Société générale : fièvre contagieuse ?

Publié le par blog-pl-seguillon

 

Les dirigeants politiques tremblent à l’idée que l’affaire de la Société générale ne serait que la première bourrasque d’un orage qui pourrait affecter l’ensemble des banques françaises et européennes. Si l’on retient en effet la version donnée par la Société générale et admettre que près de cinq milliards de perte sont dus au seul  jeu erratique et non contrôlé d’un jeune trader, il n’en reste pas moins que la banque de Daniel Bouton ( qui sous d’autres cieux aurait non pas proposé sa démission mais démissionné effectivement sur le champ )  affiche une perte de deux milliards d’euros en raison de la crise des subprime  - ces crédits à risque comprenant les des prêts hypothécaires accordés aux Etats Unis à une clientèle peu solvable. La crainte des politiques est que l’on apprenne bientôt que d’autres établissements financiers connaissent également de fortes pertes,  fut-ce en moindre proportion. Ce qui voudrait dire que les banques ne seraient plus en mesure de prêter de l’argent aux entreprises et ce qui aurait donc pour conséquence d’asphyxier encore davantage une activité économique aujourd’hui plus molle qu’escomptée.

Hier, tout en se voulant à la fois confiant et optimiste, Henri Guaino , le conseiller de Nicolas Sarkozy et ancien commissaire au plan n’avait de cesse d’entrecouper ses propos rassurant de «  évidemment si demain nous nous trouvions devant une crise grave, il faudrait aviser et dans ce cas élaborer une loi de finances rectificatives. Simple propos théorique ? On peut l’espérer sans en être vraiment persuadé !

Publié dans blogpls

Commenter cet article

Claude 29/01/2008 22:04

Chère Evelyne,

Pour la SG, d'accord pour vilipender ceux qui en font trop surtout s'ils n'ont pas la France en charge. Je suis un libéral et je suis donc contre le fait que l'Etat intervienne dans les entreprises. Le problème c'est que pour la SG elle risque fort d'être mangée à une sauce qui ne nous conviendrait pas. Il faut donc que Président en tête nous la soutenions. Pour que les français cessent de nuire à la SG (les journalistes aussi) il faut restaurer la confiance. S'il y a une autre solution que de l'inciter à changer de patron, laquelle ?

D'accord pour Merkel mais il faut admettre que son prédécesseur avait assaini, réformé et investi. Ce que j'échangerai plus volontiers ce sont les socialiste allemands contre les socialistes français. Il est temps qu'ils aient les mêmes problèmes que nous.

Passons pour Bayrou puisqu'a 3 ils font encore une majorité de l'UDF ! Ils ne sont plus que trois (en comptant la chef) parce qu'ils ont raté leur coup.

Cordialement,Claude

evelyne44 29/01/2008 18:32

Cher Claude,

J'ai dû très mal m'exprimer car vous avez conpris le contraire de ce que je voulais laisser entendre !! Ce qui me choque, ce n'est pas tant le flop de la Société Générale, la banque a pris des risques, il y a eu des manquements aux contrôles de règle, elle doit assumer. Ce que je trouve choquant, ce sont toutes les vociférations de nos politiques (tous ! de Besancenot à Sarkozy en passant par Royal !) Depuis quand font-ils partie du conseil d'administration de la société générale pour exiger le départ de son directeur ? Je crois que l'économie française se porterait beaucoup mieux si les politiques essayaient de faciliter la vie des entreprises plutôt que jeter de l'huile sur le feu par pure démagogie quand elles traversent des difficultés.

On ne s'est pas trop compris non plus dans le post sur Leroy. Je vous réponds ici pour éviter de faire un autre post ! Ce que je trouve intéressant c'est que le MoDem permet une recomposition politique qui laisse entrevoir une alternative crédible à Sarkozy par une union MoDem PS parce qu'une union PS-LCR, ce n'est pas crédible. Et dans une démocratie, quelle que soit notre préférence politique personnelle;  il faut une alternative crédible à tout pouvoir, pour le bien même de ceux qui exercent le pouvoir et  qui doivent savoir qu'il y a des limites et le risque de perdre ce pouvoir. De plus, Bayrou n'a pas trahi ses électeurs, l'UDF à sa grande majorité a choisi une nouvelle ligne politique que Bayrou incarne. Si vous êtes, en tant que centriste dans la minorité, c'est regrettable, mais vous raisonnez un peu comme un villepiniste qui dirait que Sarkozy a trahi l'UMP parce qu'il n'est pas en accord avec l'orientation atlantiste de Sarkozy, laquelle, je suppose, a été choisie par l'UMP dans sa majorité et non par la seule volonté de Sarkozy. Ceci dit, je ne suis pas une inconditionnelle de Bayrou, bien qu'il soit moins ridicule que d'autres, je ne suis inconditionnelle de personne d'ailleurs, à part Merkel pour qui j'ai une grande admiration (elle est efficace, humaine, discrète, elle a tout ce qu'il faut à un homme politique parfait selon moi ) et j'enverrais volontiers tous nos politiques en Allemagne pour que les Allemands nous donnent en échange leur chancellière ! "Assainir, Réformer, Investir" c'était son slogan, en respectant le bon ordre.

olivier 29/01/2008 13:50

Je ne sais pas Claude si c'est ce qu'Evelyne voulait dire mais pour ma part je fustige autant l'aspect positif du marché que ses contraintes. Pourquoi ?

Car en toute conscience, quant le système fonctionne, seule une infime partie en bénéficie alors que quand il prend froid, il donne la grippe à beaucoup trop de monde.

Il ne s'agit pas de remettre en cause le capitalisme ou le monde tel qu'il fonctionne, mais l'ingéniérie financière est un monde virtuel type console de jeu, complètement déconnectée pour des milliers de Traders entre autres qui vivent ca comme un jeu (car comment assumer de telles sommes et responsabilités...) et effectivement la mécanique ne correspond pas aux réalités économiques.

De fait comme Evelyne, j'ai beaucoup de mal à avaler les commentaires moralistes des gens qui sont au coeur du système

Claude 29/01/2008 11:04

Bonjour,

Non Evelyne, nous ne nous demandons pas comment le capitalisme pourrait ne pas être financier.

Le vrai capitalisme, celui qui fait marcher l'économie est bien un capitalisme industriel. Ce n'est pas parce que les machines a fondre les microprocesseurs sont dans des salles dépoussiérées qu'elles sont moins "industrielles" qu'un haut-fourneau salissant et polluant. Ces machines coûtent bien plus cher qu'un haut-fourneau

Au contraire du 19e siècle et de la plus grande partie du 20e qui donnaient la primauté au travail, aujourd'hui la primauté revient au capital.

Il n'échappe à personne qu'il n'y a pas si longtemps que ça, pour concevoir et fabriquer un meuble, par exemple, il fallait quatre ou cinq machines à bois ordinaires et beaucoup de main d'oeuvre. Aujourd'hui, il faut un système de CFAO performant et un ensemble de machines automatiques qui relèguent la main d'oeuvre au troisième rang des coûts derrière les amortissements (donc la part du capital) et les matières d'oeuvre.

Comme le mot capital n'est pas très bien compris par la majorité des gens, ceux-ci l'associent à des notions malsaines que n'arrangent pas toutes les dérives et les obscurités qui entourent le capitalisme financier.

Un beau jour (qui pourrait ne pas être si beau que ça), en dehors des services non mécanisables qui vont se développer comme on ne peut pas encore l'imaginer, le travail disparaitra et la production sera dépendante uniquement du capital. Bien sûr la fin du travail n'est pas si proche que ça comme certains illuminés l'ont prédit (pas si illuminés que ça quand on voit le succès de librairie de Jeremy RIFKIN par exemple).

Pour revenir au sujet principal, il ne faut pas noircir la situation. Les commentaires actuels, un peu ici et beaucoup ailleurs, cherchent plus à créer du sensationnel que de l'information objective. Même si d'autres banques, ce qui est possible et même probable, devaient annoncer des pertes liées auxsubprime ce ne serait pas une catastrophe. Même à la générale, la perte liée aux subprime n'est "que de" 2 G€. Cela parait considérable mais cela ne représente qu'un peu plus de 25% (2/7) des bénéfices prévus avant le sinistre dont la SG a été victime. Les résultats de toutes les entreprises sont toujours la résultante de tout ce qui a rapporté du profit et de tout ce qui a coûté une perte. On peut toujours regretter que les profits ne soient pas plus importants et les pertes moins importantes mais quand la balance des deux est de 5 milliards d'euros à la Générale on peut dire que les subprime ont été un épiphénomènes. Le marché américain nous coûte quelques milliards, il nous en a rapporté combien ?

Noircir la situation fait la part belle aux autres places financières qui se frottent les mains devant tant de commentaires inconsidérés qui nous fragilisent. Car si le capitalisme financier n'est pas à assimiler au capitalisme industriel il ne faut pas oublier que c'est l'argent du marché financier qui alimente nos entreprises.

Je vous souhaite une bonne journée, de l'optimisme et de la bonne humeur,cordialement,Claude

evelyne44 28/01/2008 21:16

C'est franchement cocasse d'entendre Sarkozy, Guaino, Besancenot et Royal tenir le même discours contre le capitalisme financier (d'ailleurs, on se demande de nos jours comment un capitalisme pourrait ne pas être financier, le capitalisme industriel, c'était au 19ème). S'il y a eu délit d'initié, il doit être sanctionné, c'est prévu par la loi,  s'il y a eu faute ds gestionnaires, ils doivent assumer et se retirer, mais c'est le jeu. Si une entreprise prend trop de risques mal assumés, elle en paye les conséquences. Si ce jeune trader avait fait gagner 10 milliards à sa banque, tout le monde aurait crié au génie et personne n'aurait vociféré contre le capitalisme financier. Il faut arrêter cette démagogie où tous se mettent à hurler avec les loups. Il y a des règles du jeu dans la finance, elles sont même assez rigides, il y a ceux qui perdent, ceux qui gagnent, il faut s'assurer que les règles soient respectées, mais il faut arrêter de hurler contre les règles chaque fois qu'on perd et de se découvrir une âme anticapitaliste, humaniste et moraliste, surtout quand ça ne colle vraiment pas avec le personnage.