Daniel Bouton : départ programmé ?

Publié le par blog-pl-seguillon

 

 

 

 

 

 

L’attention de tous les médias est focalisée aujourd’hui sur un lampiste : Jérôme Kerviel, jeune trader de deuxième catégorie  aujourd’hui mis en examen, dont on sait qu’avant de faire perdre beaucoup d’argent à la Société générale, il en avait fait également pas mal gagner…  Dont on sait aussi que s’il a dissimulé son jeu à risque, il n’a pas détourné un euro à son profit !

Dans le même temps, la Société générale annonce une perte de 2 milliards d’euros pour cause de crise des subprime.

Dans le même temps encore, l’on apprend qu’un  membre du conseil d'administration de la banque française, a vendu pour 85,7 millions d'euros de titres Société Générale à un prix unitaire de 95, 27 euros,  le 9 janvier, avant l’annonce des pertes qui ont fait chuter le cours de la Société générale ! D’où l’ouverture d’une enquête pour délit d’initié.

 

 

 

Absence de contrôle, pertes en chaîne, singulier  comportement d’un administrateur, comment Daniel Bouton peut-il encore demeurer à son poste ? Son départ n’est-il pas logiquement programmé ? Dans tout autre pays que notre République sa démission n’aurait-elle pas été acceptée sur le champ ?

 

 

 

 

 

 

Que vous en semble ?

 

 

 

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Bea 01/02/2008 10:19

Quand vont appuyer sur le "Bouton" de son siege ejectable a celui-la?

david sestrunj 29/01/2008 13:23

Quant à la responsabilité du dirigeant, dont la mission est d'assurer le crédit de la société à l'égard des tiers, comment ne pas la considérer engagée lorsque les procédures de contrôle, gage de la confiance nécessaire au crédit de la société, se révèlent cruellement défaillantes. Et sur le montant des engagements pris, d'une part; et sur la durée de la défaillance, d'autre part. L'on parle, en effet, d'une dissimulation opérée sur 1 an et demi à deux ans (depuis fin 2005)!

Oserais-je évoquer l'indécence personnelle de D. Bouton, caractérisant un manquement moral profond, lorsque :

- il propose, pour solde de tout compte personnel, de sacrifier 6 mois de son salaire, alors qu'il eût été plus légitime d'attenter à ses stock options;

- il traite et ce, sans vergogne, J. Kerviel de "terroriste", alors même que ses agissement, passivement encouragés par les banques elles-mêmes ainsi qu'en témoigne magistralement cette affaire, sont inhérents et au métier et à la personnalité, largement construite et malicieusement entretenue, des trader; 

- il argue, outrageusement rassurant, des 800 millions d'euros de bénéfices restants, laissant ainsi suggérer la limitation des effets négatifs et pour les actionnaires et pour les clients, alors même que ces pertes constitueront un manque à gagner fiscal,de l'ordre de 1,5 milliard et demi à 2 milliards d'euros, pour l'Etat français, et donc pour le citoyen; et que les rendements des contrats financiers (assurance vie, retraite...) dont les valeurs sont indexées sur les valeurs mobilières SG seront durablement affectés.

david sestrunj 29/01/2008 12:43

Le maintien de D. Bouton à son poste est l'incarnation de la pérennité de l'artistocratie d'Etat française, véritable gangrène de notre pays. Encore une nouvelle illustration de la fameuse exception française!

En effet, comment valablement encourager la liberté d'entreprendre -unique gage de croissance - et son corollaire la responsabilité, lorsque  l'impunité demeure pathologiquement consubstantielle au statut de l'élite?

sempi 29/01/2008 07:42

Comme dit dans cet article:http://news.finance-hq.org/2008/01/reflexions-sur-laffaire-kerviel-faut-il-couper-plus-de-tetes-a-la-sg-4/Je considère que malgré les responsabilités des dirigeants de la Société Générale, on aurait tort d'effacer des années de succès sur une seule faute, sans doute indétectable au plus haut niveau qui plus est. A t on viré Zidane de l'Equipe de France quand parfois il a fauté?

Claude 28/01/2008 23:36

Bonsoir monsieur Séguillon,

Il ne faut pas tout mélanger. Vous ne soulevez pas un problème mais trois, voire quatre.

- Premièrement le gentil petit lampiste comme vous dites, Jérôme Kerviel, que tout le monde a fait passer pour un escroc alors qu'il n'est qu'un petit con vaniteux qui pour se prouver qu'il est plus fort que les autres a joué à un jeu trop fort pour lui avec l'argent des autres. Son enrichissement personnel c'est qu'il a joué à la roulette ou au baccara sans payer la mise.

S'il avait joué dans le cadre de sa mission parfaitement définie avec des enjeux précis il ne risquait qu'une remontrance et son avancement aurait pris un peu de retard. Mais il a profité de sa connaissance acquise dans une autre fonction pour jouer gros. Pour ça il a cassé des codes d’accès et des procédures sophistiquées de sécurité. C’est un pirate informatique. Et si la mode est d’aimer les pirates c’est néanmoins une mode malsaine.

A l'évidence il n'est pas plus difficile, quand on sait créer une position en passant outre tous les contrôles qu'il connaissait bien, de jouer dix, cent mille, un milliard ou cinquante milliards. Tout dépend du nombre de zéros que l'on met aux ordres d'achat. Il était donc seul pour jouer des milliards. Mais c'est comme au casino, gagner donne de l'assurance et si la banque gagnait, il n'y a que lui qui le savait. Pour lui c'est comme si c'était lui qui gagnait. Il devait se sentir fort. Avec l'assurance il a joué plus gros jusqu'au moment où il a perdu. Et alors c'est la course en avant toujours comme au casino.

La justice qualifiera ses fautes. Je crois qu'il y a plus d'un délit mais on verra.

Heureusement que la position a été découverte sinon jusqu'où serait il allé ?

- Deuxièmement il y a les réactions de la banque. Probablement une cellule de crise s'est elle constituée à la va vite. Les autorités bancaires ont été informées dans les délais par les personnes qui avaient en charge de le faire.

Daniel Bouton n'avait pas beaucoup de solutions.  Tokyo, Hong Kong, chutaient pour de toutes autres raisons. Les rédactions ne parlaient que de crack boursier et de récession. L'Europe a suivi l'Extrème Orient, New York était fermé car c'était un lundi férié. Bouton pouvait garder son sang froid . Ce n'était pas facile. Cinq milliards de perdus pouvaient en devenir 10 dès mardi et pourquoi pas 20 ou 30 dans la semaine. Le Mistigri devenait trop cher à garder en main. Alors il vend, très vite et cinq milliards peut être deviennent cinq milliards surement. Dans la semaine les bourses se rétablissent s'il avait attendu il ne perdait qu'un milliard au pire.

95 % des financiers du monde auraient fait comme lui. Mais comme c'est lui le chef il doit assumer une affectation d'un collaborateur qui n'aurait jamais d'être là compte tenu de ce qu'il savait, il doit assumer le manque de contrôles, il doit assumer la mauvaise décision. Il doit démissionner. Ce n'est pas lui qui fait couler le bateau mais son bateau coule et c'est lui le commandant.

- Troisièmement il y a les subprimes. Il n'est pas plus responsable que tous les acteurs de la chaîne des subprime. Deux milliards ce n'est pas très cher payer. Cela fait partie de la règle du jeu quand on peut gagner beaucoup on peut perdre énormément.

- Quatrièmement il y a cet éventuel délit d'initié qui s'il est avéré fera l'objet de sanctions bancaires et de condamnation pénales. Cet éventuel délit d'initié a été rendu possible par l'enchainement de tout ce que l'on a vu du prmièrement au troisièmement. Si j'avais une centaine de millions d'euros de mon entreprise qui allaient être dévalués de 20; 30 ou 40 % et que, administrateur,  j'en étais parfaitement informé, il est possible que peut être je vende aussi et il est certain alors que j'irai en prison pour ça.

La Générale est une entreprise privée et notre République n'a rien à voir avec ça même si les prédateurs qui ne vont pas manquer d'agir vont obliger notre gouvernement à prendre des mesures pour protéger la banque.

Tous les inconscients que l’on peut lire sur les forums,  qui souhaitent la mise à mort de la SG et qui aiment cette idée pour les venger des misères qui leur ont été  infligées, selon eux, par cette banque ou une autre ne se rendent pas compte que plus de misères encore les attendent si la Sté Générale devait couler ou être achetée par un étranger. Les salariés de la banque qui crient vengeance (parce qu'ils gagnent moins que leurs patrons qui en savent et en font bien moins qu'eux, c'est bien connu, tout comme ces profiteurs de traders) risquent plus à perdre leur employeur qu'à le garder même avec des défauts qu'aujourd'hui

Bonne nuit à tous,Cordialement,Claude