Les "indigènes de la nation"

Publié le par blog-pl-seguillon

  

 

   Des affrontements de Villiers-le-Bel, qui ont fait couler beaucoup d’encre et suscité  sur les ondes de nombreux reportages  et débats, on retiendra surtout  une désespérante impression de déjà vu et de déjà entendu. Les mêmes faits produisent les mêmes constats alarmistes des policiers, les mêmes éditoriaux empreints de gravité des journalistes, les mêmes bavardages navrés des politiques, les mêmes analyses pessimistes des sociologues et les mêmes commentaires désabusés des éducateurs. Sitôt le calme revenu, toutefois, une actualité chassant l’autre, chacun retournera à ses préoccupations du moment en attendant qu’une nouvelle étincelle réveille l’incendie dont tout le monde sait pertinemment qu’il continuera de couver dans les quartiers.

 

 

     On sait que l’explosion guette dans les banlieues. Les élus locaux ne cessent de le prédire. Les pouvoirs publics semblent pourtant demeurer sourds à leurs avertissements sitôt qu’ils croient les choses rentrées dans l’ordre.

 

 

     On sait que le déferlement de CRS sur les quartiers difficiles, s’il peut restaurer l’ordre momentanément, ne peut assurer une sécurité durable aux habitants. Bien au contraire, expliquent «  les grands frères »  pour qui ces démonstrations de force ne font qu’accroître l’agressivité des jeunes à l’encontre des policiers. La police de proximité qui avait pour vocation de rassurer et de sanctionner à bon escient a toutefois été supprimée.

 

 

     On sait que tout commence à l’école et dès la petite enfance et tous les pédagogues conviennent que ce sont les professeurs les plus expérimentés que l’on devrait dédier à ces populations en difficultés. L’Education nationale leur envoie néanmoins les enseignants les plus jeunes et les plus fraichement formés.

 

 

     On sait que, plus que d’autres, ces quartiers ont besoin de logements rénovés. Jean-Louis Borloo a élaboré à cet effet un plan logement de grande envergure. Mais les difficultés administratives, le manque de main d’œuvre approprié, font que ces programmes ont pris un grand retard.

 

 

     On sait que le maillage des associations est indispensable pour créer du lien social. Beaucoup de ces associations ont été toutefois privées de subventions.

 

 

     On sait que la clef de l’intégration est l’emploi et qu’il faudrait, pour que le taux de chômage ne soit pas le double dans ces quartiers de ce qu’il est dans le reste de la France, déployer un effort national considérable et continu, durable et soutenu, et dont les résultats devraient sans cesse être soumis à évaluation. Nul ne peut nier que des efforts ont été réalisés depuis deux décennies. Mais ils sont disparates, discontinus, irréguliers quand ils ne sont pas gâchés. Combien de plans pour la ville ont-ils été élaborés depuis que François Mitterrand lança le premier dans les années 80 ? Une bonne dizaine pour tout le moins ! Et combien de ministres se sont-ils  succédé sur ces dossiers depuis vingt ans ? Le compte est impossible !

 

 

     On sait enfin que, par delà toutes les considérations matérielles, le problème essentiel des banlieues dites difficiles est celui de la reconnaissance de ses populations. Les jeunes des quartiers se vivent, selon l’expression de Robert Castel, comme les « indigènes de la nation ». Exilés de l’intérieur,  un pied dans la société, un pied au dehors, ils semblent condamnés, bien que français pour la majorité d’entre eux à porter comme des stigmates leur lointaine origine étrangère et leur condition « héréditaire » d’immigrant. Mais la République qui veut légitimement que soit restauré l’ordre public dans ces banlieues oublie que celui-ci est impossible tant que ne sera pas aussi instauré l’ordre social fondé sur la reconnaissance d’une citoyenneté à part entière.

 

 

     Tout cela est su. Tout cela est connu. Tout cela est répété à satiété à chaque éruption. Et tout cela est malheureusement oublié sitôt la crise passée.

 

 

     Quelques personnalités politiques comme Jean-Louis Borloo ont compris et sont convaincus que ce chantier-là est  prioritaire pour la cohésion même de la nation et pour son avenir. Cette conviction n’est malheureusement pas largement partagée. Du moins tout se passe comme si élus et électeurs se rassuraient à bon compte aussi longtemps que les risques d’incendie demeurent circonscrits aux quartiers  «  indigènes de la nation »

 

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nimeskern 05/12/2007 10:29

j'ai 2 enfants de 18 et 16 ans qui bossent leurs cours le soir, qui bossent pendant les vacances scolaires d'été pour gagner de l'argent honnétement et malgré cela, étant personnellement cadre moyen et ma femme infirmiére, je n'ai pas les moyens de leur acheter plein de vêtements et chaussures de marque  comme sont tous habillés ces jeunes des banlieues qui cassent tout..... question : d'ou vient l'argent et surtout habitués à dormir jusqu'à 14 ou 15h, comment voulez vous qu'ils se lévent à 7.00h pour aller bosser et gagner 1200 € par mois....quant on entend qu'ils revendiquent le droit au travail, il faudrait certainement leur aménager des plages horaires  genre: 16h 18h max et 3 jours par semaine.... et leur donner 3000€ par mois sinon, ils se sentiront exploités.....c'est à mourir de rire et surtout je penses à ma femme qui en ressoit sans arrêt  de nuit dans son service et la façon dont ils traitent le personnel soignant.....à mon avis les problémes sont devant nous  surtout quand on entend les stupidités des services sociaux qui n'arrêtent pas de leur trouver des excuses..... je souhaite bon courage aux pauvres gens terrorisés par cette population qui détruit son cadre de vie sitôt rénové...

jose 02/12/2007 20:57

Au moyen- age on se révoltait quand t- il n'y avait plus de pain, aujourd'hui on se révolte car on craint que la vérité ne soit camouflé par un état policier trop zélé à casser du Mouloude et du Boubakar. Heureusement que la révolte est encore possible sinon l'état se penserait tout permis.

C'est quand meme un comble de voir que la France n'a toujours pas intégré ses Arabes et ses noirs, pourtant ils sont bien de chez nous et meme né ici .On leur préfère des Bledards qui eux ne sont pas intégrés et ne s'intègrerons jamais. La preuve en est que le patron Français préfère embaucher le clandestin plus tot que le jeune de cité avec des papiers en règle.

Mais voila le Français des cités est loin de ressembler à son cousin bledard larbin qui fait plus de 40 heures pour des Français sans scrupule, et c'est ce qui dérange, le jeune de cité lui demande son droit,  il revendique sa place comme citoyen à part entière et c'est normal.

L'algerie française et l'afrique française, en un mot la France des Bledards soumis avec l'accent du pays c'est terminé.

jose 02/12/2007 20:57

Au moyen- age on se révoltait quand t- il n'y avait plus de pain, aujourd'hui on se révolte car on craint que la vérité ne soit camouflé par un état policier trop zélé à casser du Mouloude et du Boubakar. Heureusement que la révolte est encore possible sinon l'état se penserait tout permis.

C'est quand meme un comble de voir que la France n'a toujours pas intégré ses Arabes et ses noirs, pourtant ils sont bien de chez nous et meme né ici .On leur préfère des Bledards qui eux ne sont pas intégrés et ne s'intègrerons jamais. La preuve en est que le patron Français préfère embaucher le clandestin plus tot que le jeune de cité avec des papiers en règle.

Mais voila le Français des cités est loin de ressembler à son cousin bledard larbin qui fait plus de 40 heures pour des Français sans scrupule, et c'est ce qui dérange, le jeune de cité lui demande son droit,  il revendique sa place comme citoyen à part entière et c'est normal.

L'algerie française et l'afrique française, en un mot la France des Bledards soumis avec l'accent du pays c'est terminé.

clio 02/12/2007 13:06

A   BEA

Pourquoi dites-vous à jean charles obeit  à ton maître SARKOSY vous avez dit dans un autre commentaire avoir vôter SARKO et avoir une carte UMP alors chere BEA  vous vous condredisez!!!!et vous savez les artistes comme BEART  BOUQUET BALASKO  etc......que ne feraient-elles pas quand elles sont en manque  de média.  BEA  je vais vous raconter une petite anecdote,mon fils était au lycée dans cette zup,il avait  des copains  maggrehbins ,un jour mon fils m'a demandé de pouvoir recevoir aux week end,un de ses  marocain,(toute en n'étant pas trés chaude)  j'ai discuter avec ce garçon et j'ai accepté,sous plusieurs conditions.J 'ai reçu pendant  2 ans le week end ce garçon chez moi, j'achetais du lait pour lui (nous n'aimons pas le lait)  pour qu'un jour il vienne m'insulter dans mon commerce,DEVANTune  dizaine de personnes et en plus à midi, (grosse pûte  salope vas te faire enc.....)mon fils l'a appeler  aussitot en lui disant si j'avais insulter ta mére comme tu viens de le faire  à la mienne  moi aujourd'hui je serais à l'hôpital, dorénavant ne m'adresse  jamais plus la parole ma mére a étè beaucoup trop gentille avec toi .Celui-ci à voulu revenir vers mon fils  mais TROP c'est TROP quand vous dites  blanc ils pensent  noir  et vis versa !!!!!!!!et  vous!!! arrêtez  la critique . VENEZ  vous faire insulter .EN plus  vous devriez aller  rendre vôtre carte UMP,vous ne la méritez pas .

Michel C. 02/12/2007 10:56

"Indigènes de la nation", le terme est bien trouvé. Comment comprendre le fait que le père d'un des deux garçons ait fait mettre un drapeau français sur la voiture transportant le cercueil de son fils, et qu'ensuite il ait fait "rapatrier" le corps au Maroc? Retour au pays??? Tous ces jeunes délinquants sont-ils français ou étrangers? Profitent-ils des avantages donnés en France en venant siffler la Marseillaise lors d'une rencontre amical de football entre le Maroc et la France?!!!

Je pense très sincèrement que ce sont les parents qui doivent être les premiers enseignants de leurs enfants. On n'a pas le droit de les laisser faire n'importe quoi avec une moto. Et s'ils avaient renversé un enfant, on aurait dit que ce n'était "qu'un accident"... Non! Les parents ont des devoirs. S'ils ne les respectent pas, on doit toucher au porte-monnaie, c'est là que ça fait toujours mal.

Dernière chose, arrêtons de parler des jeunes, mais utilisons plutôt l'expression "certains jeunes voyous" !!!