Gauche : euphorie danger

Publié le par blog-pl-seguillon

La gauche et particulièrement le PS ont toutes raisons de se réjouir.

 

Du côté de la majorité, en effet,  tous les clignotants sont au rouge. La cote de popularité du chef de l’Etat est en chute libre. Le fait que François Fillon soit largement au dessus de Nicolas Sarkozy dans les sondages est cause de tension dans le couple exécutif. On ne compte plus les sujets de frictions et les crocs en jambes entre les membres du gouvernement. Elus et dirigeants de l’UMP sont inquiets et n’hésitent plus à critiquer ouvertement le président de la République et son style de gouvernance quand ce n’est pas son mode de vie. Les listes dissidentes aux municipales se multiplient au sein même de la majorité. Neuilly , le fief du chef de l’Etat est le lieu d’une tragi-comédie.

 

A première vue, donc la cause est donc entendue et les élections municipales devraient logiquement être un succès pour la gauche et un fiasco pour la droite. Cela paraît si évident que beaucoup au PS  se laissent gagner par une euphorie qui leur fait oublier les divisions de leur parti, la peine qu’il a à accoucher d’un projet, sa difficulté à se trouver un leader incontesté.

 

Cette euphorie est pourtant dangereuse.

D’abord parce qu’une élection n’est jamais gagnée d’avance. Jusqu’au jour du vote, le vent peut toujours changer . Un événement imprévu, local ou national, est susceptible de changer l’opinion des électeurs.

En second lieu, parce que des municipales, même si les électeurs ne sont pas insensibles au climat national, demeurent des élections locales. La personnalité du maire sortant ou de ses challengers est déterminante. Ajoutons que ces municipales ayant été différée d’un an, les élus en place ont eu davantage de temps pour parfaire et achever leurs réalisations ce qui vaut une prime au sortant. Or, ne l’oublions pas, en 2001, les municipales avaient été globalement favorables à la droite.

Ensuite, parce qu’au soir du vote,  les résultats d’une élection sont interprétés moins au regard du résultat réel que du résultat escompté. Si un triomphe spectaculaire de la gauche est annoncé, un maigre  succès sera vécu comme une défaite pour l’opposition et une victoire pour la majorité.

Enfin, la gauche peut à bon droit redouter – du moins est-ce la crainte exprimée par plusieurs analystes du P.S., qu’un échec de la majorité aux municipales ne conduise Nicolas Sarkozy  à privilégier une forte droitisation du régime voire  une ouverture cette fois vers la droite de la droite.

 

Voilà pourquoi aujourd’hui, plusieurs dirigeants du PS invitent candidats et militants à ne pas vendre prématurément la peau de l’ours et à ne pas céder à  l’ euphorie qu’engendre naturellement la publication de sondages aujourd’hui très favorables à la gauche.

 

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Claude 14/02/2008 19:14

Chère Evelyne,

Je ne sais pas non plus ce qu'est être modérément de gauche. Vous recherchez la quadrature du cercle. Ou on est de gauche ou on est de droite. Etre modérément de gauche cela pourrait vouloir dire que l'on est plus tout à fait de gauche mais que l'on n'est pas encore de droite. C'est centriste ça. Mais alors un centriste c'est de droite avec, par exemple, Gilles de Robien ou de gauche avec Jean-Michel Baylet ? (je connais et aime bien les deux).

Un centriste qui n'est plus tout à fait de gauche et qui n'est pas encore de droite est un centriste du centre. Mais un centriste du centre c'est quoi ? Ca existe ? Non pas encore, il y a trop d'idéologie qui sépare le centre droit et le centre gauche. En un peu caricatural : l'un est libéral (la liberté) l'autre pas (l'économie encadrée, dirigée).

En réalité, chère Evelyne, vous avez bien compris que la gauche française est basée sur des principe qui se veulent généreux en partageant la misère des gens et en revendiquant la richesse des autres et que ça ne peut pas marcher. Je crois que c'est Alceste qui parlait de solidarité. Mais la solidarité de gauche ce n'est pas  dire "je vais travailler plus et partager ce que je vais gagner" mais dire "tu gagnes plus, alors partageons".

Alors il reste la quadrature du cercle, le mariage de Bayrou et de ... et de qui au fait ? A gauche personne n'a les idées de Bayrou (enfin, celle qu'il avait car celles qu'il a actuellement personne ne sait ce qu'elles sont, a droite comme à gauche, puisqu'il se marie avec les deux, plus personne n'a confiance en lui).

Les libéraux du PS ? C'est quoi ça ? Un libéral c'est quelqu'un qui pense que celui qui veut gagner plus est libre de travailler plus. C'est quelqu'un qui accepte la concurrence. Etc. C'est pas de gauche ça. C'est justement ce qui permet de dire que celui qui pense ça est au moins de centre droit (comme moi).

Vous voyez Evelyne, vous aurez beaucoup de mal a être modérément de gauche. Mais commencer à y réfléchir c'est déjà commencer à être centriste. Et là vous aurez encore le choix d'être centriste de gauche ou de droite. Allez, venez, on vous attend... au centre droit.

Cordialement,Claude

PS - N'oubliez pas que le rôle des enseignants, surtout quand il n'y a pas d'assistante sociale, c'est entre beaucoup d'autres choses, de repérer les enfants qui ne mangent pas (ils font semblant de rentrer manger chez eux pour que l'on ne sache pas qu'ils n'ont pas les sous de la cantine) et de les faire prendre en charge discrètement par l'aide sociale qui fonctionne très bien. C'est donc à nous d'être vigilants y compris pour ceux qui arrivent le ventre vide le matin. J'ai trop souvent entendu dire "c'est pas mon boulot, ..." avec des tas de justifications différentes selon les gens et qui ne m'ont jamais convaincu. Quand les parents d'élèves (surtout s'ils sont  professeurs par ailleurs) voient que le repérage par les prof n'a pas fonctionné ils doivent avertir le principal. C'est du civisme, simplement.

Jeff de Burlats 14/02/2008 18:59

C'est le coup des législatives où l'on annonçait une "vague" bleue". La droite a largement gagné, la gauche elle, s'est affichée en vainqueur parcequ'elle avait gagné quelques sièges. Depuis son balcon au soir du 2ème tour des présidentielles, S. Royal avait les attitudes de celle qui venait de gagner: "tous ensemble...".

A gauche, les victoires sont toujours glorieuses et les défaites sont annonciatrices de lendemains prometteurs !!!

Alors, quel que soit le verdict de mars 2008, (si l'est possible et raisonnable d'en faire un au niveau national), tout le monde aura gagné.... C'est ça aussi la France! tous vainqueurs, tous résistants, tous solidaires, tous fraternels !!!

evelyne44 14/02/2008 13:22

Bonjour Alceste,

Etre modérément de gauche, c'est vrai que l'expression est étrange ! Ce que je veux dire c'est que toute une partie de la gauche (y compris au PS) est anti-libérale et n'a pas compris que le libéralisme économique est le seul système qui a démontré sa capacité à créer plus de richesse pour tout le monde, même si c'est inégalement réparti. D'où la tendance continuelle à vouloir pénaliser le succès, à vouloir redistribuer les richesses, tendance qui me semble passéiste. Non pas que je sois en faveur des inégalités, mais parce que c'est une politique contre-productive qui au final apprauvrit tout le monde. Je crois qu'il y a moyen de faire fonctionner le capitalisme de façon à ce qu'il permettre une élévation du niveau de vie, même des plus démunis, mais pour cela il faut des règles du jeu. Par exemple, il est clair que la concurrence dans la grande distribution peut faire baisser les prix et favoriser les consommateurs, mais il faut donner aussi plus de pouvoir aux associations de consommateurs pour veiller à la qualité des produits distribués. Savez vous que dans son essai sur la Richesse des Nations, Adam Smith considère comme normal que les ouvriers se groupent pour faire pression et demander des augmentations de salaires ? Ce n'est pas le capitalisme, c'est la loi Le Chapelier, interdisant les syndicats qui a créé la misère ouvrière du 19ème siècle. Si actuellement le capitalisme semble une machine à broyer lse plus faibles, c'est aussi parce que la législation ne permet pas aux plus faibles de se doter des moyens de résister e d'imposr leur force. Etre "modérement de gauche" ce serait pour moi s'engager en faveur d'une économie de marché qui fonctionne de façon à offrir une véritable égalité des chances aux individus et je pense que ce serait même plus efficace car la marginalisation a un coût non seulement social mais économique. J'aimerais que la gauche soit claire sur son modèle de société, sur son rapport à l'économie de marché. Mais DSK n'a jamais eu le courage de trancher car il ne voulait pas prendre le risque de casser le PS sur lequel il pensait s'appuyer pour être élu en 2007. Son manque d'audace au final ne l'a pas servi (et je ne le regrette guère, par son attentisme, il a empêché une recompostion qui aurait dû se faire depuis déjà des années). J'espère maintenant que les allainces PS MoDem vont clarifier la situation et qu'on aura une fusion des libéraux du PS et du Modem, peu importe guidée par qui. Mais là encore, la guerre des ego risque de bloquer tout espoir, ce qui est terrible car la situation des moins aisés devient catatrophique. Dans le collège de mon fils, il y a des enfants qui ne mangent plus à la cantine, certains qui ne peuvent même plus payer l'abonnement pour venir en tram et pourtant, je suis dans une ville plutôt "riche". Une société dans laquelle un enfant ne peut pas étudier tranquillement est une vraie honte. Je suis comme vous, bien triste de ce qui se passe, parce que derrière l'avidité de pouvoir de quelques individus, il y a des drames humains qu'on laisse à l'abandon.

Alceste 14/02/2008 01:54

En vous lisant, Evelyne, je ne peux m’empêcher de poser une autre question : est-il vraiment possible d’être « modérément » de gauche, ce que tendrait à supposer votre expression ? Qu’est-ce que cela signifierait aujourd’hui ? Si l’on s’en tient au champ des valeurs sur lesquelles fonder l’action politique, le risque est grand qu’une telle sagesse aboutisse, à force de compromis, à un renoncement de fait. Le problème est que le monde semble voué à évoluer dans une totale indifférence à l’égard des « valeurs », par la force des choses, dit-on pour s’en excuser. Je ne vise pas particulièrement ici les valeurs revendiquées historiquement par la gauche, je parle seulement et simplement de ce qu’on appelle des « valeurs », absolues, celles que notre humanisme a si douloureusement mis au monde de siècles en siècles, et qui par nature ne se prêtent ni à quantification, ni à inflexion, celles de notre devise nationale en particulier, et que la gauche justement avait su rassembler, par le passé, dans le mot solidarité. De quelle « liberté » parlons-nous, de quelle « égalité », de quelle « démocratie » même, sinon pour énoncer des platitudes de sophistes ? Nous voyons bien que ceux qui s’y accrochent encore sincèrement s’avèrent impuissants, hélas ! sous le rouleau compresseur de la mondialisation, que les peuples auxquels l’occident devait il n’y a guère encore sa prospérité réclament légitimement leur dû, dans la violence au besoin. Pendant la campagne présidentielle, j’ai personnellement, d’une certaine façon comme vous aujourd’hui, Evelyne, déploré l’ambiguïté du positionnement idéologique du PS, attendant, en « vieux rocardien », qu’on en sorte enfin. Or je continue à craindre que la désignation de la candidate, laquelle au demeurant se trouve apparemment toujours assise à son trop fameux balcon, n’ait définitivement pollué le parti par son populisme primaire, ne trouvant, pour faire « bouger les lignes », qu’à courir derrière le candidat UMP de l’époque. Du reste, elle n’a pas changé d’attitude depuis, malgré la déconfiture où elle a entraîné les siens, au grand désarroi en tout cas de ceux qui comptaient sur elle, les plus faibles d’entre nos concitoyens. Pour tout dire, les ratiocinations sur la « rénovation » de la gauche entendues ici et là me semblent dans ces conditions être de la dernière imposture. Parce qu’elles renvoient aux calendes grecques les réponses attendues par un grand nombre de nos compatriotes, urgentes quant à elles, qu’il s’agisse de la commande sociale d’éducation, du droit à vivre décemment et à progresser, de l’aspiration à mettre au monde des enfants sans angoisse pour leur avenir. La gauche en tête à l’issue des municipales, Monsieur Séguillon ? Et alors ? Une bien amère victoire en vérité. Ensuite, enfin débarrassée de cette épée de Damoclès, comme elle l’est maintenant du périlleux référendum, la droite (on a dit « décomplexée », je crois, mais c’est un point sur lequel il faudrait sans doute revenir au vu de ce qui peut s’écrire), détentrice du pouvoir, pourra légitimement faire ce qu’elle veut, pour le pire ou le meilleur, celui qui dirait le savoir serait un charlatan. Ce que nous savons, c’est que les maux à venir nous sont inconnus. Il y a pourtant peu de chances que nos démagogues, de droite et prétendument de gauche, fassent de cela leur profession de foi.

de la mata jeanpaul 14/02/2008 00:57

C'est loin d'être fait .

Ainsi donc les électeurs voteraient à gauche,laquelle ?

Pas celle qui s'est déshonorée en lèchant mon cher et adoré Sarko pour le plaisir d'être placés à quelques postes ministériels quand même ? : ils sont cuits ceux-là...