FILLON REPREND LA MAIN

Publié le par blog-pl-seguillon

François Fillon a effectué dimanche  la rentrée politique qu’il avait ratée quelques jours plus tôt. La semaine passée, en effet, ses propos avaient été occultés par la prestation du secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant. Cette fois, le Premier ministre s’est emparé de la  réforme des retraites et, plus particulièrement, de celle des régimes spéciaux pour affirmer son existence et sa volonté politiques. Le chef du gouvernement,  qui refuse le qualificatif de « collaborateur » que lui a accolé Nicolas Sarkozy et qui rappelle que Claude Guéant n’est qu’un « fonctionnaire », entend visiblement être le maître d’œuvre de ce dossier qu’il connaît bien pour avoir été  l’artisan de la réforme des retraites initiée par Jean Pierre Raffarin il y a quatre ans.

     Pour une fois, le Premier ministre s’accorde le bénéfice d’une annonce. Et pas n’importe quelle annonce : celle d’un alignement des régimes spéciaux sur celui des fonctionnaires. Que l’annonce soit conditionnelle et que le déclenchement de l’opération dépende du feu vert que Nicolas Sarkozy devrait donner le 18 septembre à l’occasion d’un discours prononcé devant l’Association des journalistes de l’Information sociale ne change rien à l’affaire.

    Bien plus, il y a dans la formulation du Premier ministre une sorte de défi poli lancé au président de la République. La réforme est fin « prête ». Il suffit d’un « signal » de l’Elysée pour enclencher l’opération. Autrement dit, tout recul ou toute hésitation en l’affaire serait de la seule responsabilité du chef de l’Etat !

    Il y a là comme une manifestation d’impatience à l’encontre d’un chef de l’Etat qui depuis qu’il est rentré de vacances paraît avoir quelque peine à passer du discours électoral incantatoire aux décisions concrètes tant il semble embarrassé par la dégradation de la situation économique  

    Mieux, François Fillon , faisant preuve d’une hardiesse qui ne lui est pas habituelle, retrouve la veine du livre qu’il a écrit il y quelques mois et dont le titre est tout un programme gouvernemental : « les Français sont capables d’entendre la vérité ». Où l’on retrouve le Fillon dur et radical qui déplore le manque de volonté politique et la pusillanimité des précédents gouvernements. Il veut aujourd’hui aller vite en besogne au point d’évoquer la possibilité d’opérer cette réforme par simple décret sans même passer par la loi et ce, semble-t-il, avant l’échéance municipale du mois de mars.   

    Gageons que le chef de l’Etat, plus prudent, préconisera après la phase de concertation avec les partenaires sociaux, le passage par la loi et donc le débat au Parlement. Ce qui, plus encore, conduira François Fillon aux avant poste puisque Premier ministre, c’est lui qui est responsable devant la représentation nationale.

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