L'ordonnance du Docteur Attali

Publié le par blog-pl-seguillon

   Il faut évidement s’appeler Jacques Attali pour croire ou feindre de croire que les 20 mesures phares et les 316 propositions de la Commission qu’il a animée pourront être retenues en totalité,  appliquées et mises en œuvre en l’espace d’une année et produire un point de croissance supplémentaire.

   Et il fallait aussi l’imprudence de Nicolas Sarkozy pour promettre, il y a six mois, lorsqu’il a installé cette commission, de « faire tout ce que proposerait la commission Attali  ».

   Sans doute la président a-t-il dit son accord d’ensemble avec le travail effectué et les propositions formulées. Mais, pour des raisons politiques, il a  d’emblée ce matin écarté deux  propositions majeures: la suppression des départements qui serait certes opportune mais mettrait le feu au monde politique  et le renoncement au principe de précaution qui contredirait brutalement les conclusions du Grenelle de l’environnement.

   Mais il  est évident aussi que l’Etat aura bien du mal a réduire son train de vie dans les proportions souhaitée par Attali. Il est fort probable également qu’il aura grand peine à atteindre l’objectif que lui fixe la commission en matière de logement lors même qu’il n’est même pas capable de tenir les engagements déjà pris par Jean-Louis Borloo l’an passé et  que le gouvernement vient d’accoucher dans le désordre d’un plan banlieue qui n’est point le plan Marshall promis. Le même constat vaut pour le développement souhaité de l’emploi des seniors.

   En revanche, tout ce qui devrait permettre de simplifier la vie des PME, délai de paiement, fiscalité, contrainte administrative pourrait voir le jour assez vite.

 

   Objectivement néanmoins,  ces mesures et surtout la philosophie qui leur donne cohérence sont un réel  facteur de croissance pour autant du moins que nombre d’entre elles seront  ratifiées par les parlementaires et mises pourront être mises en œuvre sans casse sociale.  

 

   Une plus grande liberté donnée aux entreprises, l’ouverture à la concurrence de certaine professions aujourd’hui trop protégées, l’accroissement de la flexi-sécurité pour les salariés, un effort accentué et mieux ciblé sur la recherche et la formation sont incontestablement des mesures qui peuvent permettre de fluidifier la vie économique et donc de favoriser la croissance. L ’opposition en convient timidement. Ségolène, dimanche dernier, a laissé entendre qu’elle pouvait approuver plusieurs de ces mesures.  

 

   Le rapport Attali peut-il du même coup restaurer  la confiance des Français dans la politique économique de Nicolas Sarkozy , une confiance largement entamée selon le baromètre mensuel de l'institut BVA  pour BFM et Les Echos (  plus d'un Français sur deux juge que la politique économique menée par le gouvernement est mauvaise, les opinions négatives ayant progressé de 20 points en quatre mois ) ?

   J’en doute un peu pour trois raisons.

   La première est que les Français, depuis un an, ont entendu beaucoup de discours, beaucoup de promesses et ont vu se mettre en place de nombreuses commissions sans qu’il soit répondu à leur principale  préoccupation : la dégradation de leur pouvoir d’achat dans un contexte économique maussade et inflationniste.  

   La seconde est que l’électorat populaire qui a donné ses suffrages au président Sarkozy n’a sans doute retenu que deux mesures dans la litanie des propositions de Jacques Attali : l’augmentation de la CSG et de la TVA, deux mesures qui ont toute chance d’être appliquées après les municipales. L’opposition en a d’ailleurs fait sur le champ son cheval de bataille.

   La troisième est que les professions protégées et  les petits commerçants réputés plutôt à droite  voient d’un très mauvais oeil déréglementation et libéralisation des prix !

 

 

 

 

  

 

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cricri de kiev 25/01/2008 11:27

On peut aussi ne rien faire .En attendant , aujourd hui , comme chaque jour depuis des annees, la France va emprunter 130 milions d euros pour rembourser les intérets de sa dette.

Expatriez vous vous ferez plein d economies.

Jeff de Burlats 25/01/2008 10:50

Il est évident que jacques Attali a inspiré cette commission de ses certitudes ou doutes que l'on retrouve dans son ouvrage "une brève histoire de l'avenir".

Il y décrit avec pessimisme les deux premières phases qui se succèderont dans l'histoire à venir de notre monde. D'abord, les forces du marché prennent en main la planète, expression du triomphe de l'individualisme, s'imposant comme loi unique dans "l'hyperempire". Puis, le monde basculera dans "l'hyperconflit", sucession de barbaries régressives et de batailles destructrices, opposant pêle-mêle les états, les groupements terroristes, les pirates privés. Si l'humanité n'a pas disparu alors, reviendra le temps de "l'hyperdémocratie" troisième phase (optimiste), planétaire, nouvel espace de responsabilité, de dignité, de dépassement, de respect de l'autre.  

Ces projections expliquent peut-être le courant "libérateur et libéralisateur" de l'économie, quitte à sacrifier le "petit commerce" ainsi que la préparation spirituelle des générations futures à l'apréhension universelle de l'avenir.

Pour ce qui concerne le devenir de ces propositions, le débat politique doit prévaloir et se poursuivre. C'est une nouvelle occasion que nous donne le Président et cette commission de débattre également dans tout forum "citoyen" de l'entreprise, à la famille ou même dans les lycées, sur le pays que nous voulons transmettre aux générations futures.

J'attends de pouvoir acheter le livret sur le rapport de la commission en espérant que les médias à notre disposition, mais aussi les instutions nous donnerons l'occasion d'échanger nos points de vue. C'est là, une forme de rupture dans le fil de ces "Grenelle".

Tant qu'à l'exploitation politicienne de l'affaire, les français sont trop habitués maintenant aux commentaires convenus des "pros" et des "anti". Pour l'heure, le français "laborieux et industrieux" attend, les résultats tangibles... mais jusqu'à quand?

Claude 24/01/2008 21:29

Chère Béa,

Je suis un Claude masculin. Je suis centriste. J'aime bien ce que fait Sarkozy en général mais pas toujours tout. Je ne pratique jamais (presque) la critique stérile et je cherche en tout ce qui est bon mais je n'hésite pas à dire ce que je pense mauvais. Et je laisse le soin aux autres de m'en faire reproche puisque l'on tire toujours quelque chose de bon à l'avis des autres même des reproches et même quand je les trouve injustes.

J'apprécie aussi Jacques Attali simplement parce qu'il a des qualités remarquables comme historien et, surtout car c'est ma formation initiale, comme économiste. Je le pratique depuis ses débuts. Je ne partage pas toutes ses analyses, loin s'en faut mais il est respectable et, au moins en ce qui me concerne, respecté.

Ceci ne m'empêche pas de dire ce que je pense de son égo sans le dire comme vous le faites ici. J'ai été choqué pas seulement pour les propos blessants à l'égard de Raffarin mais pour tous ses propos blessants. J'ai posté un commentaire que vous n'avez sans doute pas lu sur la page où son intervention choquante est relatée. Pour vous éviter d'aller le rechercher en voici sa copie :

"le 24/01/2008 à 12h16 - Je suis un lecteur assidu et très ancien (1973) de Jacques Attali et j'apprécie beaucoup sa culture d'historien et ses idées d'économiste moderne. Je ne savais pas qu'il s'abonnait à la culture ambiante de gauche qui consiste à employer plus de phrases assassines que d'arguments rationnels. C'est dommage. Le crédit ordinaire que l'on accorde aux experts est qu'ils n'utilisent généralement pas la démagogie verbeuse qui les ferait ressembler aux hommes politiques dont ils contestent, à tort, l'intelligence alors qu'ils ne devraient leur contester que des arrières pensées électoralistes. Pour le paraphraser, si je n'avais pas su qui parlait j'aurai cru que c'était Hollande qui critiquait Sarkozy sur le terrain des apparences faciles à travestir plutôt que sur celui des idées. Le rapport de Jacques Attali est plein de bon sens qu'il ne vienne pas le gâcher par de mauvais reflexes empruntés à l'actuelle gauche française.Claude, Richebourg "

Au plaisir de vous lire.

Bonne soirée,Salutations distinguées,Claude

 

Bea 24/01/2008 13:28

Chere Claude, testons votre cohérence interne: Vous etes un pro Sarkoziste confirmé et épanoui, fier de l'etre, donc si Sarkozy aime vous aimez aveuglement, point barré (cest dailleurs un effet de mode, à l'image des Sarkozettes Moreno, Rama Yade et autres..) :  je vous qualifierais donc de sarkozette chere Claude (ou peut etre "cher", pardon...)

Enfin, bref, donc si Sarko aime le rapport d'Attali, vous aimez! Probleme, chere Claude: Attali vient d'insulter méchamment en publique  Mr Raffarin, aujourdhui meme, car ce dernier était contre la moitié des 316 reformes ! Alors allez vous insulter Raffarin egalement, meme si celui-ci a soutenu pleinement Sarkozy..... une petite question philosophique pour vous mettre en forme, chere Claude....

 

evelyne44 24/01/2008 13:14

J'espère que cette fois Sarkozy ne changera pas d'avis dans 15 jours ! Beaucoup des réformes proposées s'imposent, nos voisins sont beaucoup plus avancés que nous dans cette voie, si on ne les met pas en oeuvre assez vite, nous allons souffrir encore plus de la dépression mondiale qui s'annonce. Cependant, le rapport insiste bien sur la nécessité de réduire le train de vie de l'Etat. Le gouvernement est-il prêt à le faire ? Beaucoup de mesures comme le note PLS vont heurter son propre électorat. Aura-t-il le courage de passer outre ? Beaucoup vont heurter des habitudes établies (comme les mesures dans l'éducation qui à mon avis sont excellentes et permetttraient de sortir l'EN de sa torpeur)  Là encore, il faudra de la détermination. C'est le vrai test de la volonté de rupture de Sarkozy. On va voir si c'est une rupture seulement de façade ou s'il est disposé à vraiment opérer une vraie rupture pour moderniser la France.

Par contre, je n'ai pas du tout aimé l'intervention d'Attali dans la video qui est sur le site de LCI (Attali allume Raffarin...) Il y montre beaucoup de suffisance et de mépris. Passe encore pour le jugement sur Raffarin, mais le député UMP qui critique la république des experts qui prend la place des élus pose tout de même un vrai problème et mérite mieux que d'être traité d'imbécile. Les réformes à faire sont dures, elles demandent des sacrifices et l'art du gouvernement c'est de capter le consensus des gens pour mettre en oeuvre ces réformes. La politique, ce n'est pas un problème de maths où quand on a la bonne réponse, il suffit de l'appliquer. En politique, en plus d'avoir la bonne réponse, il faut avoir le consentement des gens pour la mettre en oeuvre (et là aussi, j'ai une petite inquiétude car Sarkozy est en train de capter le consensus populaire, mais contre lui plutôt qu'en sa faveur, ce qui pourrait nuire aux réformes en cours). Idem pour la remarque de Bayrou qui est taxé de Le Pen. Tout d'abord, Le Pen sur le fond ne pose pas que des problèmes idiots, même s'il donne des réponses simplistes. Et ça me paraît assez juste la remarque de Bayrou que relancer l'immigration va poser des problèmes sociaux de cohabitation. Il serait peut être plus intelligent de revaloriser les métiers désaffectées par les Français en les couplant avec des formations qui permettraient d'évoluer. Beaucoup de gens hésitent à rentrer dans le bâtiment ou la restauration car ils savent qu'une fois ce choix fait, ils n'auront plus le temps de faire une autre formation et de pouvoir trouver un travail plus intéressant et qu'ils devront toute leur vie rester dans ce poste. Si on encourageait le suivi de formations en même temps que ces types de travaux, il y aurait sans doute plus de Français qui acceperaient pour un temps de les pratiquer et payer un étranger+un français au chômage, ça ne devrait pas coûter plus cher que payer un français en le libérant d'un peu de son temps de travail pour suivre une formation continue.