Royal: Ma plus belle histoire ce sera vous

Publié le par blog-pl-seguillon

Le livre de Ségolène Royal, « Ma  plus belle histoire c’est vous », est d’abord un récit critique de son aventure présidentielle qui ne peut laisser indifférent.

  

    -  Parce qu’il est empreint de sincérité.

    -  Parce que l’analyse de sa campagne apparaît assez juste.

    -  Parce que l’autocritique y trouve sa place même si elle reste timide.

    -  Parce que ce témoignage de campagne n’est pas dénué d’humour lorsqu’elle conte par le menu le comportement peu coopératif voire hostile de certains de ses camarades socialistes.

 

Sa propre défaite a, selon Ségolène Royal trois raisons essentielles :

 

  1. Un combat déséquilibré avec Nicolas Sarkozy.

     

      L’ancienne candidate explique en effet qu’elle devait affronter un adversaire qui avait un train d’avance, une organisation sans faille, le soutien de l’establishment et l’appui des médias. Elle paraît oublier l’engouement dont elle a bénéficié de la part de la presse durant toute l’année 2006.

      A l’inverse elle avait dans son dos un parti socialiste dont l’état major qui n’acceptait pas sa légitimité et qui était au mieux septique et goguenard et au pire disposé à lui savonner la planche

 

  1. Son insuffisante préparation.

     

            Même si elle ne s’y attarde guère – c’est le point auquel elle attache le moins d’attention, Ségolène Royal convient «  que si elle était préparée beaucoup plus qu’on ne l’a dit, elle l’était sans doute moins qu’il ne l’aurait fallu ». Ce qui n’est sans doute pas faux mais qui aurait mérité que l’auteur s’interrogeât davantage sur son peu de capacité durant la campagne à passer de l’incantation à la proposition.

 

3        Une occasion manquée entre les deux tours.

 

      En l’occurrence le refus de François Bayrou de passer accord avec elle en échange du poste de premier ministre. C’est oublier qu’à l’heure où Ségolène Royal caressait encore l’espoir de remporter le second tour avec le concours du président de l’UDF, ce dernier songeait déjà à 2012.

 

 

Le livre est aussi et surtout l’annonce claire et sans ambiguïté d’une candidature pour 2012. La campagne de 2007 est une expérience dont Ségolène Royal entend tirer partie pour prendre une revanche dans cinq ans. A ceux qui pouvaient encore en douter, elle rappelle que son objectif est de conduire les socialistes la prochaine présidentielle.

 

Et voilà sans doute pourquoi elle s’abstient de reprendre l’antienne à la mode sur la dégénérescence du PS.

Voilà encore pourquoi elle omet à dessin de commenter son putsch manqué sur le PS au soir de la défaite.

         Seulement aujourd’hui comme hier, c’est le projet qui reste faiblard. Il n’y a rien ou si peu d’analyse de la société française. Rien n’est dit ou si peu de ce que devrait être la stratégie et la rénovation idéologique de la gauche.

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lucie 05/12/2007 12:28

c'est toujours la même chose : c'est pas de ma faute, mais celle des autres !!

puissante réflexion, la faute des autres....

non, je n'accepte pas le mot de sincérité. le temps de la campagne, puis de l'après campagne nous a appris, de son propre aveu, qu'elle n'avait pas été sincère . elle espère simplement que les journalistes parlent d'elle et que l'argent rentre dans les caisses.

pour le reste, stratégie  "puissante" que celle qui ne tient que par 2 échecs qui ne dépendent pas d'elle!

Mireille BARRAU-DEVOS 04/12/2007 22:21

"Ma plus belle histoire c'est vous" serait empreinte de sincérité dites vous.

Je n'ai pas lu ce livre et ne le lirai pas.

- Parce qu'au lendemain de la défaite (la sienne) Ségolène Royal nous avouait qu'elle ne croyait pas aux arguments "clés" de sa campagne, (ceux susceptibles de séduire un électorat "crédule" : SMIC 1500euros, 35 heures...) Les enseignants n'ont peut être pas oublié le régime horaire qu'elle leur concoctait en coulisses...

- Parce qu'après s'être targuée maintes fois d'intégrité ... critiquant les compromissions et marchandages de ses adversaires, Madame Royal était elle-même prête à presque toutes les compromissions...

- Parce que je ne pense pas qu'un "compagnon amoureux" soit indispensable pour gagner des élections et gouverner la France. (suis certaine que cette déclaration va émouvoir son nouvel électorat, parmis les gourmands de presse people)

- Et parce que je ne suis point étonnée de lire en conclusion de votre analyse :  "aujourd'hui comme hier, c'est le projet qui reste faiblard..."

Sincères salutations.

 

yves 04/12/2007 18:29

L'analyse de M.Seguillon est etrange : dans l'intoduction  il nous dit que  le livre de  Segolene .Royal  est  empreint de sincerite , justesse  ,d'autocritique ,et d'humour puis ensuite -si j'ai bien compris- il dit plutot le contraire.!...c'est le classique "15 partout la balle au centre "(c'est le cas de le dire).

Etre feministe c'est d'abord avoir le courage de dire la verite a propos des hommes comme des femmes. La verite M.Seguillon ,est que Mme Royal n'a jamais eu ,n'a pas , n'aura jamais l'etoffe et les competences pour etre Presidente de la Republique ,le reste n'est que bavardage inutile.Je sais bien son"histoire" se vend encore un peu alors vous tartinez. Avouez que si elle n'avait pas eu une grosse affaire de coeur et si elle ressemblait a une Pauline Carton (les 2  sont inseparables) il y a lulure qu'elle serait passe a la trappe de la (petite) histoire.

Comme d'autres , je lui reconnais du culot , qui trop souvent tangente voir fait fi du  bon sens et de l'intelligence politique et meme de l'intelligence tout court.

jean-charles neel 04/12/2007 18:01

"L'état-major (du PS) ...était au mieux septique" écrivez-vous.Septique ? Il était donc infecté ...Et Ségo n'aurait alors été qu'un antiseptique, une sorte de désinfectant, façon eau oxygénée...c'est ça ?Vos qualités de journaliste commençaient à pouvoir être sérieusement mises en doute, surtout après votre "interview" (guillemets, car je ne suis pas certain que ce soit le mot qui convienne) de Rachida Dati ...et voilà que vos approximations lexicales apparaissent.Décidément... je suis de plus en plus sceptique devant votre production journalistique PLS ....Meilleures salutations.

jeff de Burlats 04/12/2007 16:58

Il lui aura fallu 6 mois pour coucher sur le papier ce que tout le monde sait depuis Mai dernier: elle a perdu les élections, elle n'était pas à la hauteur, son programme n'était pas cohérent, son équipe n'était pas compétitive, le PS l'a soutenue comme le fut Jospin, c'est à dire à moitié, voir à "Quart". Bref, c'est de sa faute mais surtout celle des autres. Tant qu'aux anecdotes et autres figures de style, elles démontrent une dérive inquiétante de l'essence même de ce qu'est aujourd'hui un projet politique de gauche pour la France: un programme ni fait, ni à faire.

De Jeanne d'Arc à Barbara, en passant par la Vierge Marie, Ségolène Royal nous aura servi une palette culturelle très audacieuse. Elle voulait tour à tour sauver une France en danger devant le grand méchant libéralisme puis incarner l'immaculée conception d'un monde politique aux mains des "tous pourris, tous corrompus" (elle qui comme d'autres avait servi la soupe à Mittérand...) pour enfin maintenant, nous enmener dans le lyrisme plagiaire du chemin de l'espoir.

Désolé, mais elle aura beau tenté d'imiter la défunte artiste et poétesse, elle n'a pas, n'a jamais eu et n'aura jamais la sincérité et la sagesse d'une bien regrettée BARBARA.