La France et l’Union européenne : LE PENSUM DE PORTO

Publié le par blog-pl-seguillon

      

 

 

   Les oreilles de la pauvre Christine Lagarde risquent de siffler lors de la  réunion à Porto, le 14 septembre prochain,  de l’Euro groupe ( le gouvernement économique de la zone euro)

   Vous vous souvenez sans doute qu’en juillet dernier, Nicolas Sarkozy , fait exceptionnel, s’était lui-même rendu à Bruxelles pour expliquer aux ministres de l’Economie de l’Euro groupe que la France ne pourrait se plier à la décision commune d’atteindre en 2010 l’équilibre budgétaire et un endettement inférieur à 60% du PIB. Le chef de l’Etat avait expliqué à ses interlocuteurs que la situation dans laquelle il avait trouvé les finances publiques à son arrivée à l’Elysée le contraignait à repousser cet objectif à 2012.

    Les ministres de l’économie et des Finances des pays membres de la zone euro l’avaient alors  écouté poliment. Mais ils ne furent  pas convaincus pour autant. Le commissaire européen Joaquin Alumnia , chargé des affaires économiques et monétaires, rappela les engagements pris par tous les Etats membres de l’euro y compris par le gouvernement de Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy  fut aimablement convié à revoir sa copie pour la rentrée de septembre.  Ses interlocuteurs lui annoncèrent  qu’ils se montreraient ( aveu de Claude Guéant lui-même au Grand Jury ) particulièrement « vigilants ».

   Gageons que Nicolas Sarkozy ne proposera pas cette fois d’accompagner sa ministre de l’Economie et des Finances à la réunion de l’euro groupe. Ce ne sera pas en effet une partie de plaisir ! C’est seule que Christine Lagarde va se rendre à Porto avec une copie budgétaire qui, loin d’être corrigée se sera plutôt dégradée durant l’été.

    Non seulement, en effet, la France ne pourra en aucune manière revenir à l’équilibre budgétaire en 2010 comme le lui demandent ses partenaires européens mais il y a fort peu de chance pour qu’elle atteigne les objectifs bien modestes qu’elle s’est fixée soit 2,4% du PIB en 2007et 2 ,3%  en 2008.

   Au regard de la panne de croissance du deuxième trimestre 2007, au vu des correctifs apportés par l’OCDE qui promet une croissance de 1,8% et non de 2,25%  en 2007 comme le maintient le gouvernement et compte tenu des effets différés de la crise financière qu’ont connue les marchés le mois passé, le gouvernement ne pourra respecter ses engagements de baisse de la fiscalité sans creuser un peu plus le déficit public.

  Nicolas Sarkozy ne pourra même pas s’en prendre à Jean-Claude Trichet comme à son habitude afin de faire diversion.  Le gouverneur de la Banque centrale européenne a nnoncé cet après midi que le taux d’intérêt de base de la BCE ne serait pas augmenté !

  Dur métier donc que celui de ministre des Finances .

   Christine Lagarde se fait taper sur les doigts quand elle dit le vrai et reconnaît que son budget ne sera correctement bouclé que si, à côté des dépenses déjà engagées, l’Etat fait preuve de davantage de rigueur autrement dit réalise de solides économies.

   Christine Lagarde est conviée à dire le faux quand elle promet le maintien d’une croissance à 2,25% lors même que tous ses services affirment le contraire. Ceci à seule fin de ne pas accroître le marasme.

   Christine Lagarde ne pourra faire autrement, vendredi prochain, à Porto,  que d’adopter un parler ambigu en sorte d’amadouer ses partenaires européens et d’obtenir leur clémence pour cet impossible  examen budgétaire de rattrapage !

 

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evelyne44 08/09/2007 22:17

Il faudrait cesser de traiter les Français comme de grands enfants irresponsables. Le malencontreux mot de rigueur n'a rien d'effrayant, au contraire. C'est plutôt rassurant si la ministre de l'économie prend conscience du problème du déficit qui en l'absence de la croissance ne pourra qu'accroître la dette. Au lieu de se voiler la face et de faire de la communication, mieux vaudrait pour de bon prendre conscience de la gravité de la situation et prendre modèle sur nos voisins allemands.

cricri kiev 07/09/2007 10:11

CQFD : l etat n a d autres solutions que d economiser sur ses depenses un peu moins de 50 miliards d euros par an, en bon gestionaire des deniers publics .Et en temps qu ancien fonctionnaire qui s est mis a son compte parce degoute de la gabegie totale que j ai vu pendant 7 ans dans mon ministere je peux vous affirmer que on sait les trouver ces 50 miliards , il faut juste DECIDER .

lucie 07/09/2007 09:05

je ne voudrais pas être à sa place à Porto.

je suis optimiste sur un point : sa personnalité et sa connaissance technique des finances  sont bien adaptés pour les ministres européens qu'elle rencontrera. je lui souhaite bonne chance, pour elle....et pour nous!

Paul 06/09/2007 21:28

Quand vous avez décidé un jour de partir le lendemain faire une course en montagne au vu des renseignements météorologiques du moment et qu'au réveil ces conditions ont changé, vous ne pouvez faire autrement que d'en tenir compte.

Or entre Bruxelles et Porto est survenue la cris ou mini crise que vous connaissez.

Je ne vois pas en quoi Christine Lagarde ou même NS se trouveraient, en raison d'un évènement dans lequel ils n'ont aucune part, en position délicate.

Même l'intraitable Trichet a du revoir sa position.