un peu de relief à la vie politique. Au lieu de cela, vous tuez votre métier à petites doses.Pour un peu, vous regretteriez Georges Marchais... Ah, ça, pour le coup, c'était un vrai "politique", aucun doute là dessus...!

Augustine 06/09/2007 14:38

Et oui Lucie ! Mais ce qui me perturbe dans cette "affaire", c'est l'intervention immédiate ET de C.Guéant ET de F. Fillon pour édulcorer le terme employé par Mme Lagarde !

Alors même que le Président a réussi à faire passer un discours qui rompait enfin avec le politiquement correct, appelant un chat un chat, et que F.Fillon lui-même a écrit un livre qu'il a intitulé : "la France peut supporter la vérité" !!

J'appelle ça une reculade bien dommageable ; et uniquement par crainte des exégèses de nos chers journalistes, et de la nuisance qu'ils peuvent avoir sur l'opinion, relayés ensuite facilement par tous nos corporatismes et syndicats qui n'en demandent pas tant ! !!

lucie 06/09/2007 12:22

je respecte beaucoup Mme Lagarde et je la remercie de son parler vrai.

mais nous sommes dans un pays où l'on ne dit plus aveugle,il faut dire non voyant ou mal voyant, on ne doit plus parler d'échec, mais de réussite retardée (dixit la ministre Mme Royal lorsqu'elle était en poste)... si l'on voyage un peu à l'étranger, on se rend compte que nous sommes terriblement effrayés par la réalité.

ce n'est pas une erreur politique de Mme Lagarde, mais une difficulté psychologique française à accepter la réalité!

chris de kiev 05/09/2007 10:46

On peut employer tous les mots du dictionnaires , la realite est que l etat emprunte pour payer les interets de la dette alors ou on fait des economies drastiques ou bien on finira comme l argentine sous le controle du FMI et enfants et petits enfants paieront .