TCHAD : NEGLIGENCE ET COMPLAISANCE

Publié le par blog-pl-seguillon

 

 

 

     L’Elysée et le gouvernement s’enferrent dans  l’imbroglio tchadien.

     En amont, l’attitude des autorités françaises n’a pas été très claire dans cette affaire. Yama Rade explique aujourd’hui  qu’elle-même et ses services ont à plusieurs reprises mis en garde les membres de l’ONG française,  l’Arche de Zoé,  et ont cherché à les dissuader de mener au Tchad des opérations dont le caractère illégale et inopportun était évident. Il n’y a pas lieu de mettre en doute la parole de la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme qui dit même  avoir alerter la justice Mais comment expliquer par ailleurs que cette ONG ait bénéficié semble-t-il de l’aide probable des militaires français de la force Epervier et du soutien logistique avéré de l’armée de l’air ?

     Pour tout le moins il y a eu négligence sinon complicité de fait.

     En aval, le comportement de l’Elysée et du gouvernement n’est guère plus reluisant. Que les membres de l’Arche de Zoé se soient comportés en pieds nickelés  exaltés et que leur opération soit en tout point condamnable ne faite guère de doute. Mais il est de tradition que les autorités françaises protègent leurs ressortissants. La règle veut qu’elles  cherchent d’abord à les rapatrier quitte ensuite à ce qu’ils soient jugés, voire condamnés en bonne et due forme par la justice de leur pays s’ils se sont livrés à des actes répréhensibles.

     Or, fait exceptionnel dans l’histoire de notre République, le président et le Premier ministre ont bel et bien lâché ces ressortissants français au motif de ne surtout pas déplaire au président tchadien. Ils ont admis sans réserve l’arrestation, la détention et la mise en examen de citoyens  français au Tchad  afin de ne pas  donner prétexte  à Idriss Déby de s’opposer au déploiement, dans un mois, de l’Eufor, cette force franco-européenne destinée à sécuriser à l’Est du Tchad un couloir pour les réfugiés victimes du conflit du Darfour.  Le président tchadien qui n’est pas un enfant de chœur -  Michèle Alliot-Marie lui a reproché l’an passé de recruter des enfants soldats parmi les réfugiés, instrumentalise en effet cette affaire au demeurant condamnable pour renforcer son régime, régler ses comptes avec la France, et manifester son peu d’enthousiasme pour un déploiement de forces franco européennes qu’il peut néanmoins difficilement refuser. Cela justifiait-t-il que la France acceptât si aisément que ses ressortissants sans doute coupables, fussent abandonnés à la justice d’un régime qui veut en faire les otages d’une politique ?

     Pour tout le moins, il y a là complaisance  sinon collusion.

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kokumbo 04/11/2007 16:48

c'est vrai que  cette affaire tombe mal, dans ce contexte je comprends que le gouvernement réagisse de la sorte, pour les membres de l'association je pense qu'ils seront encore là pour un bon moment le temp les tensions s'appaisent, et le gouvernement pourra négocier leur libération pour le moment je pense que la stratégie adoptée par le gouvernement est la bonne.

geronimo 03/11/2007 20:00

Comme quoi le bon temps des colonies est un substrat culturel en France.

Ailleurs c'est plus chez nous, c'est dur de s'y habituer méme si il reste la bouée de sauvetage de l'ingérence. En général ça rapporte un bon coup de pied au cul avec des présidents qui ne comprennent pas pourquoi. Faudrait demander à Bush.

Monique 03/11/2007 17:35

Pour ceux qui souhaite que les français soient rapatriés en France pour y être jugés, je vous donne une adresse URL ainsi que la teneur du texte associé.

URL de la pétition : http://www.lapetition.be/petition.php?petid=903



Voici le texte écrit par cette personne :

Monsieur le Président, Des Français sont actuellement retenus au Tchad, accusés de trafic d'enfants, accusés même de trafic pédophile voire de trafic d'organes par votre homologue du Tchad. Les informations qui parviennent au grand public sont trop parcellaires pour que nos compatriotes puissent se faire une idée objective de la situation. Ils se posent de nombreuses questions qui restent sans réponse. Il ne s'agit pas ici de prendre parti pour ou contre l'Arche de Zoé, de décider si l'organisation est coupable ou innocente. La seule chose qu'il soit sans doute possible d'affirmer sans grand risque de se tromper est que l'Arche de Zoé n'a pas chercher à nuire à quiconque, bien au contraire - même si les moyens employés sont condamnables. L'Arche de Zoé, dont les actions lors du tsunami qui a ravagé l'Asie ont suscité un concert de louanges, mérite de pouvoir s'exprimer librement lors d'une instruction objective puis d'un jugement sans arrière pensées mercantiles ou politiques. Monsieur le Président, affirmeriez vous sans réserve et sous serment que les conditions d'une instruction juste et d'un procès loyal seront garantis dans un pays comme le Tchad ? C'est pourquoi, Monsieur le Président, nous vous demandons de faire en sorte que les accusés puissent bénéficier pleinement de leurs droits à une défense légitime et à un procès équitable. Nous vous demandons de faire en sorte que nos ressortissants soient rapatriés sur le sol français pour y être jugés et, s'ils sont reconnus coupables, condamnés comme ils le méritent. Merci.

Merci pour eux

Gros 03/11/2007 17:32

Baptiste 81 02/11/2007 16:00

Lorsque vous parlez de négligence voire de complicité de fait de l'armée de l'air Françaisevous portez un jugement qui prouve votre méconnaissance de la façon de vivre dans ces territoires ou l'avionstop commencé aux plus beaux temps de la 20 guerre mondiale se perpétue compte tenu de la pénurie des moyesn de transport collectifs. Dans votre partialité aveuglante il ne vous est même pas venu à l'idée de l'abus de confiance dont ont pu être victimes les équipages habitués à travailler avec des ONG responsables. Ils auraient certainement été plus circonspects s'ils n'avaient été sollicités que pour transporter des marchandises succeptibles de contrebande.

Vous pouvez penser ce que vous voulez des chefs d'état Idriss Deby, Kadafi, Poutine ou Busch ce sont les chefs d'états indépendants et souverains. Les relations coloniales appartiennent au passé .