Sarkozy-Thibault: intérêts croisés

Publié le par blog-pl-seguillon

Nicolas Sarkozy et Bernard Thibault ont tous les deux avantages à ce que le mouvement de grève des cheminots et des agents de la RATP s’achève rapidement. Leurs raisons sont différentes. Mais  leurs intérêts se rejoignent.

 

 

Optiquement, Nicolas Sarkozy doit démontrer qu’il tient bon sauf à se déjuger et à perdre toute autorité pour mener ensuite les autres réformes annoncées. Céder serait compromettre la suite de son quinquennat. Or, la poursuite durable de la grève le conduirait soit à une piteuse défaite soit à une victoire dangereuse. Ecraser, humilier et affaiblir  gravement les partenaires  syndicaux et particulièrement la CGT le priverait pour la suite des  interlocuteurs dont il aura besoin pour négocier les autres réformes qu’il entend mener à bien et tout particulièrement celle, essentielle, de la flexi-sécurité du travail.

 

 

De son côté, Bernard Thibault a tout à redouter d’une prolongation du mouvement de grève. Celle-ci ne peut que lui aliéner l’opinion, couper la CGT des salariés du privé qui perçoivent le débrayage des cheminots comme un mouvement corporatiste. Un tel durcissement aurait en outre pour effet de renforcer l’aile radicale du syndicat au détriment des réformistes. Il hypothéquerait la transformation et le recentrage de la CGT que Bernard Thibault tente de réaliser depuis des années.

 

 

Les deux hommes ont si bien perçu le danger que l’un et l’autre ont fait un geste. Le secrétaire de la CGT qui ne voulait pas entendre parler de négociations dans les entreprises a concédé une discussion régime par régime ce qui revient à admettre qu’elle se fasse entreprise par entreprise à la condition toutefois qu’elle soit tripartite (dirigeant d’entreprise, syndicats, représentant de l’Etat). Le président de la République a accepté cette condition qu’il refusait jusqu’alors.

 

 

Les intérêts conjoints du chef de l’Etat et de Bernard Thibault se heurtent toutefois à l’intransigeance d’une base qui ne se fait guère d’illusion sur les chances qu’elle a de remporter cette bataille mais que contribuent à mobiliser l’érosion de son pouvoir d’achat  et la cherté de la vie.

 

 

Nicolas Sarkozy ne peut guère concéder davantage sinon il donnera l’impression de battre retraite. Bernard Thibault ne peut se couper de sa base sauf à s’isoler, à être démenti et à perdre toute autorité.

 

 

La partie n’est pas aisée. On a cru hier soir qu’elle était porche de la conclusion. Cela est moins certain aujourd’hui. Tout pronostic – à l’heure où nous écrivons ces lignes serait imprudent !

 

 

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Moulond 21/11/2007 16:16

Bonjour une interrogation apres  8 jours de grèves dans les transport. A mon voisin chauffeur à la RATP, je disais hier: - Elle va finir par vous coûter cher cette grève! Ce a    quoi il me répondait -Pas du tout, rien du tout, ca va être décompter sur nos congés, et lorsque je voudrais récupérer ces jours pour partir en vacances, je demanderais un arrêt maladie, alors la grève, on peux la faire encore longtemps.... J'aimerais les directions de la RAPT et de la SNCF expliquent aux usagés qui galèrent depuis 8 jours pourquoi encore de tels avantages.. Merci d'avance. LM

GOUYER MARIE CLAUDE 19/11/2007 15:56

Il est évidemment flagrant que bon nombre de français n'a pas encore compris l'enjeu de cette réforme sur les retraites et pourtant elle est primordiale, incontournable sinon c'est le système lui même qui s'écroule avec, in fine, les générations futures qui ne pourront pas bénéficier de la retraite par répartition. Il y a encore des françaiset je suis surprise de constater BEAUCOUP de français qui ne voientt pas plus loin que le bout de leur nez ou regardent par le petit bout de la lorgnette. Le nombrilisme à outrance. D'abord MOI, mon cher MOI, mon adorable MOI,  et après moi......Eh bien, le déluge !!!!

Allons bon ! Il est vrai que toute réforme demande un effort de solidarité et plus particulièrement celle ci. Le français en général est assis sur ses acquis et surtout "TOUCHE PAS A MES ACQUIS", tu y touches et tu me déstructures, me paniques, m'obsèdes. Mais le monde bouge, les choses ont évoluées, il faut savoir se remettre en question et surtout regarder de temps en temps vers les autres, vers vos enfants ou petits enfants à qui vous laisserez des galères si aujourd'hui vous vous enfermez dans votre égoïsme et votre irresponsabilité. Allons, DEBOUT sur vos deux pieds et avancez. C'est comme un accouchement, le passage est dur mais après on y pense plus.

 

Erick62790 16/11/2007 23:28

Alors que le sujet à la mode dans tous les médias et, en particulier, à la télévision c'est les régimes spéciaux, avec pour tête de Turc les cheminots, qu’en est-il des régimes spéciaux de nos parlementaires ?, pas de cotisations puisque qu'elles sont payées par l'Etat, retraites spectaculaires cumulables avec leurs autres activités... Pourquoi la presse n'en parle pas ? Pourquoi peu de commentaire sur la formidable augmentation du Chef de l'Etat + 172 % (source Le Monde) et non 140 % et enfin pourquoi les hommes et femmes politique de droite prennent toujours, comme argument, que le Président a été élu démocratiquement avec 53 % des inscrits (et non de l'ensemble de la population) pour passer en force ses réformes et dénoncer sur les antennes toutes grèves et manifestations ?, jusqu'à présent les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy ont été élus démocratiquement et cela n'a pas empêché d'avoir des conflits sociaux, alors, pourquoi ceux-ci seraient interdit sous son règne ? Monsieur le Président, ne prenait pas toujours l'opinion, les médias et les sondages pour diriger le pays surtout LCI, Le Figaro et Opinionway dont nous connaissons leur penchant politique... et comme le disait notre ministre de l’économie, la fameuse Christine Lagarde, un peu de marche ou de vélo ne fait de mal à personnes, surtout au Sarkozyste !

evelyne44 16/11/2007 18:08

Ce qui est quand même triste dans la façon dont PLS nous présente les choses et dont je veux bien croire qu'elle est la réalité, c'est que chaune des parties pense d'abord à son intérêt propre alors que chacun devrait penser à l'intérêt de la France dans cette histoire. J'espère qu'un jour enfin, le sens de l'intérêt collectif parviendra à prendre le dessus sur les intérêts corporatistes des syndicats ou les intérêts politiciens des politiques.

jose 16/11/2007 12:02

Je suis très surpris de constater que bon nombre de Français ait cru que Nicolas Sarkozy a encore un pouvoir de décision sur le régime de retraite ( il n'a aucun pouvoir et sur rien d'ailleurs).

 Souvenez-vous de ce qui s'est passé avec le gazoil et les pecheurs.Comme tout pays de l'europe il est fort probable que Bruxelles s'empare du dossier pour régler ces differents.

 La France devra certainement s'aligner avec ses collégues pour trouver une retraite européenne qui sied à tout le monde.

Et oui ! c'est Bruxeles qui décide.