FMI: LE TRIPLE DEFI DE DOMINIQUE STRAUSS-KAHN

Publié le par blog-pl-seguillon

Dominique Strauss Kahn est sans doute ce soir un homme heureux. Sa désignation à la tête du Fonds monétaire international constitue un beau retournement de situation pour celui qui avait fort mal vécu la séquence présidentielle et qui se voyait guère recommencer à guerroyer dans un parti socialiste défait dans l’espoir bien hypothétique d’en être le candidat en 2012. Battu lors des primaires par Ségolène Royal à l’automne 2006,  DSK n’a pas même eu le sentiment d’être considéré et moins encore consulté par la candidate socialiste durant la campagne présidentielle. La victoire de Nicolas Sarkozy le renvoyait dans une opposition qui risquait fort d’être pour lui une fin de carrière tant le PS est mal en point et tant les luttes de clans et de générations y sont âpres.

Jean-Paul Juncker, le Premier ministre luxembourgeois, en suggérant sa candidature au FMI et Nicolas Sarkozy en lui apportant son appui au nom de l’ouverture ont en quelque sorte ressuscité Dominique Strauss Kahn.

Le poste de directeur du FMI lui convient comme un gant. L’homme est talentueux. Il est bon économiste. Il est parfaitement à l’aise dans les milieux internationaux. Il possède un carnet d’adresse prestigieux. Il parle aussi bien l’anglais et l’allemand que le français.

Ce choix comble donc DSK. Il est un sujet de fierté pour la France déjà représentée à la tête de l’OMC par Pascal Lamy ,  de la BCE par Jean Claude Trichet et de  la BERD (la Banque européenne pour la reconstruction et le développement) par Jean Lemière. Ce choix  est aussi une  option heureuse pour le FMI.

La tâche du nouveau directeur promet toutefois d’être particulièrement  rude.

Le FMI est aujourd’hui un organisme international à la fois en perte de vitesse et largement contesté pour ses structures inadaptées à l’évolution du monde.

Le FMI a en effet pour vocation de prêter de l’argent aux pays les plus pauvres et les plus endettés. Mais beaucoup de ces pays, tant en Asie qu’en Amérique du Sud ont depuis longtemps remboursé leurs emprunts et, du fait de leur croissance très rapide  possèdent désormais des réserves financières importantes. Beaucoup de pays émergents préfèrent désormais se tourner vers les très riches nations pétrolières – l’Arabie Saoudite et les émirats  arabes notamment,  pour  financer leurs investissements.

Par ailleurs, obligations « libérales » imposées par  le FMI à ses débiteurs – privatisations, réduction drastique des déficits, dévaluation des monnaies, sont aujourd’hui très largement critiquées, d’aucun estimant que les remèdes de cheval du FMI ont contribué a asphyxier les économies des nations les plus démunies.

Enfin, la gouvernance de cette institution désormais contestée par nombre des pays membres. Son organisation fait la part belle aux pays du Nord et ne tient aucunement compte du poids croissant des pays émergents.  Les droits de vote respectif des nations qui composent le FMI ne correspondent plus en effet à leur influence réelle. C’est ainsi que l’Inde a moins voix au chapitre que la Belgique !

Si Dominique Strauss-Kahn ne veut pas être le directeur général dormant d’une institution en net déclin, il va lui falloir accomplir une œuvre titanesque. Il n’est pas aisé en effet de bouger des institutions internationales où les pesanteurs sont énormes. Or, il va devoir d’urgence en réformer les structures du FMI pour qu’elles redeviennent   authentiquement représentatives, en repenser la stratégie pour que cette organisation  soit réellement au service des peuples  qui en ont le plus besoin et en cibler ses interventions pour qu’elles soient véritablement  efficaces.

Ou bien DSK relève triple défi, ou bien sa désignation à la tête du FMI n’aura été que l’occasion  d’un enterrement doré.

 

 

 

 

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Mekil 01/10/2007 09:31

J'ose croire reellement que DSK a une vision politique de son avaneir mais en gagnant 500 000 $ par an pendant 5 ans tous frais payes, je pense qu'il a surtout vu le bon coup pour ses vieux jours et il n'a pas tord...le PS ne lui aurait jamais fait de place consequente et n'accepte pas ses visions modernes du socialisme a l'anglaise...sachez que c'est surement le meilleur ministre des finances que nous ayons eu!!

Pat 30/09/2007 11:25

DSK et Sarkozy meme combat: ce que veulent nos politicards cest la gloire et le ble, il faut arreter de se leurrer. Gagner 30,000 euros pour presider une commission qui se moque des pays pauvres, n'est ce pas franchement le symbol meme de la gauhe caviard. Je ne sais pas ce qui est pire: un sarkozy qui aime l'argent , la gloire, les premieres pages de journauix, mais qui a au moins de merite de le dire haut et fort (la droite decomplexee comme ils disent), ou un DSK qui pioche dans l'argent publique (affaire de la mnef) , qui lui aussi veut l'argent et la gloire mais fait mine d'etre au contraire modeste gauchiste et grand humanitaire devant l'eternel..... franchement je ne sais pas..

françois xavier 30/09/2007 00:07

e viens de faire des commentaires qui ne sont  pas publiés.POURQUOI ?

françois xavier 29/09/2007 23:49

le FMI dispose de fonds considérablesQuestions :1.- quels sont les pays qui les fournissent 2.- comment est calculée leurs contributions3.- ces fonds sont-ils réellement versés4.- sont-ils placés pour proliférer5.- quelles sont les critères retenues pour obtenir une aide6.- cette aide financière est-elle remborsée7.- et, SI elle ne l'est pas  ??????????????????????????Je pourai continuer, mais déjà si quelqu'un pouvait répondreà quelques questions, nous pourrions tous, ëtre mieux renseignés

Achille 29/09/2007 18:26

"Le



FMI a pour vocation de prêter de l’argent aux pays les plus pauvres et les plus endettés" dit P-L S. On peut s'étonner que ce soit un français qui soit nommé à la tête de cet organisme, même si DSK est un économiste réputé. Le moins que l'on puisse dire est que la France n'est pas un exemple en matière de gestion de sa dette.Si l'on considère, par ailleurs, que les pays émergeants, dont le taux de croissance est sans commune mesure avec le nôtre, n'ont pas droit au chapitre  lors des décisions, je crains fort que le FMI ne devienne bientôt qu'une coquille vide. Bon courage DSK !