MORNE RENTREE PARLEMENTAIRE

Publié le par blog-pl-seguillon

          

 

         

         Morne rentrée parlementaire ! Les élus de l’opposition paraissaient atones. Ceux de la majorité  semblaient amorphes. Il n’y eut point de déchaînement à gauche ; celle-ci s’est contentée du service critique minimum d’une séance de rentrée. La droite n’a pas fait preuve à l’inverse  de beaucoup d’enthousiasme. Elle a applaudi les orateurs du gouvernement à commencer par son chef sans grande vigueur.

            Il est vrai que cette rentrée était quelque peu artificielle puisque les député siègent de fait, en raison de la session extraordinaire depuis le début du mois de septembre.

            Mais les raisons de cette morosité collective sont ailleurs.

            La gauche reste sonnée par la défaite qu’elle a essuyée au printemps dernier et elle est comme asphyxié par l’hyper activisme du nouveau président. Elle manque surtout de leader. François Hollande est sur le départ. Dominique Strauss Kahn est parti vers d’autres cieux. Laurent Fabius attend des jours meilleurs. Et Ségolène Royal qui tente de se refaire une santé a sans doute commis l’erreur de ne pas revenir au parlement, préférant sa présidence de la région Poitou-Charentes .

 

          

  Le plus surprenant demeure néanmoins le vague à l’âme de bon nombre des élus de la majorité.

 

            Ces derniers n’ont toujours pas digéré une ouverture qu’ils continuent à considérer comme le simple débauchage de personnalités en quêtes de portefeuilles ou d’honneurs. Le sentiment de Josselin de Rohan selon lequel « l’œcuménisme a des limites » paraît largement partagé par ses collègues sénateurs et députés. Les avances de Nicolas Sarkozy à Jack Lang et à quelques autres ne font qu’accroître l’agacement de ces élus.

 

            La majorité des députés de l’UMP est par ailleurs opposée à l’idée d’instiller une dose de proportionnelle dans l’élection législative. Or, il soupçonnent Nicolas Sarkozy d’être prêt à concéder cette réforme pour obtenir les deux tiers des voix du parlement pour voter une modification de la Constitution qui lui permettrait de venir s’exprimer devant le parlement.

 

            Mais là ne sont pas les causes essentielles du spleen majoritaire. La vraie raison de ce mauvais moral réside dans la dégradation de la situation économique. Les élus de la majorité savent qu’il y a peu d’espoir que la croissance soit eau rendez-vous de 2008. Ils ont pleinement conscience de la situation critique des comptes publiques et des comptes sociaux et ne sont pas dupes d’un budget 2008 quasi impossible à boucler en l’état. Du même coup certains regrettent que le gouvernement ne se soit pas montré plus intransigeants sur la réduction des déficits donc sur les coupes dans les dépenses. D’aucun se demandent même si Nicolas Sarkozy , au vue de ces difficultés, n’est pas en train – en dépit de ses déclarations volontaristes, de mettre beaucoup d’eau dans le vin des réformes afin de les rendre moins douloureuses voire aussi de les différer dans le temps.

 

            Nicolas Sarkozy qui reçoit demain les parlementaires de l’UMP à l’Elysée va devoir faire appel à toute son habileté pour leur regonfler le moral !

 

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Mekil 05/10/2007 10:33

Tout a fait d'accord, d'abord les gens ayant vote pour NS ne se retrouvent pas en voyant integrer des socialistes de renom dans le gouvernement, mais en plus s'il croit contenter les sympathisants de gauche il se trompe, ces derniers les prennent pour des traitres et n'ont donc plus d'estime pour eux...autant vous dire que Kouchner degringolera dans le palmares des personnalites appreciees par le peuple français la prochaine fois.

Ils nous amene au case pipe et tant mieux..les Français ont besoin d'une claque pour comprendre qu'ils se sont fait avoir sur toute la ligne!!

Cela doit etre amer pour le Nouveau Centre de voter pour un budget desequilibre en 2008, alors qu'ils ont tous fait campagne pour une stabilisation des deficits publics par des budgets d'austerite en suivant Bayrou à l'epoque...hahah...bien fait pour eux..ils seront peut etre deputes mais Maires en 2008 j'en doute!!

palloporo 04/10/2007 19:43

Rentrée Parlementaire et opposition de gauche. Lorsque l'on parle d'opposition de gauche, il conviendrait parler plus logiquement de l'opposition représentée par le PS. En fait c'est ce Parti qui detien " la clé" de l'action du contre pouvoir. Le problème du PS est, que depuis la fin des mandats de M. Mitterrand, il n'a pas été capable de se donner un Chef Résponsable. La lutte des Clans en a même detruite l'idéologie. L'erreur major a été celui de ne pas avoir rénovées ses Instances de suite, après la Présidentielle. Errare humanum est, perseverare diabolicum!

La vague à l'âme de nombre d'élus de la majorité est compréhensible, et après tout légitime. Celle-ci existe aussi chez les électeurs de centre droite qui ont votés M. Sarkozy pour son programme et Sa Rupture d'avec l'immobilisme, dans les réformes institutionnelles attendues par les français, des Gouvernements précédents. Ces électeurs, dont je fait partie, ont donnés une majorité au Président de la République élu afin de mettre en application le programme pour lequel il avait été élu. L'ouverture à l'opposition ne devrait concerner que les Parlementaires, Commissions et autres Institutions, mais pas les Membres du Gouvernement. Les électeurs qui ont votés pour la droite ne l'ont assurement pas fait pour voir M. Lang se réinstaller au Ministère de l'Education Nationale, et encore moins de voir M. Dray entrer au Gouvernement à quel que ce soit le poste. Je ne croix pas non plus qu'il faut concéder à l'opposition l'introduction de la dose de proportionnelle contre l'obtention d'une hypothétique majorité au Congrès. Si la réforme est bonne le Congrès approuvera! Quant à la vrai raison du mauvais moral, elle est du, je pense, à la peur d'affronter les réactions de l'Opinion sur les projets de lois des réformes Institutionnelles.

evelyne44 04/10/2007 13:17

Il faut se souvenir que Sarkozy n'est pas toute l'UMP, qu'il représente même une tendance de l'UMP et qu'il ne s'est imposé que par la grâce des sondages le désignant comme le seul homme capable de remporter la présidentielle. Maintenant que l'élection est passée , que ce n'est plus la peine de faire le cirque pour attirer le chaland, il serait temps que les gens sérieux reprennent les choses en main. L'UMP ne manque pas de gens sérieux,  malheureusement ce ne sont pas forcément les amis de M. Sarkozy.

lucie 03/10/2007 16:09

oui, très morne rentrée. d'une façon collective, nous sommes comme le singe qui est sur un arbre qui n'a plus guère de nourriture et qui vise ce bel arbre, un peu loin pour lui. il hésite car c'est un peu difficile , pense-t-il, pourtant ce serait tellement mieux!

nous sommes comme lui, nous n'avons pas encore pas vraiment rassemblé nos muscles pour sauter, nous sommes encore dans la préparation et cela nous semble long.... si long!

ce qui est nouveau et positif, c'est que de plus en plus de gens s'impatientent et veulent que ça bouge, mais dès qu'on entre dans les détails, quel casse-tête!

et, partageant votre analyse, je me demande si l'opposition ne va pas très vite se situer dans le camp de l'UMP !

Ardente Patience 03/10/2007 11:38

Oops, vous avez oublié de mentionner le parrainages de sans-papiers  à l'Assemblée ce mardi 2 octobre par les maires et les parlementaires avec le soutien de Réseau Education sans frontières :

MARDI 2 OCTOBRE 2007 À 11 h 30

 

À l’invitation de Patrick Braouezec, député de Seine-St-Denis et du Réseau Éducation sans frontières, des familles sans papiers et des jeunes majeurs scolarisés seront parrainés par des parlementaires et des maires mardi 2 octobre dans les locaux de l’Assemblée nationale.

Il s’agira, comme il est devenu de saine tradition dans ce pays depuis quelques années, d’apporter protection et solidarité à des enfants et des parents que les lois toujours plus répressives mettent sous la menace d’une expulsion fracassant leurs vies.

Organisé au moment même où le Sénat aura à débattre du dangereux projet de loi de Brice Hortefeux, ce parrainage prend une importance toute particulière : il témoigne du refus de toute une partie de la société française et de sa représentation parlementaire de se replier sur une prétendue « identité nationale », d’accréditer une politique discriminatoire et violente qui bafoue les droits fondamentaux et les conventions internationales.

Cette cérémonie sera en outre une réponse aux préfets qui, ces dernières semaines, se sont permis de menacer de poursuites des maires qui avaient organisé des parrainages. Curieuse démocratie que celle où les fonctionnaires d’État prétendent placer les élus sous leur tutelle ! Une façon de faire à laquelle les maires des Hauts-de-Seine et de Seine-St-Denis concernés ont répondu « Nous ne sommes pas à vos ordres ! »