REFORME REGIMES SPECIAUX: POSSIBLE,NECESSAIRE, EXPLOSIF

Publié le par blog-pl-seguillon

   La réforme des régimes spéciaux de retraite reste socialement explosive. Mais elle est politiquement possible et économiquement indispensable.

   Pour se convaincre de la nécessité économique de cette réforme, il suffit de mettre en vis-à-vis le coût exorbitant pour l’Etat des régimes spéciaux de retraite et la situation dégradée des comptes publics et sociaux. Ce sont près de 5 milliards d’euros que l’ Etat a du mettre au pot l’an passé pour combler le déficit des régimes spéciaux de quelques 800000 pensionnés de la SNCF, de la RATP, d’EDF ou de GDF. Quand on sait le degré de dégradation des finances publiques ( déficit et dette), quand on prend en compte le ralentissement de la croissance et si l’on a conscience du problème que pose à terme le régime général des retraites lui-même, cette réforme paraît incontournable.

    Or, ce qui politiquement paraissait impensable, il y a quelques mois encore, semble aujourd’hui possible. Le chef de l’Etat et le gouvernement jouissent d’un large soutien de l’opinion sur ce dossier. L’opposition a mis de l’eau dans son vin  au point qu’un Manuel Valls, député maire d’Evry, n’hésite pas à affirmer que la France ne peut pas faire l’économie d’un alignement des régimes spéciaux sur le régime général des retraites. Sans doute, François Hollande met-il le gouvernement en garde contre tout passage en force, ce que font également les responsables des organisations syndicales. Mais ces dernièrs ne sont pas a priori hostiles à l’ouverture du dossier des régimes spéciaux.

   Ceci ne veut pas dire pour autant que les choses seront aisées pour le gouvernement. Dérapages et blocages ne peuvent être exclus. Beaucoup dépendra de l’habileté du gouvernement. S’il ne parvient pas a fractionner le front syndical et à se concilier au moins un allié dans la négociation, comme l’avait fait Jean Pierre Raffarin en 2004, la sortie de route peut advenir avec l’éventualité d’un scénario du type de celui de 1995. N’oublions pas que les organisations syndicales doivent aujourd’hui digérer une loi sur le service minimum qui leur a été imposée, une fusion Suez-GDF à laquelle elles étaient hostiles et un pouvoir d’achat qui stagne voire régresse . N’oublions pas non plus la puissance acquise par le syndicat radical Sud dans les entreprises concernées, une emprise qui souvent contraint les syndicats classiques à la surenchère. N ’oublions pas enfin le difficile dilemme du gouvernement. Il a sans doute intérêt à battre le fer pendant qu’il est chaud, autrement dit à profiter du haut niveau de popularité de l’Exécutif pour faire passer cette douloureuse réforme.  Il y a d’autant plus avantage que, dés octobre prochain, il faudra ouvrir cette fois un nouveau chapiteau de la réforme du régime général. Mais A trop vite boucler ce dossier et à susciter une contestation sociale, le gouvernement risque de mobiliser les mécontents lors des municipales de mars.

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deslilas 17/09/2007 13:55

Quelle curieuse conception de la démocratie !

Celle qui consiste à traiter de "nuisibles" les organisations syndicales et à vouloir les interdire de parole.

Sur un dossier aussi complexe que celui des régimes spéciaux, au delà de la démagogique prétention à introduire une équité à sens unique sans se préoccuper des inégalités encore plus importantes qui caractérisent notre système social il serait bon de lire les études du Comité d'orientation des retraites.

eric 14/09/2007 18:42

De la véritable histoire du syndicalisme et du corporatisme, son grand frère. De leurs origines, des raisons de leur création et de celles de leur dérapage : une petite histoire, rapide mais instructive, à ne pas rater pour les jours et les mois à venir… http://www.historia-nostra.com/index.php?option=com_content&task=view&id=654&Itemid=60

evelyne44 13/09/2007 21:32

Je l'ai déjà fait noter dans un autre post, mais le référendum sur la réforme des retraites, c'était dans le programme de Bayrou.

Si après avoir pratiqué l'ouverture chère à Bayrou qu'il dénigrait avant le 6 Mai, Sarkozy a maintenant recours au référendum qu'il estimait inutile avant le 6 Mai, beaucoup vont se dire que finalement, on aurait peut être gagné à voter pour l'orginal plutôt que la copie.

 

Manu 11/09/2007 15:48

Un bon petit référendum aiderait sûrement à régler le problème. Le OUI à la réforme l'emporterait haut la main !!!

jean-marie wolff 10/09/2007 19:36

On reste interdit lorsqu'on entend l'ensemble des forces progressistes et syndicales de ce pays. Mais comment ces personnes osent-ils se réclamer de la justice sociale et refuser une mesure élémentaire de justice sociale ? Ces personnes-là n'ont plus aucun crédit. Au nom de la démocratie, elles devraient  être interdites de parole et leurs organisations dissoutes. Voilà qui serait une mesure de salubrité publique. Ces gens ruinent le pays; ce sont des êtres nuisibles qui doivent disparaitre au plus vite.