Jacques Chirac mis en examen : gêne et malaise des politiques

Publié le par blog-pl-seguillon

 

 

        

 La mise en examen de Jacques Chirac dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, a suscité, semble-t-il, un vrai malaise dans le personnel politique français. Les réactions des personnalités interrogées à ce sujet en témoignent. Si la plupart renvoient pudiquement à l’action de la justice qu’ils disent ne pas vouloir commenter, les mêmes semblent néanmoins  gênés par une décision de justice qu’ils ne peuvent à la fois qu’applaudir mais aussi regretter.

 

 

         D’un côté, en effet, cette mise en examen exceptionnelle démontre de manière spectaculaire et heureuse que le temps des monarques intouchables est révolu dans notre République et que le prince, tout puissant qu’il ait été, doit rendre des comptes, comme tous les simples citoyens, sur les libertés éventuelles qu’il a prise avec la loi. Ce qui est une bonne chose pour notre vie démocratique.

 

 

         D’un autre côté, cette mise en examen vient bien tard, au regard de faits qui datent d’il y a près de trente années. Elle concerne des pratiques de financement de la vie politique qui ont été comportement courant dans toutes les formations de gauche comme de droite et dont chacun sait qu’elles ont plus ou  moins perduré quelques années encore après que la loi les avaient clairement interdites. Elle altère le souvenir  d’un chef d’Etat français qui pour avoir été très critiqué dans son propre pays a connu une très grande popularité sur la scène internationale. Ce qui n’est pas très bon pour l’image de la France.

 

 

        Enfin, les politiques, qu’ils aient été amis ou adversaires politiques de Jacques Chirac, gardent une sympathie secrète pour l’homme privé, chaleureux et attentif qu’il fut,  et sont au fond peinés que l’ancien président  soit de la sorte humilié par cette mise en examen aujourd’hui et, demain peut-être, par une peine qui, en toute hypothèse, ne pourrait être que symbolique.   

 

 

       Qu’en pensez-vous vous-mêmes ? Cette mise en examen vous paraît-elle d’abord heureuse pour la santé de notre démocratie et pour l’image de notre pays à l’extérieur ? Vous semble-t-elle au contraire  regrettable parce qu’elle discrédite l’ancien chef de l’Etat aux yeux de l’étranger et frappe trop tardivement un homme qui n’a fait que ce que beaucoup d’autres personnalités politiques ont fait durant des décennies : un financement illicite de la vie politique ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

             

 

 

Publié dans blogpls

Commenter cet article

martine 24/11/2007 10:40

Je suis désolée de cette affaire si tardive que l'on connaissait déjà en 1995 (mais appremment il n'y avait pas encore de plainte des militants PS - les dirigeants ne l'auraient pas fait directement puisqu'ils en avaient profité largement) et n'a pas empêché qu'il soit élu 2 fois Président.

Que ce soit répréhensible au regard des lois ACTUELLES est une chose, qu'il soit le seul poursuivi et montré du doigt de cette façon en est une autre. Et les dirigeants des grandes entreprises (publiques ou privées) qui y ont participé, on ne leur demande rien ? 

Si on se souvient de ce qu'était Paris avant lui et qu'on compare avec après on peut se dire que ça valait le coup (je ne parle pas du coût puisque les sommes ont été remboursées).

Et plus de 45 ans au service du pays (je compte la guerre d'Algérie puisque ces petits copains de promo s'étaient tous défilés) mérite tout de même un peu de considération.

Je n'ai voté pour lui qu'en 2002 - mais volontairement et sans regrets - mais je regrette de ne pas l'avoir fait plus tôt (mais il aurait fallu savoir ce que nous avons appris après) et je regrette que les français soient aussi ingrats.

julien cornu 24/11/2007 09:23

Bonjour M. Seguillon,

Valery Giscard d'estain dit un jour de Jacques Chirac "on dirait un enfant qui,alors qu'on vient de le surpendre les mains et le visage plein de confiture, continue de jurer avec aplomb qu'il n'a jamais touché au pot qui se trouve devant lui".

Lorsque mon fils brave un interdit que je lui ai fixé, c'est mon devoir de père de le réprimander : il peut se sentir humilié, cela peut me peiner, mais il est de mon devoir de le faire, car cela va lui permettre de murir, de s'épanouir.

Il en est de-même pour notre président, notre démocratie,notre société. Il peut-être "peinant" d'avoir à mettre en examen notre ancien président, il n'empêche que cela reste le devoir de notre démocratie de le faire. Pour que celle-ci puisse être fière d'elle-même, pour continuer d'assurer la cohésion sociale, et d'estampiller sur tous les frontons de la république "Liberté-Egalité-fraternité".

Et cela n'ôtera en rien l'image positive, que Jacques Chirac a pu, notamment en refusant d'intervenir en Irac, véhiculer sur la scène internationnale.

 

geronimo 23/11/2007 22:12

Chirac a réussi a à faire agrandir l'entrée de son immeuble pour faire passer sa voiture. 

Nos politiques, Chirac en téte, se conduisent comme des prédateurs  et il y en a ras le bol. Peut etre que Sarko y mettra un terme, mais un grand doute me taraude.

A quand les recettes de l'immobilier de nos hommes politiques sur une chaine télé. on ne peut pas faire grand chose mais au moins cessons de nous comporter comme des glands face à eux.

catherine 23/11/2007 18:34

L'argument pour dénoncer cette mise en examen car "d'autres l'ont fait " ne tient pas la route une seconde. Oui d'autres l'ont fait , un peu plus, un peu moins et alors ... En fait , cette mise en examen est peut-être une aubaine pour Chirac. Car finalement les chefs d'accusation sont assez anodins pour une vie d'homme politique.

lucie 23/11/2007 16:02

c'est vrai que je comprends cette sous-teinte, Mr Seguillon!

je suis extrêmement sévère sur le bilan de M.Chirac, mais ce n'est pas le sujet!

je trouve très bien qu'il soit mis en examen, car tous ses lieutenants ont déjà payé alors qu'il en était " le patron" et cela ne correspond pas à ma vision du management. c'est le signe d'une démocratie qui fonctionne.

oui, cela va choquer beaucoup d'étrangers, car il avait une certaine cote, notamment dans les pays arabes en ayant pris la tête du combat anti-Bush. cependant, cela n'aurait pas été moins choquant s'il avait été entendu plus tôt.

maintenant je ne trouverais pas normal qu'il soit mis en examen et que la CGT échappe à la justice dans l'affaire du CE d'EDF par exemple. j'approuve que l'ancien chef de l'Etat ait à s'expliquer devant la justice, mais il ne faut faire aucune exception . sinon, cela changerait le sens de cette décision