Fillon creuse son sillon

Publié le par blog-pl-seguillon

Nous assistons aujourd’hui à une sorte de revanche de François Fillon. On sait que, durant six mois, le Premier ministre a très mal vécu la manière dont il a été considéré et traité par le Président de la République. Il s’empare aujourd’hui  de l’espace que lui offrent la baisse de popularité du chef de l’Etat et, à l’inverse, sa propre ascension dans les sondages pour s’affirmer en acteur incontournable.

            Il le fait avec habileté. Dans l’entretien qu’il accorde ce week end au Figaro Magazine, il n’est pas un paragraphe qui ne se réfère au chef de l’Etat à son énergie, à son projet, à son audace.  François Fillon se fait l’avocat du président attaqué par les médias. La loyauté du premier ministre vis-à-vis du chef de l’Etat ne saurait être prise en défaut.

            Il n’empêche qu’à travers cet entretien, François Fillon se présente comme le très exact envers de Nicolas Sarkozy.

            Le président multiplie les prises de parole et se prononce sur tous les sujets.

Le Premier ministre se concentre sur l’essentiel et fixe le cap sur quelques objectifs économiques bien précis.

            Nicolas Sarkozy occupe tous l’espace mais paraît ne connaître que l’immédiateté.

François Fillon inscrit son action dans le temps et en hiérarchise les étapes.

            Nicolas Sarkozy lance des commissions dont il promet d’adopter toutes les propositions.

            François Fillon ne nie pas l’intérêt des experts mais trie leurs recommandations et s’en remet à la sagesse du parlement.

            Nicolas Sarkozy donne le sentiment de reculer devant les corporatismes.

François Fillon promet que rien n’arrêtera le train des réformes.

            Nicolas Sarkozy s’agace des mauvais sondages.

François Fillon estime que la force d’un homme politique est son indifférence à ces photographies changeantes.

            Nicolas Sarkozy peut-il prendre ombrage de cette concurrence et se séparer de Fillon au lendemain des municipales ? Que le chef de l’Etat soit quelque peu exaspéré par la popularité et surtout par  la dimension politique que prend son Premier ministre ne fait aucun doute. La manière dont le chef de l’état met en avant le Premier ministrable Xavier Bertrand  témoigne de cet agacement. Il est néanmoins fort peu probable que le président de la République se sépare de François Fillon au lendemain des municipales. Outre que Nicolas Sarkozy en serait affaibli, il mettrait dans l’heure en orbite, avant même que de l’avoir usé, un challenger à droite pour l’échéance 2012 !

 

 

 

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erick 16/02/2008 21:08

"Nicolas Sarkozy s’agace des mauvais sondages."



Qu' en savez-vous, vous et tous ceux qui répètentcela à l' envie ?

palloporo 16/02/2008 19:29

M. Séguillon, enfin je peux lire une des meilleures analyse de ces derniers temps que vous soumettez aux commentaires de vos lecteurs. Je la trouve pertinente, lisible et des plus explicites. Tout y est clair! En tous cas pour moi. Le tandem qui a préparé, et qui met en oeuvre depuis huit mois, le programme de réformes (et de rupture)proposé par le Candidat Sarkozy, marche à merveille. Si le n° UN de ce tandem (celui qui tient le guidon) avait tendance à zigzaguer, le n° DEUX est prêt à le relayer, illico. Ainsi, les électeurs qui ont votés M. Sarkozy à la Présidentielle, et ceux qui ont votés pour le Nouveau Centre et pour l'UMP aux législatives, n'ont pas de souci à se faire pour la Présidentielle de 2012. Quoi qu'il arrive après les élections Municipales, les Elus de la majorité seront toujours aux commandes pour continuer les réformes annoncées par le Candidat Sarkozy, devenu Président de la République avec 53% des suffrages exprimés et une participation de 85% de l'électorat. Mieux que M. Mitterrand en 1981, n'en déplaise aux antiSarkozystes de principe. S'il devait y avoir un quelconque problème pour M. Sarkozy pour se représenter à la Présidentielle de 2012, nous avons en M. Fillon une vraie et excellente Personnalité Politique pête à prendre le relais si besoin il y avait. Personnellement je ne suis pas pour les remaniements ministeriels, ceux-ci apportant toujours une perte de temps dans l'action gouvernementale. Et puis la rupture concerne aussi le Gouvernement, faire une législature avec les mêmes membres d'un Gouvernement, serait aussi "le record Gouvernemental". Selon moi les Socialistes, s'ils veulent revenir aux affaires, ils ont largement le temps de fonder un vrai Parti Social Démocrate et moderne, pouvant ainsi viser, avec de la chance, l'échéance 2017. Quant à "l'Appel des 17", (où l'on y retrouve tous ceux qui critiquent la politique de M. Bush, mais qui se taisent sur celle menée par M. Poutine) à ignorer!

Claude 16/02/2008 15:37

Bonjour,

En ayant l'air de le complimenter en fait vous enfoncez Fillon en le présentant comme une victime qui attend son heure. Tout est possible mais je ne pense pas que votre analyse soit la bonne. Les deux font équipe. Ils s'assument l'un l'autre et se font confiance. Ils ont bâti leur scénario longtemps à l'avance. Fillon est bien plus agacé par les commentaires que par Sarkozy. Je ne crois pas qu'il faille décoder le couple Président-Premier ministre à la lumière de ce que nous avons constaté dans le passé.

Pour Mitterrand et Chirac, les Premiers ministres sont un bien consommable. Ils sont sacrifiés dès leur nomination. Fillon et Sarkozy le savent et s'il font un pacte en 2006, ce n'est forcément pas au détriment de celui qui sera Premier ministre.

A la place qui est la sienne, Sarkozy peut tout dire, son statut le protège, et son seul objectif pour 5 ans est de figurer dans les manuels d'histoire comme le Président qui a remis la France sur les rails. Il n'est pas vénal, il est courageux et assume son impopularité même s'il la regrette. Il n'a rendez vous que dans 4 ans et je ne pense pas que son "plan de carrière" comporte un second quinquennat à moins qu'il soit plébiscité ce qu'il n'attend pas. Il a d'autres objectifs, y compris d'avoir une vie de couple normal. Alors que Fillon est condamné à une gestion rigoureuse qui lui va bien et cela plait forcément aux français. Il peut être désavoué par l'Assemblée si personne n'assume l'impopularité à sa place. Sarko lance les ballons, agite les idées, prépare le terrain, focalise l'attention des inévitables jaloux et l'autre rattrape les ballons qu'il faut dans l'ordre qui a été établi à l'avance alors que le terrain est déminé et préparé aux réformes qui s'enchaînent dans un relatif consensus à peu près selon le plan prévu et annoncé.

Donc, si, pour une meilleure efficacité, le fusible n'était pas Fillon ? Un Premier ministre usé ne ressert que plusieurs années plus tard quand il ressert. Un Président fusible ça ne saute vraiment qu'en cas de coup d'Etat. Par exemple, si ses adversaires politiques font une alliance contre nature, un coup d'Etat larvé qui nécessiterait la complicité de journalistes connus, pour mettre une partie de la France dans la rue au point que le Président démissionne. Mais si de tels hypothétiques apprentis sorciers faisaient ça, ils devraient se demander si les autres français, amoureux de la démocratie, ne descendraient pas aussi dans la rue (voir mai 68 et la manif d'un gros million de démocrates sur les Champs Elysées). Aucun démocrate ne prendrait ce risque. Un coup d'Etat est donc impossible. Si quelqu'un est quand même tenté, à court terme la seule fenêtre possible est entre une improbable vraie déroute aux municipales et les résultats des premières réformes qui vont commencer à se faire sentir en juin/juillet 2008. Après, il sera trop tard.

En 2012, l'un des deux sera le poulain de l'autre. Et je ne serai donc pas surpris, si tout va bien pour eux deux dans quatre ans, que Fillon soit le poulain de Sarkozy. Xavier Bertrand sera sans doute Premier Ministre, à son heure. Ce ne sera pas contre Fillon ou Sarkozy mais avec les deux. Il y aura un moment où Fillon devra prendre du recul et la tête de l'UMP et il est évident qu'il ne devra pas être premier ministre en 2012. A moins d'un quatrième homme qui ne s'est pas encore révélé, je ne vois pas qui participerait à l'indispensable trio dans ce scénario.

En réalité un certains nombre de journalistes essayent avec acharnement de déceler une faille dans le couple Fillon-Sarkozy. Ceux qui ont essayé de concurrencer la presse people pour "agacer" l'opinion public en créant une overdose de Sarko s'en mordent les doigts et ne vont pas recommencer. Et il est sûr que mon hypothèse ne peut pas leur convenir car ils préfèrent les drames à la tête de l'Etat qui rapportent autant de lecteurs et de téléspectateurs que les drames des faits divers.  Ils doivent être attentifs à leur coeur de cible. 

 

Bonne fin de journée,Cordialement,Claude

 



 

jobin 16/02/2008 13:18

Bonjour PLS :  Il n'est plus possible  que 53% de Français soient baffoués par le terrorisme de faux intellectuels qui cherchent à abattre notre Président démocratiquement élu  : C'EST ASSEZ  , PEUPLE DE DROITE REAGISSONS , n'oublions pas que nous sommes une majorité qui fait confiance à la politique choisie  : Toutes les réformes prévues iront jusqu'au bout . n'en déplaise aux "pisse vinaigre"

M.C. GRAN 16/02/2008 10:59

Connaissant les raisons de son impopularité, le Président n'a qu'à se montrer un peu plus discret dans sa vie privée et se recaler dans son rôle de chef d' Etat.  Le remède est simple. Il est parfaitement à même de faire remonter les sondages en se comportant avec la dignité qui sied à sa fonction.