Sarkozy: sang froid, agitation et exaspération

Publié le par blog-pl-seguillon

Nicolas Sarkozy apporte trois types de réponse à l’affolement d’une majorité inquiète de la répercussion dans les urnes de la chute de popularité du président de la République.

 

Le président veut d’abord déminer le terrain. C’est la réponse économique, sonnante et trébuchante.

 

Elle est classique. Avant des élections municipales difficiles, le chef de l’Etat  desserre quelque peu les cordons de la bourse : revalorisation anticipée du minimum vieillesse avec une enveloppe de 200 euros et augmentation du point d’indice des fonctionnaires. Concours de l’Etat au sauvetage de l’usine Arcelor Mittal de Gandrange. Hausse des tarifs pour les taxis et remise aux calendes grecques de toute déréglementation de la profession.

 

Le chef de l’Etat entend regonfler le moral de ses troupes . C’est la réponse politique.

 

 

Visites de terrain pour le chef de l’Etat, coaching présidentiel  pour les candidats aux municipales en difficulté et argumentaire valorisant le bilan des 9 mois écoulés.

 

Enfin, Nicolas Sarkozy agite le bâton ! . C’est la réponse disciplinaire

 

Menaces à peine dissimulées à l’encontre des parlementaires qui ont critiqué le style du chef de l’Etat, à l’encontre aussi des ministres coupables de ne pas défendre avec suffisamment d’enthousiasme le bilan gouvernementale, à l’encontre enfin de François Fillon qui laisse les troupes remettre en cause les conseillers élyséens.

 

La réaction élyséenne n’est pourtant pas dénuée de contradictions

 

Comment prétendre conduire une action de long terme et néanmoins  prendre dans une  précipitation électoraliste et brouillonne des mesures au financement incertain ?

Comment vouloir incarner la rupture et la réforme et néanmoins céder au premier mouvement corporatiste venu… comme celui des taxis ?

Au nom de quoi critiquer le manque d’allant des ministres alors qu’ils sont de manière permanente doublés par les conseillers élyséens ?

Pourquoi  s’étonner de la cacophonie gouvernementale quand a été prônée une ouverture sans règles ni contraintes.

 

Le sang froid affiché et revendiqué par Nicolas Sarkozy cache mal une formidable exaspération sans doute accrue par la bonne tenue du Premier ministre dans les sondages.

La reprise en main qu’il annonce pour le lendemain des municipales est sans doute indispensable mais elle passera  aussi nécessairement par une remise en cause du style du président et de son mode de gouvernance.

 

 

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Charline 21/02/2008 11:18

Les municipales, parlons-en! Quel que soit votre parti politique, il ne faut pas oublier que ce sont des élections locales!!! Qu'importe que votre maire soit de gauche ou de droite tant qu'il contribue à vous donner envie de vivre dans votre ville. Plutôt qu'un vote sanction, choisissez un vote "raison": qui sera le meilleur maire? Parce qu'après tout, le but, c'est de vivre heureux dans sa ville et un bon maire peut vous y aider... Ps: merci au site internet de Psychologies (Psychologies.com) d'avoir créé une carte du bonheur où l'on peut voter pour sa ville et dire si elle nous rend peu heureux, un peu heureux ou très heureux.  Un peu de bonheur dans ce monde de tensions électorales!

G3R 10/02/2008 00:22

Quel esprit négatif et de dénigrement les journalistes de LCI font preuves ici ! En effet en faisant défiler la page des thème abordés, voici ce qu'on peut lire comme titres....(peu flatteurs pour notre Président qui se démène pourtant comme aucun autre ne l'a fait avant lui...) : Sarkozy sans froid, agitation, exaspération.... Temps d'élection, temps des largesses..... L'Europe sauvée.. à la sauvette..., Il n'y a qu'un seul titre où notre cher Président n'est pas parti prenant, et bien sûr c'est pour Bayrou... lui il s'en sort bien. Si après cela le lecteur ne voit pas le parti pris politique par ces journalistes, alors la démocratie en France est vraiment en péril.

Lemoine 09/02/2008 23:16

Excellent papier, synthétique et pathétique ! Ces trois réponses grossières du président ressemblent trait pour trait à toutes celles qu'il nous a proposées jusqu'à présent, y compris durant sa campagne... Cela démontre une incapacité totale d'adaptation : lorsqu'on est en échec, c'est qu'il faut trouver une nouvelle manière d'aborder les problèmes. Or il n'y a rien de nouveau dans son propos : des miettes financières pour calmer les esprits, de la politique de bas étage, et une bonne dose de morale paternaliste (celle-là même qui a séduit les Français il y a peu et qui pourrait désormais les agacer). Quand le contexte change, c'est le signe qu'il il faut évoluer, mais il persiste dans son approche hautaine et qui manque singulièrement de clairvoyance.Je suis ravie de lire ces lignes écrites par un journaliste que je considère comme modéré : vous ne vous laissez pas prendre au jeu de l'idolâtrie dominante mais ne sombrez pas pour autant dans le jugement de personne. Des propos directs, argumentés, objectifs et saillants : bravo.

Claude 09/02/2008 00:23

Béa,

Avec la chanson, l'avantage, c'est que ça rapporte gros et que c'est à la portée de tout le monde. Il suffit d'écrire des chansons, de trouver un éditeur, d'enregistrer, de vendre et d'encaisser. Bon courage si ça vous tente.

Pour le reste je trouve le geste élégant et à sa portée. Elle l'a fait et c'est bien. Elle n'était pas obligée.

Bea 08/02/2008 20:41

Merci pour ces precisions Claude, je veux bien les croire... mais offrir 60,000 euros quand on a une fortune de 18 millions cest comme nous si on offrait une piece jaune a un SDF...Bon cest le geste qui compte!  Mais on oublie un peu de dire que toutes les menagères de France et de Navare vont s'arracher le nouvel album de Carla Bruni qui tombe bien, comme par hasard.. Jackpot en perspective!! .....  J'ai hate de voir les paroles de la chanson d'amour hautement intellectuelle  dediée a son cherie Sarko, intituléee  "ma  came"... Cest vrai que Sarkozy est en quelque sorte une drogue: car un bon nombre de jornalistes en sont dépendants, et moi j'en fais une overdose :))