Nicolas Sarkozy : l'agitation n'est pas l'action !

Publié le par blog-pl-seguillon

 

 

 

         Le conseil a été  prodigué  par Edouard Balladur en termes choisis et mesurés. Nicolas Sarkozy devrait « infléchir » son style : « la sincérité, explique l’ancien Premier ministre,  n'est pas exclusive d'une certaine sobriété, la rapidité de la décision n'interdit pas la concertation préalable. Il n'est pas non plus indispensable (...) de créer tous les jours un événement» !

         Tout le contraire, en somme, de l’actuel  comportement du chef de l’Etat. Celui-ci   continue à « faire président », selon son expression mais  tarde à «  devenir président ».

         Autisme ou ivresse résultant de la fatigue et du stress, le président paraît sourd aux conseils de son ancien mentor. Il semble ne pas entendre  les craintes et les critiques de sa majorité. Il n’y voit  que signes d’une pusillanimité  condamnable.

         Non seulement, Nicolas Sarkozy ne s’amende pas mais, pire encore, il s’entête jusqu’à la caricature.  Jamais , en effet, il n’avait sorti de son chapeau en si peu de temps autant d’idées calamiteuses qui font aussitôt polémique, autant multiplié discours et déplacements qui donnent le sentiment d’une agitation frénétique plus que d’une action pensée, sans parler des dérapages verbaux au salon de l’Agriculture  ou des étranges félicitations adressées par le chef de l’Etat  à quatre diacres catholiques traditionalistes qui ont été ordonnés samedi à la basilique Saint Jean de Latran !

 

 

 

            Proposer, le 14 février, sans concertation aucune,  de «  confier » à chaque élève de CM2 la mémoire d’un des 14000 enfants juifs de France déportés et assassinés par les nazis durant la seconde guerre mondiale est apparu comme le fait du prince. Cette décision   dont la philosophie était inattaquable et la forme très critiquable a eu l’effet contraire à celui escompté. Elle a agacé les éducateurs, scandalisé les psychologues, choqué les politiques et divisé la communauté juive.

 

 

 

 

            Vouloir à tout crin imposer une loi sur la rétention de sûreté dont tout donnait à penser qu’elle ferait problème au Conseil constitutionnel relevait déjà de la part du chef de l’Etat d’une attitude irresponsable. S’adresser maintenant  au président de la Cour de Cassation afin qu’il l’aide  à contourner la censure partielle des sages, frise la forfaiture.

 

 

 

 

            Courir dans la même journée du salon de l’agriculture au mont Valérien, ici pour développer les grandes orientations d’une réforme de la PAC, là pour rendre hommage à l'abbé allemand Franz Stock à l'occasion du 60ème anniversaire de sa mort après s’être, la veille, octroyé un brevet de gaullisme, lors de l'inauguration d'un mémorial audiovisuel en hommage au général de Gaulle ne fait que brouiller la communication présidentielle. l’accumulation brouillonne et sans hiérarchie des messages les rend inaudibles pour l’opinion. Le président croit démontrer sa volonté d’agir quand il ne donne que le sentiment d’une agitation fébrile et anxiogène.

 

 

 

 

            Répondre à  l’insolent qui, au salon de l’agriculture,  refuse de serrer la main du président :  « casse toi pauvre con » relèverait d’un énervement anecdotique et bien compréhensible si cette réaction ne témoignait de l’incapacité du chef de l’Etat à distinguer la fonction présidentielle qu’il exerce de la personne  qu’il est et de sa spontanéité. On peut regretter l’ampleur donnée à cet éphémère mouvement d’humeur. Ses effets sur l’opinion sont néanmoins calamiteux.

 

 

 

            Les propos présidentiels sur la religion ont déjà fait polémique. La sousestimation du danger sectaire par la directrice de cabinet du président a plus que surpris. Les félicitations adressées par Nicolas Sarkosy à quatre jeunes diacres disciples de l'évêque intégriste Marcel Lefebvre sont aberrantes. On reprochait au chef de l’Etat de se mêler de questions religieuseS, voilà que désormais il s’immisce dans les affaires internes de l’Eglise.

 

 

 

 

            D’aucun espère qu’à l’instar d’un Schröder ou d’un Bill Clinton, dont les premiers pas furent désastreux, Nicolas Sarkozy sera capable, au lendemain des élections municipales, de rebondir en se concentrant sur les réformes essentielles dont le pays a besoin,  en cessant de se disperser tous azimuts et de se prononcer sur tous les sujets.

 

 

 

 

           En attendant, le mieux serait sans doute pour le président  de se poser, de s’obliger à un jeûne verbal et médiatique, de faire retour sur lui-même et de préparer dans le silence les décisions importantes qu’il lui faudra  prendre le 17 mars prochain. « C'est dans le silence qui suit l'orage, dit un proverbe indien,  qu'il faut chercher la fleur en bouton ». Puisse le chef de l’ Etat s ’en inspirer !

 

 

 

           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Claude 29/02/2008 17:46

Evelyne je prend acte que vous allez douter et peut être cesser de me faire la morale pour vous recentrer sur les idées.

à tout de suite parce que je vous aime bien quand même.Claude

evelyne44 29/02/2008 08:04

Cher Claude,

Le bolg de PLS n'est peut-être pas l'endroit le plus adéquat pour se chaimailler entre internautes, ni non plus le lieu où je devrais vous exposer ma profession de foi complète sur tous les aspects de la vie politique ! Pour moi, ce blog est un espace de démocratie dans lequel chacun peut exprimer son point de vue, s'informer aussi des façons de voir des autres ;  car je le maintiens, pour moi, les différents points de vue s'éclairent mutuellement et tous sont respectables, de ceux qui se font les défenseurs inconditionnels de Sarkozy comme vous l'êtes, à ceux qui expriment les plus grandes réserves à son égard, comme je le fais  ! La démocratie, c'est que chacun tolère que l'autre pense différemment et aussi peut-être, plus important, que chacun soit traversé d'un petit doute sur ses propres certitudes, car la certitude qui ne connais jamais le doute, c'est la racine de tout totalitarisme.

A bientôt !

Alain 29/02/2008 00:07

La réponse du Chef de l’Etat à celui qui l’insultait au salon de l’agriculture, relève sans aucun doute de sa personnalité, c’est un battant brillant et naturel qui ne se laisse pas marcher sur les pieds sans réagir.

 





 



Sa réponse calme et directe, d’homme à homme au sein de la multitude, ne pouvait surprendre les  observateurs de la vie publique. Que ce soit lors de ses visites chez Airbus à la rencontre des syndicalistes à Toulouse il y a un an, échanges directes ou le candidat-président adoptait un langage, certes courtois comme celui des intervenants,  mais exactement du même niveau de réplique que ces interlocuteurs.

 





 



Ce fut également le cas lors de divers rencontres sur les chantiers, puis lors de sa visite aux pêcheurs en pleine grève. Plus anciennes mais révélatrice des mêmes valeurs, sa réponse à propos de la racaille qui pourrissait la vie des habitants d’une cité, réponse qui reprenait exactement la formule utilisée par la personne qui se plaignait depuis sa fenêtre.



 



C’est nous le savons un homme courageux qui ose affronter les problèmes que les autres repoussent, par manque de courage politique et quand il faut mouiller la chemise, par manque de courage physique.



 



Le chef de l’Etat tire ces nombreux succès de négociateur, des qualités qui lui sont propres : un talent d’orateur et de plume depuis ses débuts en politique à vingt ans (assez courant), une bonne connaissance des dossiers (classique), mais surtout un réel talent de se mettre au même niveau, même langage que ses interlocuteurs en activant tout son sens de l’argumentation positive par rapport à son objectif.

 





 



Il a été le seul candidat-président à accepter d’affronter Michel Onfray au cours de deux rencontres passionnantes pour un article paru dans Philosophie Mag.

 



François Bayrou et Ségolène Royal se sont désistés, il est vrai que le philosophe est un personnage effrayant !  

 



Au cours des huit derniers mois il a reçu avec ses ministres et négocié avec les dirigeants syndicalistes, tous les dossiers épineux (ils étaient nombreux).

 





 



Tous les syndicalistes le reconnaissent comme un redoutable négociateur, qui sait pratiquer le donnant-donnant, mais dont personne ne peut et ne dois douter de son objectif.

 



Qu’il demeure tel qu’il a toujours été, que ces détracteurs éventuels sachent à l’avance qu’il ne sera pas homme à se débander, qu’il y a un risque à s’attaquer à ces idées comme à sa personne.



 



 Qu’ont fait les autres en situation ? Il y a quelques temps François Bayrou, entouré de jeunes, giflait sans ménagement le gamin impertinent (vu au journal télévisé)!

 



Fallait-il comme pour ce professeur récemment, le mettre en garde à vue ?

 



 

 

Bea 28/02/2008 22:43

Certes Jean-jaques, vous faites des remarques judicieuses.. Mais il ne faut pas essayer de justifier les mots du president en essant d'imaginer ce qu'aurait pu dire Mr tout le monde a sa place.

Jean Jacques 28/02/2008 15:37

Je voudrais simplement rappeler que si cet homme avais proférer les mêmes paroles "ne me touche pas tu vas me SALIR " à une personne de couleur devant des caméras il serait déjà devant la justice. c'est pourquoi je pense que la réaction de notre Président fut beaucoup plus humaine.

Quant à la leçon de "maîtrise de soi" de Madame Royal, a t'elle déjà oublié le débat présidentiel???...

JJ