BUDGET 2008: IMPECUNIEUX ET PRESOMPTUEUX

Publié le par blog-pl-seguillon

La loi de Finances 2008 - autrement dit le budget de l’Etat pour l’an prochain tel que présenté aujourd’hui par le gouvernement appelle quatre remarques.

 

C’est un budget qui marque le pas dans la remise en ordre des comptes de la nation.

Le déficit public est réduit de manière infinitésimale. De 2,4% du PIB en 2007, il devrait passer à 2,3%.

La dette demeure quasi inchangée. Elle représentait 64,2% du PIB en 2007. Elle est annoncée à 64% en 2008.

Paradoxalement et globalement les prélèvements obligatoires ne seront réduit que trois dixième de points passant de 44% à 43,7%.

On est loin de la convergence vers l’objectif d’équilibre des finances publiques que nos partenaires de la zone euro sont fixés pour 2010. Il n’est aucune amélioration des ratio lors même que l’on n’est toujours pas entré dans le vif des réformes. Aussi faut-il s’attendre que la Commission  européenne qui exerce une « surveillance continue » sur les comptes français adresse bientôt à Paris une très officielle « recommandation politique ».

 

C’est un budget qui manque quelque peu de sincérité.

Le ministère de l’Economie l’a construit sur une hypothèse de croissance de 2,25% de croissance alors que la grande majorité des économistes tablent sur une fourchette de 1,8 % à 1,9% en 2008 du fait de la dégradation de la conjoncture internationale.

Le gouvernement pris pour valeur de l’euro 1,37 dollar alors que celui-ci est actuellement à 1,41 dollar.

En aucune manière n’ont été anticipés les effets de la crise estivale des prêts hypothécaire à risque qui, selon les experts devraient se traduire selon les experts par une perte de quelque cinq à six dixièmes pour le taux de la croissance mondiale.

 

C’est un budget grevé par le « paquet fiscal », par quoi Nicolas Sarkozy récompense son électorat comme l’avait fait à sa manière François Mitterrand pour le sien en 1981.

Les économistes doutent du « choc de confiance » produit par ce paquet fiscal.

 

Ce dernier favorise pour parties des catégories sociales qui n’en avaient pas le plus urgent besoin.

Ce dernier favorise pour parties des catégories sociales qui n’en avaient pas le plus urgent besoin.

Ce sont l’an prochain plus de dix milliards d’euros de recettes qui feront défaut à l’Etat pour boucler ces fins de mois.

 

C’est un budget qui confirme les propos de François Fillon et infirme le discours présidentiel.

Le Premier ministre n’a pas tort de souligner « l’état critique » des finances publiques. On comprend mieux pourquoi il décrète l’urgence de réformes dont il est convaincu qu’elle ne se feront pas sans douleur.

Les proclamations velléitaires de Nicolas Sarkozy du style «  que la croissance soit à 1,9% ou 2,3% au fond cela ne change pas grand-chose car ce que je veux c’est 3%! » paraissent en revanche bien loin de la réalité de même, peut-être, que sa conviction selon laquelle les réformes pourraient s’accomplir sans grincements ni grippements!

 

Publié dans blogpls

Commenter cet article

Busson 28/09/2007 11:46

Savoir si la croissance sera de 2.25 ou 1.75 % n'est pas vraiment fondamental: 0.5 % sur un PIB de 1800 milliards représentent 9 milliards sur lesquels l'état prélèvera la moitié soit 4.5 milliards.

C'est important mais ce n'est pas ce qui comblera un déficit  de 40 milliards. Il faut enfin et c'est ça qui est fondamental s'attaquer aux réformes de structure qu'ont faites le Canada, la Nouvelle Zélande, les pays Nordiques (nous n'avons pas le pétrole de la Norvège) etc:

palloporo 28/09/2007 09:59

Discuter sur l'élaboration d'un budget d'Etat, juger de sa sincèrité, cela demande une grande connaïssance économique, je laisse les spécialistes s'en occuper. Par contre je peux émettre un avis sur la globalité de votre analyse. De celle-ci je retiens:  A)- "C'est un budget grevé par le paquet fiscal, par quoi Nicolas Sarkozy récompense son électorat comme l'avait fait à sa manière François Mitterrand pour les siens en 1981". Voila une remarque qui devrait amenuiser le discours du PS sur les "cadeaux fiscaux".  B)- C'est un budget qui confirme les propos de François Fillon et infirme le discours présidentiel". Si le Premier ministre n'a pas tort de souligner l'état critique des finances publiques, alors il faut réformer d'urgence même dans la douleur. De toute façon quoi qu'il fasse, il y aura toujours des mécontent; toujours des gens qui demanden à avoir sans jamais penser donner. Le droit est fondamental, le devoir est accessoire. Le fancteur analytique du budget est votre affirmation que celui-ci confirme les propos du Premier ministre et infirme le discours présidentiel. Je pense que pour éviter tout conflit de pensée du couple de l'executif, est que M. le Président de la République tienne compte que son élection est due à son programme électoral et surtout à son "credo":  "Je dis ce que je fait, je ferai ce que je dis"! Une chose est certaine: l'équilibre de n'importe quel budget, du plus petit (familiale) au plus grand (étatique), il ne faut pas dépenser plus de ce que l'on gagne. C'est élémentaire!

kader 27/09/2007 10:19

Si tous les français avaient quelques connaissances en économie ils seraient entrain de pleurer et Sarkozy ne serait pas aussi populaire.Bien que je ne n'apprécie pas l'homme je souhaite tout de même à la France de faire des réformes structurelles très rapidemment car l'histoire des régimes spéciaux n'est qu'une goute d'eau démago ce qu'il faut c'est un nouveau contrat de travail (vite!!!!!), une libéralisation de certains métiers (taxi par ex!!!!!).... mais surtout cette fameuse TVA sociale car celle ci a permis à l'Allemagne de baisser le coût du travail et "d'aller chercher" sa croissance.Merci Pls d'apporter ces informations sur l'économie qui sont je pense les plus importantes en ce moment.

Achille 27/09/2007 09:53

Le Président dit "Tout va bien. Je veux 3% de croissance afin de pouvoir appliquer mes réformes."Le Premier Ministre dit "Ca va mal, le pays est en faillite".Le moins que l'on puisse dire c'est que le discours n'est pas le même .Ce n'est pas la première fois que des "cafouillages" apparaissent entre les propos du Président et des membres du gouvernement; Je pense qu'il est inutile de les rappeler.Tout cela fait un peu désordre et  donne une impression de pilotage à vue en plein brouillard.

Mekil 26/09/2007 23:57

Le paquet fiscal est une aberration economique totale...croire que ces categories de population riches (hormis celles touchees essentiellement par les droits de successsion dont l'explosion est bien souvent dus a la hausse de l'immoblier) vont consommer plus grace a la baisse de leur impot est aberrant.

Pou avoir cotoyer dans mes fonctions des personnes de ce niveau de vie, je peux vous dire qu'au pire ils depenseront a la limite dans des accessoires de vie quotidienne de "luxe" construit dans d'autres pays que le notre : Audi Q7, X5, tele B&O, etc..., autant dire resultat 0 pour la France, ou au mieux ils epargneront cet argent pour le faire fructifier dans des obligations ou des parts de sicav ,la plupart immoblieres,...hors l'immobilier est peu etre source de croissance mais bien mois que la consommation!!!

Bref de la poudre aux yeux et surtout un mesage clair : "ne m'oubliez pas en 2012"...je me demande au vu des dires des ministres, et premier ministre, ces derniers jours (faillite, "tout s'est bien passe a Porto, etc..) si on est bien pilote par des personnes competentes....franchement!!

Je reste heureux ce soir de me retrouver dans les explications d'economistes accueillis ce soir dans l'emission de France 5 "C' dans l'air:"...je commencais a me sentir seul!!