ETAT DE GRACE...SUITE ET FIN!

Publié le par blog-pl-seguillon

Après plus de quatre mois d’hésitation et de flottement, la gauche estime avoir enfin trouvé la faille dans l’armure sarkozyenne.

     Voilà des semaines que les socialistes étaient sur la défensive et que la gauche était atone.  L’opposition  était  sonnée par la défaite, déboussolée par l’ouverture mais aussi  comme fascinée et paralysée  par l’hyper activisme du chef de l’Etat. Or c’est justement cette agitation présidentielle échevelée que la gauche socialiste prend désormais pour cible de ses attaques. Elle s’efforce depuis quelques jours de démontrer  que ce qui paraît être une force chez Nicolas Sarkozy est en réalité l’expression d’une fragilité personnelle et la cause d’une double contradiction politique et économique.

     Le fusil socialiste est à trois coups. Pierre Moscovici dénonce ainsi la « peopolisation, la privatisation et la personnalisation » du pouvoir.

     Personnalisation : Nicolas Sarkozy veut être la seule incarnation de l’Exécutif. Il est partout, veille à tout, décide de tout au point de considérer le Premier ministre comme un simple « collaborateur ».

     Privatisation : le chef de l’Etat  avec son secrétaire général et ses conseillers élyséen s’approprie   toute la sphère politique. Il réduit les ministres au rang de simples exécutants techniques. Ceux-ci d’ailleurs n’osent plus prendre la moindre initiative ni bouger une oreille au risque de se faire réprimander.

     Peopolisation : le président de la République n’a de cesse de soigner sa popularité par une médiatisation permanente de ses initiatives. Son discours reste un discours électoral : devant le Medef, il flatte le patronat mais se garde de toute annonce; aux enseignants, il adresse une missive dans laquelle il fait l’éloge des maîtres dont le métier doit être revalorisé. Mais il s’abstient de dire comment cela se fera. Toute initiative, tous discours, mais aussi les multiples démarches compassionnelles du chef de l’Etat semblent conçues pour flatter son image et sa gloire présidentielle.

     Pour l’opposition, cette agitation n’a d’autre motif que « l’égotisme » du chef de l’Etat. «  Jacques Chirac était  l’homme qui ne s’aimait pas, plaisante un député socialiste, Nicolas Sarkozy est l’homme qui s’aime trop ! ». Ce souci de lui-même et de son image inclinerait Nicolas Sarkozy , toujours selon ces censeurs socialistes,   à ne se préoccuper en permanence que de sa popularité. Elle l’enfermerait à terme dans une double contradiction politique et économique.

     Contradiction politique. Nicolas Sarkozy dit vouloir revaloriser le Parlement et lui donner davantage de pouvoir. Pourtant, il capte tout le pouvoir et réduit son Premier ministre à un rôle purement technique. Or, selon la Constitution, le chef du gouvernement est « responsable » devant les députés et peut être renversé par eux. En affaiblissant  le délibérément le Premier ministre, le président de la République contribue donc à affaiblir et à délégitimer le Parlement.

     Contradiction économique. La situation budgétaire de notre pays, compte tenu d’un environnement mondial maussade, d’une panne de croissance et du coût pour l’Etat du « paquet fiscal », est plus que préoccupante. Le déficit public a toute chance de se creuser et la dette de l’Etat d’exploser. Pour pallier cette situation, Nicolas Sarkozy doit réaliser des économies draconiennes et effectuer des réformes qui ne peuvent qu’être douloureuses dans un premier temps pour les Français. Or, les socialistes sont convaincus que le chef de l’Etat est si préoccupé de son image et de sa popularité qu’il se trouve aujourd’hui paralysé  en dépit d’un discours martial et d’une agitation illusoire. S’il prend les mesures qui s’imposent, il ruinera sa popularité. S’il veut sauver sa popularité, il court à l’échec !

     Le raisonnement vaut ce qu’il vaut. Mais il démontre que, peu à peu, l’opposition cherche à passer de la défensive à l’offensive. Voilà, en tous les cas, qui confirme, avec les mauvaises nouvelles économiques, que l’état de grâce, selon l’expression consacrée, est bien fini !  

 

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Olivier 12/09/2007 09:34

L'etat de grace est fini. Les tas de graisse commencent....

ll 10/09/2007 16:04

et Bayrou dans tout ça??

evelyne44 08/09/2007 22:34

Que la gauche reprenne du poil de la bête, c'est en soi une bonne chose car dans une démocratie, il faut une diversité d'opinions.

Mais c'est quand même un peu court si le seul thème de critique c'est la personnalité de Sarkozy (qui est loin de plaire à tous, y compris à des gens de droite) Critiquer un président hyperactif, plutôt inculte et frisant souvent le ridicule ne tient tout de même pas lieu de programme politique et ne remplace pas une véritable réflexion car la gauche est toujours en train de s'enliser dans ses contradictions et ses non dits, sans être capable de dire clairement ce qu'il en est de sa position sur l'économie de marché pour ménager la chèvre et le chou ( = le MoDem et les anti-libéraux) dont elle espère récupérer les voix.