Fillon le policé: LE VRAI DUR

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            François Fillon persiste : après avoir parlé vendredi de la « situation de faillite » de notre pays, le Premier ministre a souligné aujourd’hui la « situation critique » des Finances publiques, ce qui est une manière de dire la même chose.

            Cette dramatisation volontaire a une triple explication.

           

            C’est d’abord et tout simplement la vérité.  Le constat du Premier ministre est lucide. Si l’Etat, certes,  n’est évidemment pas en situation de cessation de paiement,  ses finances sont néanmoins en très piteux état. Il en est à emprunter pour fonctionner et non pas pour investir. Le diagnostic est connu. Il est confirmé par Jean-Claude Trichet. Chacun en convient. Je n’insiste pas.

         

           En second lieu, les Français sont capables d’entendre cette vérité. C’est du moins la conviction forte de François Fillon. Celle qu’il martèle depuis des mois. Les informer de la réalité de la situation des comptes publiques et des comptes sociaux  est un devoir et le début d’une nécessaire thérapie, estime-t-il.  Certains approuvent la démarche du Premier ministre comme le sénateur Jean Arthuis , d’autres lui reprochent une expression maladroite tels Jean-Pierre Raffarin ou Lionel Jospin.  Ce débat  relève de l’anecdotique.

            Troisièmement, le Premier ministre entend préciser par cette formulation déclinée consciemment et volontairement qu’il refusera tout laxisme  tant dans la gestion des finances de l’Etat que dans la mise en œuvre des réformes. Qu’on ne compte pas sur lui pour manquer de rigueur dans tous les sens du terme ! C’est peut-être l’aspect le plus intéressant et le plus nouveau de ces dernières déclarations.  Apparaît de plus en plus chez François Fillon non seulement la volonté d’affirmer son existence politique mais plus encore la volonté d’affirmer une ligne politique plus ferme et plus dure peut-être que celle défendue à l’Elysée.

          

Souvenons-nous de la sortie de François Fillon sur les régimes spéciaux. « La réforme est prête, avait-il annoncé. Ne manque plus que le signal de Nicolas Sarkozy  ». Sous entendu, s’il y a du retard à l’allumage, la responsabilité en reviendra à l’Elysée. Aujourd’hui, c’est un peu la même démarche. L’Etat est mal en point. Les réformes sont urgentes, notamment celle de la Fonction publique. Il ne faudrait pas en différer la réalisation et perdre trop de temps pour la mener à bien.

           François Fillon semble trouver peu à peu son créneau politique. Celui du vrai dur sous des airs policés tandis que Nicolas Sarkozy   serait plus souple en dépit de son discours provoquant et omniprésent.

     Ce positionnement  peut aujourd’hui paraître complémentaire de celui du chef de l’Etat. Il peut un jour devenir conflictuel !

 

 

 

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guy germano-ligerien 28/09/2007 10:58

il est limpide que les Français "peuvent accepter les vérités" !!! c'est bien pour cela que se manifeste un tel rejet des socialistes, et de leur ideologie fumeuse se traduisant par assistanat, encouragement à la paresse et aux fraudes, et toujours plus de sacrifices demandés aux contribuables et à ceux qui (les pauvres fous ! ...) courageusement travaillent...

en revanche je me demande si un cynique personnage comme copé peut "supporter les vérités" ; car lorsqu'on se persuade que le salaire moyen mensuel est de 4.000 euros, que l'on trouve des stratagemes fallacieux "en cabinet d'affaires" pour grossir ses fins de mois déjà genereuses, pour exploiter judicieusement ses carnets d'adresses enrichis dans les ministeres,  je me dis que ce sinistre personnage (à l'instar de tant d'autres, à gauche comme à droite) ne connaît strictement rien aux "vérités" de la société actuelle 

palloporo 27/09/2007 00:19

Persister et signer c'est certifier la crédibilité des propos tenu. La France peut supporter la vérité! C'est une affirmation responsable. Si votre analyse garde son habituelle pertinence, "le policé" c'est pour moi bizarroïde. Mais bon! Dans votre premier point tout est dit en un mot: Vérité. N'insistons pas. En second lieu M. Fillon est convencu que la France peut supporter la vérité (titre de son livre), et il le martèle depuis des mois afin d'être entendu. Mais que certains français comprennet cette vérité c'est une autre affaire.Les Politiques qui approuvent ne sont pas très expansifs dans leur déclarations; les Politiques qui contestent disent n'inporte quoi; les Politiques qui parlent de maladresse, généralement des ex Premiers ministre, sont très mal placés pour faire valoir leurs critiques. Même si les sondages nous disent que 75% des personnes interrogées sont d'accord avec M. Fillon sur les réformes, il ne faut pas publier que ce sont les 25% qui vont poser problème. Surtout les 7% de syndiqués, dont les 2,24% cégétistes sont les plus entetés des contestataires. (Date à retenir: 13 octobre 2007) Et troisièmement: "....il refuse tout laxisme tant dans la gestion des finances que dans la mise en place des réformes...."La réforme est prête, elle n'attend que le signal de l'Elysée. Votre conclusion: "Ce positionnement peut aujourd'hui paraître complementaire de celui du chef de l'Etat, il peut un jour devenir conflictuel". M. Séguillon à mon avis ce positionnement, plus que pouvant devenir, il semblerait devenu. Les plus récentes déclarations de M. Fillon, tout en gardant une certaine persistence, elles ne sont plus signées. Et à bien y réfléchir, l'on pourrait y noter un certain fléchissement dans les propos. Lorsque l'on commence par faire référence à l'architecture historique du système en la nommant Compromis, c'est l'aveu si non d'un changement de cap, du moins de légère déviation. Est ce du à des interventions lobbyques? M. le Président de la République assure qu'il n'y aura pas de plan de rigueur. Cette affirmation confirme que M. Fillon n'a pas repris la main. Après le 13 octobre, les français seront-ils toujours 75% à faire confiance au chef de l'Etat si certaines réformes, attendues par le plus grand nombre, sont mises aux oubliettes? Les réponses du chef de l'Etat aux questions de Mme Chabot et de M. PPDA m'avaient pourtant convencu par leur clarté expressive: "Chacun a son temperament, on travaille la main dans la main". "Nous sommes parfaitement interchangeables"". "C'est une équipe soudée". Personnellement j'interprete ainsi ces propos: J'ai formé un gouvernement de représentativité nationale, où tous peuvent s'exprimer et où tous doivent apporter des résultats. Ce gouvernement durera le temps de mon quinquennat, seul les ministres démissionnaires seront remplaces poste pour poste. Pour ma candidature pour un nouveu mandat nous verrons cela à la fin de mon quinquennat. Mais voila, ai-je bien compris et bien interpreté ces propos? En tous cas pour moi, faire un quinquennat avec le même gouvernement c'est aussi rompre avec les mauvaises habitudes du passé de changer de gouvernement tous les deux ans. Cela veut dire aussi faire des économies. Et cela veut dire aussi que, même si M. Sarkozy dit de ne pas vouloir toucher aux Institutions de la Ve République, nous nous dirigeons inévitablement vers le Régime Présidentiel (à la française si l'on veut) avec des élections simultanées du Président de la République et des Députés à l'Assemblée Nationale. Cela est dans la logique du calendrier électoral et aussi pour éviter la cacophonie politicienne des dernières élections.

Foxie 26/09/2007 13:19

Pour ma part, je ne crains pas le conflit, croyant plutôt à une répartition des rôles bien concertée, même si elle n'est -et ne sera- pas exempte de cahots.En tout cas, changer de premier ministre serait destructeur pour la crédibilité de Nicolas Sarkozy côté détermination et volonté de réforme; ce serait de la "chiraquisation" de sa part.

Jeff de Burlats 25/09/2007 23:33

Il y a trois ruptures visibles et audibles depuis l'installation de cette nouvelle équipe de l'exécutif: les mots justes, une proximité réelle et les baffes "virtuelles" pour rattraper 25 années de protectionnisme abusif de ces petits français que l'on caressait dans le sens du poil pour éviter les chutes "dans les sondages. Ces dernières font du bien et les gaulois en redemandent.

Il y a les ruptures méthodologiques: attaque frontale de tous nos problèmes car l'urgence est signalée depuis si longtemps, exploitation des opportunités offertes par le quinquénat dont les échéances poussent lentement mais sûrement vers un régime présidentiel (à la française) et l'ouverture aux talents, aux voix diversifiées du "paysage politico-intello" de la nation.

il y a surtout rupture avec l'ère Mittérand incluant bien-sûr,  "le prolongement pseudo-droitier" des 12 années "Chirac". Si les personnages sont bien de leur époque (surmédiatisés) les individualités cèdent la place à des équipes, des binômes, des "packs" pour faire dans le ton! Les présidences silencieuses, feutrées et recluses dans la tour d'ivoire élyséenne sont définitivement mises au placard. Place à l'action, à l'application d'un plan longuement et patiemment mûri par le binôme SARKOZY / FILLON , dont la cohérence et la cohésion se dévoilent au fil des réformes.

N'en déplaise à ceux-là même qui se plaignaient de l'inertie des 25 dernières années!

phil 25/09/2007 16:45

Nul doute que les rapports ne deviennent conflictuels , peut être pas à court terme mais à moyen terme. Ceci semble "génétiquement" inscrit dans notre constitution. Etait ce voulu par le Général De gaulle lorsqu'il élabora la Vème république afin que se constituent des contre-pouvoirs ? Contre-pouvoirs renforcés par l'élection du Président au suffrage universel. Toujours est-il qu'il semble légitime de penser qu'à l'heure actuelle où les hommes politiques ont tant changé - pression médiatique, peopolisation...- toute entente n'est jamais cordiale, n'a pas de fondement stable et que la moindre difficulté puisse conduire au divorce. Sans doute une réforme institutionnelle s'annonce indispensable pour clarifier une situation qui conduit plus souvent à la confrontation qu'à la collaboration profitable pour le pays. Il faut rééquilibrer (ou plutôt déséquilibrer) les pouvoirs dans un sens ou dans l'autre, au profit du Président ou au profit du Premier Ministre, selon sa vision politique plutot présidentialiste ou parlementariste : mais il est urgent de choisir une voie.