FONCTIONNAIRES : LE DISCOURS RATE

Publié le par blog-pl-seguillon

  

   Les discours du chef de l’Etat se suivent et ne se ressemblent pas !

     Nicolas Sarkozy a prononcé hier un discours construit, cohérent et précis pour présenter aux journalistes de l’Actualité sociale son «  nouveau contrat social ». C’est un propos flou, inutilement injuste et du même coup dangereux qu’il a tenu aujourd’hui devant de jeunes fonctionnaires au motif de lancer « Un nouveau pacte de la Fonction publique ».

   Après avoir longuement et lourdement flatté les fonctionnaires, le chef de l’ Etat a noirci de manière profondément injuste la Fonction publique omettant à dessein tous les efforts accomplis depuis plusieurs années en son sein pour en moderniser le fonctionnement. Pas un mot du  remarquable travail d’Alain Lambert et Didier Migaud avec la LOLF, la loi organique relative aux lois de finances qui instaure une gestion plus démocratique et plus efficace des dépenses publiques. Pas une allusion au travail accompli par Eric Woerth quand celui-ci était ministre de la réforme de l’Etat. Pas une référence aux efforts accomplis  par Jean-François Copé au ministère du Budget pour transformer les pratiques de la Fonction publique.

Une curieuse ignorance de la manière dont les grandes directions de l’Administration ont mouillé leurs chemises depuis des mois pour améliorer le service rendu au public, rationaliser la dépense, être plus économes de moyens et mieux gérer les ressources humaines.

   Les pistes avancées par le chef de l’Etat sont celles-là même qui sont au cœur de la réforme de l’Etat initiée depuis plusieurs années déjà : mobilité, seconde carrière, évaluation, individualisation des rémunération…

   Cette curieuse amnésie, - vexante pour les fonctionnaires,  le manque d’originalité des propositions formulées, hormis la répétition de ne remplacer à terme qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et l’insistance mise par le chef de l’Etat sur la nécessité de cesser de gérer des statuts… tout cela a de fortes chances  d’être ressentis par les fonctionnaires comme un coup de Jarnac : une volonté de noircir de façon indue l’état de la Fonction publique pour  mieux  légitimer une remise en cause du statut de la Fonction publique.

   Du moins est-ce ainsi que les organisations syndicales ont interprété et reçu ce discours.

  

 

 

 

 

 

 

 

 

  

  

 

 

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Evain 22/09/2007 22:17



 



Mr Seguillon,



 



Je viens de terminer une carrière de 30 ans au sein d’une administration centrale dans différents postes de responsabilité. Le long commentaire que j’ai à faire en réponse au votre s’applique donc exclusivement au fonctionnement des Administrations centrales et non aux autres secteurs (hôpitaux, écoles,collectivités territoriales, …) dont je ne connais pas le fonctionnement interne.



 



Je ne suis pas du tout d’accord avec vous, cher Mr Séguillon. Les grandes lignes du projet de Sarkozy répondent pleinement à mon analyse critique sur le fonctionnement des administrations centrales et me rassure sur l’avenir de la fonction Publique si ces orientations sont adoptées. Et comment oser dire qu’il n’y a pas d’originalité dans un projet qui tourne le dos à toutes les mesures prises jusqu’à ce jour ? C’est au contraire un projet de modernisation original contrairement à tous ceux que j’ai vu défiler au cours des 10 dernières années et qui nous ont fait perdre beaucoup de temps pour rien.



 



La bureaucratie étouffe notre pays pour une raison simple : il y a trop de fonctionnaires dans les administrations centrales qui multiplient les procédures pour justifier leur existence. Il faut commencer par le haut et j’ai apprécié, Oh Combien !, l’objectif de Sarkozy de diviser par deux le nombre de Directeurs. J’ai vu dans mon Ministère, au moment où l’on parlait de « Modernisation de la Fonction Publique » une note interne qui avouait que tel ou tel service pourrait être supprimé sans problème, mais que cela mettrait un agent de Cat A de plus dans ce que l’on appelait le cimetière des éléphants (un couloir entier ou des cadres fonctionnaires attendent une mission pendant des mois, voire des années). On comprend dans ces conditions que le discours de Sarkozy n’ait pas été accueilli favorablement par nos jeunes énarques.



 



Dans ma carrière, je n’ai cessé de constater le nombre de services ou d’équipes au sein de ces services qui font le même travail ou qui se contrôlent mutuellement dans l’application d’une procédure. Non seulement ça n’améliore pas le Service Public, mais ça le dégrade, car cela constitue une déresponsabilisation totale des agents concernés.



 



Il est là le problème. L’Administration ne sait pas responsabiliser les fonctionnaires et il faut reconnaître que leur statut, avec cette protection de l’emploi à vie, ne facilite pas les choses. Alors, quel bonheur quand j’entends Sarkozy dire qu’il faut arrêter de ne recruter que des fonctionnaires et que nos jeunes peuvent avoir envie de travailler dans la Fonction Publique sans être obligé de passer des concours idiots et inadaptés au besoin (on recrute des Bacs + 5 pour effectuer un travail de Cat C type Secrétariat ou Archiviste). Comment motiver un agent dans ces conditions ?

Enfin on va interrompre ce consensus entre les dirigeants de la Fonction Publique et les Syndicats non représentatifs qui ne cessent depuis des dizaines d’années de chercher à supprimer tout recrutement de contractuel.

Enfin, on va créer une vraie compétitivité entre des agents contractuels en CDI qui auront l’ambition de réussir dans leur métier afin d’être rémunérés en conséquence et grimper dans la hiérarchie, alors qu’aujourd’hui les quelques rares contractuels sont systématiquement recrutés en CDD (sur 3 ans maximum), n’ont aucun accès aux postes de responsabilité et sont totalement méprisés par les agents fonctionnaires.



 



Bravo avec l’idée d’aérer la Fonction Publique en proposant à ceux qui le souhaitent de démissionner avec un pécule pour repartir dans une autre vie professionnelle avec une autre ambition que celle qui est la leur dans cette administration complètement sclérosée. Et j’ai connu, dans ma carrière, beaucoup de fonctionnaires qui auraient été heureux  de profiter d’une telle mesure. Elle donnera évidemment la possibilité à nombre d’agents de monter dans la hiérarchie grâce aux trous générés par les départs. Elle permettra aussi de recruter des jeunes sous statut de fonctionnaire ou contractuel.

En bref, cela permettra en même temps de dynamiser les ressources humaines des Ministères et de diminuer les effectifs, donc de réduire les coûts de fonctionnement qui sont devenus prohibitifs, et tout cela en améliorant le service public.



 



Enfin, on parle avec des trémolos dans la voix de cette réforme de la LOLF. Je rappelle que l’objectif de cette loi est de responsabiliser les services, et plus particulièrement les Directeurs et chefs de service qui les dirigent, en les obligeant à définir chaque année les objectifs de leur service, les moyens pour les atteindre et les indicateurs pour vérifier que ces objectifs sont satisfaits. Avant que cette brillante loi soit mise en œuvre, j’ai demandé aux grands responsables de Bercy ce qui était prévu pour récompenser ou pénaliser les dirigeants qui rempliraient leur objectif ou au contraire ne le réaliseraient pas, on m’a répondu que cette question n’avait toujours pas trouvé de réponse. Et je peux vous dire que cette question ne sera pas réglée de si tôt avec le statut actuel de la Fonction Publique.



 



Autant dire que, là encore, tant que l’on aura pas mis en place les outils permettant de responsabiliser les agents de l’état, et ça commence par le haut, cette loi ne changera pas grand-chose dans l’efficacité de la fonction Publique. D’ailleurs depuis deux ans qu’elle est active, personne n’a constaté d’amélioration du Budget de l’Etat.



 



Voila, cher Pierre Luc Séguillon, j’ai été long, mais il fallait que j’apporte ce témoignage. Sarkozy s’est intéressé à l’individu qui travaille dans la Fonction Publique en lui proposant d’être plus responsable, plus efficace, mieux rémunéré et en l’encourageant à ne pas sacrifier toute sa carrière aux 40 ans de tranquillité derrière un bureau. Il était temps que la langue de bois cesse et qu’enfin on affronte les vrais problèmes de l’Administration Française.

charles 21/09/2007 12:33

Cher(e) Pat,Je me suis toujours à peu près débrouillé en maths et l'analyse financière et comptable constitue une partie importante de mon métier.Un rapport de la fin des années 90 (je ne me rappelle plus le nom de son auteur) estimait après analyse détaillée et après comparaison avec les autres grands pays de l'OCDE que les surreffectifs de la  fonction publique française avoisinaient le chiffre de 500.000 postes. Le gouvernement de l'époque (celui de Juppé ou celui de Jospin) s'est empressé d'enterrer ce rapport avec la lâcheté et l'irresponsabilité qui ont caractérisé tous les gouvernements depuis 30 ans. Non seulement les effectifs de la fonction publique n'ont pas été réduits depuis la parution de ce rapport mais ils ont même continué à augmenter significativement (notamment à cause de la fonction publique territoriale). Ceci est d'autant plus scandaleux que se développait dans le même temps une informatisation accélérée de l'administration qui aurait dû conduire à une rationalisation des postes de fonctionnaires.Tout ceci pour te confirmer que la suppression nécessaire de plusieurs centaines de milliers de postes de fonctionnaires dégageront effectivement les marges de manoeuvre permettant une forte revalorisation des salaires du public et le remboursement progressif de la dette. Je fais juste une petite parenthése pour rappeler quand même que les salaires du public sont déjà supérieurs en moyenne à ceux du privé depuis plus de 10 ans.Dans la mesure où tu me parais intelligent(e) et sensé(e), je pense que tu m'épargneras l'argument inepte de la menace de suppression de postes d'infirmières ou de sureffectifs d'élèves par classe. Les administrations centrales surdimensionnées, la superposition de strates administratives à tous les niveaux, le manque d'organisation généralisé sont autant de facteurs ayant conduit à créer des centaines de milliers de postes inutiles. Il n'y a nul besoin de réduire le nombre d'infirmières ou d'augmenter le nombre d'élèves par classe pour réduire drastiquement les effectifs du secteur public. Nos voisins européens en apportent d'ailleurs la preuve irréfutable (par exemple en Allemagne, la proportion de fonctionnaires est inférieure de 10% à celle de la France et ce pays est pourtant très correctement administré).

palloporo 20/09/2007 23:42

Les discours du chef de l'Etat se suivent mais ils ne se ressemblent pas. C'est ce que vous dites, M. JLS, ce mercredi dans votre analyse sur la fonction publique. Hier, mardi 18, dans "les trois défis" vous écrivez: "le propos présidentiel est à la fois équilibré et déterminé, prudent et volontaire". A ces trois défis vous leur opposez trois difficultés dont "le décalage entre le temps social et le temps politique" me parait le précurseur des suivants (les syndicats demandent du temps pour discuter de tous ces chantiers....). Les syndicats en ont eu du temps pour plancher sur les dossiers de tous ces chantiers. Que en ont-ils fait? Depuis la réforme Fillon sous le gouvernement de M. Raffarin, ils connaissaient les dossiers et savaient que la réforme proposée n'était que le prologue à une réforme en profondeur des régimes speciaux et par le fait même, du code du travail. A cette analyse quasi élogieuse suit une décevante interprétation du discours présidentiel sur la fonction publique. Personnellement je trouve (ce n'est que mon avis, je ne prétends pas le titre d'analiste) que ses discours ont un lien évident, celui d'expliquer sa mise en application, par les diverses réformes annoncées,, du contenu énoncé dans le programme électoral du candidat Sarkozy. Le Président Sarkozy dans ses discours, que vous dites sans aucune ressemblance, ne fait que répeter la même chose, avec des mots differents, dont l'épilogue est d'avance bien connu: Maintenir ses promesses électorales! Que cela n'en déplaise aux antisarkozystes doctrinaux et aux syndicalistes qui du NIET leur credo.

Augustine 20/09/2007 17:50

  "Du moins est-ce ainsi que les organisations syndicales ont interprété et reçu ce discours".Ah bon, pas vous ! Me voilà rassurée.

Décidément, avant que les mentalités changent vraiment dans les rédactions, et toutes les rédactions, il y a du boulot !!

Comme le dirait un ami : "on n'a pas le...derrière sorti des ronces" !

Pat 20/09/2007 17:04

Cher Charles, tu nous parles de realité financiere??? Les maths ne devaient pas etre ton point fort à l'ecole... 20,000 fonctionnaire en moins, payé en moyenne 2500 euros par mois,  et si on tient compte des taxes prof., et des frais d'environnement on double le salaire..2500  multiple par 2 donc, puis par 12 (12 mois) puis par  20 000 , ca fait, en gros 1 milliard de benefices par an! pas de quoi fouetter un chat! quand on sait que la reforme fiscale pour les riches (le fameux plafond de 50%) va couter 12 milliards par an a l'etat, et quand on sait que la dette publique est de 1200 milliards... quand on connait les frais de bouche (sans parlé des frais de vacances de Bush) journaliers de Mr le President, les 500 000 euros depensés a envoyer une lettre totalement inutile de 34 pages aux profs, a faire un conseil des ministres à Strasbourd au lieu de Paris pour 100 000 euros, a faire deplacer Mrs Boutin a Lyon dans un bureau prefabrique pour 200 000 euros.... et j'en passe et des pires. Franchement.... Bref, tu ne trouves pas que le discours de Mr le President  sur les fonctionnaires  soit "legerement" demagogique??????