Feu « l’Union de la Méditerranée » !

Publié le par blog-pl-seguillon

 

Le projet d’une Union pour la Méditerranéenne a fait naufrage l’autre soir à Hanovre lors de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. C’est Henri Guaino qui avait soufflé cette idée au candidat à la présidentielle. Nicolas Sarkozy l’avait exposé durant sa campagne. Elu, il voulait faire de cette union l’un des axes de sa politique étrangère. Le président avait annoncé que l’ensemble des chefs d’Etat et de gouvernements des pays riverains de la Méditerranée se réuniraient en grande pompe à Paris le 13 juillet prochain à la veille du sommet européen que la France devait présider le lendemain. Nos partenaires européens étaient invités à participer à cette manifestation en qualité d’observateurs. Dans l’esprit de Nicolas Sarkozy ce projet avait pour objet de créer une zone d’influence française au sud de l’Europe en sorte de compenser un déplacement du centre de gravité de l’Union Européenne vers une Allemagne désormais réunifiées et confortée par l’entrée dans l’union des pays de la Mittel europa.

 

C’était précisément compter sans Berlin et sans Angela Merkel. La chancelière allemande a considéré d’ un mauvais œil un projet qui était trop visiblement destiné à disputer à l’Allemagne le leadership de l’Europe. Pas question, a-t-elle expliqué à son homologue français, de constituer cette Union de la Méditerranée sans que les 27 en soient membres à part entière. Le différent empoisonnait depuis plusieurs mois les relations entre la France et l’Allemagne. Nicolas Sarkozy a du finalement renoncer à son projet. L’Union de la Méditerranée ne sera que la « revitalisation » du processus de Barcelone crée en 1999, instance qui encadre  les relations politiques et économiques entre les 27 pays membres de l’Union européenne et les 11 pays de la rive sud de la Méditerranée.  Le financement de projets méditerranéens grâce à des fonds européens ne pourra ainsi se faire que sur la base de décisions prises par le Conseil européen sur proposition de la Commission.

 

 

 

L’initiative de Nicolas Sarkozy ne manquait pas d’intérêt. Elle devait permettre de lancer un certain nombre de projets économiques concrets avec une dizaine de pays du pourtours méditerranéen en matière par exemple d’écologie ou de sécurité énergétique. Le " compromis" trouvé est favorable au point de vue allemand

 

Le tort du président de la République est d’avoir lancé cette initiative sans consulter au préalable son partenaire allemand et  sans même l’en avoir auparavant informé. Mis devant le fait accompli, Angela Merkel a contraint de fait Nicolas Sarkozy à renoncer à sa belle idée.

 

Paris, pressée, a beaucoup bavardé et s’est vainement agitée. Berlin, patiente, a beaucoup résisté et finalement tranché à son avantage.

 

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Alceste 07/03/2008 09:26

Digression méditerranéenne.

Dans les propos présidentiels « recueillis » (sic) par le Figaro du 6 mars, et que nous avons donc lus avec le recueillement approprié, nous lisons :« Mon rendez-vous est clair : c'est la fin du quinquennat, et les résultats concrets que les Français en attendent à juste titre. »Sur quoi François Léotard, aussi averti que la Parque, rétorque sans ambages : « Ça va mal finir ».En somme, dans ce grand théâtre du monde, nous serions ainsi dans l’état où était le spectateur de la tragédie grecque, qui connaissait déjà la fin de l’histoire au moment où il prenait place sur les gradins, parce qu’on la lui avait racontée maintes fois auparavant. On sait bien qu’au théâtre le ressort premier du tragique (et la beauté qui en découle) tient à l’attente, comme dit le Président, du dénouement connu. En fait, le spectateur venait là effectivement pour voir représenter ce qu’il sait ; pour méditer grâce à des exemples sur ce qui le dépasse, sur la mécanique du temps conduit à son parfait accomplissement, sur la vérité qu’on ne voit que lorsqu’on a les yeux crevés, sur la démesure, sur sa propre innocence aussi, elle-même mise en scène en quelque sorte, car dans la vraie tragédie celui qui tue n’est guère plus coupable que celui qui est tué, sinon on serait dans le fait divers et le drame bourgeois. Une différence, pourtant : les « péripéties » (dans la bouche du Président, les sondages par exemple) ne sont plus les événements qui bouleversaient l’action, les fameux « coups de théâtre » (1). Elles ne relèvent maintenant que de « l’humeur du moment ». Pas question, donc, de « se laisser distraire ». Rassurons-nous : le pathos est toujours garanti, celui qui doit selon les règles de la tragédie plonger le spectateur dans l’affliction. Horrifié comme c’est l’usage par les passions des protagonistes, dont il n’est pas, le P.S. doit toujours endurer, du moins d’après les magazines du moment, les prestations de son coryphée titulaire. Certes, le chant de misère de l’intéressée n’apparaît guère à la hauteur des cothurnes qu’elle se donne, lesquels n’avaient du reste dans l’antiquité rien à voir avec les gros sabots. Mais bien que cela ne serve strictement à rien en pratique, il paraît que cela fait du bien au cœur. La catharsis, toujours …(2). A moins qu’il ne s’agisse de charlatanisme, comme c’est à craindre. On constate en tout cas un indéniable progrès : aujourd’hui, il n’est plus besoin de masque impressionnant, le maquillage suffit.

(1) Contrairement à l’usage qui est souvent fait de ce mot grec, la « péripétie » n’est pas un incident anodin. C’est le contraire. C’est quelque chose qui vous tombe dessus.(2) Qu’on nous pardonne l’anachronisme, sûrement abusif. Dans la tragédie grecque offerte au peuple rassemblé, l’effet de catharsis était inséparable d’un certain langage, élaboré, toujours élevé, pratique évidemment tombée en désuétude de nos jours, quoi qu’on en ait. Quant aux auteurs et à leurs commanditaires, s’ils avaient eu l’idée de s’emparer ouvertement des peines humaines au profit de leur seule réputation, on les aurait sifflés. Ils en auraient été, littéralement, pour leurs frais.

Bea 06/03/2008 23:02

"Cela me surprendra toujours qu'à 67 ans ce soit moi le jeune. "

Votre modestie inégalée vous perdra cher Claude... mais bonne analyse, pour une fois!

Bea 06/03/2008 22:57

Blague du jour faite maison: Sarkozy va se porter candidat pour les jeux Olympique de Pekin, non seulement pour le marathon, mais surtout pour le saut en hauteur et triple saut!

Et cest confirmé par la France d'en haut: Cecilia pretent que Sarko est un "sauteur", quant à Fillon,il dit qu'il a "une très grande capacité de rebond"! Il faut dire qu'en ce moment Sarko saute  1m76.....  loin tout de meme du record du monde..

Allez, rions un peu brave gens, la vie est courte!

Bea 06/03/2008 20:52

Ah cest sur qu'entre Carlita et Angela, le choix est vite fait cher PLS!

Alain 06/03/2008 18:11

Les propositions du candidat-président NS en faveur d’une Union Méditerranéenne lors du discours de Marseille en avril 2007 qui furent renouvelées entre les deux tours, ces propositions n’avaient pas suscité un intérêt majeur tant auprès des électeurs que des intervenants lors des débats de la campagne présidentielle & législative.

 



L’opposition en France l’ignorant totalement, certaine d’avoir affaire à un simple ballon d’essai sans fondement et sans suite.

 





 





 

Le Président NS avait beau se démener, poussant cette initiative au-delà de nos partenaires habituels, Espagne, Italie, Grèce vers l’autre rive au Maroc, en Algérie, en Egypte, en Lybie, les contours et le contenu de ce projet demeuraient incertains.

 





 



L’Appel de Rome du 20 décembre 2007, en présence solennelle de Romano Prodi, José-Luis Zapatero, Nicolas Sarkozy et du président de la Commission européenne José-Manuel Barroso, lançait officiellement « l’Union pour la Méditerranée ».

 



Cet Appel, avec le concours des pays européens historiques du pourtour méditerranéen (ceux qui avaient lancé l’EuroMed, dit processus de Barcelone en1995, dispositif inefficace et paralysant), sans préciser le détail de cette union, invitait l’ensemble des pays à un sommet fondateur mi-juillet 2008, en association avec l’Union et sa Commission.

 





 



Faisant suite aux déclarations conjointes d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy lors du C-Bit à Hanovre le 3 mars dernier, PLS en conclut que « l’Union pour la Méditerranée a fait naufrage » Que « Nicolas Sarkozy a du finalement renoncer à son projet » !

 





 



J’y vois quant à moi une première confirmation, celle du sérieux avec lequel Angela Merkel a considéré ce projet de Nicolas Sarkozy, au point de peser sur l’avenir relationnel immédiat du tandem.

 



Deuxième confirmation, Allemagne & France après avoir négocié, déclarent que non seulement les contours ont pris de la substance mais également les détails de ce projet sont très avancés.

 



Enfin, le nom « d’Union pour la Méditerranée »  se trouve désormais consacré par les deux protagonistes.

 





 



Angela Merkel commence à connaître les qualités de négociateur de Nicolas Sarkozy (et vis versa), elle l’a vu à l’œuvre lors des accords sur le traité modificateur devenu traité de Lisbonne, cet accord du 3 mars n’est certainement pas la victoire idiote de l’un sur l’autre, telle que certains voudraient nous le faire croire.

 



Cependant une chose est certaine, il s’agit bien de la consécration d’une initiative à laquelle bien peu d’observateurs donnaient crédit sous quelque forme que ce soit.

 





 



Avec le traité de Lisbonne, la France est de retour en Europe, pourquoi avec l’Union pour la méditerranée, l’Europe ne serait pas de retour en Méditerranée ?