Sarkozy : le pouvoir d'achat à l'aune du travail

Publié le par blog-pl-seguillon

   Le discours de Nicolas Sarkozy répond a une contrainte – la pauvreté de l’Etat. Il est inspiré par une conviction – l’individualisme libéral.

 

     La pauvreté de l’Etat

     D’emblée, le président de la République a prévenu : «  il n’y a pas d’argent dans les caisses de l’Etat ». On en sait la cause. Le gouvernement a brûlé toutes ses cartouches en consacrant quelques dix milliards à la détaxation et à la défiscalisation des heures supplémentaires ainsi qu’à la suppression des droits de succession et cinq milliards au bouclier fiscal. La croissance n’étant pas au rendez-vous, ces milliards n’ont pas eu l’effet espéré : le choc de confiance promis. Donc, l’Etat ne peut aujourd’hui distribuer ce qu’il n’a pas sauf à jouer une relance de l’économie par un déficit déjà plus important que prévu.

  

La plupart des mesures annoncées hier par Nicolas Sarkozy ne coûteront rien à l’Etat. Pour l’essentiel, l’effort est demandé aux salariés qui doivent travailler plus pour gagner plus, aux entreprises qui devront faire sauter le verrou des trente-cinq heures si elles veulent continuer à bénéficier des allègements de charges et aux propriétaires qui devront se montrer moins exigeants sur les garanties apportées par les locataires.

 

   L’individualisme libéral

 

 

 

Mais le train de mesures supposées améliorer le pouvoir d’achat des Français trouve sa cohérence dans la conviction  individualiste et libérale de la société qui anime le chef de l’Etat. Chacun est responsable de son propre sort et il n’est de meilleur façon de l’améliorer que de travailler toujours davantage. Le rôle de l’Etat se réduit pour l’essentiel à  préserver les chances que chaque citoyen  a de gagner plus  en redoublant d’efforts. Le travail des individus l’emporte sur l’assistance, le mérite sur la solidarité. Les devoirs de l’individu envers le groupe priment les devoirs du groupe envers l’individu. C’est là une rupture profonde avec la philosophie qui a inspiré la vie politique et sociale du pays depuis cinquante ans, que la droite ou que la gauche soient au pouvoir.

 

Le démantèlement progressif des trente-cinq heures qui ouvre la voie, dans un avenir plus ou moins lointain, à un temps de travail fixé par contrat entre l’employeur et le salarié et non plus réglementé par la loi, l’augmentation des revenus des agents de l’Etat qui vient en contrepartie de la réduction de leur nombre et, sans doute à terme, l’évanescence de leur statut, la mise en vente d’une part supplémentaire du capital de l’entreprise publique EDF pour financer l’autonomisation des universités sont autant de mesures qui vont dans le même sens. L’analyse que le chef de l’ Etat a faite des affrontements de Villiers-Le-Bel s’inscrit dans cette optique : primauté au discours sécuritaire à l’encontre de la « « voyoucratie »,  encouragement aux honnêtes gens qui travaillent et réfutation de toute « crise sociale ».

 

Certain se féliciteront de cette rupture, d’autres la déploreront. On remarquera seulement que les mesures énoncées par le chef de l’Etat bénéficieront pour l’essentiel aux salariés jeunes, intégrés, travaillant dans de grandes entreprises. Ceux là pourront monétiser leur RTT, peut-être faire des heures supplémentaires si les circonstances s’y prêtent, débloquer leur fonds de participation à supposer que le cours des actions leur soient favorables et se loger plus aisément. Il n’est pas certain que tous les autres, du chômeur au retraité en passant par les travailleurs précaires et les détenteurs de petits boulots y trouveront leurs compte. Ceux là devront faire preuve de patience en attendant que les réformes promises produisent … croissance et prospérité.

 

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antisarkozyste 22/04/2008 16:12

j'ai trouvé cette pétition pour la déstitution de sarkozy, j'ai signé et je vous invite a signé sur www.antisarkozysme.com

jose 08/12/2007 20:56

Le pouvoir d'achat le citoyen s'en moque , la preuve, les magasins sont bondés. Notre président a été élu pour sa politique sur les immigrés (tous dehors).

 Mais Sarkozi est un idéaliste, et oui l'immigré c'est comme la drogue il est impossible qu'elle ne soit plus, la fameuse loi de l'offre et de la demande. 

Constatez que, notre président courbe l'échine devant le rois du Maroc, Mr Kadhafi, et le président algérien. Et oui quand on veut remplir les caisses et signé des contrats on se doit de la fermé .

Je me réjouis de voir ce Franco-Hongrois la bouclé.

Le travailler plus pour gagner plus? Que le citoyen au chomage accepte déja de travailler. On recrute dans l'hotelerie et le batiment.

roussin pierre 03/12/2007 15:19

re bonjour monsieur sueguillon. je fait partie des 62% des français qui soutiendrons la politique du gouvernement, coute que coute. on attendait un homme comme nicolas depuis degaulle.

Mekil 02/12/2007 20:51

A noter NS a dit une "conne.." la participation dans l'entreprise n'a rien à voir avec le cours des actions de cette dernière désolé!!

Il devrait demander  a Lagarde avant de dire n'importe quoi...discredibilisation directe envers les entrepreneurs français!!

ll 01/12/2007 21:43

"les mesures énoncées par le chef de l’Etat bénéficieront pour l’essentiel aux salariés jeunes, intégrés, travaillant dans de grandes entreprises. Ceux là pourront monétiser leur RTT, peut-être faire des heures supplémentaires si les circonstances s’y prêtent, débloquer leur fonds de participation à supposer que le cours des actions leur soient favorables et se loger plus aisément."



effectivement je confirme pour être par chance dans ce cas de figure.



par contre cela ne change rien pour mon père qui bénéficien d'une toute petite retraite. Rien donc pour les retraités qui ne peuvent plus travailler plus pour gagner plus