François Bayrou: Une stratégie volontairement illisible

Publié le par blog-pl-seguillon

    

   Paradoxalement, la stratégie d’alliance de François Bayrou est cohérente. C’est volontairement et à dessein que le leader du Modem, en effet, rend son jeu parfaitement illisible. En refusant toute négociation et tout accord national aussi bien avec l’UMP qu’avec le PS et en optant pour des alliances à géométrie variable et au cas par cas, François Bayrou  entend démontrer trois choses.

 

1 . Il veut d’abord démontrer qu’en dépit du faible score national obtenu par sa formation au plan national ( 3,74 % des suffrages exprimés ) celle-ci existe bel et bien. La preuve, le Modem a été un arbitre courtisé aussi bien par la droite que par la gauche. Il a eu la capacité d’aider ou de gêner aussi bien le PS que l’UMP.

 

     La  démonstration est indéniable… du moins le temps de l’entre les deux tours.

 

2. François Bayrou entend démontrer en second lieu que sa formation est parfaitement indépendante et ne joue les supplétifs d’aucun des deux grands partis qui aujourd’hui encore structurent la vie politique française. Il entend faire du Modem que l’on dit à tort centriste une formation à vocation centrale, c’est-à-dire le centre de gravité de la politique française. La crédibilité d’un tel calcul repose à terme sur une double hypothèse : un fiasco de la présidence Sarkozy et une incapacité des socialistes à incarner l’alternance. François Bayrou songe bien évidemment à la présidentiel de 2012 où il espère réaliser ce qu’il estime avoir manqué de peu en 2007.

 

      Le calcul est bigrement audacieux !

 

3. Enfin , en refusant toute négociation  avec l’UMP au risque évident de ne pas conquérir la mairie de Pau, François Bayrou escompte que cette preuve donnée de son intransigeante  indépendance et son attachement obstiné à ses convictions  feront  davantage pour  ancrer son parti dans la vie politique française que la possession d’une mairie qui en ferait du patron du Modem le débiteur  et donc l’otage de l’UMP.

 

     Ce pari n’est pas déraisonnable

 

 

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françois gentil 28/04/2008 18:52

bonsoir monsieur Seguillon,avec quelques milliers de personne concernée,nous vous serions reconnaissant d'aborder le problème

de remboursement des primes de mobilité ,accordées aux jeunes chomeurs.Prime d'un montant de 1500£ accordée sur dossier .

le JT  osera-t'il

Claude 17/03/2008 23:59

Chère Evelyne, 

Si je n’ai pas répondu à votre post n°2 ce n’est pas pour vous snober mais simplement parce que je ne l’avais pas vu. 

Nous avons déjà largement débattu de Bayrou. Il dit être là pour empêcher l’instabilité politique alors que tout le monde sait que l’alternance est l’instabilité en dessous de laquelle on ne peut pas descendre (c’est donc une stabilité relative en démocratie). A trois l’instabilité est forcément plus grande qu’à deux. Si un parti de gouvernement se « glissait » entre la droite et la gauche on aurait mathématiquement plus d’instabilité qu’actuellement à moins que son intention ne soit pas démocratique du tout et qu’il s’inscrive dans une prise de pouvoir définitive. C’est le roi des slogans pour gogos on le sait déjà. 

Je persiste à soutenir l’analogie entre une entreprise et un état (ou n’importe quel type de communauté). Avant de continuer il est peut être bon de préciser la notion d’Etat. Ce que j’entends par état c’est toute notre société politique, c’est à dire vous, moi et tous les autres. On a trop souvent tendance à considérer l’Etat uniquement comme l’ensemble des pouvoirs publics (l'équivalent des services administratifs et logistiques d’une entreprise) ou les éléments centraux de nos administrations (y compris le gouvernement, c’est le conseil d’administration).  De ces deux derniers points de vue il est exact que l’état pouvoirs publics et l’état administration n’ont pas à faire de profit (pas plus que le conseil d’administration ou le service comptabilité n’ont à en faire). Si je n’arrive pas à vous faire comprendre ça c’est que j’explique sans doute très mal et j’en suis désolé. Notre PIB, nous pourrions l’appeler « Valeur ajoutée nationale » puisque c’est l’addition des valeurs ajoutées de nos entreprises. Ce sont nos productions nettes de richesses. 

Il est faux de croire qu’une entreprise fait du bénéfice pour le bénéfice. Le profit pour une entreprise est un moyen. C’est le seul moyen durable de se procurer du capital pour se développer. Le profit pour un état est un moyen aussi et c’est le seul moyen durable pour développer ses infrastructures et ses outils de production destinés à augmenter la quantité de richesses et le niveau de satisfaction de ses citoyens. Harpagon fait du bénéfice pour le bénéfice mais il n’est pas un bon exemple d’entrepreneur, c’est un accumulateur. 

Vous refusez la notion de profit parce que pour vous le profit est honteux. Je ne vois pas pourquoi puisque le mot déficit ne vous choque pas et qu’un déficit ne commence à exister que lorsque faisant un profit de un euro on en perd deux (c’est un profit négatif). 

Actuellement, fonctionnaire, vous êtes payée à crédit. Si l’Etat faisait assez de profit pour rembourser ses dettes il pourrait vous payer cash, surement un peu mieux, tout en assurant le développement du bien être de tous. Aujourd’hui il est obligé d’emprunter pour vous payer et ce sont vos enfants qui devront faire du profit pour rembourser votre traitement qui aujourd’hui est un traitement de luxe puisqu’il est au dessus de nos moyens. La seule différence qu’il y a entre un état et une entreprise, c’est que l’entreprise doit avoir de la considération pour ses salariés, pour ses banquiers, pour ses actionnaires, pour l’Etat pouvoirs publics, pour ses fournisseurs, etc. alors qu’un état peut demander à l’état pouvoirs publics de contraindre tous ses « tributaires » par décret. 

Vous parliez de miel. Bon exemple ! Une ruche fait du profit. Un essaim qui ne prospère pas est un essaim qui périclite. Son principe de survie est l’expansion (l’équivalence de la croissance tant démographique qu’économique). Le principal investissement d’un essaim est la cire, produit du travail de ses ouvrières et son bien de consommation est le miel, également produit du travail des ouvrières. Chez elles, quand le bâtiment va tout va. Les soldats abeilles sont des fonctionnaires rémunérés en nourriture par la communauté. Il y a toutes sortes de services logistiques et notamment des nurseries. Quand la croissance atteint un certain seuil l’essaim va coloniser un autre endroit en se scindant. 

Chez les abeilles il n’y a pas de clivage droite-gauche. C’est probablement pour ça qu’elles peuvent se consacrer inlassablement à la monotonie. Je crois qu’elles s’embêtent. C’est ce qui nous attend si on veut absolument supprimer toutes les inégalités, le besoin de sécurité, le besoin de considération et le besoin de se réaliser. Nous nous contenterons de satisfaire notre besoin d’appartenir à notre espèce vivante (zombies). 

Claude

PS - le problème n'est pas qu'il y ait des privilégiés, il y en aura toujours. Supprimez tous les privilèges et un 1/4 d'heure après les plus talentueux en auront recréé d'autres. La solution c'est de produire assez de richesses pour que ceux qui ne sont pas privilégiés n'aient pas à le regretter. Et pour ça il n'y a pas de solution de gauche et Bayrou, jusqu'à preuve du contraire, a les mêmes solutions que la droite. C'est pour ça qu'il était de centre droit avant d'être de partout où il y a des voix à ratisser.



Je crois que je ne pourrai plus rien ajouter d’utile sur ces sujets.

 



 

Claude 17/03/2008 23:14

Olivier,

C'est votre point de vue et c'est le point de vue de Bayrou qui n'est pas très regardant puisqu'il se croit le gourou d'une nouvelle école, celle des "suis moi, je ne sais pas bien où on va mais c'est mieux d'y aller à plusieurs".

Si c'est vrai c'est que Bayrou qui veut être au milieu est un imbécile puisque selon vous il n'y aurait plus de milieu.

Bayrou a même inventé que la vie politique est plus instable à deux (droite et gauche)  qu'à trois (droite gauche et lui au milieu). Il pense qu'en se succédant à trois on changeait moins qu'en s'alternant (alternance = deux)

Croyez-vous que tous les autres sauf vous et Bayrou sont des triples buses ? Arrêtez ces slogans imbéciles, achetez vous un précis d'économie ou ces excellentes synthèses qui existent notamment "L'essentiel de l'économie" chez "Alternatives économiques". Sans se ruiner à 7,5 euros cela permet d'avoir l'air cultivé en 200 pages sans être obligé de comprendre (Attention ce n'est quand même pas du niveau BAC Pro)

Vu de votre hauteur les fondements de la politique économique de gauche et de droite se ressemblent peut être mais si vous condescendez à descendre de votre piédestal vous verrez que de près ils sont basés sur des façons de voir très différentes.

De toutes les façons comme partout dans le monde ce sont les thèses libérales qui s'imposent et que la droite (plus au centre droit qu'à droite) les a fait siennes il n'y a pas lieu d'en changer puisque selon vous le PS va s'en accommoder à la prochaine alternance. Mais si vous dites ça à un keynésien comme, par exemple,  Delors qui a compris ou sa fille qui n'a pas encore compris il va vous snober.

Pendant que vous y êtes allez expliquer à un syndicaliste que "travailler plus pour gagner plus" c'est pareil que "travailler moins pour partager le chômage et il n'y a pas de raison de ne pas gagner plus". Puis partez en courant sinon il vous file une baffe.

La seule chose qui est à peu près pareil pour la gauche et la droite c'est la prise en charge des accidentés de la vie (sauf que la gauche considère quelques fois que ceux qui n'ont pas envie de travailler en font partie)

Claude (goguenard) mais qui sait bien que l'on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif comme vous le lui disiez si bien.

olivier 17/03/2008 17:48

Claude,

La différence qui existe, bien que je sois aussi et surtout un technicien, entre la gauche et la droite n'existe plus que dans les livres poussièreux du 20 ème siècle. Non pas que j'insinue que le modèle socialiste ou son contraire ne signifie plus rien mais plutôt que les médias, la nouvelle façon trés commerciale de faire de la politique ont réduit les extrèmes a peu de choses (et tant mieux je pense). Du coup Maitre sondage oblige chacun à des compromis... tordus et sans valeur rationelle... ainsi plus aucun responsable politique n'a le courage d'aller au bout de ses idées et les réformes suivent le train a géométrie variable des sondages... Résultat = 0

La gauche fait de la "droititude" sur l'économie et la droite du "socialo" sur la gestion des inégalités...

0 + 0 = 0 ... reste les hommes de convictions et de bon sens...

Quant à ma tchatche laissez moi vous dire que vous êtes au sommet de votre art quand je ne vous arrive pas à une cheville...

Bonsoir

Olivier

evelyne44 16/03/2008 14:07

Le post précédent s'étant envolé, merci de le rempalcer par celui-ci.

Bonjour Claude et les autres !

Le clivage droite-gauche est bien réel. Je pense qu'aujourd'hui il est cependant dépassé car le combat politique le plus important et le seul possible (car on ne supprimera pas la mondialisation) que peuvent mener les citoyens porte sur des valeurs (transparence, participation, refus des blocages qui font pour pour certains toutes les portes sont fermées, égalité des chances ...) Ce combat excède les catégories de gauche ou de droite car il y a des gens de droite comme de gauche qui sont attachés à ces valeurs. Au contraire, il y à droite comme à gauche des gens qui s'accomodent fort bien d 'une société de privilèges (que ce soit les privilèges des fonctionnaires ou ceux des élites de l'argent, pour moi, ce sont des privllèges au même titre). Le combat n'est pas entre droite et gauche, mais entre ceux qui veulent perpétuer une société de privilèges et d'opacité et ceux qui veulent une société de transparence et d'égalité des chances. Je suis sur la même position que Béa, je trouve que Bayrou est le poins pire dans un paysage politique où personne n'est idéal. J'ai quand même l'impression qu'il est en train de manquer le coche. Il y avait derrière le vote du printemps dernier quelque chose qui tenait du mouvement civique et dont il a bénéficié. je n'ai pas l'impression qu'il en ait vraiment pris la mesure et qu'il ait intégré cette diimension à son approche politique.